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 Texas moins sanglant ♦ Prim

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MessageSujet: Texas moins sanglant ♦ Prim   Mer 11 Juil - 18:43
Il a commencé à pleuvoir il y a deux heures, je me suis demandé si ce n'était pas un mauvais présage. Quand elle a dit qu'elle venait, je n'ai pas su comment réagir alors je me suis comporté comme quiconque recevrait un invité. J'ai refait le lit et je me suis préparé de quoi dormir sur le canapé, parce que je n'ai pas souhaité lui imposer ma présence de nuit. J'ai terminé de manger tranquillement puis je suis allé remettre quelques balles dans le barillet de mon arme, en vérifiant que la chambre est aussi pleine. J'ai sorti les cartouches de mon fusil et entre le dessert et un café, j'ai calmé mes nerfs en démontant et en remontant mon automatique, comme je le faisais plus jeune.

Ma cigarette a terminé de se consumer dans le cendrier qui se trouve sur le bord de la fenêtre, dans l'indifférence générale. Son odeur s'est mise à envahir la cuisine, comme si j'y avais fumé une partie de la soirée. Alors que je me refuse à fumer dans la maison. Cela me coûte, parce que c'est l'une des rares choses qui me calment. Plus les jours passent, et plus je pense disparaître de la circulation. Si je n'avais pas été ici, j'aurais pu rester en prison. Mais désormais, la perspective de m'éloigner de lui me fait assez égoïstement de la peine. Nos journées sont rythmées par une routine qui ne m'est pas désagréable. Imprégné de mon anonymat, je ne suis connu que par les gens du coin. Certains me suivraient si je décidais de prendre à nouveau parole, je le vois à la façon dont ils ont de m'écouter quand j'en viens à leur raconter les événements de New York, d'autres m'ont en horreur, alors même qu'ils n'ont pas idée de l'étendue de mon implication. Mais notre duo atypique entre l'anti-mutant dangereux et le mutant dangereux permet pour l'instant de calmer les ardeurs des uns et des autres.

L'accueil de mon fils s'est bien fait, et tout s'est bien passé jusqu'à la première manifestation de son don. C'est ce jour que j'ai dû révéler ma véritable identité. Au moment où j'ai menacé ce petit con qui braillait qu'il ne le laisserait pas vivre dans « sa »ville. Je me suis révélé quand j'ai collé un couteau contre sa pommette en lui promettant que je laisserais deux cavités vides avant de lui arracher la langue s'il faisait quoi que ce soit. Ça l'a calmé. Désormais, il évite de croiser mon regard et accélère quand nous nous croisons. J'ai perdu mon sang-froid avec lui, mais personne n'est au courant. Quand je le vois, j'ai encore une douleur au fond de la gorge, de celles qu'on a lorsqu'on a crié trop fort et trop longtemps.

Je me suis demandé si j'étais prêt à tuer Primrosae si elle vient en envahisseuse, si elle vient pour finir ce qu'elle avait commencé. Elle n'a jamais été si proche de lui. Si elle vient avec qui que ce soit, je me sens prêt à les exécuter sans sommation. Je quitte la petite maison de bois blanc et reste un peu sur le porche. La fraîcheur de la nuit à peine entamée me soulage de la chaleur étouffante des derniers jours. Quelques vingt mètres plus loin, les trois maisons de la famille Davidson – le père et ses deux fils – s'érigent entre les derniers arbres de la forêt qui entourent les habitations. Il n'y a que quinze maisons mais elles sont en majorité habitées par des clans familiaux, des ruraux qui vivent en marge de la société et, forts de profiter de leur droit de port d'armes, se considèrent comme les uniques maîtres sur leurs propriétés.

