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 THE POWER OF FEAR | Alec & Madelyn

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Quinze jours. Ca faisait déjà quinze jours qu'ils étaient enfermés là, dans le QG de la confrérie censée être un des ennemis des x-mens. Elle se demandait encore si tout cela était réel, si elle n'était pas en train de faire un rêve un peu trop réaliste mais non, ce n'était pas le cas. Ils étaient bien sous terre, sans communication extérieure, sans possibilité de sortir hors surveillance étroite des plus expérimentés. Evidemment que Madelyn avait peur. Elle n'était certainement pas la plus forte psychologiquement parlant entre ces murs, bien au contraire. Depuis son arrivée ici, elle avait furieusement régresser. Elle aurait pu voir là l'occasion de se faire de nouveaux amis, d'élargir ses horizons, de comprendre les motivations des confréristes à vouloir faire des mutants une race supérieure mais non, elle n'y arrivait pas, c'était plus fort qu'elle, elle se refermait comme une huître. Une nouvelle fois, elle avait touché le bonheur du doigt, elle commençait sérieusement à ré-apprendre à connaître son frère et le reste de sa famille et voilà qu'on l'arrachait de nouveau à tout ça. Elle aurait aimé être au Kentucky, dans la ferme de ses parents qu'elle avait redécouverte il y a peu de temps de cela, en pleine campagne, quand la loi est passée. Peut-être se serait-elle sentie davantage en sécurité qu'ici? Personne ne vient faire chier les paysans, pas vrai? Elle l'espérait parce qu'elle ne savait même pas ce qu'il était advenu de son père, mutant lui aussi. Quant à son frère, elle avait à peine eu le temps de le prévenir avec un sms avant d'être obligée d'abandonner son téléphone dans le penthouse d'Alec. Trop dangereux parce que trop repérable, c'est ce qu'il avait dit et elle l'avait simplement écouté.

Alec, c'était probablement son point d'ancrage ici. Bien entendu, elle n'était pas toujours collée à ses basques - heureusement pour lui d'ailleurs - mais il était sûrement la raison du pourquoi elle ne virait pas complètement maboule ici. L'enfermement, ce n'était pas vraiment pour elle. Même si avant cela, elle sortait peu de la x-mansion, elle avait tout de même les jardins et le parc relativement grand pour se balader, pour se reconnecter avec ce qui semblait être innée pour elle: la nature. C'était bête mais ça lui manquait furieusement et Alec était le seul à lui rappeler un tant soit peu ce qu'elle aimait de cette nouvelle vie qui se montrait particulièrement chaotique au fil du temps. Alors oui, forcément, elle avait besoin de garder ce contact avec lui, elle avait besoin de se glisser dans son lit comme elle avait pu le faire à la x-mansion ou à la penthouse quand elle avait besoin d'une présence, de bras pour l'entourer, pour la protéger de ce qui la terrifiait. A la x-mansion, c'était essentiellement à cause de ses cauchemars. Au penthouse, c'était la peur de ne jamais se souvenir de ce frère qu'elle blessait de plus en plus en ayant aucun souvenir de lui. Ici, c'était tout. Ses cauchemars s'étaient multipliés à cause du contexte politique, ses capacités motrices étaient en déclin à ne pas vraiment pouvoir - ni vouloir - bouger, la surpopulation des lieux créaient facilement des tensions qui finissaient rapidement en bagarre. Non, clairement elle n'aimait pas cet endroit et son désir de se fondre dans les bras d'Alec pour oublier un instant où ils étaient se faisait ressentir de plus en plus.

Il faisait nuit, la plupart des mutants étaient couchés et dormaient à poings fermés quand Maddy posait un pied dans le quartier des garçons. Les dortoirs étaient nombreux et se ressemblaient tous. Elle savait pourtant où était le lit de son ami mais la nuit, la vision change n'est-ce pas? Elle était pourtant sûre de son coup... elle n'aurait pas dû. C'était en sentant la résistance du garçon à lui faire une place qu'elle comprenait son erreur mais c'était trop tard. « Hey, c'est mon lit! » La surprise la faisait tomber du lit, peinant un peu à se redresser, elle se confondait en excuses. « Je suis désolée, pardon. » Le dérangé se remettait correctement dans son lit tandis que la blonde grimaçait de sa bêtise. Heureusement que le pauvre était probablement trop endormi et dans le noir complet pour se rendre compte qu'elle était une fille et qu'elle avait rien à foutre-là. Elle se sentait bête, réellement et elle avait soudainement envie de rire, se retenant fortement de le faire et préférant trouver le lit d'Alec... enfin, le lit supposé d'Alec, elle allait pas faire deux fois la même connerie et c'est dans un chuchotement qu'elle s'en assurait. « Alec, tu dors? » S'y glissant finalement après confirmation, elle se blottissait dans ses bras et s'imprégnait de tout ce que cela lui rappelait, apaisant ses craintes au fil des minutes sans pour autant l'empêcher d'exprimer ses souhaits les plus sincères profondément encrés, toujours dans un murmure que lui seul pouvait entendre. « Je veux rentrer à la maison. » Elle ne sentait pas bien ici, pas vraiment en sécurité. Elle voulait juste retrouver ce qu'ils avaient quand la x-mansion était encore debout, quand ils partageaient son chez lui qui était devenu un bout de chez elle aussi.
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Quinze jours. A peu de choses prêts. C'est le temps depuis lequel on était là. Sous terre. Caché. Et ça me pesait. C'est vrai, j'avais été forcé d'abandonner une vie presque parfaite pour ça. Et à cause de quoi? A cause de ces lois, à cause de la peur. Et vu ce qui pouvait se passer au jour le jour, j'avais tendance à leur donner raison. Après tout certains d'entre nous étaient dangereux. Pas nécessairement par volonté de faire du mal, mais parce que des capacités aussi grande avec quelqu'un qui ne les contrôle pas... Je n'avais pas ce problème, j'étais très loin d'être un cas dangereux. Pourtant comme souvent, pour quelques effectifs problématiques, c'est tout le groupe qui prenait et j'avais fais les frais de cette généralité. Quinze jours, le temps durant lequel j'avais vécu avec la Confrérie depuis qu'ont avait quitté le penthouse. On avait senti les problèmes arriver, quelques détails que j'avais réussi à mettre ensemble et ça nous avait donné un peu d'avance. Assez pour être sur la route pendant qu'ils enfonçaient la porte.

