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 [+18] The devil inside [Graby]

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Un week-end de congé. La soirée aurait suffit. Mais je n'en demandais pas plus. J'avais besoin de prendre du recul. Besoin de m'éloigner de cette seconde peau pour reprendre mes esprits. Il était si facile de faire semblant d'être quelqu'un d'autre mais à la différence il était bien plus compliqué de se retrouver. Saluant les quelques agents du SHIELD que je croisais, saluant ceux que je connaissais alors que Chris Jackson était cet agent qui avait toujours un mot pour les autres, toujours aimable jusqu'à la dernière minute. Un homme qui paraissait ennuyeux à mourir mais qui était pas moins dévoué. Dévoué envers la veuve et l'orphelin, dévoué envers sa famille bien même alors qu'il l'avait sacrifié pour son travail, pour les combats. Non pas que je pouvais lui en vouloir alors que d'évidence nous avions de nombreux points en commun. Ayant trahi l'équipe de Coulson que je considérais bel et bien comme une famille pour John. Le sang appelait le sang. Néanmoins l'une des différences majeures entre nous était que j'étais un traître alors que lui ne l'était pas, du moins cela n'était qu'une question de perspective comme toujours. Jouer sur les tableaux était toutefois dangereux, comme j'en avais conscience. Et je savais que pour continuer j'aurai besoin de prendre du recul, de faire le point. Appréciant plus que jamais au final ce week-end qui tombait à point, me permettant de mettre fin à cette mascarade et de redevenir celui que j'étais.

Mon regard qui passait d'un point de la rue à l'autre alors qu'autant que je faisais disparaître le visage de Chris Jackson, la méfiance n'en venait qu'à reprendre le dessus. Méfiant alors que ma tête était toujours mise à prix, que le SHIELD se ferait une joie de me tuer. Surtout Maria Hill. Non pas que la directrice m'avait facilité la tâche alors que comme chacun des membres de l'équipe de Coulson elle en avait fait une affaire personnelle, une vendetta. Méfiant alors que je savais que des agents continuaient de me traquer, me doutant qu'elle estimait toujours que j'étais l'un des leaders d'HYDRA. Ce qui n'était plus le cas mais cette dernière le croyait sans doute. Quasiment une certitude alors que je savais que Caitlyn Thompson n'en serait que venu qu'à lui transmettre la nouvelle. L'image de l'agent qui traversait fougueusement mon esprit alors que je savais qu'elle avait mal tournée, touchée par la folie. Non pas que je ne lui avais pas laissé une chance. Une chance que je lui avais en effet laissé alors qu'elle n'en venait qu'à franchir la porte de la base, courant retrouver les jupons de la directrice du SHIELD pour lui rapporter les nouvelles, le retour de Crâne Rouge. Du moins j'espérai qu'elle l'ait fait, ce qui semblait être le cas bien que je ne pouvais pas être certain de l'issue de leur conversation. Les secrets étaient monnaie courante au SHIELD comme les dossiers classifiés. Des dossiers que Chris Jackson n'avait pas encore accès. Si de nombreux agents me faisaient confiance, lui faisaient confiance, il n'en restait pas moins que l'agent n'était pas encore assez gradé, pas connu de la direction pour ainsi dire. Ce qui ne m'empêchait pas de continuer de récolter des informations pour faire par la suite mon rapport à George. Ma tête qui était autant mise à prix du côté d'HYDRA alors que je marchais en équilibre sur un fil qui menaçait de se rompre à chaque instant. George qui m'avait laissé la possibilité de rester en vie mais qui n'attendait pas moins des résultats. Si je ne m'étais pas montré aussi miséricordieux, cela ne serait pas arrivé. Une erreur de parcours. Une erreur qui m'avait pas moins coûté alors que déchu de ma place, je n'en n'étais que venu à goûter une nouvelle fois aux lames et instruments de torture. Des cicatrices là pour me le rappeler. Des cicatrices qui semblaient s'accumuler sur chaque parcelle de mon corps à cause des combats, de la torture, des souvenirs.