Quelques habitants pourtant rompent avec ce schéma et acceptent le temps ne s'est pas arrêté au siècle dernier. Il y a une jeune femme, qui s'appelle Éléna. Elle vit deux maisons plus loin et elle s'entend bien avec lui. Elle a suivi des études de médecine qu'elle a arrêtées pour s'occuper de sa mère, quand cette dernière est tombée malade. Elle compte reprendre l'année prochaine. En attendant, elle lit, elle lit beaucoup et elle se rend utile. Je la vois souvent revenir du centre-ville avec de nouveaux livres. Je regarde l'heure. Hé merde, Prim va bientôt être là. Je range mon arme dans son étui, à la ceinture, sans la dissimuler. Je prends le pick-up et je me mets en route vers le centre-ville. Après cinq minutes d'un chemin de terre qu'il faut vouloir emprunter, j'arrive sur une route plus agréable que j'emprunte à peine cinq minutes de plus. Je me gare près de la pharmacie et j'attends Primrosae en m'en grillant une. J'ouvre un bouton de la chemise noire à manches longues que je porte et glisse mon chapelet dessous. Quand je juge qu'elle ne doit plus être bien loin, quoique je suis en avance de quinze bonnes minutes, je descends de voiture.
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Les balais des essuies glaces étaient à leur plus haute vitesse. Seul leur bruit frénétique et le battement de la pluie sur le toit se faisait entendre. Dans le 4x4 noir, c'était le silence. Pas de radio, pas même une pensée trop hautement formulée. Ses iris bleus fixaient la route trempée qui reflétait les phares de son véhicule. Une main sur le volant, l'autre sur le levier, elle ne craignait pas l’aquaplaning en dépit de la vitesse. Un an. Plus d'un an. Et elle ne craignait toujours rien. Ou peu de choses. Alors pourquoi dès lors que les roues avalaient l'asphalte, dès lors qu'elle approchait davantage du Texas, elle ressentait ce stress significatif qui lui serrait le cœur et lui retournait l'estomac? Sur l'autoroute, elle ne croisait quasiment pas de voitures, sur sa voie ou celle d'en face. Elle ne savait pas quelle heure il était, il faisait nuit noire, c'était son seul repère.

Elle entrait dans l'état du Texas quand le freinage fut violent. Sur la route humide, la voiture faisait une tête à queue avant de se remettre dans le sens de la route. Garée rapidement sur la bande d'arrêt d'urgence, elle prenait seulement le temps de mettre ses warning avant de sortir en trombe de l'habitacle. Elle n'avait pas le temps de passer la barrière de sécurité qu'elle se penchait pour vomir dans l'herbe. Quelques minutes sous la pluie battante suffisait pour que ses cheveux dont la rousseur avait repris ses droits se collent à son visage. Quelques minutes pour que la sensation de l'eau l'apaise et qu'elle reprenne ses esprits. Elle était encore loin d'Odessa. Elle avait encore du temps pour changer d'avis et faire demi-tour.

Esprit de contrariété ou instinct nouvellement éveillé, les kilomètres se cumulaient jusqu'au point de non retour. La pluie s'était calmée, l'intérêt des essuies glaces était à peine visible. Elle était en ville, la vitesse était réduite. Elle ne tenait pas spécialement à se faire remarquer depuis que cet idiot de flic lui avait menti pour lui monter la tête alors elle respectait les limitations. Les enseignes défilaient, elle écoutait sagement le gps de sa voiture pour se rendre à l'endroit indiqué. Quand l'instrument de conduite lui signalait qu'elle était à une centaine de mètres, à une rue près, elle se garait et éteignait le moteur. Quelques minutes de silence, d'un précieux silence où elle s'était complètement vidé l'esprit. Elle était fatiguée.

Seul le claquement de sa boîte à gants rompait le précieux. Elle laissait son arme ici. La seule chose qu'elle emmenait avec elle était les clés de la voiture fourrées dans la poche de son jean noir. Chaussée de converses, elle ne faisait aucun bruit en marchant en dehors du frottement de son jean, elle était à peine visible dans la pénombre si c'était par son t-shirt rayé bleu et blanc à l'image des marins. Quand elle atteignait l'angle de la rue, elle avait de nouveau envie de vomir comme ça avait été le cas plusieurs heures plus tôt. Pendant un instant, elle s'était arrêtée. Il était là. Même ainsi de dos et sous la faible lumière de l'enseigne de la pharmacie, elle pourrait le reconnaître entre mille.