J'avais toujours du mal à trouver mes marques, ma mutation rendant les choses difficiles. Les mutants de l'institut avaient l'habitude mais les membres de la Confrérie devaient encore accepter tout ça et c'était compliqué. J'avais une chose que les confréristes semblaient pourtant apprécier: mon envie de combattre. J'avais vite trouvé le moyen de me faire entraîner, motivé par ma colère. Je n'étais pas de ceux qui tentaient d'avoir une vie normale souterraine, ou de faire comme si de rien n'était. Et contre toute attente je préférais taper dans quelque chose plutôt que cogiter à quelque chose. Je mettais ça sur le coup du trop plein de frustration à évacuer. Toujours est-il que c'est sur point que Mady et moi divergions. Cette situation nous avait rapproché. Sa présence rendait tout plus familier et j'avais l'impression qu'elle se sentait plus en sécurité lorsque j'étais là. Je voyais pas bien en quoi, mais peu importe. Cette divergence d'opinion, et d'occupation, ne posait en soit pas de problème. Pas que je sache en tout cas, mais c'était encore tôt. Je venais tout juste de démarrer et Robb était bien patient avec moi.

Une nuit comme les autres du coup. Je dormais, bien, comme toujours. Car si l'entrainement et le sport ne m'épuisait pas, c'est la frustration de ma mutation qui le faisait. - « Hey, c'est mon lit! » - Tiré de mon sommeil j'ouvrais les yeux pour ne voir que du noir, en tout cas dans notre chambre. C'était la voix d'Aaron et j'avais bondi. Depuis l'attaque, j'avais beaucoup de mal avec les réveils nocturnes. - « Je suis désolée, pardon. » - Sauf que tout allait bien. Enfin toute proportion gardée. Je reconnaissais cette voix. J'entendais ses pas se rapprocher. - « Alec, tu dors? » - Un soupir. Je connaissais cette voix. C'était devenu presque habituel. Presque.  - Jusque là... Viens. - Je reculais au fond du lit, sentant le mur à travers le drap contre mon dos nu, et soulevais la couverture pour l’accueillir en une cuillère innocente. La couverture retombait sur nous et mon bras venait naturellement serrer Maddy contre moi alors que mon front se posait contre l'arrière de son crâne. Je fermais les yeux. - « Je veux rentrer à la maison. » - Je sais... - Nos voix étaient basses. Assez pour les deux des lits supérieurs, tout juste pour Aaron mais s'il parvenait à se rendormir, on en devrait pas trop être ennuyé. - Mais jusqu'à ce que tout s'arrange, c'est soit ça, soit la fuite. - Et j'étais clairement pas entraîné pour ça.
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Son instinct avait parlé pour elle, son cœur avait été chercher ce réconfort dont elle avait besoin et si une partie d'elle était désolée de déranger la nuit paisible du brun, l'autre trouvait cette place entre ses bras peut-être un peu trop naturelle. Qu'attendait-elle de lui au juste? Ne lui en demandait-elle pas trop en chargeant ses épaules de son propre chagrin d'être privée de l'extérieur et de sa vie comme ils l'étaient tous finalement? Ne devait-elle pas davantage prendre sur elle ? En était-elle seulement capable? Était-elle assez forte pour ça? Elle l'ignorait. Elle l'ignorait et ça serait le cas tant qu'elle n'en aurait pas fait l'expérience mais elle n'était pas prête à cela ce soir. Trop effrayée, trop elle-même, trop fragile probablement. Elle n'était pas auto-suffisante, elle le savait. Etre seule n'était pas son truc, elle était incapable de vivre de cette façon, sous terre, à toujours voir les mêmes visages. Si ceux de la x-mansion avaient fini par lui sourire parce qu'au fond ils se soutenaient tous d'être dans une telle galère et probablement de devoir cohabiter avec les confréristes, elle ne se sentait pas à l'aise pour autant. Ça se sentait, ça se voyait. Elle se refermait, elle parlait peu, elle se contentait de pas grand chose et elle en souffrait physiquement et moralement. Rejoindre le lit d'Alec, se terrer entre ses bras, aussi paradoxal que cela pouvait être, ça lui permettait de se sentir plus ouverte, plus à même de se confronter aux gens d'ici, un soutien de taille, un réconfort nécessaire à son bien-être pour le peu qu'elle pouvait avoir ici. Et surtout, il était une oreille attentive, un véritable ami à qui elle pouvait se confier sans peur du jugement, sans aucune appréhension. Alec avait peut-être des défauts mais pas celui-là, c'était certain.