Pour autant, si j'avais été déchu de ma place, j'avais pas moins réussi à infiltrer le SHIELD de nouveau. Non pas que le vent avait été en faveur alors que je continuais de me remettre du virus qui avait sévi au SHIELD. Le visage de mes bourreaux défilant dans ma tête avant que je ne les chasse. Un virus qui ne m'avait pas empêché de tenter de faire obstacle à Captain America qui comptait délivrer des prisonniers, qui avait réussi. La note avait été salée. La cicatrice de la flèche que Barton m'avait planté dans la cuisse pour me le rappeler tantôt. Et pourtant autant que persistait la douleur, persistait une goutte d'espoir comme une fleur qui tentait de survivre dans le désert. Un espoir fragile et délicat. I still have some feelings for him even if I’m trying to bury them. Ses mots qui surgissaient dans mon esprit. Elle qui avait le pouvoir de me briser autant que celui de recoller les morceaux. Un espoir mince et fragile qui était apparu alors qu'elle prononçait ses mots. Peinant encore à y croire et pourtant je savais pas moins qu'elle était sincère alors qu'elle se confiait à celui qui croyait être Chris Jackson. Me portant pas moins un coup alors qu'elle m'avouait avoir toujours des sentiments pour moi. Un univers qui volait en éclat. Et alors que je pensais à son regard noir qu'elle pensait sur moi, elle n'était pas moins venue à rallumer une flamme que je croyais éteint. Une révélation pas moins alors qu'elle m'avouait n'être plus prête à retenter quelque chose à cause de ses sentiments qu'elle éprouvait encore. Des mots qui m'avaient renversés. I do not believe in soulmates but I do believe some things are meant to be. Des mots que je ne pouvais que me rappelais alors que je les avais prononcé, alors que j'y avais cru. Et une part de moi continuait d'espérer encore, comme si j'avais ce besoin fugace de m'accrocher à ses mots qu'elle avait prononcé pour me rappeler ce que je pouvais avoir, ce que j'espérai avoir. Car, elle était tout. Et pourtant je savais que c'était une mauvaise idée, qu'il n'y avait pas de happy ending pour quelqu'un comme moi. Ils me l'avaient fait comprendre. Et dans un sens je ne pouvais que penser qu'elle méritait quelqu'un de mieux. But a part of me wants to believe he can change, that with time the good in him will come out and we’ll be able to forgive him, I will able to do that. Mais pourtant c'était des mots comme cela qui ne me poussaient qu'à perdre les pédales alors que de nouveau elle changeait la donne. Me façonnant comme on façonnerait de la pâte à modeler. Des mots qui me faisaient autant froid dans le dos alors qu'autant que je voulais qu'il me pardonne, je doutais qu'ils le puisse réellement, que je puisse changer. Il y avait trop de ténèbres autour même encore là pour que la lumière puisse substituer.

Mes doigts qui trouvaient soudainement la crosse de mon arme alors que j'entendais les pleurs d'un enfant. Détourné dans mes pensées alors que les pleurs recommençaient. Pivotant sur mes talons alors que j'obliquais vers la ruelle située à ma droite. Une ruelle d'apparence déserte où la noirceur régnait. Le crépuscule ores et déjà là. M'avançant un peu plus alors que mon regard s'attardait sur chaque détail, arme en main. Il était si facile de tomber dans un piège que je ne pouvais qu'être un peu plus méfiant. M'avançant un peu plus pour découvrir un enfant de six ou sept ans environ qui assis sur le sol, pleurait ou criait à moitié. Mal à l'aise non pas que la situation ne pouvait que me rappeler que des situations déjà vus avec Thomas et l'ombre de Christian derrière nous prêt à nous faire peur. Chassant ses images alors que je n'étais plus ce même enfant effrayé. M'avançant encore plus dans sa direction, arme toujours en poing, incapable de baisser mon arme devant un enfant alors que la méfiance autant que la paranoïa était là. Sur mes gardes avant tout. Un enfant qui semblait d'apparence innocent, qui ne m'expliquait toutefois pas comment il s'était retrouvé dans cette ruelle déserte, qui ne m'expliquait pas pourquoi il pleurait. Des cheveux châtains plutôt courts, des yeux verts. M'approchant un peu plus jusqu'à m'arrêter à quelques pas de lui. L'observant avec méfiance alors que je passais outre les formules de politesse, m'adressant à lui comme si je menais un interrogatoire, ce qui était pour ainsi dire le cas. « Deux questions : Quel est ton nom ? et pourquoi pleures-tu ? »


