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 Shot in the dark

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MessageSujet: Shot in the dark   Lun 12 Fév - 23:18
J'ai couru, sans ménager mes efforts, sans économiser mon souffle, sans savoir où j'allais. Lorsque j'ai vu mes parents pour la dernière fois, ils sortaient alors que nous arrivions tous les trois. Et ils sont partis. Se cacher. Se cacher de ces putain de lois. J'ai couru, espérant rattraper un peu de temps, espérant les empêcher de se barrer pour une putain de bonne cause. Je me laisse tomber sur le trottoir, je ne sais pas quoi faire. J'avais un plan pour tout, je savais que je pouvais arranger les choses quels que furent les moyens employés. Je pouvais arranger les choses, à ma manière. Je reste assis par terre, à regarder les voitures passer, à regarder les bus défiler. Maddy ne montera pas dans l'un d'entre eux cette fois, je ne l'apercevrai pas par hasard. Je devrais être rassuré, elle se trouve avec notre famille, avec sa famille et son petit copain. Ils vont bien. Je devrais être rassuré, Kayden et avec sa bande de super-héros, ils veilleront sur lui mieux que je l'aurais fait. Je devrais être assuré mais je ne parviens pas à l'être, je n'arrive pas à me dire que ce sont les meilleures solutions. Ils me manquent, tous ces crétins me manquent.

D'habitude, je gère les choses mieux que ça. Je regarde mon poing encore abîmé des coups que j'ai mis dans le mur, à défaut d'écraser l'air stupide de Jay avec. J'ai balancé mon téléphone parce que Kayden n'appelle pas, que personne n’appellera. Et je n'ai pas besoin de l'argent de Jay quand les miens se barrent sans que je sache où ils sont. Ma mère gueulerait que c'est mieux pour moi de ne pas savoir, je m'en fous de ce qui est bon pour moi. Je me sens trahi, je me sens abandonné. Mais je tiendrai bon. Assis là, j'essaie de reprendre mon souffle et je passe la main sur mon visage. Quand le premier d'entre eux reviendra un beau matin, sans me donner d'explication, ma porte sera ouverte.

Je ne suis pas un éternel optimiste, loin de là. Mais ça ira, je le leur dirai. Putain, quand je pense à tout ce que j'ai dû faire pour essayer de régler mes dettes et les leurs, pour qu'ils s'en aillent comme ça. Ils auraient mieux faire de vendre, payer leurs dettes et j'aurais su régler les miennes au fil des mois, au fil des années. J'aurais pu le faire. Je me remets debout, me tapote les bras pour essayer de me réchauffer. Let's go home.

* * *
Let's go home, j'aimerais pouvoir le redire à voix haute. De retour à l'appartement, je me fais une bière et laisse la télévision allumée. Il y a un paquet de cacahuètes ouvert qui s'est renversé sur le canapé, je les balaie d'un geste de la main puis m'installe. De temps à autres, je jette une oeillade vers la porte, espérant la voir s'ouvrir discrètement mais personne n'arrive.

Finalement, les jours passent et je m'habitue à ce goût de déception. J'ai écrit à mes parents, de nombreuses fois, en sachant qu'ils n'auraient pas les lettres avant que tout ne soit réglé. Avec les m&m's, on avait établi un code pour s'écrire à un moment donné. Un système basique de mot-clef à superposer à tous les mots. Des fois je l'utilise à la fin, pour simplement leur dire qu'ils n'ont qu'à me dire quoi faire, je saurais le faire. J'ai envisagé toutes les solutions, et surtout les solutions débiles qui sont devenues ma spécialité. Même aller au commissariat, inventer un bobard comme quoi je suis mêlé aux attentats. Ce serait crédible, j'aurais pu manipuler mes frère et sœur, et on arrêterait de glorifier les purifiers... Mais ça va servir à quoi, j'ai pas envie à ce point de me foutre inutilement dans la merde ! J'éteins la télévision, je regarde un moment par la petite lucarne qui donne dans la ruelle. Je garde contre moi le t-shirt de Kayden.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Mar 13 Fév - 16:29
Shot in the dark.
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Confusion et perdition. Réalité et... Néant? Le néant je le connaissais désormais, j'en étais familier. Il était un doux ami, silencieux correspondant. L'environnement des ténèbres qu'on m'avait alloué. Noirceur dans laquelle j'évoluais. Une nuit sans lune ni étoiles. Un simple tableau noir et flou dans lequel je volais. Parmi les nuages invisibles j'avançais, observant d'un air distrait les lumières en contrebas. Lumières qui disparaissaient, d'une seconde à l'autre. J'allais vite, tellement, et je voyais les derniers éclats de le l'ouest français s'estomper au loin alors que sous mes yeux défilait les vagues installables de l'océan.

J'avais quitté la Sokovie. D'une simple impulsion après avoir discuté avec cet enfant, je m'étais envolé et la nuit m'avait rattrapé. J’accélérais le rythme, gagnais en vitesse pour mieux dépasser les flots. Je ne me souvenais plus du temps où cette vitesse m'aurait oblitéré. Je ne me souvenais plus d'une époque où le simple fait de voler était difficile et lent. Je n'agissais que par pur instinct, utilisais les outils à ma disposition sans même réellement y penser. Je ne me dirigeais que vers une idée. Une simple idée. Un souvenir, au passé, que le temps avait pu déteindre. J'entrapercevais son visage dans la brume, mais son visage était peut-être différent. Le mien l'était-il?

Je distinguais au loin les premières lueurs artificielles de la côte Est. Je ressentais quelque chose, comme un magnétisme intense, un point d’ancrage qui m’appelait. Métal? Non. Organique. Vivant. Pensant. Le cœur. Une faille et une douleur, la pression dans ma cage thoracique et la boule dans mon estomac que j'étais incapable de comprendre. Comme un enfant qui découvre quelque chose pour la première fois, j'avais peur, mais j'étais également curieux. Curieux de voir. De comprendre. D'apprendre. Je traversais le ciel, entendant en bas le son des voitures et de la vie de la ville. New-York, le nom me revenait sans que j'en connaisse l'origine. Je passais au-dessus de Brooklyn et allais directement survoler le Bronx. Je me dirigeais à l'instinct, je ne savais pas vraiment ce que je faisais là.

Pourquoi venir ici?

J’atterrissais au pied d'un vieil immeuble de cinq étage, bien ignorant d'être vu et aperçu, ma tenue de mécano sokovien sale détonnant avec le reste, ou peut-être pas tant que ça. Je passais la porte, prudent, cherchant le danger et la menace d'un regard presque effrayé. Je sentais le fil chirurgical dans ma peau qu tirait, frotté par le tissus de la chemise que je portais, mais l'ignorait. Je montais les marches, lent. Je ne ressentais rien, pas le moindre danger pourtant j'étais incapable d'arrêter de chercher. Incapable de ne pas avoir peur. Peur de ce qui pourrait se trouver au détour du couloir, tapi dans l'ombre.

J'approchais d'une porte. Pourquoi cette porte-ci plutôt qu'une autre? Je n'aurais su le dire, mais j'approchais, silencieux et léger, mes doigts glissant sur le bois du panneau comme si je cherchais à en ressentir les vibrations. Comme si elle pouvait parler. Bien sur que non, mais elle s'ouvrait. Le verrou bougeait, la poignée pivotait, la porte s'ouvrait en face de moi et je faisais deux pas en avant. L'appartement plongé dans la pénombre seulement dérangée par une lueur bleutée provenant d'une télévision allumée, mon corps se mettait faiblement à luire, tel un halo angélique me permettant de voir où je posais les pieds. Me permettant de percevoir la silhouette allongée sur le canapé.

Quel était son nom? - Alan? - Qui était-il? Pourquoi mon cœur s'emballait-il? La porte se refermait dans mon dos comme si elle avait sa conscience propre, doucement, sans claquer. Je faisais un pas en avant, encore, sentant la dizaine de plaies et éraflures gêner sur ma peau. Un pas de plus. - Ou suis-je? - Je balayais la pièce du regard, familière et étrangère à la fois. Comme une vieille photo que j'aurais trop regardé, à tel point que je pourrais m'en souvenir. Ou alors n'était-ce que ça? Un souvenir? Une hallucination? - Est-ce que tu peux me dire... Dis moi.. Qui je suis.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Mer 21 Fév - 23:30
Je me suis endormi sur le canapé, un bruit de fond, un murmure de fond, un parfum dans lequel je perds mon visage. Dans lequel je voudrais me perdre un peu plus longtemps. Je me réveille en sursaut quand le voisin claque la porte de chez lui, alors qu'il part sans doute bosser. L'obscurité domine toujours à l'extérieur et je profite de la chaleur de la couette qui me recouvre entièrement. Je profite de quelques heures de tranquillité encore, à ne pas porter le masque de l'indifférence. Je ne suis pas indifférent, je suis inquiet, et je suis triste.

Ou en colère, peut-être les deux, je n'en sais rien. Je passe le bras, à la recherche de mon paquet de cigarettes abandonné par terre, juste le temps d'en sortir une avec mon briquet. Je l'allume et fais des ronds de fumée. Il fait froid, trop froid en ce moment, passer mes bras hors de la couverture m'arrache un frisson et je regarde autour de moi. Ah, le pétrole électrique s'est éteint. Quelques bouffées et je me laisse retomber en arrière, les cendres sur le sol. Quand j'ai trop froid, je prends mon courage pour relancer la bécane, éteins ma cigarette et me recouche, je pesterai donc demain matin sur l'odeur du tabac froid.

Mes yeux papillonnent, j'ai l'impression de n'avoir pas eu le temps de me rendormir. Une silhouette se tient là, je ne sais pas si je dors ou si c'est le gamin du voisin qui vient me dire que leur évier de salle de bains fuit encore. Une grimace d'ours mal léché envahit mon visage. « Qu'est-ce 'tu veux ? » laisse-je échapper en essayant de me réveiller totalement. Une lumière émane de... est-ce que la lumière vient vraiment du couloir ? Je me redresse, frottant mon visage d'une main. « Alan ? » Un silence, suspendu le temps que la porte se ferme derrière lui. Je fais un pas en avant, manque de tomber le pied pris dans la couette, je m'en dégage, réponds juste un « Ouais », une voix lointaine, comme si j'écoutais un étranger. Je reconnais sa silhouette, elle peut briller, je le reconnais.