Alors elle s'exprimait, simplement, bêtement, comme une gosse pourrait le faire pour faire comprendre ses besoins d'évasion tandis que naturellement sa main se glissait sur l'avant-bras d'Alec qui l'entourait désormais. Son souffle chaud sur sa nuque, ses mots se mêlaient à ses cheveux blonds et se glissaient avec aisance jusqu'à ses oreilles grandes ouvertes. Elle avait conscience de ce qu'il disait mais se l'entendre dire, c'était totalement différent. Fuir, ils n'en avaient clairement pas les capacités, d'autant plus elle que lui et à vrai dire, que les choses s'arrangent, elle n'y croyait pas vraiment. Même en imaginant que le district puisse être détruit, que les mutants puissent vivre en êtres libres et égaux avec les humains, elle avait beau être dans les bras d'Alec, elle n'oubliait pas qu'ils étaient entourés de mutants qui avaient soif de vengeance ou de supériorité. Comment cela pouvait-il s'arranger, sincèrement? Pendant combien de temps étaient-ils condamnés à vivre ainsi? Plus les jours passaient et plus le maigre espoir qu'elle avait d'un monde en paix s'effritait. Ça faisait mal, terriblement mal parce qu'elle ne se sentait pas capable de vivre dans un monde en guerre.

Si elle restait sans voix, seule une larme silencieuse qui s'écrasait sur l'oreiller témoignait de l'état d'esprit dans lequel elle s'enfonçait un peu plus. Sa respiration quelque peu saccadée sur le moment l'avait peut-être trahie, peut-être pas, mais l'avantage restait que le chuchotement ne laissait pas entendre ce nœud qui s'était formé à sa gorge. « On en a pour longtemps dans ce cas. » Une conclusion tranchante, désolante mais trop véridique pour être contredite, ils le savaient tous les deux. « Bonne nuit Alec. » Désireuse de ne plus déranger Aaron, son pouce balayait néanmoins son avant-bras avec douceur, comme une berceuse autant pour lui que pour elle finalement, un contact nécessaire, une parole sans mot, un silence rempli de doutes. Calmer ses craintes par des gestes simples, c'était simplement ça. Fermant les yeux, elle allait mettre un peu de temps à trouver le sommeil mais il était fort possible que ce dernier serait plus agréable que les jours précédents, son esprit la faisant voyager sur les plages qu'ils avaient visité.
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« On en a pour longtemps dans ce cas. » - J'avais soupiré, doucement, assurant mon étreinte avant que son pouce ne se mette machinalement à masser mon avant-bras. « Bonne nuit Alec. » - Je ne répondais rien, rien de plus n'était nécessaire. Par delà mes paupières closes je pouvais voir toute la base et les quelques lumières encore allumées, les quelques personnes encore debout. Moi je m'assoupissais pourtant, encore dans un demi sommeil difficile à quitter. Pendant des nuits j'avais perdu le sommeil, en décembre. Pendant des nuits j'étais resté les yeux grands ouverts, incapable de dormir, piégé entre télé et spectacle nocturne des chambres du haut. Je dormais quelques heures, d'épuisement, pour mieux veiller des nuis encore. C'est seulement en fin de mois que j'avais réussi à dormir à nouveau, lorsque les choses avaient semblé moins pire que ce que je pensais. Noel, le nouvel an, le retour chez moi... Je devrais tourner en rond maintenant, perdre le sommeil à nouveau. Et je mettais seulement sur le compte de ma mutation épuisante le fait de parvenir à dormir aussi bien. Alors je m'assoupissais, Maddy dans mes bras.

Cette fuite nous avait rapproché d'une manière à laquelle je ne m'étais pas attendu. Pas vraiment en tout cas. Cette situation était devenu bien familière. Et je préférais éviter de dire tout haut que si elle avait besoin de mes bras pour se sentir en sécurité, j'avais parfois besoin des siens pour ne pas imploser. Au matin, avant que tout le monde ne bouge, je m'étais réveillé. Je m'étais réveillé par moi-même, j'en avais pris l'habitude ou presque. J'avais laissé Maddy à son sommeil et avais profité du silence pour m'esquiver de la chambre. Pour dire, je m'étais habillé dans le couloir pour éviter de faire trop de bruit mais à cette heure-ci, personne ne passait vraiment. Je m'étais découvert une nouvelle passion, ou plutôt un besoin. Si certains voulaient attendre, faire comme si le normal était encore possible, j'étais sur une pente bien plus savonneuse où la seule solution semblait encore de ne pas se tourner les pouces. Dés les premiers jours, Robb m'avait montré une nouvelle voie, une que je n'avais jamais eu à emprunter. Et à l'évidence, être en parfaite forme physique ne vous apprend pas à frapper quelque chose... ou quelqu'un. Il était temps de me bouger, de me battre pour ma propre survie. Depuis l'attaque ça me travaillait et depuis la loi j'en avais besoin. Besoin de cesser de fuir. De cesser d'avoir peur.