Dernière édition par Grant D. Ward le Sam 3 Juin - 13:17, édité 1 fois
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THE DEVIL INSIDE
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Les enfants.

Des friandises, porteuses d’espoir et de vérité.

Mais aussi un beau bouquet d’emmerdes prêt à être consommé.

Ça fait longtemps qu’il marche désormais. En pleine nuit, alors qu’il est persuadé d’avoir un petit diable sur son épaule, c’est bien l’un d’eux qui le suit dans le plus minable des appareils — un insecte, dans le sens littéral du terme. Il le suit car il a été happé par ses ruminations internes, bien plus intenses que celles croisées dernièrement. 18 ? 18 n’a rien à voir avec ça, elle n’a rien à voir avec ses projets et encore moins avec ce que suggère sa petite escapade nocturne. L’engeance démoniaque n’a aucunement prévu son coup cette fois-ci : il se penche ni plus ni moins sur cet homme, ordinaire sans l’être, alors que son seul guide semble être sa soif de nuire, de pervertir.

Il y a une femme. Il y a toujours une femme dans les histoires, et surtout dans ce qui semble être les véritables passions des hommes. Bien sûr que ça le fait rire. Bien gras d’ailleurs.

Ce brave homme y pense trop. Cette femme qui pourrait être son équilibre mais qui n’en sera jamais un.

Et tout à coup, alors qu’il sait sa cible à proximité, le gamin dont il a emprunté les traits se met à pleurer un peu plus. Fort, peut-être un peu trop, ça semble lui tordre les poumons presque autant que l’échine. Dans la pénombre de la ruelle, il est affaissé au sol, dans un coin, près d’une benne à poubelle. (Ça va devenir une habitude, ça aussi. Les enfants, puis les bennes ? Ça change toujours de la blonde sulfureuse qui n’aurait rien pu tirer de l’agent qui s’approche.) Sa silhouette se découvre alors qu’il le sent encore en approche. Il pense méfiant. Il pense à tout et rien à la fois, car il agit avec un froid automatisme. Calculateur. Comment pourrait-on venir à bout d’un être humain pareil ? La recette est pourtant simple… et même avec ces pouvoirs amoindris (que Méphisto rôtisse sur son propre trône), il parvient à de fabuleux résultats. Encore un qui n’échappera pas à la règle. Même Gabriel aurait pu réussir, s'il n'avait pas été aveuglé par une toute autre ambition. Mais Gabriel est mort.

L’enfant lève le nez, non moins surpris. C’est l’effroi qui pique son regard mouillant lorsqu’il finit avec le canon d’une arme pointé sur lui. Aussitôt, il se crispe, part en arrière en rampant dans la direction inverse d’où se trouvait l’affreux armé. Ses vêtements sont sales car il a trainé par terre, on pourrait même suggérer qu’il a fui. D’où ? De qui se cache t-il ? Cela pourrait très bien être de lui… « Me faites pas d’mal, s’il vous plaît, me faites pas d’mal ! Non… » en se recroquevillant, gardant un œil effrayé dans la direction du canon qui le menaçait toujours silencieusement. « C’est lui qui vous a dit d’venir m’chercher ? Il dit des bêtises… juré… c’est lui qui- » Mais il tremble trop comme une feuille pour continuer sereinement, la menace de l’arme pesant sur ce petit être suffoquant. Le démon, dans son habit innocent, a senti l’homme se rapprocher sans détourner son arme. Ses bras croisés devant sa tête forment une piteuse barrière de chair et de tissu pour le protéger. « C’est Peter qui m’a fait mal, j’vous jure, j’voulais pas… j-j’voulais pas… », tente t-il de dire, bégayant dans ses sanglots. S’il avait pu partir encore plus loin que l’angle droit de cette ruelle, il l’aurait certainement fait. L’enfant semblait être terrorisé, et l’homme qui se trouvait là n’aidait, pour l’instant, en rien à calmer ce dernier. « S’il vous plaît… m’sieur le policier… » c’était plutôt dans le doute, mais les policiers avaient certainement de quoi vouloir l’attraper, visiblement. Et un policier armé, c'était presque plus rassurant qu'un voyou qui voulait juste lui défoncer le crâne avec du plomb… même ici dans le Bronx. Qui voudrait du mal d'un enfant ? Qui ?

