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 SOUMET A MON CŒUR LA QUESTION

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MessageSujet: SOUMET A MON CŒUR LA QUESTION   Mar 28 Aoû - 23:51
Ses cheveux ont poussés. Énormément. Longueur retrouvée, épaisseur impressionnante. C'était à croire qu'elle n'avait jamais eu de chimiothérapie, qu'elle n'avait jamais perdu ses cheveux. La poupée brune avait retrouvé son visage parfois enfantin, des couleurs délicates, des traits fins moins creusés. Jolie brin de fille qui n'aurait jamais cru il y a plusieurs mois que le vent pourrait la décoiffer en soulevant ses mèches ébènes. En haut de sa tour, c'était le silence. Seul le sifflement du vent s'engouffrant entre les bâtiments parvenait à ses oreilles. Douce mélodie qui lui rappelait quelques souvenirs. Danse au bord du toit. Parfois l'un de ses pieds marchait sur le vide, le plus haut de New York. Ici les sentinelles ne la détectaient pas. Ici c'était une bulle, un avant et un après. Un havre de paix comme il n'en existait plus au sein de cette ville. Rien ne distinguait ce toit d'un autre, en dehors de sa hauteur, en dehors des souvenirs auquel il était lié. Ils étaient venus ici plusieurs fois, il lui avait promis qu'elle ne chuterait jamais s'il était là. Elle ne savait pas s'il s'en souvenait, elle ne savait pas dans quel état était sa mémoire et ses croyances mais peu importait. Elle ne tenterait pas de sauter, pas aujourd'hui. Elle se contentait de quelques pas de danse sur le rythme de la musique diffusée dans ses écouteurs. Les rayons du soleil couchant se reflétaient dans ses cheveux et dans ses iris qui se relevaient du sol quand elle sentait un souffle particulier derrière elle. Elle pourrait les reconnaître entre mille. Ses battements d'ailes. Quand elle se retournait vers lui, ses émeraudes s'accrochaient à ses saphirs, son cœur stoppait un instant sa course. Et puis merde! Sans cérémonie et sans un mot, elle s'approchait de lui jusqu'à ce son corps ne vienne épouser le sien et que leurs lèvres se rencontrent dans un baiser autant teinté de douceur que de ce manque particulier qui la bouffait depuis des semaines.
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Quand elle est rentrée, elle m'a vu, immédiatement. Elle a laissé tomber toutes ses courses à ses pieds et s'est figée. J'ai vu dans son regard qu'elle n'était pas sure de me reconnaître. Je me suis approchée d'elle doucement pour ne pas l'effrayer. Un sac sur la table trahissait mon passage pour venir prendre quelques vêtements. J'ai mis un genou à terre pour attraper un fromage qui avait roulé dans ma direction. Je me suis redressé et le lui ai tendu. Elle est restée immobile, silencieuse et j'ai compris qu'elle aurait besoin de temps. Mais elle ne peut toutefois pas rester ici. « Pars chez Tobias, ou chez quelqu'un qui n'est pas de notre famille. Pars ce soir, s'il te plaît. »

J'ai baissé le bras quand j'ai vu qu'elle ne réagissait pas puis elle a reculé, dignement. Parce que malgré la peur dans ses yeux, elle l'est toujours. Elle prend le téléphone et compose un numéro. « Bonjour, je vous appelle parce qu'il y a un étranger qui est rentré chez moi » Je fais un pas dans sa direction, le regard suppliant. Et pourtant elle poursuit son appel : « … envoyez quelqu'un s'il vous plaît. » Ne fais pas ça... Je pose son fromage sur le coin de la table. J'attends quelques instants, qu'elle raccroche. Elle prend une longue inspiration. « Tu as quelques minutes avant qu'ils n'arrivent. » Je pince les lèvres et jette ma clef de son appartement sur la table.