C'est précisément pour ça que mon poing rencontrait ce sac de sable. C'était rien, je l'avais déjà fais, avant ici, avant tout ça. Mais cette fois je le faisais pour d'autres raison. Je le faisais pour m'échauffer, pour me préparer à m'attaquer au bois, le mannequin de frappe un peu plus loin. J'avais vu certains X-men utiliser ce truc là sans jamais vraiment comprend comment, pourquoi, en me disant que ça semblait pas si compliqué. Et maintenant? Maintenant je me sentais bien con. Bien ignorant aussi. Et j'avais mal, à chaque coup, car je le faisais mal. Je devais apprendre, je voulais apprendre. Et si je devais me briser les phalanges sur ces morceaux de bois, j'avais la sensation que c'était la bonne chose à faire. Ou en tout cas que c'était ce que je voulais. Je ne voulais pas souffrir, je ne me sentais pas coupable. Je me sentais en colère. Si je devais souffrir pour me défendre, me venger, alors je souffrirais. Qu'il en soit ainsi.
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Les plages de Los Angeles, le soleil, le bruit des vagues s'écrasant sur le sable ou sur les rochers, le chant des oiseaux marins, la brise du vent frais. Ses songes la ramenaient à de délicieux souvenirs qu'elle avait partagé avec Alec. Ses rêves lui faisaient revivre cet instant, ce court instant où elle se pensait de nouveau en sécurité ou presque. Un sourire, un regard qui retrouvait un peu de son éclat. C'est ce qu'on lisait aisément sur son visage dont les traits s'estompaient en quelques secondes. La fraîcheur du drap sur ses jambes et ses bras nus l'avait tiré hors des bras de Morphée. Dommage, elle en aurait bien profité quelques heures de plus. Ses paupières s'ouvraient difficilement sur ses yeux clairs et elle n'avait pas besoin de bouger pour prendre conscience qu'Alec avait quitté le lit, sa position sur le dos était suffisante pour ça. Depuis combien de temps était-elle seule sous les couvertures? A vrai dire, quelques secondes étaient nécessaires pour qu'elle comprenne qu'elle était seule dans la chambre tout court. Toute la chambrée était debout, sauf elle, bien qu'il était relativement tôt. S'extirpant du lit, l'humidité évidente de l'air la faisait frémir, attrapant rapidement un des sweats d'Alec qu'elle enfilait sans se laisser prier. Elle aurait dû ramener quelques fringues pendant la nuit. Tant pis.

Pieds nus, elle déambulait dans les couloirs sans vraiment savoir où elle allait. Elle profitait du calme de ces derniers pour s'imprégner un peu des lieux au lieu de foncer tête baissée comme elle avait l'habitude de faire quand ces derniers étaient grouillants de mutants. Véritable fourmilière. Traversant silencieusement les couloirs, ses pas la menaient naturellement là où il y avait de l'activité, du bruit. Précieusement enveloppée dans le sweat, elle apercevait son propriétaire donnant de violents coups sur un mannequin de bois. Rien qu'au bruit de sa peau et ses os claquant sur le bois, elle en grimaçait légèrement et avait le réflexe de faire baisser sa propre audition. Se préserver. C'est ce qu'elle faisait, à longueur de temps, maladroitement et c'est probablement ce qui la perdrait un jour ou l'autre. L'observant d'abord de loin, sans bruit, elle ne disait rien. Il semblait tellement déterminé, souffrant aussi parce que c'était certainement douloureux et ça se voyait aux traits de son visage qu'elle apercevait dans les miroirs de la salle. Énervé également. Très en colère, elle pouvait le sentir sans pour autant être capable de le comprendre. Sur ce point, ils étaient foncièrement différents.

S'approchant assez pour se laisser entrevoir à ses côtés, elle gardait tout de même une certaine distance, elle ne tenait pas à trop le surprendre et se prendre un coup par réflexe de protection. « Salut. Bien dormi à ce que je vois. » Il était en forme de si bon matin. S'appuyant contre un meuble portant des kilos de poids, elle glissait quelques mots en plus. « C'est décidé alors? Quand ils sortiront tu iras avec eux? » Il s'entraînait et elle avait bien conscience que ce n'était pas que pour le plaisir de le faire. Pour défendre la cause des mutants, pour ne pas rester enfermé, pour casser du sapiens comme certains ici diraient, pour faire entendre leur voix et ne pas se laisser marcher dessus. Pour ne plus avoir à se cacher finalement. Cette pointe d'inquiétude qui naissait à l’orée de son palpitant était inévitable. L'imaginer dehors, en joug sous des armes à feu, à la limite de finir comme nombreux ont fini à la x-mansion... ce n'était clairement pas un truc qu'elle voulait pour lui et son inquiétude en devenait légitime. « Est-ce que tu peux au moins promettre que tu sortiras quand tu seras au maximum de tes capacités? J'aimerais garder un peu l'espoir de te voir revenir en un seul morceau. » Parce qu'il était son ami. Parce qu'il était le seul à la rendre un tant soit peu sociable.Parce qu'elle avait beau ne pas se l'avouer, c'était là, quelque part.
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Un coup après l'autre, une douleur après l'autre. A chaque impact j'avais l'impression que mes articulations allaient céder mais je parvenais à frapper à nouveau, parce que je savais que ce n'était pas le cas, je savais que je tiendrais. Je savais que la douleur était seulement un mirage, un obstacle à franchir. Je sonnais comme un de ces tarés qui pense que la douleur sert à rien? Ouais, peut être. Sauf que je connaissais l’intérêt de la douleur. Je ne la refusais pas. Je voulais seulement être capable de faire avec, même si pour ça je devais souffrir pour l'apprendre. La colère avait ce pouvoir. Ce pouvoir d'occulter le reste. La concentration absolue. Trop. Les œillères. Mais pour une raison qui m'échappait encore, je parvenais malgré tout à réfléchir. Est-ce que c'était ce qui me manquait? Ce qui m'avait toujours manqué? La colère? Est-ce si j'avais été en colère toute ma vie, j'aurais mieux vécu? Comment pouvais-je bien être capable de penser aussi clairement malgré la rage brûlante qui grondait au fond de mon crâne? Je frappais encore, grimaçais sous la douleur. Pas de sang, j'avais trop bien bandé mes mains pour ça, mais la vague irradiait jusqu'à mon coude.

