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 En Ville - OS

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MessageSujet: En Ville - OS   Lun 28 Aoû - 19:15
« Ah c'est donc le répondeur... Bonjour Colonel, et félicitations pour ces victoires. C'est... » Quels mots utiliser ? Inespéré ? Non, c'est tout ce que nous souhaitions et maintenant, notre mission n'est-elle pas accomplie ? La mienne, du moins, elle l'est. Je cale mon dos contre le mur et appuie mon bras droit sur le dosseret de la chaise. « C'est ce que nous attendions, tous. » J'ignore s'il a eu vent de mon escapade et si c'est le cas, il ne l'aura sans doute pas appris de Primrosae. Mais il a les moyens de savoir ce qu'il veut. Je me redresse et passe les doigts sur le dos de la chaise voisine. « Tu sais bien que je ne suis pas un policier, ou un agent du gouvernement. Je ne suis qu'un Pasteur et ma communauté a besoin de moi ; comme j'ai besoin d'elle. »

Je lève les yeux sur les vitraux qui scintillent sous les rayons du soleil, à quelques heures de se coucher. Je m'approche de l'autel et en caresse le coin du bout des doigts. Il règne comme une odeur de renfermé, en dépit des portes maintenant grandes ouvertes. Le pasteur qui officiait en mon absence est parti plus tôt que prévu, ou est-ce moi qui me suis absenté plus longtemps que je ne le pensais ? J'ai toujours le téléphone à l'oreille, je ne laisse passer qu'un instant, un court instant, un soupir avant de dire ce que Stryker sait déjà. Il me connaît bien, depuis des années. « Tu sais bien que j'interviendrai si la situation l'exige mais les Purifiers n'ont pas besoin de moi. » D'autant plus que je n'ai jamais agi dans un cadre légal, je ne veux pas rendre de compte car lorsque ce gouvernement changera, et un jour cela arrivera, je ne veux pas à avoir à me justifier ni devoir me cacher.

Je m'assieds sur la marche qui précède l'autel et envoie mon regard vers l'extérieur, prenant conscience des passants et des bruits de la ville qui me parviennent. « Tu sais où me trouver. » Et je raccroche. Que pourrais-je ajouter ? Nous n'avons jamais été portés sur les effusions de sentiments et maintenant que je suis rentré, j'ai besoin de simplement savoir où en sont exactement les événements, j'ai besoin de savoir où se trouvent Lewis et Sarah, puis de revoir Primrosae... malgré tout. Mes bras se calent contre mes genoux, mes mains pendant dans le vide. Je ne recevrai pas d'appels, à partir de maintenant je n'aurai plus de nouvelles et j'imagine que c'est bien mieux ainsi. Je me remets debout quand j'aperçois un inconnu entrer dans l'Église. Je repense aux événements de ces dernières années, de ces derniers mois. Quand avons-nous pris les mauvaises décisions ? Je le laisse entrer, le quittant du regard à un moment donné. Lorsque j'ouvre la main. Ce que je voudrais y voir ? Sans doute le cou de Prim mais ce ne sera sans doute pas pour tout de suite. Qu'est-ce que j'y vois ? Rien. J'ai besoin d'une arme.
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MessageSujet: Re: En Ville - OS   Lun 18 Sep - 20:01
Ça ne répond pas. Septième message, toujours le répondeur. Sarah m'en veut, c'est sûr qu'elle m'en veut. Ou alors elle a appris pour Rony et c'est pire. Je suis revenu depuis plusieurs jours, plusieurs semaines, elle aurait pu venir me trouver. À aucun moment je ne me suis caché, que ce soit d'elle ou d'un autre. Pourquoi l'aurais-je fait ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Est-ce à cause de Maxine ? Oui, c'est ça...