Elle est droite comme un i, immobile, inflexible et je ne peux que la comprendre. Je baisse le visage un instant, j'aurais voulu la prendre dans mes bras et lui dire que je revenais, que je suis en train de revenir mais elle n'est pas prête à l'entendre. Je fais deux pas à reculons et ouvre la fenêtre. Je saisis le sac d'un geste du bras et lui envoie un baiser de la main : « Ce n'est pas grave... » Je lui tourne le dos et enjambe la fenêtre avant de laisser mon corps chuter, retenu par le déploiement de mes ailes blanches. Et face à la mélodie de leur battement et le brouhaha urbain, je ne peux entendre maman qui hurle à la fenêtre, ramenée à la réalité par la vue des ailes blanches.

C'est trop tard. Je la laisse en paix. J'ai tellement à dire, tellement à questionner et je me dis que j'aurais toutefois dû emmener Cassandra avec moi pour avoir des réponses, pour avoir un moyen de pression. J'aurais dû. Mais maintenant, je ne laisserai plus quiconque m'abattre. Je sens encore un feu colérique rouler sous ma peau mais j'arrive à l'évacuer pendant le vol. Et chaque fois que je me sens déborder, je jette une œillade derrière moi et j'aperçois mes ailes blanches. Entières. Épargnées des giclées sanglantes, épargnées des fractures. Je descends et profite du bruit, leur bruit si spécial.

Après avoir laissé Cassandra, j'ai volé si longtemps que j'ai cru m'échouer d'épuisement mais ça valait le coup. Et à chaque coup d'aile, c'est comme si des barrières s'écroulait. Et ils reviennent, mes souvenirs reviennent. Je survole des bâtiments à sa recherche et l'aperçois sur le toit. Je laisse tomber le sac quand mes pieds sont sur le point de toucher le sol. Le soleil qui se couche laisse apparaître mon ombre devant moi. Elle se retourne dans ma direction. Je fais un pas vers elle, prêt à lui parler coute que coute. Elle vient également à ma rencontre et soudain son corps rencontre le mien. Les bras se nouent naturellement autour d'elle et je viens la serrer contre moi, pour ne plus jamais la perdre. Je me noie dans ce baiser que je prolonge en passant mes mains contre Rachel, la gardant fermement contre moi. Quand nos lèvres se séparent, j'ai simplement envie de pleurer. Je souris en la regardant, sans cligner des yeux de peur qu'elle ne disparaisse : « Rachel... Tu m'as tellement manqué... Je suis désolé, je suis désolé Rachel mais je... je suis là... C'est moi... »
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Ce n'était pas lui qu'elle avait vu en premier. C'était son ombre, sa silhouette grandie par le soleil couchant et surtout ses ailes dessinées sur le sol. Impossible, seulement par l'ombre, de comprendre que ce sont les siennes mais son regard s'était arrêté une seconde sur la forme sombre. Cette seconde qui confirmait que c'était lui comme elle l'avait pensé quelques instants avant, quand ses tympans l'avaient davantage reconnus que ses iris cachés par ses paupières pour profiter de la musique. Ses écouteurs avaient quittés ses oreilles quand elle s'était retournée. Son regard avait retrouvé le sien dans un silence que le brouhaha de la ville ne couvrait pas. Ses pupilles semblaient lui demander de ne pas fuir, semblaient vouloir l'harponner pour ne pas qu'elle s'échappe. Il faisait un pas vers elle. Elle en faisait quelques uns de plus. Pas un mot, pas vraiment de raison à vrai dire. Elle avait seulement répondu à ce besoin viscéral qu'elle ressentait depuis quelques semaines quand ses mains se posaient sur son visage pour l'embrasser. L'instinct peut-être. Frissons contre la peau quand les mains du géant glissaient contre ses hanches pour la maintenir contre lui.