« Salut. Bien dormi à ce que je vois. » - Les écouteurs dans les oreilles, concentré, je n'avais pas entendu ses pas mais lorsque je me retournais et que je crois son regard, j'avais un mouvement de recul, par réflexe. Je n'étais pas assez combattant pour lui sauter au cou de peur. Le réflexe de fuir était encore présent. Trop présent. Je tirais sur les fils des écouteurs pour les retirer de mes oreilles et attrapais mon t-shirt posé sur un portant pour essuyer mon visage et éponger la sueur de mon torse nu. Je ne lui avais pas répondu, en parti parce que je n'avais pas vraiment entendu ce qu'elle avait dis. Je l'avais seulement salué. - « C'est décidé alors? Quand ils sortiront tu iras avec eux? » - J'avais esquissé un rire. - Non, non.. - Mais c'était le plan, non? Participer? Combattre? Agir? L'objectif c'était ça. -  « Est-ce que tu peux au moins promettre que tu sortiras quand tu seras au maximum de tes capacités? J'aimerais garder un peu l'espoir de te voir revenir en un seul morceau. » - Je lui souriais, le visage usé par l'effort et la douleur, et me rapprochais naturellement pour poser mes lèvres sur son front. Un simple remerciement pour son inquiétude.

Je suis loin d'être capable de sortir avec "eux". - Parce que peut être à ses yeux je savais ce que je faisais, mais en réalité je ne faisais que tâtonner. - Ils s’entraînent depuis des années, ils savent s'y prendre. Moi ça fait quoi? Une semaine? Deux? Et puis je vais faire quoi sinon? Les regarder tout nu très fort? - Maddy savait déjà pour ça, depuis longtemps, j'avais pas une once de gêne à l'évoquer. J'avais parlé un peu vite, un peu sec. La colère était palpable mais surtout la frustration. Je voulais déjà en être capable. J'aurais voulu déjà savoir faire tout ça. Au lieu de ça j'étais à la traîne, et ça me rendais dingue. - Je suis pas prêt, pas encore. Mais ça viendra. - Et si j'avais pu avoir une référence, constater par moi-même la courbe d'apprentissage, j'aurais certainement remarqué que j'étais plutôt rapide pour assimiler tout ça. Prodige du combat? Non, pas exactement... - Le moment venu je serais prudent, c'est promis.
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Une partie d'elle était inquiète, forcément mais une autre admirait la décision. Même si ce n'était pas demain la veille qu'il franchirait le seuil du chalet qui camouflait toute la base souterraine, le désir était là. Il voulait sortir pour agir, pour combattre. Alors oui, une partie de Maddy était admirative. Elle serait incapable de prendre cette décision, elle le savait parfaitement. Trop peureuse, très certainement pas assez sûre d'elle également pour faire ce genre de choses. Il suffisait de la voir réagir face aux événements pour le comprendre. Quand la x-mansion avait été attaquée, elle s'était terrée chez son frère puis chez Alec. Quand il a fallu quitter le penthouse à toute vitesse et venir se cacher ici, elle s'était renfermée sur elle-même. Elle n'était pas capable de faire face à l'ennemi, qu'il soit humain ou matériel. Elle était trop fragile pour ça et il était vrai qu'elle craignait de ne jamais vraiment pouvoir se renforcer. Trop sensible, trop Maddy sûrement pour faire abstraction, pour garder la tête froide et sur les épaules. Elle n'avait aucun souvenir de ses expériences passées, chaque chose était nouvelle et elle avait naturellement perdue sa carapace qu'elle s'était construite au fil des années. Venir frapper un mannequin de bois à s'en faire mal aux mains, ça ne lui viendrait pas à l'esprit. La jeune femme était faite pour fuir, pour subir pour le moment. Il n'y avait que les gens au fort caractère pour vouloir faire face et Madelyn admirait son compagnon pour ça, bien que le contact de ses lèvres sur son front restait incapable de faire taire l'inquiétude qui se lisait dans son regard clair.