Elle ne réfléchissait pas, elle ne réfléchissait plus avant d'avancer, de se faire entendre pour le faire retourner. « Salut Reagan. » Putain ce que c'était con et en même temps, que pouvait-elle lui dire d'autre après un an? Son regard s'accrochait juste au sien avant que la réalité ne vienne la frapper de plein fouet. « J'ai pas d'opinel cette fois mais si tu veux vérifier... » disait-elle en écartant les bras et les jambes, prête à se faire fouiller si ça pouvait le rassurer. Elle comprendrait.
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Je me retourne sur elle et ne peux m'empêcher de sourire quand je la vois là. Ça me fait plaisir mais mon regard fouille les alentours, m'attendant à apercevoir cette petite saloperie d'Aloysius. Si j'avais dû être abattu par un sniper, personne n'aurait été plus compétent que Primrosae et pourtant elle se tient là en face de moi. Je porte la main à mon arme. Je sais qu'elle est intelligente et je sais qu'elle est ou a été tout aussi en colère alors je préfère être prudent malgré tout, elle le comprendra. Je m'approche d'elle, en dépit de la distance déjà faible qui nous sépare. Je m'approche et pose mes lèvres sur les siennes, comme si nous nous étions quittés à peine quelques minutes auparavant.

« J'ai pas d'opinel cette fois mais si tu veux vérifier... » Elle écarte bras et jambes, comme pour une fouille. Je pourrais la fouiller, bien entendu, mais je me contente de hausser des épaules et lui faire signe de reprendre une posture normale. « Si tu as besoin de mon aide, je t'aiderai. Si tu viens me causer des problèmes, je te ferai disparaître. » Je passe la main sur mon visage puis désigne mon propre véhicule d'un mouvement du menton. Nos relations ont toujours été comme ça, un peu crues. Et elle sait bien que c'est vrai, on s'est tellement déchirés, et pourtant, je suis toujours bêtement attaché à elle. Mais ça ne m'empêchera pas de la tuer si elle veut me la faire à l'envers.

Je lui demande de me suivre et monte dans ma voiture. Je rallume une cigarette que je fume tranquillement sur le trajet. Mes coups d'oeil dans le rétroviseur sont réguliers et il me semble qu'aucun véhicule ne nous suit. Quand je l'ai assez baladée, je me gare puis attends qu'elle soit à mon niveau. « Descends de voiture et monte avec moi. »

Elle descend de voiture, sans sac ni valise d'ailleurs. Elle monte à côté de moi et je remets le pied sur l'accélérateur. Pas de musique dans la voiture, et puis Prim appréicerait-elle vraiment ? Avant qu'on arrive, je lui demande simplement comment elle va. J'imagine que ça n'a pas dû être facile de venir ici... On se gare et je lui dis qu'elle va le rencontrer. Un jeune homme apparaît sur le pas de la porte. Cheveux noirs en bataille, les mains jointes devant lui. Il guette la voiture et il nous salue d'un simple « hey » alors que nous descendons. Je le regarde, puis jette une oeillade vers Prim : « T'excites pas, c'est Patrick, le voisin. Rentre chez toi, Patrick ! » Ses yeux sombres s'arrondissent et il rentre à l'intérieur. Oui, chez moi. Je soupire simplement puis la précède en lui laissant le temps qu'elle voudra pour entrer à l'intérieur. Quelques habitants jettent des coups d'oeils indiscrets, ils ne se veulent pas discrets de toutes façons.
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Son baiser n'avait pas reçu de réponse. Interdite, surprise, elle n'avait pas répondu à ce dernier parce qu'elle ne s'attendait certainement pas à ça, encore moins quand il était aisé de comprendre que c'était contre son arme qu'il avait porté sa main. Peut-être qu'elle n'avait pas non plus répondu parce qu'elle n'en avait tout bonnement pas envie. Ça faisait plus d'un an et si lui n'en avait pas la sensation, l'eau avait coulé sous les ponts pour Primrosae. Elle n'avait plus cette confiance en lui presque aveugle qu'elle pouvait avoir. Elle n'avait plus ce même désir ardent qui lui dévorait souvent les reins. Elle n'avait plus ces battements de cœur incontrôlables qu'elle s'était évertuée à ignorer. Beaucoup de choses avaient changé. Eux y compris.