Un sourire illumine mon visage à moi. Bien sur que c'est moi. Je m'approche de lui, stoppé par sa question : « Où suis-je ? » Je regarde autour de moi, pose les mains contre mes hanches. C'est comme si on se retrouvait après juste quelques heures de séparation, si ce n'est que mon cœur bat plus fort, écrasé entre la colère de l'absence et le soulagement de sa présence. « Ouais je sais... c'est le bordel... » Je ne vois que ça. Je tends la main vers lui, caresse son épaule mais il semble distant, il semble lointain. « Est-ce que tu peux me dire... Dis moi.. Qui je suis. » Quoi ? La main l'abandonne brutalement, qu'est-ce qu'il veut dire ? Je regarde autour de moi, je suis éveillé pas vrai ? Est-ce que c'est une sorte de test ? Et pourtant de nous deux, on dirait que c'est lui qui vient de sortir d'un sommeil agité et trop long... « Personne ferait le guet ici pendant aussi longtemps pour te tendre un piège. La concierge a cru voir un rat l'autre soir. » Bon c'était son chat en fait, mais c'est un détail. J'esquisse un sourire, essayant de le rassurer. Et moi aussi, troublé par cet sorte de halo lumineux qui l'entoure. Le principal, c'est qu'il soit là. J'aurai le temps de gueuler demain. Il a dit mon prénom, il est ici. Mes mains glissent à nouveau contre lui et l'amènent doucement contre moi. Mon bras se lève et passe derrière lui, mes doigts caressent ses cheveux et je plonge mon visage dans son cou. Ça fait du bien. « Kayden... tu es en sécurité. » La sécurité sent le tabac froid et un poulet de la veille, mais this is home.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Dim 25 Fév - 17:23
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Sa main glissait sur mon épaule et la mienne gagnait son avant-bras, hésitante, tremblante. Mes doigts effleuraient sa peau et un frisson vrillait mes sens déjà faibles. Puis je posais la question, je lui demandais qui j'étais et sa main m'abandonnait, ma main le perdait et mon regard fuyait, apeuré et honteux, perdu dans le vaste infini d'un monde au-delà. - « Personne ferait le guet ici pendant aussi longtemps pour te tendre un piège. La concierge a cru voir un rat l'autre soir. » - Je ne comprenais pas. Le son volait, le sens flou s'évadait. Je sentais alors ses mains me rejoindre à nouveau, glisser sur mes flancs pour gagner mon dos, m'attirant vers lui alors que je demeurais immobile, comme figé par une peur fugace et illogique. Son bras s'étendait dans mon dos et ses doigts passaient dans mes cheveux. Je sentais la chaleur de son corps collé contre le mien, le contact de son visage enfoui dans mon cou. - « Kayden... tu es en sécurité. »

Un frisson remontait le long de mon dos et mes bras se mettaient en mouvement, mes mains se rejoignant dans son dos pour mieux l'étreindre, lentement, alors que les larmes inondaient mon visage en silence. Le halo qui illuminait mon corps s'estompaient pour que je puisse le rejoindre dans la pénombre. Le brouillard qui camouflait mes pensées se dissipait. Le pouvoir de sa voix m'ancrait dans la réalité et mon étreinte se resserrait au rythme de mon cœur qui s'emballait. Au rythme de mon esprit qui réalisait tout ce qui s'était déroulé. De la douleur qui brûlait mon torse alors que je prenais conscience des fils chirurgicaux encore dans mes chairs intactes. - Comment j'ai pu survivre sans toi... - Surtout en sachant à quel point je n'avais pas survécu, justement.

Je le repoussais pour mieux l'embrasser, mû par le besoin de ses lèvres, réalisant à quel point elles m'avaient manqué. Me souvenant à quel point il m'avait manqué. Des mois interminables à penser à lui sans pouvoir le voir, le toucher lorsque je le souhaitais. J'avais appris à étendre mon esprit, je l'avais entrevu par moment mais c'était si peu. Si insuffisant à côté de la chaleur de son corps, là, maintenant. Mes jambes faiblissaient et je me raccrochais à lui pour ne pas tomber. - J'ai besoin de m'asseoir... - J'étais épuisé. Mais pour un fraîchement ressuscité qui avait traversé la moitié du globe en volant pour rejoindre son homme, qui pouvait bien me blâmer? Il me guidait et je me laissais tomber sur le canapé, réalisant d'où ces vêtements provenaient et que ce n'était certainement pas les miens. Seulement là, leur odeur étrangère et forte me dérangeait. Mais que pouvait-on attendre des vêtements d'un bonhomme massif qui travaillait de ses mains? Je ne lâchais pas Alan, ma main toujours serrée autour de la sienne. Je refusais de le lâcher, je ne voulais pas qu'il parte. Je ne voulais pas être seul dans la pénombre. Je captais son regard du mien encore un peu perdu. - Est-ce que ça va? Ça va toi?
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Dim 25 Fév - 22:58
Ses mains m'avaient manqué, des gestes désintéressés, des gestes d'affection, le sentiment d'exister pour quelqu'un, et pas simplement à la recherche d'une raison d'être encore là, encore au même endroit, jour après jour. Ses mains m'avaient manqué comme le son de sa voix qui s'éloignait dans mes souvenirs, que je craignais entendre de moins en moins, comme des échos qui disparaissent. La lumière qui l'entourait s'efface petit à petit, je ne sais pas si c'est qu'il baisse sa garde, s'il retrouve confiance... Je ne sais pas, je ne comprends pas toutes les facettes de ses pouvoirs mais je me contente d'accepter ce qui se produit. J'aime sentir son souffle contre mon cou, comme un murmure de sa respiration, l'aveu indéniable de son retour auprès de moi. « Comment j'ai pu survivre sans toi... » Il n'a pas besoin de moi, aucun d'entre eux n'a jamais eu besoin de moi, mais moi j'ai terriblement besoin de lui, d'eux. Il m'a manqué.

Je lui souris, effaçant ces pensées de mon esprit au moins pour l'instant : « Je t'attendais. » Et ça, c'est vrai. Ses lèvres heurtent les miennes, je me serre tout contre lui. Tout ce que j'avais mis de côté, pour mieux avancer, fait battre mon cœur plus fort. Peu importe l'inconfort de l'appartement, l'odeur de sueur, de tabac froid, les bruits dans le couloir ; peu importe. Peu importe qu'il y ait tellement de choses à dire, on a le temps ; peu importe. Je m'agrippe à lui, pour l'empêcher de repartir, me noie dans le baiser que je voudrais sans fin. Quand il se sépare de moi, c'est une poignée de sel pour une blessure ouverte. Je serre les dents, peine à croiser son regard...

Seul subsiste le souhait de ne plus le voir s'éloigner... « J'ai besoin de m'asseoir... » Hé merde, quel gros con d'égoïste je fais. Je regarde derrière moi, le conduis sans mal jusqu'au canapé dans lequel je le laisse s'asseoir. Ses doigts restent enserrées dans les miens. Entre la télévision et lui, j'essaie de capter un message dans son regard, comprendre ce qu'il a bien pu vivre ces mois durant... Instinctivement, mes yeux roulent sur lui à la recherche d'une blessure, qui expliquerait qu'il ait besoin de s'asseoir. Quelque chose à la tête peut-être ? « Est-ce que ça va? Ça va toi ? » La question me paraît comme incongrue, comme étrange. Je hausse des épaules. Ouais, ouais bien sur que ça va. J'ai juste envie de savoir ce qu'on lui a fait, pourquoi son équipe ne l'a pas protégé... « Bien sûr, je suis incassable, tu le sais bien... » Je m'assieds près de lui, passe ma main dans ses cheveux. « Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? » Ce « ils » englobant tous les connards divers et variés qui pouvaient lui avoir nuit, hommes, femmes, machines, gens chelous de la Oscorp, tous...
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Lun 26 Fév - 22:19
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« Bien sûr, je suis incassable, tu le sais bien... » - Un sourire passait sur mes lèvres et lorsque je sentais sa main dans mes cheveux, ma tête s'y appuyait légèrement, naturellement. - « Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? » - A ces mots je me figeais, mon visage perdant tout sourire et tout expression. Je ne voulais pas en parler. Et d'un autre côté je voulais le dire. Je devais le dire. Je devais lui dire. A lui plus qu'à n'importe qui. Parce qu'il était le réceptacle de ma confiance, peut-être le dernier. Je reniflais, le menton tremblant. - C'est pas... - Je fermais les yeux, tentant de retrouver un semblant de contenance. "Ils"... Il n'avait pas conscience que ce "Ils" était si différent de ce qu'il pouvait seulement imaginer. L'impossible. Même moi je n'aurais pu le prévoir. La preuve, j'en avais été incapable. Et même en train de chuter dans le vide, poussé du toit, blessé de tant de façon, je n'y croyais toujours pas. Et maintenant...

J'hésitais puis me relevais, vacillant, posant la main sur son épaule pour l'obliger à rester assit autant que pour me maintenir debout. J'inspirais puis me débarrassais de la veste d'abord, la laissant tomber au sol. Le t-shirt que je portais était aussi sale que le reste et m'en débarrasser ne ferait de mal à personne mais ce que je dévoilais... La douleur fantôme me forçait à des gestes plus lents, alors lorsque je retirais le t-shirt il avait tout loisir de voir. D'observer. Les trois lignes de sutures. Deux sans la moindre cicatrice, la troisième, sur le côté gauche de mon ventre, entourant une cicatrice fine mais rouge. Le coup fatal. J'en sentais encore l'écho. Les sutures implantées dans mon épiderme ne refermait plus rien, tout avait presque disparu. Le t-shirt tombait au sol, rejoignait la veste de son propriétaire. Mes mains froides tremblaient alors que je sentais l'air frais de novembre glisser sur la peau à nue.