Pourtant il arrivait à lui arracher un sourire alors qu'il évoquait sa mutation sans honte. « Ça peut être une idée tu sais. » Les regarder très fort, tout nus. Alors certes, ça risquerait de les déconcentrer dans leur tâche mais ça, au moins, Alec savait le faire et il n'y aurait pas cette pointe de frustration colérique dans ses mots. Profitant de leur proximité, elle attrapait l'une de ses mains qu'elle débandait avec sa délicatesse naturelle, balançant le poids de son corps sur sa jambe la plus valide par la même occasion. Aucune blessure, pas de saignement, elle était juste un peu rouge. Effet du bandage, de la condensation ou à cause des coups? Elle n'en savait rien mais elle se souvenait parfaitement de sa mâchoire serrée qu'elle avait vu quelques instants plus tôt dans le reflet des miroirs. « Va falloir mettre de la glace si tu veux pas finir avec les mains de Shrek. » Boudinées, gonflées par la douleur. Quoi que clairement comparé à celles de Maddy, il avait déjà des mains relativement grandes. Un mec quoi. « Je sais que je serais incapable de t'aider à t'entraîner... » et que l'idée qu'il puisse être en première ligne dans un éventuel combat pour leur liberté ne lui plaisait pas vraiment. « ...mais si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi. » Un sourire amusé sur les lèvres, elle haussait les épaules en lui fournissant quelques informations supplémentaires. « Je peux être une très bonne watergirl ou éventuellement une masseuse au besoin, je devrais pouvoir remplir quelques fonctions pour faciliter tes entraînements. » Et si ça pouvait lui permettre de se concentrer et de rester en entier, elle était pas contre l'idée de s'investir un peu.
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« Ça peut être une idée tu sais. » - J'esquissais un sourire. Oui, en un sens Ça pouvait être une idée. Après tout c'était dérangeant en général, non? Déconcentrant? Elle attrapait ma main douloureuse et commençait à retirer la bande humide et souillée, laissant respirer la peau, doucement. Mes oreilles habituées au son des coups contre le bois parvenaient difficilement à s'acclimater à ce nouveau silence, me plongeant dans une sorte de cocon. Je la laissais faire, immobile, observant comme elle les rougeurs mais pas une goutte de sang. Je n'avais pas frappé assez fort? Ou alors ma peau s'était peut être endurcie. Ou tout simplement peut être que je m'améliorais à ce jeu là. Ou alors... Oh, après tout ces bandes étaient là pour ça, non? - « Va falloir mettre de la glace si tu veux pas finir avec les mains de Shrek. » - Ça ira... Faut qu'elles s'habituent de toute façon. - Elle parlait à nouveau et je posais mon regard dans le sien pour l'écouter, ignorant la douleur froide qui irradiait dans ma main. - « ...mais si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi. » - Un sourire naissait alors sur mes lèvres, un sourire fin, avant un léger rire en réaction à ce qu'elle disait ensuite. - « Je peux être une très bonne watergirl ou éventuellement une masseuse au besoin, je devrais pouvoir remplir quelques fonctions pour faciliter tes entraînements. »

Mon rire avait été léger, oui, presque inexistant. Distrait. Douleur, contact, mots. Mémoire et silence. - Je sais que je peux compter sur toi - Avais-je dis dans un sourire. Et je me penchais pour embrasser ses lèvres, ne quittant pas ses mains des miennes, avant de me redresser. Un baiser simple, innocent, d'un naturel évident. Comme si c'était normal. Comme si c'était habituel. Jusqu'à réaliser ce que je venais de faire et qu'une boule ne grossisse dans mon estomac. Poids étrange. Le vide c'était fais dans ma tête, incapable de parler sur le moment, incapable de lâcher sa main mais je n'en avais pas envie. Je n'étais pas sur de sa réaction et j'étais clairement le premier surpris, de moi-même, mais dans cette seconde qui semblait durer une éternité je me passais tous les scénarios possibles. Et durant cette éternité je ne lâchais pas sa main. Je ne rompais pas le contact de mon regard dans le sien. Captivé par ses yeux comme si ça pouvait changer quoi que ce soit. Incapable de savoir, durant cette courte éternité, ce qui adviendrait ensuite. Aucune idée de pourquoi j'avais fais ça. Aucune idée de la pulsion qui m'avait prise. J'étais le premier sujet à mes pulsions mais cette fois je ne ressentais aucune force dérangeante, aucun ordre de mes pensées malades. Tout semblait clair... et à la fois confus. Tout semblait comme suspendu dans le temps. Car maintenant je l'observais et je me demandais seulement... Et si?
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Si Alec refusait de la glace, la fraîcheur naturelle des mains de Madelyn à peine réveillée devait être suffisante pour faire taire une partie de la douleur. Elle savait que ça ne serait pas assez mais c'était déjà ça de pris. Il allait sûrement se faire réveiller par la douleur dans la nuit ou avoir du mal à s'endormir. Le jeune homme voulait que ses mains s'habituent et même si l'idée de se faire volontairement du mal pour mieux affronter celui qu'on lui ferait plus tard n'enchantait pas la blonde, c'était ainsi que la réalité était faite. Elle devait se faire à l'idée, apprendre à vivre avec. Ils ne vivaient pas dans un monde de bisounours, n'y vivraient jamais et si parfois ils avaient la chance d'avoir quelques instants volés de paix, la réalité du monde finissait toujours par les rattraper. Une réalité qu'elle aimait atténuer avec un peu d'humour. Alec avait besoin de s'entraîner, soit, mais ça pouvait se faire de façon plus agréable, avec une Maddy à ses trousses pour l'aider à hauteur de ce dont elle était capable. Une proposition honnête qu'elle s'emploierait volontiers à remplir si seulement la réponse n'avait pas été aussi surprenante. Ce n'était pas les mots qui la rendaient soudainement interdite mais bien ce baiser, presque volé. Evidemment qu'elle était au courant de son pouvoir qui l'amenait à avoir des pulsions mais est-ce qu'elle s'attendait à ce que ça lui tombe dessus? Maintenant? Est-ce qu'il s'agissait seulement des conséquences de son don pour commencer? Trop de questions, pas assez de réponses et ce silence qui devenait soudainement pesant.