J'abandonne le combiné du téléphone fixe quelque part sur l'évier de la salle de bains. Quand je lève les yeux sur ce reflet, je m'y reconnais enfin. Alors avec quel petit jeu allons-nous nous torturer aujourd'hui ? Le chapelet noir se balance doucement et désormais, au lieu de le dissimuler sous un vêtement, je choisis de le porter comme une médaille, avec la fierté que la tâche mérite. Je m'étais trompé jusqu'à maintenant, je faisais fausse route parce que je portais des œillères. J'ai laissé les voix de l'extérieur semer le doute dans mon esprit, me faire croire que j'avais totalement tort alors que ce n'était pas ça. Je n'ai jamais dû choisir un camp, je n'ai jamais trahi qui que ce soit. Je ferme la porte et me mets en chemin. Qu'est-ce qu'elle attend, que je sois en face d'elle ?

Quelles platitudes on va se murmurer avant de vraiment parler ? Je joue avec mon téléphone, un peu nerveusement, elle est borderline. N'est-elle pas toujours extrême quand on touche à sa famille ? Quant à moi, j'ai laissé nos parents dans le silence depuis un moment. Aux dernières nouvelles, ils sont en voyage à l'étranger et je leur ai écrit une lettre, pour leur dire que je me cherchais moi-même, avant que Primrosae ne vienne et ne me trouve avant... Que leur dirai-je quand nous serons face à face ? Dehors, je me laisse aller à repenser à ce moment, ce que je pourrai lui dire pour qu'elle ouvre les yeux sur moi, si elle le peut encore. L’hôpital m'a appelé, j'ai oublié ce qu'ils m'ont dit. Quel service. Quel état. Quel étage. Quel avenir.

Je m'y suis rendu à pied, comme sous le coup d'une sorte d'appréhension, d'une prudence inutile et une fois à l'accueil, je n'ai qu'à donner son nom pour qu'on m'accompagne. Dans l'ascenseur, je lui présente une fois encore mes excuses. Comme le texte d'un monologue que je m'apprête à jouer. Étage inférieur. Étages inférieurs. Pas en réanimation. Pas aux soins palliatifs. Pas les grands brûlés. Pas les urgences. Dernier étage. Sous-terre, comme un avertissement.

Le dernier, fais demi-tour ! Fais demi-tour ! Et pourtant je quitte l'ascenseur. Mes yeux s'ouvrent grand sur un environnement froid et gris. Tout est mort ici. J'avance sans ciller, j'attends le retournement de situation, y compris lorsque le tiroir s'ouvre. C'est un tiroir, dans lequel dort Sarah. Ma main s'approche d'elle, ses cheveux lavés tirés en arrière, son teint blanc, ses yeux clos. Ma main reste suspendue au-dessus d'elle, comme si le moindre contact rendrait le cauchemar réel. L’hôpital m'a appelé, j'ai oublié ce qu'ils m'ont dit. Une voix dans ma tête, pour me ramener à la réalité, m'annonce « ta sœur est morte ». Je tombe à genoux, cherchant à me rattraper au tiroir maladroitement mais rien n'y fait, mes doigts cotonneux ne saisissent rien et je m'écroule par terre, un invertébré, brisé de tous les côtés. Une chaleur monte à mes yeux brûlants et ma vision se trouble. J'ouvre la bouche sans savoir que dire, et mes lèvres s'écartent dans un cri d'abord silencieux. D'abord silencieux, puis le hurlement sans sens, pour une perte insensée elle-même. Semi-allongé sur le sol, je me contente de prendre mon visage entre mes mains et de hurler, si fort que je voudrais que ce soit elle qui vienne près de moi pour me prendre dans ses bras. Seulement elle.