Il ne pouvait pas comprendre la profondeur de la blessure. Il n'en voyait que la surface. Je devais le lui expliquer... Mais à quel prix? - Il me déteste tellement... - Le regard dans le vide, ma voix se faisait grave. - Il me hait et elle l'encourage... Mais elle était morte... - Mon esprit divaguait, mon regard s'enfuyait et lorsque je le posais à nouveau sur Alan, deux larmes perlaient au bord de mes paupières. - C'est Warren qui m'a fait ça. Je l'ai vu. Il est si... J'ai perdu la connexion avec lui. Et elle souriait... - Ma gorge se nouait au rythme des mots qui s'en échappaient. Ma main venait glisser sur ma peau, longeant la cicatrice sans la toucher. Je n'osais le faire, trop inquiet de réveiller la moindre sensation. - Il m'a poignardé et poussé du haut d'un immeuble. Il m'a laissé tomber, il n'a pas volé pour me rattraper. - Les larmes roulaient, les yeux rouges et le corps tremblant. - Et ma mère souriait derrière lui. - Alors je la sentais, cette boule dans mon ventre. Ce poids brûlant et grandissant, gagnant chaque parcelle de mon corps, électrisant mes muscles et mes pensées, forçant à trembler tout les meubles de la pièce. Tous les meubles de l'immeuble. Ce feu en moi. La colère.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Ven 9 Mar - 0:07
Mon regard cherche le sien. Est-ce que je fais bien d'insister ? Je ne suis pas très diplomate, je ne sais pas déchiffrer les expressions, les non-dits... Et si je préfère faire la gueule que parler de ce qui me gêne en général, le silence des autres me dérange, me plonge dans un état de flou total... Je joins les mains, pour m'occuper l'esprit, me concentrer. Est-ce qu'il sent cette incertitude en moi, cette fatigue due à l'attente ? Est-ce qu'il peut le voir, tout ça ? Je passe la main sur mon visage, coupé des bruits environnant, suspendu aux lèvres de Kayden. Il se relève, et devinant sans doute mon mouvement, pose une main sur mon épaule, me confiant silencieusement de rester assis.

Il se défait de sa veste qu'il laisse tomber au sol. Je fronce les sourcils, suis ses mouvements lents du coin de l'oeil et je finis par me lever, sans établir de contact physique pour l'instant. Il abandonne maintenant son t-shirt, la lumière vacillante de la télévision révèle son corps, ce corps blessé que je ne connais plus. Un point dans la poitrine me fait mal, un point dans la poitrine me fait imaginer une douleur qu'il a ressenti, un point dans la poitrine me coupe le souffle. Je me décale, mon œil caresse la peau, caresse la chair meurtrie, caresse les différentes couleurs autour des plaies, les petites perforations du fil qui a traversé la chair, les coups de souffrance, les coups de mal, les coups de fin. Un. Deux. Trois.

Dans un geste hâtif, sans doute trop, je lui attrape la main... pour ne pas poser le bout des doigts sur la blessure. Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ? … Je lève les yeux sur lui, répétant au fond de mon cœur la même question, chaque fois chargée de plus de haine. « Il me déteste tellement... Il me hait et elle l'encourage... » L'un de nous a besoin d'un verre et d'une nuit de sommeil, parce que je ne comprends rien à ce qu'il raconte... Je me rapproche de lui, gardant ses doigts contre les miens. « C'est Warren qui m'a fait ça. Je l'ai vu. Il est si... J'ai perdu la connexion avec lui. Et elle souriait... » Là, j'ai complètement raté un épisode. Instinctivement, je baisse à nouveau les yeux sur Kayden. Outre l'état de loque dans lequel se trouvait Warren – en opposition avec la forme de Kayden et ses capacités – est-ce qu'il se s'agit pas de son super bromance ambiguë ? Et de qui parle-t-il quand il cite « elle » ?

Ma main se pose contre sa joue que je balaie d'un mouvement lent de mon pouce. J'approche mon visage du sien, comme pour le rassurer. Mon geste se stoppe quand il donne les circonstances de sa blessure. J'ai dû mal entendre. Que, quoi ? Je ne peux pas dissimuler ma surprise, je n'y arrive pas. J'écarquille les yeux. Et sa mère, mais bordel c'est quoi cette histoire ? Je me retourne sur la porte, tremblement de terre ? Je laisse le visage de Kayden, le temps de regarder autour de moi puis l'entoure doucement de mes bras, fermant ma prise autour de ses épaules « Hé hé, honey, du calme... Tu es en sécurité. »

Je lui murmure un long « shhh... » caressant doucement ses épaules, relâchant mon étreinte. Je me retourne vers la porte : « On va trouver une solution... » Ça, c'est ma phrase. Inutile à souhait, précède toujours une mauvaise décision. Je passe la main sur mon visage puis dans mes cheveux. « Putain de tarés. Bon d'abord... Les choses ont beau être ce qu'elles sont, faut aller porter plainte. Y'a des flics bien dehors, qui pourront arrêter ces connards, qui que ce soit. Je vais y aller, reste là. » Je tourne en rond, attrape ma veste et machinalement, mon paquet de cigarettes, j'en allume une en vitesse, détourne le regard de la blessure de Kayden, puis tire sur la cigarette, répète que je vais arranger ça, me rapproche à nouveau de Kay, glisse la cigarette entre mes lèvres, me penche sur les trois cicatrices : « Tu as mal, tu veux qu'on aille à l'hôpital ? T'as été soigné, bien soigné ? » Mais putain, qu'est-ce que je dois faire ?
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Ven 9 Mar - 18:05
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« Hé hé, honey, du calme... Tu es en sécurité. » - En sécurité? Comment? Comment pouvait-il croire ça? J'étais en sécurité dans les bras de ma mère lorsque j'étais un enfant. J'étais en sécurité au creux des ailes de Warren pas plus loin que quelques mois avant ça. Qu'est-ce que ça voulait dire "être en sécurité" maintenant? Comment pouvait-il croire ça? Pouvait-il me défendre? Pouvait-il me protéger de cette menace? Depuis quand seulement en serait-il capable? - « shhh... » - Je sentais ses bras autour de moi et manquais une respiration, me forçant à réguler mes pouvoirs et mes émotions. Je n'étais pas en colère contre lui. Lui il voulait bien faire, il voulait seulement m'aider. Il le faisait déjà, simplement en ne me plantant pas un couteau dans le dos.

Il essuyait une larme de son pouce et je perdais le contact de son corps, comme on perd l'air que l'on respire. Il s'éloignait. - « Putain de tarés. Bon d'abord... Les choses ont beau être ce qu'elles sont, faut aller porter plainte. Y'a des flics bien dehors, qui pourront arrêter ces connards, qui que ce soit. Je vais y aller, reste là. » - Non, att... - Je le voyais tourner en rond, attraper sa veste, ses cigarettes, s'en allumer une, se diriger vers la porte, piétiner de colère. Cette colère qui était mienne. Il ne devait pas. Il ne fallait pas. Il revenait vers moi, avisait les marques sur ma peau. - « Tu as mal, tu veux qu'on aille à l'hôpital ? T'as été soigné, bien soigné ? » - Je suis déjà mort, y'a rien à soigner. - Disais-je d'une traite, le regard rivé dans le sien, les larmes au bord des yeux, un sourire désolé sur les lèvres.

Je l'avais dis. J'avais dis le mot. Je n'avais pas osé y penser auparavant. Je n'avais pas osé me demander réellement ce qui s'était passé parce que d'une certaine manière, je ne voulais pas savoir. Mais au fond de moi je savais déjà. Je savais tout. Je savais que la dernière plume de métal avait perforé mon poumon jusqu'à mon cœur. Je savais que lorsqu'il m'avait poussé dans le vide sous le regard fier de ma propre mère, il n'avait pas volé pour me rattraper. Je savais que personne n'avait même remarqué ma chute avant que mon corps ne se broie en contrebas, écrasant une voiture sous son poids. Moi je le savais. Pas lui. Je faisais deux pas dans sa direction et attrapais sa main sans qu'il ne bouge. Le contact de sa peau contre la mienne avait quelque chose de délicieux et ce n'était que nos mains qui s'accrochaient. Je l'embrassais, étendais ce lien à nos lèvres, profitais de ce moment de communion pour lui transférer ce souvenir. Je ne savais pas comment, mais je le faisais. Les coups de poignards, la vision de ce sourire, la chute, ma mort... Je ne lui montrais que les images, le son, je gardais pour moi la douleur et la peine. Je ne voulais pas qu'il ressente les os brisés et le cœur au bord de l'explosion. Je voulais qu'il puisse voir comme j'avais vu. Qu'il constate et comprenne.

J'étais usé, fatigué et brisé, mais je n'étais pas fou. Pas encore. Lorsque nos lèvres se séparaient je l'embrassais une dernière fois, un simple baiser. - Tu ne peux pas porter plainte. Je suis toujours un homme recherché, aller voir la police attirerait l'attention. - Et je souffrais chaque mot que je prononçais. - Tant qu'on ne sait pas ce qui m'est arrivé ensuite, je suis à l'abris je suppose... Pour un temps en tout cas. - Je serre ma main sur celle d'Alan et fixe ses yeux bleus. - S'il te plait. J'ai besoin de toi. J'ai juste besoin de toi, rien de plus. - Si je ne lui avais jamais dis ces mots jusque là, je les pensais d'une façon presque viscérale. - Par pitié, ne me laisse pas seul. Reste avec moi.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Lun 12 Mar - 22:25
Je ne sais pas, je n'ai jamais su quoi faire. Je m'active, inutilement, je m'active pour pouvoir réfléchir. Je m'active pour trouver la bonne réponse à que ce Kayden me dit. Je m'allume une cigarette, en me demandant comment nous en sommes arrivés là, comment le temps a fait tous ces dégâts ? Comme une putain d'énorme de tempête qui a tout détruit entre une époque où ma vie était sous contrôle et maintenant. Je tire dessus, en essayant de ne pas replonger dans le passé, je tire dessus, en me disant que lui aussi j'étais sur le point de le perdre, je tire dessus pour évacuer un peu de la colère qui me fait bouilloner.