Elle se devait de briser la glace bien que toujours surprise. « Je suis pas sûre que ça facilite tes entraînements ça tu sais. » chuchotait-elle dans un sourire détendu, comme un secret qui resterait entre eux. Comment pouvait-elle savoir si c'était son don qui l'avait forcé? Devait-elle simplement demander? Dire qu'elle n'avait pas aimé, aussi court que cela était, ça serait mentir pourtant elle se taisait. Elle taisait ce battement que son cœur avait loupé. Elle taisait le rosé de ses joues qui la trahissait. Elle ne voulait pas qu'une gêne s'installe entre eux, pas pour ça, pas pour si peu, persuadée qu'il ne s'agissait que des méfaits de son don, comment cela pouvait-il en être autrement? « Essaie de résister s'il te plait, c'est tout ce que je te demande. » De résister à son don, de repousser cette pulsion que Madelyn croyait conséquence de son pouvoir. Alec le savait, Maddy était une fille fragile, trop fragile pour se prendre le revers de la médaille mais il ignorait de quoi il en retournait vraiment. Si elle voulait qu'il résiste, ce n'était pas parce que ça la gênait, ce n'était pas parce qu'elle craignait pour leur amitié mais bien parce qu'elle s'attachait à lui plus qu'elle ne devrait.

Un baiser, même aussi innocent que celui-là, ne l'aidait pas à lui résister, ne l'aider pas à stopper cet attachement fourbe qui s'invitait dans son palpitant. Elle savait que si elle lui cédait, elle le regretterait parce qu'elle ne serait qu'une conquête de plus sur son tableau de chasse quand, de son côté, elle ressentirait bien plus que ça. « Essaie de résister si ce n'est pas ce que tu veux vraiment. » Cède si c'est ce que tu souhaites. Était-il seulement capable de distinguer ce qui relevait de ses envies réelles de ces élans dû à son pouvoir? Elle n'en savait rien, ils n'en avaient jamais parlé parce que ce n'était pas une conversation qui était naturellement venue. Jusque-là, elle n'avait aucune raison de lui demander mais maintenant qu'il l'avait embrassé, elle se posait légitimement la question. « Tu le voulais vraiment? » demandait-elle finalement, glissant sa main sur son torse et plus exactement là où son cœur faisait rythmer son sang. Là, est-ce qu'il l'avait ressenti à cet endroit ce besoin de l'embrasser?
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« Je suis pas sûre que ça facilite tes entraînements ça tu sais. » - Un sourire brisait le masque froid de la terreur et je riais presque, signe d'une nervosité qui ne m'avait que très rarement frappé auparavant. Pourquoi est-ce que j'avais fais ça? Que se passait-il dans sa tête à elle? J'observais son cœur battre, ses poumons se gonfler. Je cherchais une réponse sans être capable de la trouver. C'est certain, nombreux diraient que ce genre de... relation pouvaient nuire à ce que je m'évertuais à faire. A devenir. Mais était-ce réel? Était-ce vrai? - « Essaie de résister s'il te plait, c'est tout ce que je te demande. » - Mon sourire se fanait à ces mots car je comprenais où elle voulait en venir. Car j'y avais pensé presque immédiatement. Car mon fardeau était trompeur... Même avec moi. Même contre moi. Des années durant j'avais confondu maux et merveilles, incapable de discerner la vérité au milieu des sombres fantaisies. Est-ce que je le voulais. Est-ce que j'en avais envie. Est-ce que j'en avais besoin. Est-ce que j'y étais forcé. La question du consentement s'était posé très vite, mais contrairement à la totalité des autres, cette question elle s'était posé pour moi. Étais-je réellement consentant de mes propres actions?

« Essaie de résister si ce n'est pas ce que tu veux vraiment. » - J'étouffais un soupir. Une forme de déception. Pas qu'elle puisse penser ça de moi, mais qu'elle puisse le penser à raison. Car elle avait raison de le croire. Car c'était une option et que durant des années, je l'avais cru moi aussi. Je me l'étais imposé comme une façon de me raisonner, de me retenir. Une dose de culpabilité pour contrer le plaisir et le désir. Douloureusement inutile. - « Tu le voulais vraiment? » - Je sentais, je voyais sa main se poser sur moi, sur ma peau nue, contre mon cœur. Elle me touchait et un frisson parcourait ma peau. Est-ce je le voulais vraiment? Est-ce que j'avais vraiment voulu l'embrasser? Est-ce que j'avais réellement désiré ses lèvres? Ou est-ce que ma mutation m'avait seulement forcé à le faire, dans un besoin animal et purement physique, elle ou une autre.

Ma vie entière a été faite de pulsions. Depuis mon enfance je ressens chaque pensée, chaque envie. - Je posais ma main sur la sienne, contre mon cœur. - Mes parents ont bien essayé de m'en priver, mais je n'ai fais que subir, pendant des années. Et tout ce temps, j'ai pas su faire la différence entre pulsion et réalité. - Ma main glissait légèrement, relâchait la pression, comme si elle allait s'échapper, et je baissais légèrement les yeux. - J'ai jamais su... - Mes yeux scintillants se posaient dans les siens et j'inspirais. - J'ai jamais su parce que j'ai jamais expérimenté la différence. - Je n'avais jamais pu comparer, parce que je n'avais jamais connu autre chose. Ma main se resserrait contre la sienne. - C'était vrai. Cette fois, c'était vrai. - Un fin sourire, timide, se formait sur mon visage. - Je l'ai voulu. - Et lorsque je le disais, ça renforçait mon sourire tellement c'était inédit pour moi. - Est-ce que... Est-ce que tu l'aurais voulu?
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Son sourire ne s'était pas fané. Il avait mué en une moue plus sérieuse, en ce bref signe d'une concentration certaine. Elle écoutait ce qu'il disait, elle essayait de s'imaginer la difficulté de subir des parents persuadés de pouvoir y faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait pas dire qu'elle comprenait parce que ce n'était pas quelque chose qu'elle avait vécu et même si c'était le cas, elle était incapable de s'en souvenir de toute façon. Là était bien le seul avantage à l'oubli: toutes les peines passées s'étaient effacées, n'avaient laissé aucune trace et n'avaient aucun impact sur ses décisions d'aujourd'hui. Sa paume contre son torse, c'était finalement plus le contact de la main d'Alec contre la sienne qui la faisait frémir et réveillait ce qu'elle s'évertuait à enterrer depuis quelques temps, persuadée qu'elle aurait plus souffert qu'autre chose. Silencieuse, elle écoutait chacun de ses mots, les premiers plutôt explicatifs. Les seconds qui semblaient donner raison à la pensée de Madelyn sur le pourquoi de ce baiser si soudain, maladroitement blessants, instinctivement déplaisants. Puis les derniers et le sourire du brun qui les accompagnait. La blonde aurait pu rester dans le silence parce que les mots du jeune homme résonnaient à ses oreilles comme une révélation perturbante. C'était arrivé comme ça, d'un coup, comme s'il s'était pris un coup sur la tête et que l'intérêt qu'il portait potentiellement à la Underwood s'était subitement réveillé.