Silencieuse, même après sa menace, elle s'était contentée de retourner à son véhicule, de prendre cet instant pour elle. Putain mais qu'est-ce que tu fous là? C'était la question qu'elle se posait. Il avait envie de la voir, elle était venue. Mais elle-même avait pourtant affirmé qu'elle n'avait pas besoin de son aide parce qu'elle ne lui faisait plus confiance pour ça mais elle n'était pas là non plus pour lui soutirer des informations ou pour chasser ce fils qu'elle n'avait pas reconnu comme le sien. Sur la route, en suivant la voiture du Pasteur, ses iris se posaient régulièrement sur sa boite à gants. Elle visualisait son arme, elle se demandait si elle devait la prendre maintenant qu'elle savait Jeremiah armé. Quand elle se garait pour monter dans sa voiture, elle ne la prenait pourtant pas. Elle avait tenté de mettre fin à ses jours, s'il la tuait, ça ne serait que finir ce qu'elle avait commencé. S'il voulait la tuer pour une raison quelconque, il l'aurait fait devant la pharmacie de toute façon.

Le silence dans l'habitacle ne lui paraissait pas aussi pesant qu'elle l'aurait cru. Elle préférait le silence plutôt que de faire semblant. A sa question, elle lui répondait simplement qu'elle était fatiguée. Plus de dix heures de route dans les pattes avec nœud à l'estomac, ça vous tuerait un homme. Quand la voiture se stoppait au milieu d'un bois et d'une dizaine de maisons, elle n'était pas curieuse de là où ils étaient. A vrai dire, l'affirmation du brun lui avait coupé l'herbe sous le pied, l'apparition du jeune homme à la porte lui faisait froncer les sourcils. Non, sur le coup, elle n'avait pas fait le lien et c'était simplement demandé pourquoi elle devait rencontrer ce mec louche. Elle comprenait vite qu'il n'y avait pas d'amalgame quand Jeremiah lui disait de rentrer chez lui - par contre, il y avait bien comportement louche quand le voisin l'écoutait pas, mais bon. Il lui avait bien parlé de rencontrer ce bébé qu'elle avait tant voulu enterrer. Elle n'avait pas demandé ça. Elle n'avait pas demandé à le rencontrer. Pas maintenant, pas comme ça, pas aussi vite. Elle n'était pas prête pour ça, elle ne le sentait vraiment pas et se félicitait presque de ne pas avoir pris son arme. Pour sûr que ça aurait mal tourné.

Pourtant, elle descendait du pick-up quand Jeremiah était déjà loin, à l'intérieur, avec le voisin. Aisément, elle sentait les regards, elle sentait la curiosité. Toute son enfance lui revenait en mémoire. Cette vie isolée dans les bois à apprendre à devenir cette insensible qu'elle est aujourd'hui. Les séances de torture, les jours passés au grenier ou à la cave, le meurtre de son chiot, l'assassinat de ses parents. Elle n'aimait pas cet endroit, elle n'aimait pas ce choix, elle n'aimait pas ces gens. Instinct de mère refoulé ou souvenirs trop douloureux pour son humanité à peine réveillée? Elle ne cherchait pas à comprendre d'où cela venait, elle se contentait de réagir verbalement en fixant chacun des voisins trop curieux. « Quoi? Vous avez jamais vu de rousse de votre vie? » Elle était l'inconnue dans ce hameau et elle n'aimait pas vraiment ce statut. Elle aurait pu se réfugier à l'intérieur pour éviter ça mais elle préférait les voisins à l'éventualité de le croiser.

Quelques minutes suffisaient à Jeremiah pour le comprendre et revenir vers elle, paralysée par la peur et la colère, les doigts crispés contre la carrosserie de la fenêtre ouverte du pick-up. « Tu voulais me voir, je suis venue. Tu voulais qu'on arrête de se déchirer, mon arme est restée dans ma voiture. A ton tour de respecter mes choix. » Notamment celui de ne pas le voir, de ne pas se trouver dans la même pièce ou même la même maison que lui. Jeremiah le savait pourtant, elle lui avait dit qu'elle n'était pas prête et c'est lui qui était en train de lui faire à l'envers, encore une fois. « Si jamais il est déjà là... » Parce que Jeremiah lui avait dit qu'il ne vivait pas avec lui, c'était donc possible que le Pasteur envisageait une rencontre le lendemain et non maintenant mais Prim restait Prim et elle ne prenait aucun risque. « ... Il s'en va ou tu me ramènes. » Il avait le choix, sans que pour une fois elle ne lui dise que c'était lui ou elle. Elle voulait seulement qu'il respecte ce besoin de ne pas le voir pour ne pas commettre l'irréparable comme elle avait accepté qu'il puisse être auprès de cet enfant comme si c'était le sien. Donnant, donnant.
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