Puis je me dis que je dois concentrer mon attention sur Kayden, sur rien d'autre. Simplement m'assurer qu'il aille bien dans un premier temps. Qu'il soit véritablement sain et sauf, sans me projeter dans le futur. D'abord soigner les blessures physiques, ensuite être présent pour lui -au mieux- et ensuite faire cracher leurs dents à qui le mérite. Frapper contre un mur en me disant que c'est eux, qui sait ? Ou aller au devant des ennuis, pourquoi pas ? Que protéger ? Qui protéger dorénavant ?

Je rue mon regard sur lui quand il me dit qu'il est mort. Mon regard sévère rencontre le sien, comme une réprimande. Peut-être s'est-il vu mourir, peut-être s'est-il cru mourir mais il est bien présent auprès de moi. Je secoue la tête et marmonne, un peu malgré moi : "Ouais, j'ai aussi plusieurs fois cru que j'étais mort." C'est vrai, du moins si on considère le sens dans lequel je prends ses propos. Plusieurs fois, j'ai fermé les yeux en me disant que je n'étais plus là, que je n'étais pas auprès d'une saloperie de client ou de cliente de Jay qui pensait que "Oh oui, la prostitution c'est leur choix, ce n'est plus comme avant". Plusieurs fois, j'ai cru mourir de peur, d'overdose, de colère, de tristesse, mais je me suis remis debout. Kayden se remettra debout aussi, aussi épuisant cela puisse-t-il être. Il y arrivera. Ce n'est pas ce que font les superhéros ? Ils se remettent à chaque fois debout et encaissent les coups. Kayden est de ceux-là, il y survivra. Il y arrivera. J'essaie de ne pas recroiser son regard. T'es un héros Kayden, tu ne baisseras pas les bras. Même si ça fait mal, tu te remettras debout.

Finalement, j'ose une oeillade dans sa direction. Son regard me fait l'effet d'un électrochoc, son sourire comme navré me file un frisson et je fuis cette expression du gars apaisé qui a ou qui va rencontrer la mort. Elle ne me plaît pas, elle me... Je ne sais pas, je ne veux pas savoir. Je lui dis simplement que ça ne m'amuse pas d'aller aux enterrements. Pas comme une plaisanterie, comme une confidence.

Un jour, j'ai cru en l'immortalité d'un autre héros. Il s'appelait Johnny, et tout ce que j'ai retiré de cette foi aveugle, c'est de voir un drapeau descendre dans un caveau. À chaque fois, ça me détruit d'enterrer tous ceux que j'aime. Alors non, tu n'es pas mort, tu n'es pas mort et tu ne mourras pas. Parce que ça me détruit. Il prend ma main dans la sienne, je ronchonne : "J'aime pas que tu dises..." mais ma phrase s'interrompe quand ses lèvres rencontrent les miennes. Mes yeux se ferment. Mes yeux s'écarquillent. Je suis spectateur, spectateur d'une scène que je ne voudrais pas vivre. Mes muscles se raidissent et mon souffle se suspend un moment, parce que je ne sais pas ce que je vois, quelles images brutales s'incrustent dans ma tête, dans mon oeil ou dans mon coeur mais j'imagine l'issue, j'imagine une issue qui me confortera dans ce que je pensais.

Et je vois, je vois les blessures, je vois le sang, je vois les visages fermés, je le vois tomber. Tomber sans en ressentir la chute, c'est comme vivre ce cauchemar dans lequel on tombe, sachant qu'on ne va pas mourir mais avec ce pincement douloureux dans la cage thoracique. Cette peur. Je m'écarte de Kayden, tends le bras dans sa direction après qu'il me laisse un baiser. Un baiser de quoi ? D'excuses, de satisfaction ? Mes poings se serrent, tout mon corps se serre et j'essaie de comprendre. J'essaie de ne pas me répéter sa phrase "Je suis déjà mort", essaie de ne pas la juxtaposer à ce qu'il vient de me montrer. Il me prend la main, j'ai les larmes au bord des yeux. Je prends sur moi pour ne pas le pousser par terre, pour ne pas lui faire traverser la pièce. Je prends sur moi pour ne pas m'effondrer par terre, là, maintenant. Il me demande de ne pas partir, et c'est la seule chose dont j'aurais besoin à cet instant. Partir, crier à m'en déchirer les poumons. Je ne voulais pas voir ça.

Je tâche de reprendre mon souffle alors que je pose une main sur son épaule. Je m'y appuie une seconde avant de me souvenir qu'il avait vacillé en rentrant, ma mâchoire serrée m'empêcherait presque de parler. "Assieds-toi, attends-moi, j'arrive." Je lui désigne le canapé d'un geste du menton et presse le pas pour entrer dans la petite salle de bains. Je n'ai pas le temps de bien fermer la porte derrière moi et me contente de la claquer d'un geste brutal du pied. Je ne laisse tomber à côté des toilettes le temps de vomir. J'avais aussi dit aux flics que je ne voulais pas voir les caméras de surveillance, avec mes M&M's. Je leur avais dit. Je ne peux pas supporter ça. Je vomis ce que je n'ai pas manger puis pose les doigts sur mon avant-bras. Une seconde, je me dis que ce serait plus facile de fuir, d'une façon ou d'une autre, puis je me souviens que je vaux mieux que ça. Je respire doucement, laisse ma tête au-dessus de la cuvette. Encore quelques instants, et je boirai un peu d'eau fraîche avant de revenir dans la pièce. Et je serai présent, je ne partirai pas. Je serai là, pour lui.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Mar 13 Mar - 22:49
Shot in the dark.
Ft. Alan T. Underwood


Je vois son visage se décomposer à mesure des secondes, je lis ces traits avec une facilité déconcertante et y vois colère, peine et nausée, tout à la fois. A quoi est-ce que je pensais? Pourquoi lui avoir imposé ça? Voulais-je réellement qu'il voit? Ou n'était-ce qu'un moyen de retransmettre la cruauté qu'on m'avait fait subir? Était-je devenu si stupide? Il posait sa main sur mon épaule et désignait le canapé. - Assieds-toi, attends-moi, j'arrive. - Je le voyais alors s'enfuir dans la salle de bain et en claquer la porte. S'enfuir, oui, car c'est ce que c'était. Mais je m'avouais chanceux: "avant" il aurait choisi l'autre porte pour s'enfuir. La porte vers le couloirs et l'issue de l'immeuble. Désormais seul dans la pièce, j'avais ramassé les vêtements que j'avais laissé tomber par terre et m'étais laissé tomber sur le canapé, le regard vide, les bras sur les jambes. Le dos droit et le silence tenace. J'attendais, immobile, qu'il revienne. J'entendais tout ce qui se passait de l'autre côté de cette porte, l'appartement n'était pas un exemple d'insonorité. Son estomac qui se vide, l'eau qui s'écoule, la brosse à dent qui fait son office et finalement, après quelques minutes, la porte qui s'ouvre sur lui, encore pâle, un peu hésitant.

Je croisais son regard, il croisait le mien, mais aucun son ne sortait de sa bouche ou de la mienne. Au lieu de ça il se dirigeait vers la cuisine et je repliais mes jambes contre mon torse, mon regard se détournant vers la télévision toujours allumée. Les sutures tiraient ma peau et je tentais de résister à l'inconfort, j'en avais vu d'autres, mais rester assis comme ça n'était pas mieux et je me lever pour trouver une paire de ciseau, me retrouvant dans la salle de bain, la porte ouverte. - Je commande un pizza? - Deux. -  Que je lui répondais, neutre, manipulant par la pensée la paire de ciseaux qui découpait une par une les sutures qui ne refermait plus rien du tout. Trois cicatrices, dont deux invisibles. Et une fois les sutures coupées, j'utilisais une pince à épiler pour les retirer, une par une, sentant la sensation désagréable du fil qui bougeait dans ma peau. Quelques frissons et gouttes de sang plus tard, j'étais débarrassé de ces corps étrangers et épongeais les traces rouges avec un coton imbibé de désinfectant.

J'étais affamé. Une pizza? Warren était celui qui dévorait tout. Alec aussi. Moi je picorais autour mais ce soir j'avais une faim de loup. Deux loups. Un effet secondaire de la résurrection? Je savais déjà marcher sur l'eau avant ça, alors le Jesus en moi pouvait bien avaler deux pizzas. Je fronçais d'ailleurs les sourcils, réalisant ce qui m'était arrivé et me posant quelques questions. Étais-je neuf? J'avais remarqué que la plupart de mes cicatrices avaient disparu. Mon tatouage était toujours là, même si je n'étais plus sur du sens à lui donner. Je sentais son regard sur moi mais je n'osais pas tourner la tête. Je ne voulais pas le voir détourner la sienne. Je préférais le sentir m'observer que le voir me fuir. Quel imbécile je faisais... Toujours dans ma quête des différences, je me concentrais et serrais les poings en voyant les marques de la malédiction se former sur ma peau et le cercle protecteur autour de mon cœur se matérialiser également. Tout était encore là, tant pis. - Knock knock knock - Je tournais la tête vers le salon et Alan vers la porte d'entrée alors que les marques s'estompaient. - C'est les pizzas!