Lorsqu'on meurt, notre vie défile sous nos yeux paraît-il. C'est Sarah que je vois. Bébé, d'abord intruse auprès de notre duo à Lewis et moi puis comme notre protégée, ses yeux rougis lorsqu'il est parti, lorsque je suis parti, la jeune femme magnifique que maman amenait à ses soirées, la guerrière sans peur qui fonçait tête baissée dans les missions familiales, Sarah qui voulait tempérer les Watchers et maintenant, Sarah morte. Le rire de Sarah. Sarah qui danse. Les pleurs de Sarah. Sarah qui menace. Le courage de Sarah. Sarah qui meurt. Rendez-moi ma sœur, je vous en supplie. Ne tuez pas Sarah. Elle ne se relève pas de son tiroir gris et froid. Le corps sans vie, corps et froid, ce n'est plus elle. Rendez-moi ma sœur. Ne tuez pas Sarah. Fais demi-tour, enfuis-toi. Pars loin d'ici. Pars ! Ce n'est pas Sarah, elle n'est pas là. Si, elle est là. Ce n'est pas possible, et pourtant. Non, bien sur que non. Elle est ailleurs. Sous mes yeux. Assise sur le perron de la demeure familiale. Allongée ici, froidement. Ils ont tué ma sœur... Est-ce qu'on peut vraiment encore se débattre ?
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MessageSujet: Re: En Ville - OS   Mar 7 Nov - 0:01
Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Je tire une fois encore sur ma cigarette, mes doigts tremblent. Je suis assis sur le trottoir, je n'arrive pas à me calmer. Le pas lourd, les yeux fuyant et fouillant le décor à la recherche d'aide. Il erre sans trop savoir ce qui lui est arrivé. Je me redresse, le suis simplement du regard. Il a le pas lourd, ses mains fouillent le vide et il s'écroule. Je me remets debout, il s'approche de l'entrée. Je frotte mes joues, les lave des larmes qui les inondent, ils ont eu Sarah et moi... jamais je n'aurai ce dont je rêve avec Primrosae alors à quoi bon ? Je retire mon chapelet de mon cou et je glisse dans ma poche. Il titube, il trébuche, il peine à se remettre debout. J'attends qu'il soit proche, plus proche encore. Alors qu'il n'est plus qu'à quelques mètres de l'entrée de l'immense bâtiment blanc, je lance une œillade sur le côté pour compter le nombre de flics.

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Il ne lui manque que quelques marches pour accéder à son refuge. Il est midi, ils l'attendent tous. Mais il sent une fièvre l'envahir, il a chaud. Il a mal. Il a peur. Je sors mon arme, je ne prends pas le temps de réfléchir, parce que s'ils me tuent avant que j'ai tiré, j'aurai tout perdu. Alors je me contente de viser et je fais feu. À peine l'écho de la détonation résonne-t-elle que je lève les mains vers le ciel, l'arme pendue au bout de son pouce, la détente hors de portée. J'écarte les bras, j'écarte les jambes et je l'entends hurler. Il pousse un cri et les policiers qui sont postés près de l'entrée le font entrer en vitesse pendant que les autres crient déjà dans ma direction. Un seul coup de feu, je l'ai touché, à la jambe.

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Il pénètre dans le bâtiment gouvernemental. Ils le reconnaissent, ils lui viennent en aide. Je plie le genou, la mâchoire serrée. Comme un goût de destruction dans la bouche. Mon arme tombe au sol et je reste droit, l'observant se mettre en sécurité, l'observant avec la rage de la bête qui va tout détruire sur son passage. Bras gauche dans le dos. Bras droit dans le dos. Il entre en hurlant sa douleur, il a chaud. Le portail anti-mutant ne sonne pas. Tout le monde connaît Joey. Il n'est pas un mutant. Tout le monde apprécie Joey. Il est courageux, il est intelligent, il est précieux pour l'organisation. Tout le monde vient au secours de Joey. Le détecteur de métaux sonne à son passage. La balle que je lui ai envoyée dans la jambe est mon ticket d'entrée. La police me plaque au sol, contre le bitume humide et froid du petit matin.

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Il est à l'intérieur, ils lui viennent en aide. Ils cherchent à arrêter l'hémorragie. Ils s'éloignent des fenêtres. Mais il n'y aura pas d'autres tireurs. Je suis seul, venu le voir, venu lui dire que je suis au courant. « William Stryker ! » hurlé-je quand ils me remettent debout. Il est là, quelque part derrière l'une de ces fenêtres. « William ! » Je l'appelle, comme un père. Il a toujours été un père pour moi, je le croyais mon protecteur, je le croyais mon guide. Qu'est-ce qu'il me reste aujourd'hui ? Si ce n'est que celle que j'aime me hait au point de vouloir mourir et mon fils ne me connaîtra jamais. « William ! » J'ai besoin de toi, j'ai besoin de te parler, entends ma voix une dernière fois. Comme 'elle' aurait dû le faire. Je le vois sortir, faisant un signe pour rassurer les forces de l'ordre dans la rue. On se connaît lui et moi, je l'ai si souvent côtoyé mais maintenant... il me paraît soudain gigantesque. Il pose la main sur mon épaule, je baisse la tête.