Quand le baiser prenait fin, elle ne quittait pas son regard et remarquait sans mal ce sourire quelque peu brisé et cette envie de pleurer. Elle restait silencieuse. Pas souriante mais pas sévère non plus. L'une de ses mains était restée sur sa joue, son pouce balayant tendrement son visage. La seconde avait disparue pour se loger sur sa nuque. Elle semblait chercher des réponses dans son regard pour appuyer la vérité qu'il voulait lui faire entendre dans ses mots. Je suis là. C'est moi. Des mots qui entraînaient sa main à descendre plus bas, à la rencontre de ses plumes les plus hautes. Délicates mais si fortes à la fois. C'était elle qui avait envie de pleurer cette fois. Je suis là. C'est moi. La pulpe de ses doigts glissait sur l'une d'entre elles. Blanche, naturellement douce. Les apercevoir en train de percer la peau entre les ailes de métal avait été une chose. Les constater aujourd'hui assez nombreuses pour les caresser et pour constituer deux ailes de nouveau capables de l'élever dans les airs, c'était autre chose. C'était fort, puissant. Elle ne savait pas l'expliquer et elle doutait pouvoir le faire un jour. Ça ne se racontait pas, ça se ressentait et ça faisait battre son cœur à une vitesse qu'elle n'imaginait pas possible.

Je suis là. C'est moi. Combien de fois est-ce qu'elle avait rêvé d'entendre cette phrase? Combien de fois s'était-elle dit qu'elle ne l'entendrait plus? Les semaines et les mois avaient dépassés l'année pour finir de la convaincre que celui qu'elle avait aimé avait changé, qu'il n'était plus ce lui dont elle était tombée amoureuse. Sur ce toit qui avait été témoin de leur premier baiser, il lui affirmait le contraire, comme un retour en arrière. La vie n'est-elle pas un perpétuel recommencement après tout... Comment? Elle n'en avait aucune idée mais elle savait d'instinct que ce moi était ce lui qu'elle avait perdu. Elle ne voyait plus dans ses pupilles cette colère permanente sur le point de vous exploser à la figure. Ce lien si fin, si fragile, qui les unissait encore dans leurs intérêts communs se renforçait naturellement sous son regard. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas regardé ainsi? Pouvait-elle se permettre de se demander depuis combien de temps ne l'avait-il aimé comme ça?

Elle n'avait jamais cessé de l'aimer de son côté et c'est ce qui avait rendu si douloureux à supporter sa souffrance, à le voir dans cet état de colère, à constater une évolution qui ne lui ressemblait absolument pas. Elle devinait qu'il s'excusait pour ça. Pour cette plaie ouverte le jour de sa tentative de suicide silencieuse qui l'avait laissé dans le flou, et jamais refermée depuis, toujours plus grande sous les nouvelles qui  les avaient séparés. Elle aurait pu lui mettre une claque pour tout ça, pour cet enfer sentimental et émotionnel dans lequel il l'avait plongé. Le sang chaud des Kasprzak qui coulait dans ses veines avait mis cette idée en avant et pourtant elle n'en faisait rien. Ces mois écoulés, ceux pendant lesquels elle avait combattu et vaincu in extremis la tumeur, lui avaient appris tant de choses parmi lesquelles le pardon se trouvait. Elle le donnait plus facilement parce qu'elle avait appris à relativiser les choses. Le présent était devenu plus important que le passé. La présence de Warren sur ce toit, ses excuses, ce baiser, c'était plus important que la peine qu'elle avait pu ressentir quand il l'avait quitté.

« Ne refais plus jamais ça. » Un murmure étranglé par l'émotion vive. Quelques mots qui s'écrasaient dans son cou parce qu'elle avait pris l'initiative de le prendre dans ses bras. Ce besoin souverain de le sentir encore un peu plus contre elle, un peu plus longtemps. D'humer son parfum que sa peau rendait unique, de s'assurer encore de la présence de ses bijoux plumés. Ses larmes étaient celles du soulagement. Celles de la peur de le perdre définitivement qui retombait. Celles du bonheur pur et réel de le retrouver... mais combien de temps ça allait durer? Un baiser sous son oreille, un presque volé sur ses lippes et ce n'était que lorsqu'elle se séparait vraiment de lui qu'elle voyait son sac sur le sol, à leurs pieds.  « Tu t'en vas, tu quittes la ville? » Question sans animosité et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que cette fois, peut-être, elle s'était emballée trop vite et s'infligeait toute seule une douleur qu'elle aurait pu s'éviter en se contrôlant un peu. Elle ne pouvait empêcher ce pincement au cœur en s'imaginant que peut-être, il était finalement désolé parce qu'il était venu pour s'expliquer mais surtout, cette fois, pour lui dire au revoir et non pour réellement renouer.
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