J'aurais pu être rassuré mais je ne me détendais pas pour autant. Jusqu'à entendre les pas lourds du livreur dans les escaliers, je ne quittais pas la salle de bain et résistais tant bien que mal au parfum des pizzas qui venait titiller mes narines. Je ne pouvais pas me détendre, ce type pouvait très bien être un agent sous couverture qui allait avertir ses petits copains. D'un autre côté, mon corps n'en pouvait plus. Et puis je ne pouvais pas me battre l'estomac vide, si? Alors j'abandonnais mon poste et me dirigeais vers le salon où Alan avait posé les pizzas, sur la table basse. Je me laissais tomber sur le canapé, attrapais une part et la fourrait dans ma bouche, sentant immédiatement mes papilles s'enflammer et mes sens s'effondrer en un Hmmmmmmm... sans discrétion. - Des mois à bouffer sous terre... On aurait dû embarquer une pizzeria ambulante avec nous. - Je m'enfonçais dans le canapé, la part de pizza dans la main, et levais finalement le regard vers l'homme à côté de moi. Je dessinais sa mâchoire de mes yeux, le creux de son cou. Des mois, et j'étais avec lui, là. Physiquement présent. A portée de ma main. - Excuse-moi. J'aurais pas dû te montrer ça, c'était stupide de ma part. Je crois que je voulais juste... Je te demande pardon.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Dim 18 Mar - 23:53
Une fois que je suis sûr que je ne reviendrai pas tout de suite au-dessus de la cuvette, je prends quelques instants, je me rince la bouche, je me brosse les dents. Je jette un regard à mon reflet, je serre le poing pour me faire violence. Ça suffit, c'était viscéral mais maintenant, je dois avoir les épaules un peu plus solides que ça. C'est simplement que je ne... est-ce que je peux vraiment dire qu'on s'habitue à voir des gens mourir ? Si c'est le cas, moi je n'y suis pas habitué. J'ai vu mon frère et ma sœur déambuler dans des couleurs, sachant ce qu'il se passait après la neige sur le film. Je n'avais pas besoin d'un autre film de ce genre, qu'il soit sous mes yeux ou dans mon crâne. Je me repasse de l'eau sur le visage. C'est la fatigue, c'est un ensemble, je ne craque pas. Je ne craquerai pas. Je serre les poings fort, aussi fort que je le peux. Je crains d'ouvrir la porte et qu'il ne soit plus là, qu'il ait fui la pièce, qu'il soit déjà loin de l'immeuble... Je souffle un bon coup, je peux supporter. Je peux tenir, seul, sans artifices. Je peux tenir !

J'ouvre la porte de la salle de bains, il est toujours là. Et je ne sais pas quoi lui dire, je fais seulement un simple hochement de la tête, histoire de lui signifier que ça va. Je vais à la cuisine et il n'y a pas grand chose à manger en fait. Je prends une longue inspiration, je me focalise sur le moment présent et essaie plutôt de savoir s'il veut manger. Mais je commanderai quelle que soit sa réponse en réalité. - Je commande un pizza? - Deux. Je passe l'appel pendant qu'il est à son tour dans la salle de bains, parti prendre une douche sans doute. D'où est-ce qu'il sort comme ça exactement ? Pendant qu'il fait je ne sais trop quoi – mais je n'entends pas l'eau couler – je cherche dans mes vêtements quelque chose de propre pour lui.

Quel blaireau ! Je ne sais pas s'il l'a vu mais je ramasse le t-shirt de Kayden qui trône encore sur le bord du canapé. Je le mets sur mon épaule en espérant qu'il ne l'ait pas vu. Je ramasse un peu et entreprends de terminer ma cigarette. Je profite de chaque bouffée, tirant doucement sur l'objet du délit. Et ça me calme après un moment. Je frotte à nouveau mon visage, sentant la fatigue s'emparer de moi, ou une sorte de lassitude, ou la pression qui retombe. J'en sais rien. Mais s'ils ont eu Kayden – et surtout pourquoi son pote et sa mère lui en voudraient – alors qu'est-ce qui sauvera ma famille ? Ce petit con d'Alec se fera avoir avec eux, ce n'est qu'un gamin, comme l'est Maddy, comme l'était Misha. Je ne dois pas me laisser aller à penser à ça, je ne veux pas penser à eux maintenant. J'écrase finalement ma cigarette. Dans le porte-parapluies, il y a un fusil. Et dans une boîte sous mon canapé convertible, il y a les cartouches. Est-ce que je devrais le charger, ou je ne sais pas... garder un truc au cas où les deux viendraient ici ? Mais putain c'est déconnant, pourquoi ? Pourquoi ?

J'entrevois Kayhole par la porte entrouverte et je le suis du regard, comme il ne me regarde pas, je ne veux pas qu'il ait l'impression que je ne suis pas à l'aise avec son corps, ou méfiant. Je me redresse quand ça frappe à la porte. Ouais, les pizzas. Je chope mon portefeuille près de la télévision pour prendre un peu d'argent et je paye le gars sans trop de formules de politesse, mais je lui laisse un petit pourboire. Je laisse les pizzas sur la table et ouvre les couvercles, ce qui fait rappliquer Kay. Je lui lance un sourire en coin et le regarde alors qu'il prend la première part. Je laisse échapper un ricanement amusé, le regardant profiter comme un gosse, ou s'il venait de loin, loin... « Des mois à bouffer sous terre... On aurait dû embarquer une pizzeria ambulante avec nous. » Loin comme ça, ouais. Il me livre des bribes d'informations malgré lui et j'essaie de me projeter au moins jusqu'au jour suivant, pour faire comme s'il n'allait pas repartir à un moment donné : « Demain tu veux que je ramène quoi ? Dis-moi de quoi tu as envie ? » Je vais chercher une bouteille d'un vin, pas très bon d'ailleurs, et lui en sers un verre et que je laisse près du premier carton de pizza. J'en prends un aussi. Je trempe mes lèvres et pendant que je regarde le fond de mon verre, je lui dis simplement ce qu'il sait déjà : « Ça a été long sans toi. Mais je savais que tu reviendrais. »

Je relève le regard sur lui. « Excuse-moi. J'aurais pas dû te montrer ça, c'était stupide de ma part. Je crois que je voulais juste... Je te demande pardon. » Je bois à nouveau une gorgée. Que lui dire ? Que je ne suis simplement pas comme eux tous, pas préparé à la mort, pas préparé à quoi que ce soit ? « Quand j'avais vingt ans, un de mes amis est mort. Il s'appelait Malcolm. J'étais pas là quand il est mort. Je suis arrivé à la maison, ils essayaient de le réanimer. T'excuses pas Honey, je suis pas en colère, c'est juste que... ça me fout les boules d'être spectateur quand tout ce qui compte pour moi s'envole, tu vois ? » Je hausse des épaules, comme pour répondre à ma propre question. Malcolm... sa mort m'a pourtant sans doute sauvé à cette époque. Putain, pourquoi je lui parle de ça ? Je prends aussi une part de pizza avant de me lever pour ramasser les affaires que je lui ai préparées. « Prends ton temps, je t'ai sorti des fringues. Je pense qu'une douche te fera du bien. Et une bonne nuit de sommeil. »

Je le laisse partir devant quand il se sent près. Je regarde la porte qui laisse passer un fin rayon de lumière. Je m'en approche, j'entre dans la pièce et regarde Kayden. Kayden. Mon pantalon tombe sur mes chevilles, je me déshabille et m'approche de lui, posant ma main – aussi délicatement que possible – sur ses cicatrices. Mes doigts effleurent la peau et finalement, je me penche pour y poser mes lèvres. Je me redresse, mes doigts caressent ses joues et je me plonge dans son regard. J'y resterais toute la nuit... « Tu m'as manqué » Le temps des questions viendra plus tard. Ma main descend sur son sexe « … tellement manqué ».
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Lun 19 Mar - 14:31
Shot in the dark.
Ft. Alan T. Underwood


Quand j'avais vingt ans, un de mes amis est mort. Il s'appelait Malcolm. J'étais pas là quand il est mort. Je suis arrivé à la maison, ils essayaient de le réanimer. T'excuses pas Honey, je suis pas en colère, c'est juste que... ça me fout les boules d'être spectateur quand tout ce qui compte pour moi s'envole, tu vois ? - Je comprend. - J'avais vu plus de morts que lui... Que beaucoup de monde en vérité. Probablement trop. Et maintenant ma propre mort aussi. - C'est le monde dans lequel j'évolue, je suis désolé de t'y avoir entraîné. - Ajoutais-je avant de me redresser assez pour venir l'embrasser. Indépendamment du fait qu'il ne m'en tenait pas rigueur, j'étais heureux qu'il ait partagé ça avec moi. C'était quelque chose d'important pour lui, je pouvais le sentir, et même si je savais qu'il me faisait confiance c'était le genre de partage qui faisait toujours du bien. Comme une preuve supplémentaire.

Il finissait par attraper une part de pizza et se lever pour aller chercher un tas de vêtements laissés sur une chaise. - Prends ton temps, je t'ai sorti des fringues. Je pense qu'une douche te fera du bien. Et une bonne nuit de sommeil. - Ouais, t'as sûrement raison. - C'est que mourir, ça fatigue. Ou alors est-ce la résurrection qui fatigue? Je ne recommencerais pas pour le savoir, ça c'est sur. Il laissait les fringues sur le bord du canapé et je le remerciais silencieusement alors qu'il revenait s'asseoir avec moi pour finir de manger devant la télé. Je changeais de chaîne lorsque je voyais un flash d'information. Je ne voulais pas savoir. Pour ce soir, je voulais juste prétendre que rien de grave ne se passait là-dehors. Je voulais oublier un peu. Chaque souvenir que je possédais prenait de plus en plus de sens avec les minutes qui s'égrainait, je n'avais pas besoin de voir à la télé des choses qui me forceraient à repartir. je ne voulais pas repartir. L'écran nous proposait donc une petite série et on mangeait devant.