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Ils ont sans doute arrêté l'hémorragie de sa jambe. Ils attendent les secours pendant que Bill et moi nous retrouvons une dernière fois. Cette fois, je n'ai plus de main libre pour dégager les gouttes d'amertume sur mon visage. « Bill... » lui dis-je d'une voix toujours arrachée par la douleur. « Sarah... » Il acquiesce. Il me confie à quel point c'est une grosse perte. Je l'arrête. Je regarde autour de moi puis lui confie, toujours sans le regarder : « Nous sommes seuls au monde, pour ainsi dire, Bill... Pourquoi a-t-il fallu que... Vous n'auriez pas dû faire de mal à ma petite sœur... »

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. William sait que j'ai eu accès au rapport d'autopsie. Je sais quelles armes ils utilisent, je sais qu'elle a été touchée en pleine poitrine, de face, alors qu'elle se trouvait du côté des mutants. « Tu nous as trahis, Jeremiah. » Aloysius et Primrosae ont fait leur œuvre. Maintenant que j'ai les mains menottées dans le dos, maintenant que deux paires de mains me tiennent par les épaules, maintenant que je suis sur le point de m'effondrer... il ne me reste qu'une chose. La haine. Cette haine qui me nourrit, elle rejaillira sur mes ennemis. Je ferme les yeux. « Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. »

Le pas lourd, le pas titubant. Le pas lourd, le pas hasardeux. Le pas lourd, une chute. Il s'écroule parmi les autres Purifiers, fiévreux. Je ne le vois pas mais je le devine. Je patiente. Je ravale mes larmes. Je relève les yeux sur William. Je n'avais pas besoin de le voir mais j'avais simplement besoin qu'il soit... dehors. Il se tord de douleur sur le sol. Joey le brave. Joey et son courage. Joey et son immense plaie qui lui traverse l'abdomen. Une cicatrice gigantesque encore fraîche. J'enfonce mon regard dans celui de William et mon visage tord un sourire victorieux. « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, Seigneur. Bill, penses-tu que la vallée de la mort soit assez grande pour y accueillir toutes ces âmes ? »

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. William me saisit par le col. Je laisse échapper un bref ricanement avant de diriger mon regard vers le ciel. C'est bête la vie, je réservais ce sort à Jimmy, pour qu'il puisse anéantir les autres mutants mais c'est l'une des nôtres qui l'a tué. Alors les Purifiers ne récoltent que ce qu'ils ont mérité. Ils ont fait du mal à Andrew. Il a perdu tellement de sang mais maintenant, il vit, loin d'ici. « Penses-tu avoir le temps de les prévenir ? » lui demandé-je doucement. Nos regards se croisent. « Tu avais raison, quand une menace devient trop grande, on l'élimine. Je te garde pour la fin. »

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Il est l'heure. Une succession de bip, tout enfouie dans l'abdomen en souffrance. William se retourne et nous n'avons qu'à assister au spectacle, au feu d'artifice. Les fenêtres explosent, et laissent jaillir d'immenses flammes jaunâtres habillées de fumées noires. Le bruit manque de nous rendre sourds et nous cloue tous au sol. Ce sol qui paraîtrait trembler sous nos corps fébriles. Des alarmes de voiture. Des cris. Des appels. Et des corps. Je sens le genou de l'un de policiers m'écraser le dos, sa main appuie contre ma joue. J'écarquille les yeux, mon cœur bat fort, s’étouffe dans une rage pas totalement comblée. « On est quittes maintenant, fils de pute » lui dis-je simplement. C'est la dernière fois que je le vois. C'était probablement la dernière fois que j'étais ici en homme libre.
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