Ca aurait pu la perturber, c'était le cas d'ailleurs, mais le sourire d'Alec lui arrachait le sien. Communicatif, trop candide peut-être, on ne pouvait pas rester de marbre et si son premier instinct - ridicule - voulait lui faire un câlin, elle choississait plutôt le réconfort par les mots, brisant son silence. « Honnêtement c'est pas quelque chose à laquelle je m'attendais. » Haussant les épaules, comme un tant pis silencieux, elle s'approchait un peu plus et glissait ses lèvres contre les siennes pour un baiser davantage partagé que volé, avouant finalement l'évidence, un sourire frôlant les lippes du brun. « Mais c'était loin d'être désagréable ou déplaisant. Juste un peu court, il fallait rattraper ça. » Une façon de lui donner son accord pour ce genre d'échange pour le moins exclusif entre eux et tandis qu'elle s'éloignait un peu, leur relation naturelle de complicité décomplexée et taquine revenait naturellement à elle. « Tu sais ce qui serait pas désagréable aussi? » Un sourire taquin en disait très très long et encore plus cette façon qu'elle avait de s'éloigner, appréhendant ce genre de petit coup qu'on reçoit après une vanne. « Que tu prennes une douche, tu sens le fauve. » Fuir ou ne pas fuir? Avait-elle seulement une chance de courir assez vite pour échapper à une éventuelle vengeance? Certainement pas... tant pis, elle assumait presque entièrement sa vanne.
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« Honnêtement c'est pas quelque chose à laquelle je m'attendais. » - Je pouvais pas la blâmer, je ne m'y attendais pas non plus à vrai dire. C'était juste arrivé, comme un réflexe, comme quelque chose de naturel avant de réaliser que ça ne l'était pas totalement. Elle se rapprochait finalement et je la fixais du regard, un sourire bête sur les lèvres jusqu'à ce que les siennes les rejoignent. Le contact se prolongeait et je n'osais pas bouger, je n'osais pas passer ma main dans son dos, je fermais seulement les yeux et rapprochais un peu plus mon corps du sien sans songer à mon état déplorable. Lorsque le contact se rompait, mon sourire était encore là, immortel mais surtout plus joueur que bête. Mon regard ne quittait pas le sien et finalement je riais. - Oui t'as raison, fallait compenser. - Que j'étais mauvais. Que j'étais nul. Je méritais punition. Je méritais la fessée! Elle s'éloignait finalement et je l'observais partir, sans dévier, sans ciller parce que je n'étais pas certain de vouloir la voir disparaitre. - « Tu sais ce qui serait pas désagréable aussi? » - Je hochais la tête pour l'inciter à poursuivre, le regard joueur. - « Que tu prennes une douche, tu sens le fauve. » - Mon visage presque sérieux se trahissais d'un grand sourire. - Je sais que t'adore ça. - Avais-je lâché par réflexe, comme toujours, avant de me retourner pendant qu'elle sortait de la salle.

A peine avait-elle disparu à l'angle de la porte que mon visage se fendait d'un sourire, un énième sourire, un sourire fier mais aussi trahissant une simple pensée: qu'est ce qui venait de se passer? J’agrippais le sac de frappe pour m'y pendre ou presque, allégeant le poids sur mes jambes. Qu'est ce qui venait de se passer? Sérieusement? Je me redressais et recommençais à frapper. Moins de précision, plus d'entrain, plus d'énergie incontrôlée. Je peinais à retrouver ma concentration. Mon cerveau était totalement ailleurs, mon esprit aussi. C'est seulement lorsque je perdais l'équilibre lors d'un coup trop précipité et que je me décalais sur le côté pour faire vaciller le portant des poids d'altères un peu plus loin et que les poids roulaient au sol dans un vacarme assourdissant, que je rentrais ma tête entre mes épaules. - Ok, ok. A la douche Alec. - Froide la douche. Et longue. Enfin autant que possible. De toute façon je faisais n'importe quoi, c'était un coup à me blesser. J'y restais bien plus que de raison pourtant, même si je ne pouvais pas non plus trop tirer sur le stock d'eau disponible juste pour moi. Et lorsque je l'avais retrouvé un peu plus tard, c'était différent. Les choses étaient différentes et je le ressentais. Ce pincement, ce... "truc". Je l'avais embrassé, comme une chose nouvelle dont on ne peut se lasser. Oui, c'était différent maintenant. Différent en bien.
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