La douche, les fringues, la nuit de sommeil... Tout ça avait été éclipsé. Une fois les deux pizzas englouties - mon estomac n'avait pas connu pareille quantité depuis des années - je m'étais laissé aller contre le canapé, totalement plein. Une crise de paresse temporaire qu'Alan avait rejoins, se blottissant contre moi, laissant ses doigts détourer mes cicatrices par pure distraction. Ça ne m'avait pas dérangé. J'aimais sa présence, le contact de sa peau contre la mienne. Cette sécurité relative. Passé quelques heures il m'avait débarrassé de mes vêtements, malodorants et sales, dans l'idée d'aller se coucher mais lorsqu'il avait été prêt à aller au lit, je m'étais déjà endormis sur le canapé, succombant à la fatigue intense qui me tenaillait. Nuit de sommeil c'était transformée en tout juste plus d'une heure et lorsque je m'étais réveillé, Alan était avec moi, blotti et  aussi endormis que totalement nu. Dans la base, je n'aurais même pas perdu trois secondes à tourner en rond dans mon lit. J'aurais rejoins la salle d'entrainement ou me serait traîné devant les moniteurs avec un café et une couverture pour surveiller les dernières informations. Pas là. Là je refermais mes bras autour d'Alan. Je me collais, sentais la chaleur de son corps et le contact de son dos contre mon torse, de mes mains le tenant, ma tête au creux de son cou. Le son de sa respiration si apaisante et mes lèvres qui embrassaient sa peau dans un geste innocent et silencieux expriment ce que je ressentais au fond de moi.

Je ne m'étais pas rendormi. L'heure que j'avais glané était la seule depuis des mois. J'aurais probablement dû mourir d'épuisement depuis longtemps mais j'étais toujours là alors faute de mieux, je m'étais rallumé la télé en baissant le son au minimum pour ne pas le réveiller. Et jusque tard dans la nuit. Jusqu'aux prémices de l'aube où j'avais tout éteint, profitant à nouveau du son de sa respiration et surtout des bruits de la ville. Ça m'avait manqué. Le soleil qui se levait, les travailleurs qui sortaient, les voitures et les voix. Les pas sur la plancher du haut, le son de la machine à café chez le voisin. Le passage d'un type dans le couloir avec sa gamine qui allait à l'école. Cette normalité qui m'était interdite désormais. Ce quotidien qui n'était plus le mien, car si je passais cette porte et m'affichait au grand jour on me tirerait dessus sans sommation. Mais j'avais fais ce choix et je ne le regrettais pas. Car il n'était pas question de ma propre survie, cette question là était réglée depuis longtemps. C'était bien plus que ça.

Lorsque je voyais les premiers rayons frapper le rideau tirée de la petite fenêtre et plongeaient la pièce dans une pénombre légèrement moins sombre, je fermais les yeux. Je me concentrais sur mes autres sens. Je passais le temps en me remémorant notre quotidien d'avant, chez moi, quand je pouvais faire la grasse matinée dans ses bras, entendre mon frère en bas entrain de déjeuner, l'odeur du café montant à l'étage. Pouvoir sortir avec lui, aller boire un verre ou simplement se balader. Alan bougeait et je profitais du mouvement pour m'extirper du canapé en silence, m'attardant un instant sur son visage si paisible. Je dégageais son front de quelques cheveux dans un petit sourire et me redressais, me dirigeant vers la salle de bain dont je tirais la porte sans totalement la fermer, par simple négligence. J'utilisais les toilettes par habitude et me retournais vers le miroir, observais mon reflet, portais mon regard sur les points sombres qui étaient encore la veille des sutures impossibles. Je soupirais et me retournais à nouveau, cette fois pour entrer dans la douche et ouvrir l'arrivée d'eau, détournant la poire de douche le temps que la température soit bonne pour finalement m'y mettre dessous.

L'eau réveillait mes sens, emportant avec elle la poussière et le sang des derniers jours, étouffant l'odeur aseptisée prise dans mon nez, l'odeur de la morgue dans laquelle je m'étais réveillée. L'eau roulait sur ma peau et j'entendais le bruit de la porte qui s'ouvrait, le rideau qui bougeait et finalement le contact de ses doigts sur les cicatrices. Et un sourire qui étirait doucement mes lèvres. Je me retournais pour lui faire face et il se penchait pour embrasser mon torse, agrandissant mon sourire d'autant plus, pas tant pour la sensation que pour l'action en elle-même. Il plongeait son regard dans le mien, le mien dans le sien, et je lui souriais. - Tu m'as manqué... - Sa main allait se poser sur mon sexe et je sentais le frisson qui remontait le long de mon dos. - … tellement manqué - Ah ouais? - Ma main se posait sur la sienne, la forçant à rester exactement là où elle se trouvait. Mon autre main glissait le long de son bras désormais humide et gagnait sa nuque. - J'ai des doutes. Va falloir me convaincre. - Disais-je avant de l'attirer contre moi, posant mes lèvres contre les siennes.

Il n'avait pas beaucoup à faire pour me persuader, j'avais de moi-même déjà grandi au creux de ses doigts, attendant ce moment depuis beaucoup trop longtemps. Le moment de l'embrasser, de l'avoir contre moi, de ressentir cette excitation et ce besoin animal. Mes mains se glissaient dans son dos pour le garder contre moi et je l'embrassais encore, comme si c'était la dernière fois, ou la première fois, comme cette nuit dans la ruelle, cette fois où j'avais perdu tout contrôle. Et comme à l'époque, je m'abandonnais à lui. Tomber? Glisser? Pas avec mes pouvoirs. Alors je défiais la physique et la vraisemblance et glissais mes mains sous ses fesses pour le soulever, le plaquer contre le mur, ses jambes croisées dans mon dos tout en continuant de le dévorer de mes lèvres gourmandes et voraces qui gagnaient sa gorge et le haut de son torse, nos bassins imbriqués, nos membres érigés pressés l'un à l'autre générant ce frisson perturbant qui saisissait mon corps tout entier à chaque mouvement langoureux que je lui imposais. Un sourire passait sur mes lèvres alors que je continuais mon oeuvre, entre deux respirations fortes. - T'as des arguments vachement convaincants...
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Mar 17 Avr - 16:45
Il comprend, il dit qu'il comprend. Mais les hommes comme lui n'envisagent pas qu'on puisse être étranger à cet univers, ou qu'on puisse seulement vouloir l'être. Je n'ai pas d'armure, je n'ai pas d'armes, je n'ai pas... oh non, je n'ai pas de bouclier. Quand je prends des coups, je les encaisse moins facilement et chacun me trace des traces. Je ne reviens pas d'entre les morts, je n'en reviendrai jamais. Je ne comprends pas tout ça, je ne fais que croire ce qu'on me dit. Je ne fais qu'enterrer les miens en essayant de rester debout, et quand ils reviennent, je suis là. Mais je prends les coups, sans les encaisser. Tout ça, même si Kayden le sent, je ne peux pas mettre de mots dessus. Alors je lui parle de Malcolm, et je me le représente dans sa housse noire. Peut-être qu'à un moment de ma vie, j'ai aimé ce danger, peut-être que j'ai cru que ma liberté valait bien cette insouciance et ce risque permanent. Peut-être qu'à un moment, j'ai cru que je pourrais vivre dans cette ambiance putride de morts, marcher au-dessus de ceux qui sont tombés et continuer. J'ai sans doute cru, il y a des années, que j'avais cette force. Je ne l'ai pas. Je suis en colère, je suis simplement et constamment en colère. C'est comme ça que j'y arrive.

Je les ai aimés, j'ai aimé chaque personne que j'ai cotoyée sans imaginer qu'elle sortirait de ma vie. Ça me fait du bien de voir Kayden ici, enfin vivant, mais je ne peux pas regarder sa mort dans les yeux. Kayden semble être une ombre à ce moment-là et c'est pour ça que je lui conseille de dormir, de prendre une douche, de manger. C'est ce que les gens vivants font, pas vrai ? Je me fume une dernière cigarette dans le couloir, avant de rejoindre Kayden à l'intérieur. Derrière la porte du voisin, le silence, il est absent. Alors je profite de cette parenthèse pour faire un point, pour rassembler tout ce qui me reste de forces, aussi minces soient-elles, je les réunis et je vais me remettre debout. Je tire une nouvelle fois, j'ai le bout des doigts qui tremblent, et qui puent. Je regarde mon écran de téléphone, pas de nouvelles de Maddy, de mes parents, ni même de cet idiot d'Alec. C'est sans doute qu'ils vont bien. J'écrase ma clope sur le carrelage et entre à nouveau. Kay dort sur le canapé, je ferme à clef, mets la chaîne et me déshabille avant de me glisser à côté de lui.

Je ne sais pas si c'était la fatigue d'avoir quitté la ferme pour la première fois, mais depuis que je me suis enfui pour vivre l'aventure, je n'ai jamais connu de longues périodes d'insomnies. Parfois, je suis resté là à perdre mon temps entre une cigarette, une bière et la télévision mais dès que mon corps se repose, que mes muscles se détendent, je peux fermer les yeux.

Quand je me réveille, je tends le bras sur le côté et me redresse brutalement, avant de regarder si la chaîne est toujours mise sur la porte. L'eau de la douche coule, pauvre con. Je passe les doigts sur mes paupières avant de me rétendre dans le lit. J'essaie de me dire que j'ai vu un très mauvais film hier soir, et qu'aujourd'hui est de toutes façons un nouveau jour. Je regarde mon téléphone, trois appels manqués de Jay. Connard. À un moment je pouvais me soucier de mes dettes mais maintenant que mes parents ont tout foutu en l'air avec leur cavale à la con, qu'est-ce qu'il me reste à perdre ? Matériellement parlant ? Je me prends une nouvelle cigarette et regarde vers la petite fenêtre, écarte le rideau d'un geste de la main pour regarder le monde qui a déjà commencé à s'activer à l'extérieur. Je passe ma main contre ma nuque puis contre mon menton. Allez, nouvelle journée qui va réserver son lot de surprises, et de bonnes nouvelles. Je crois que la femme de mon collègue a recommencé les cakes à la banane.

Je prends quelques minutes pour enfumer la pièce puis entrouvre la petite lucarne. J'entre dans la salle de bains, jette le mégot dans les toilettes puis entre dans la douche, espérant qu'un malheureux réflexe de Kay m'enverra pas contre le mur. Mes mains viennent à sa rencontre et il se tourne vers moi pour me sourire. Mes doigts soulignent ses traits. Il m'a manqué son putain de beau sourire. Et il arrive même à faire de l'humour. Malgré les merdes que ça avait engendré – et ce n'était pas sa faute – j'en viens à apprécier quand même son pouvoir quand il nous permet de nous retrouver enfin. Je profite de chaque instant, et je le serre contre moi comme pour rattraper tous ces matins, toutes ces journées, toutes ces soirées, toutes ces nuits sans lui. J'aurais voulu qu'il soit là. Mais bon dieu, qu'est-ce qu'on s'en fout. Kayden est revenu ! Sous la chaleur de ses baisers, je comprends enfin que je ne l'ai jamais perdu. Il est vivant, et il est revenu ici. Quelles que soient les épreuves qu'il a rencontrées, il m'est revenu. « T'as des arguments vachement convaincants... » « La ferme » lui dis-je juste avant de plaquer ma bouche à la sienne, de conquérir sa langue, lui laissant juste un peu de répit le temps de lui faire entendre mon plaisir. J'en ai tellement rien à foutre qu'on m'entende gémir de l'autre côté du mur. J'en ai tellement rien à foutre de lui enfoncer mes doigts dans la peau. J'en ai tellement rien à foutre de savoir ce qu'il va se passer demain. Ou le jour suivant.

Au moins le temps qu'il me possède, j'en ai rien à foutre.

Quand la température de l'eau commence à me filer des frissons, quand mon corps – enfin le mien – commence à réclamer de toucher le sol, je me contente de le caresser. Je sors de la douche et m'appuie à l'évier, glissant simplement un regard vers lui. J'attrape une serviette et m'écarte pour qu'il puisse sortir en dépit du peu d'espace. Je frotte mon torse puis machinalement, repasse la main sur mon menton. J'ai besoin de me raser. Je m'essuie rapidement puis lui dis simplement que je vais faire du café. Je passe un caleçon et entreprends de sécher mes cheveux. Je retourne à la cuisine, mets la cafetière en route en me demandant ce que je dois faire maintenant pour lui être utile.

Si aller voir les flics est apparemment exclu, quelle option ai-je pour lui fournir un coup de main ? Je retourne mon paquet de cigarettes, vide. J'étouffe un grognement de mécontentement puis sors deux tasses après avoir lancé la télévision. J'écoute les informations, il n'y a rien de nouveau à l'horizon. Des arrestations, des manifestations, des lois qui passent... « Il se passe des choses à Oscorp, certains soirs des personnes viennent avec un badge alors qu'ils ne bossent pas ici. La plupart porte des uniformes, on les a vu sur les enregistrements des caméras. On ne sait pas ce qu'ils foutent. » Bon, j'en ai déjà marre de faire la conversation.   « Kayden... c'est quoi la suite ? »

Dis-moi quoi faire, qu'on en finisse avec toute cette merde. « Je sais bien que comparé à vous tous, là...  – une pointe d'animosité se fait sentir dans ma voix – je fais partie de la team fragile, mais j'en ai marre de me dire qu'il faut attendre. Attendre qu'on bute encore l'un d'entre vous. » J'entends un bruit dans le couloir, je jette un œil à l'heure. Ça, c'est Jérémy qui a encore oublié ses clefs et qui revient vite fait. Parce qu'il devrait déjà être dans son bus pour l'école, ce petit con.
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Mer 18 Avr - 22:09
Shot in the dark.
Ft. Alan T. Underwood


La ferme. - Deux mots auxquels j'obéis sans la moindre résistance, occupant mes lèvres à autre chose qu'à parler. Les occupants à dévorer sa peau de mes baisers, explorer chaque centimètre de son torse. Mes mains n'ont pas besoin de le soutenir, s'il n'était pas piégé entre le mur et mon corps il flotterait seul, alors elles se plaquent contre le mur. Elles tiennent ses bras alors que mes lèvres descendent doucement.  Elles viennent agripper ses cuisses alors que je le soulève un peu plus haut pour mieux suçoter le bout de sa verge. Je me montre impatient, un peu brusque aussi. Moins que lors de notre première fois, ce qui en soit n'est pas compliqué, mais tout de même. Je manque de douceur mais je met ça sur le manque et l'impatience. Cette même impatience qui me pousse à le saisir pour mieux le faire redescendre. Presque brutal mais sans lui faire réellement mal alors que mon sexe s'insinue entre ses fesses et que la chaleur de son être vrille mes sens et me coupe la respiration l'espace d'une longue seconde, seconde qu'il perd à manquer d'air également. Minutes qu'il se met à gémir, à hurler lorsque je deviens plus animal. Ses voisins? Ceux qui ne sont pas partis travailler peuvent bien profiter du spectacle, je suis trop impliqué dans la fusion de nos corps mouillés pour m'en inquiéter ni même en être dérangé. Je l'embrasse à en perdre le peu de souffle qu'il me reste. Je l'explore jusqu'à ne plus pouvoir. Et lorsque j'atteins l'horizon de mes forces, je nous libère, lui et moi, d'un dernier coup de rein et d'une dernière pression de mes lèvres.

Brûlant est le corps de l'homme qui me fait vibrer. Aussi usé que le mien dont le cœur bat à tout rompre. Je laisse l'eau laver mon visage et ses lèvres retrouvent les miennes pour les embrasser d'une dernière force avant que notre étreinte ne se laisse du temps. Un peu plus de temps. Je n'ai pas envie que ce moment finisse. Je veux rester là éternellement, mais l'eau se rafraîchi et je le sens frissonner entre mes bras. Il est le premier à sortir et je termine de rincer les dernières traces de savon avant de sortir de la douche à mon tour. Nous nous séchons en silence et je le surprend à passer ses doigts sur sa barbe. J'aime cette barbe. Il passe un caleçon et me dit aller préparer le café. Je m'attarde quelques minutes pour achever de me sécher, jette un dernier coup d’œil à mes cicatrices qui me semblent moins lourde après cette communion sous la douche, et je sors de la salle de bain.

Le bruit de la cafetière porte jusqu'à mes oreilles aussi bien que l'odeur du café qui vient réveiller mes neurones. Il a allumé la télé et j'attrape le boxer qu'il a laissé sur la chaise la veille, et l'enfile. - Il se passe des choses à Oscorp, certains soirs des personnes viennent avec un badge alors qu'ils ne bossent pas ici. La plupart porte des uniformes, on les a vu sur les enregistrements des caméras. On ne sait pas ce qu'ils foutent. - Oscorp est l'un des centres de nos problèmes. Je le sais depuis déjà longtemps et savoir qu'Alan y travaille m'a toujours dérangé. Je le sais discret, ça a été ma seule consolation. Me dire que personne ne s'occuperait de lui, même en considérant sa relation avec moi. C'était peut-être plus sûr pour lui d'être si proche du noyaux, justement.

Moi qui voulait que ce moment ne finisse jamais... Il est terminé.

Kayden... c'est quoi la suite ? - Je secoue la tête. Je n'ai pas la réponse. Ou peut-être ai-je une réponse mais celle-ci ne me convient pas. Et elle ne lui conviendra probablement pas non plus. - Je sais bien que comparé à vous tous, là...  je fais partie de la team fragile, mais j'en ai marre de me dire qu'il faut attendre. Attendre qu'on bute encore l'un d'entre vous. - Un boule se forme dans mon ventre. Fragile... Il n'est pas fragile. Personne de fragile n'aurait été capable de me relever ce soir-là, lorsque Warren est parti. Personne de fragile n'aurait pu gérer ce que je lui ai montré la veille. Personne de fragile ne pourrait supporter la vie qu'il a eu. Peut-être a-t-il été fragile un jour, dans le passé. Cette idée me semble impossible, mais s'il l'a été, il ne l'est plus depuis longtemps. - Alan, t'es loin d'êtr... - Le bruit dans le couloir me coupe et la boule dans mon ventre se renforce.

Lorsque le premier tir de fusil mitrailleur traverse la porte, je réagis et lève une barrière qui bloque les balles. Toutes, sauf la première. J'ai été trop lent. Et je la vois comme au ralenti traverser l'espace, sa peau et sa chair, et aller se ficher dans le mur du fond. - Non... - Mon visage se tort d'horreur. Ma vue se trouble de larmes brûlantes. Ma gorge se gonfle, me fait mal, et lorsque je libère ce hurlement toutes les balles que j'ai stoppé repartent dans l'autres sens. Elles traverses le mur quitte à être déformées et vont s'inviter dans le corps des soldats du HPU qui ont envahis le couloir. - Alan, non. Alan! - Je me précipite vers lui et tombe à genoux. La balle est entrée en pleine abdomen, est ressorti par le dos, et vu la trajectoire a perforé l’intestin et un rein. - Pas toi, par pitié pas toi... - Je fais pression sur la blessure du ventre mais en oublie celle du dos. Je panique, manque d'air. Je sens le reste de mon monde s'effondrer autour de moi. - J'aurais dû le sentir. Tu n'étais pas en danger. C'est pas possible. J'aurais le sentir... - J'ai les mains couvertes de son sang, je suis incapable de lâcher ses yeux de mon regard, persuadé sans en avoir conscience que je le tiens en vie par ce simple regard.

J'entend les pas dans le couloir, la porte qui est défoncée par un bélier et les soldats qui investissent les lieux. J'entend les armes se verrouiller sur nous. Moi. Je n'en ai rien à faire. Qu'ils tirent, s'il meurt je n'ai plus envie de vivre. Si la dernière chose de bonne qui me rattache encore à ce monde m'est enlevée, je n'ai plus rien à y faire. Une série de seringues sont tirés avec un fusil léger et je sens chaque aiguille percer ma peau, chaque liquide investir mon système sanguin. J'en sais l'agressivité de leurs produits chimiques exacerbés à leur maximum mais je ne réagis pas, un sanglot trahissant ma détresse alors que je soulève mes mains rouges de son sang. - L'immeuble est cerné, t'es coincé Jefferson. - Non... C'est vous qui êtes coincés.

Tout se met alors à trembler et je me relève. Mes yeux sont rouges, mes mains souillées, mon regard noir. Ce ne sont pas que les meubles cette fois. Les murs vibrent, le sol sous nos pieds également. Ils tirent mais les balles se stoppent en pleine course. Les veines de mon cou se renforcent, mon visage se fait plus écarlate alors que la colère s'y décrit. Je tend les bras, étire mon esprit, décuple ma conscience et applique mon châtiment. Les murs sont brisés, des crevasses se creuses partout. Un bruit monstre prouve que l'immeuble entier est entrain de sombrer et alors on la voit, l'énergie claire. Le globe de force qui dévore tout sur son passage. Qui déstabilise l'immeuble et en détruit les fondements. Ce globe d'une dizaine de mètres de diamètre qui brise les murs et détruit les corps. L'effondrement est rapide, dévastateur, mon pouvoir transformé en une véritable puissance de mort et de destruction emportant avec elle le mur percé de toutes les balles. La vitesse de rotation du globe est telle qu'elle attire vers lui les soldats qui se trouvent encore dans l'appartement. Les attire pour mieux les détruire, tels des corps que l'ont pousserait dans les pales d'un hélicoptère en marche. Il n'y a ni déchet, ni sang, ni fragment d'équipement, seulement une épaisse poussière grise rejetée à l'extérieur du globe.

Mon visage est déformé par la colère, baigné des larmes de ma peine, rouge d'une fureur qui repousse le globe et l'élargit. Mes pieds quittent le sol. L'appartement flotte dans les airs, désormais maintenu à sa position initiale  par la seule force de mon esprit alors que l'énergie gagne en taille et détruit tout. Tout de ce qui reste de l'immeuble. Elle décime les soldats restés en faction plus bas. Elle annihile les véhicules du HPU dans la rue avec leurs occupants et entame les immeubles voisins.

On tousse.

Je tourne la tête.

J'ai cette boule dans le ventre, cette sensation que si je continue je vais blesser Alan. Mais il est...

Alan? - Je retrouve le sol et le globe dévastateur s'estompe aussitôt. Seul l'appartement demeure immobile. - Alan! - Je tombe à côté de lui. Il est couvert de sang, mais ce sang cache une réalité à laquelle je ne suis pas préparé: il est intact. Pas de blessure. Pas de plaie ni de cicatrice. Il ouvre les yeux, le regard encore flou par l'inconscience sur mon visage empreint d'un dangereux espoir. - Mais comment... Alan tu m'entends? - Alors je comprend. Je n'ai rien pressenti parce qu'il n'y avait rien à pressentir. Alan n'a jamais été danger...
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MessageSujet: Re: Shot in the dark   Jeu 19 Avr - 19:16
Je me retourne vers lui, pour l'écouter me répondre. Ah, une gentillesse. Une politesse ? Il ne finit pas sa phrase, je me tourne dans sa direction, la faible chaleur de la fenêtre dans le dos. J'écarquille les yeux, la surprise. Quand toutes les balles s'arrêtent, je sens déjà que j'ai le souffle coupé. Je fronce les sourcils, comme simplement contrarié. Au-delà qui me prend à l'abdomen, c'est une gêne généralisée qui m'empêche de jurer. Kayden s'est tourné vers moi. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté, s'est ralenti, et cette lenteur me fait mal, je ne sais pas quoi faire, mon corps ne sait pas comment réagir et je me risque à baisser le regard.

Oh merde ! Comme si mon corps prenait conscience de la blessure en même temps que moi, mes jambes se dérobent sous mon corps. J'ai simplement le temps de voir toutes les autres balles faire chemin inverse pour retourner à l'expéditeur. Je porte la main à mon ventre sans réellement espérer arrêter quoi que ce soit. Kayden se précipite auprès de moi. Mon regard inquiet rejoint la porte, combien de temps avant qu'ils ne passent outre ma serrure et ma maigre chaîne ? Combien de temps avant qu'ils ne lui fassent encore du mal. Ma main gauche cherche dans le vide, cherche, mais je ne sais pas vraiment quoi. Quelque chose pour faire barrage. Mais je me contente de faire tomber ce qui traînait sur la table basse, près de laquelle je suis tombé. Attends Kayden, je vais trouver un truc, je vais gagner du temps. Tire-toi. Tout ça, je n'arrive pas à lui dire. Parce que ça me fait mal au ventre, ça me fait mal comme si on m'arrachait les entrailles. Je souffle, ne pas paniquer, ne pas accélérer mon rythme cardiaque.

La panique de Kayden se propage rapidement et envahit mon regard. Merde, est-ce que c'est si moche que ça ? J'essaie de prendre une longue inspiration, je n'arrive pas à rassembler mes idées... je lui demande finalement, avec toutes les difficultés que je peux avoir : « Ne leur... leur dis pas. »  Ses mains plaquées contre moi me font me sentir en sécurité. Moi je ne risque rien. Je voudrais lui dire de s'en aller. C'est pour lui qu'ils sont là. Pars ! Allez, pars ! Soudain la porte s'ouvre, des éclats du bois sautent, je laisse mon corps reposer sur le sol, n'essaie pas de me mettre debout. Cette fois, c'est moi qui ai les mains contre mon abdomen, essayant de revenir... j'en sais rien. Je grimace et essaie de ne pas tourner de l'oeil. Putain, ce que je voudrais leur dire de foutre le camp de chez moi ! Qu'ils s'en aillent, qu'ils nous foutent la paix, qu'ils ne lui fassent plus de mal...

Il a suffisamment souffert. Les armes se verrouillent. Hé, les mecs... faites pas les cons. Dans ma bouche, je sens un goût comme métallique, désagréable. Je le connais, j'en ai déjà eu des lèvres pétées, j'en même déjà dû dire adieu à une dent après une bagarre qui a mal finie. - L'immeuble est cerné, t'es coincé Jefferson. - Non... C'est vous qui êtes coincés.

Grosse chair de poule sur mes bras. Je libère une de mes mains pour essayer d'attraper la jambe de Kayden qui s'est redressé. À l'extérieur, le soleil est masqué par quelques nuages. Est-ce que c'est une sorte de métaphore cosmique ? Que va devenir Maddy ? Qui va veiller sur Kayden, l'attendre et lui dire qui il est, et qu'il mérite d'être en paix ? Merde, je peux pas mourir. Je suis mort, je papillonne des yeux sous l'effet des tremblements sous mon corps. C'est comme si le monde était en train de s'écrouler tout autour de nous. Je serre le poing, j'essaie de m'accrocher.

Je n'ai jamais laissé tomber jusqu'à maintenant. J'en avais envie, j'ai choisi des solutions de merde, j'ai été infect, j'ai été naïf, j'ai été triste, j'ai été en colère, mais je n'ai jamais laissé tomber !


Spoiler:
 


J'ouvre les yeux, réveillé par le bruit. Autour de moi, comment mettre des mots dessus ? J'écarquille les yeux, essayant de respirer. Je ne peux laisser échapper qu'une quinte de toux qui me libère du sang qui s'était accumulé dans ma bouche. Je me penche sur le côté, tends la main pour attraper sa jambe. Sa jambe, à lui, qui qu'il soit. Je ferme les yeux, essaie de reprendre mon souffle. « Alan ? » Misha ? Kayden ? Est-ce que vous êtes vraiment là ? « Alan ! » Je rouvre les yeux, je regarde autour de nous. Tout s'est assombri, tout a changé. Je regarde autour de moi, je ne parviens pas à trouver le regard de Kayden, pourtant près de moi. Mon bras droit le cherche et dès que je le trouve, je me cramponne à lui. « Mais comment... Alan tu m'entends ? » Mes doigts s’agrippent, je le griffe sans vraiment m'en rendre compte. Les rayons de soleil ont disparu. Est-ce que je suis encore en train de me noyer ? Petit à petit, les bruits me parviennent. Alarme de voitures, pans de murs fébriles qui tombent, cris, beaucoup de cris. Au-dessus de nous, il n'y a rien. Quand je regarde dans le ciel, je ne vois rien, rien que les nuages qui ont changé le petit matin en jour sans lumière. Je cherche toujours Kayden et ma main gauche se porte à mon abdomen, le bout de mes doigts fouille ma peau à la recherche du point d'entrée.

Mes doigts rencontrent ceux de Kayden. Nos doigts s'entrelacent. « Cette fois, c'est toi qui m'as attendu ? » Qui m'as retrouvé, même. Le maestro a disparu. J'adresse à Kay une sorte de sourire niais puis regarde vers... là où il y avait la porte. Je crois même sentir les premières gouttes de pluie tomber sur nous. Je ne le lâche pas, ses mains sont rouges. Il semble à nouveau épuisé, il semble... Je tire sur son bras pour essayer de me redresser, la main gauche toujours plaquée sur le point d'entrée de la balle. Je regarde autour de nous. « Une bombe a explosé ? » Il est encore là, l'autre ? Je crache sur le côté. Merde, en fait on m'a tiré dessus. Ça me contrarie. Je me cramponne à lui pour essayer de me redresser. Ils sont où, tous ? J'ai mal au crâne, j'ai mal au bide. Un frisson me parcourt. « Merde... je sais pas... » Mouillé de mon propre sang, avec quelques autres affaires, des vêtements gisent au sol. Je cherche du regard un pantalon. Des gravats, de la poussière le couvrent partiellement. Je dois réfléchir... où aller ? Où la police ne penserait pas où chercher... « Il faut... partir... » J'essaie de rassembler mes esprits. Trouver une idée. Quelqu'un dont on ne voudra pas défoncer la porte. « Prim, on peut appeler Prim ! »
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Shot in the dark

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