Parce qu’il avait fait une bêtise… une grosse bêtise… et il n’était pas le seul dans son cas.
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Je ne m'attendais pas à voir un enfant, à le trouver ici. Ne pouvant m'empêcher de me demander ce qu'il faisait là. Il était seul dans un quartier dangereux, dans une ruelle déserte en train de pleurer. Il n'était jamais bon d'être seul dans ce genre de quartier à moins d'être armé. Un quartier composé d'immigrés, d’afro-américains qui se mélangeaient. Mais au-delà de cela, ce quartier était dangereux alors qu'ici régnait la guerre des gangs. La violence qui était une monnaie courante alors qu'entre les dealers, ceux qui blanchissaient de l'argent, toutes les méthodes étaient bonnes pour être en haut de l'échelle. Ils étaient attirés par le pouvoir, la richesse, le sang. Pensant sortir de la misère ambiante en entrant dans un gang. Quand on y entrait, il n'y avait pas de retour en arrière. Oublié les liens familiaux alors que les liens qui unissaient ceux du gang étaient les plus forts. Et mieux valait ne pas vouloir les doubler. Mieux valait ne pas vouloir les quitter. Il n'y avait pas de cadeau d'offert sur ce point. On ne pouvait quitter le gang que les pieds vers le fond. On ne pouvait le quitter que lorsqu'on était mort. Et très vite une guerre pouvait être facilement déclenchée. Il suffisait que quelques balles soient tirés en l'air pour que la donne change et pour que la violence reprenne le pas sur la paix. Une des nombreuses raisons qui expliquait pourquoi il ne valait pas mieux se promener seul dans les rues, encore moins quand l'on n'était pas armé. Armé je l'étais toujours alors que je transportais une artillerie, de nombreuses armes sur moi alors que j'étais toujours prêt pour les combats. Mais au-delà de cela, je ne m'attendais véritablement pas à trouver un enfant là. Non pas que l'idée paraissait saugrenue, disons juste que je n'avais plus l'habitude d'être confronté à des enfants.

Et je ne pouvais m'empêcher d'être méfiant alors que je m'approchais de lui, arme au poing. Autant que les enfants incarnaient l'innocence, ils pouvaient autant être utilisés par d'autres. Des armes parfaites alors que jamais personne ne se doutait des enfants. Et comment leur vouloir alors que dans un sens nous voulons toujours les protéger. Tout comme j'avais voulu protéger Thomas alors que j'étais enfant. C'était mon rôle, j'étais son grand frère et pourtant j'avais échoué de nombreuses fois. J'avais échoué à le protéger de Christian à la fin. Trop effrayé. Toutefois je n'étais plus cet enfant effrayé qui avait peur du noir, qui avait peur des bruits dans la nuit, qui avait peur des animaux sauvages et de nombreuses choses insignifiantes. Un enfant trop gros, mal dans sa peau qui avait peur de nombreux points mais encore plus de l'ombre des parents et de Christian. Mais j'avais appris à contrôler mes peurs grâce à John. Et désormais ils ne pourraient plus jamais faire du mal à Lily ou Thomas. Je m'étais occupé du problème il y avait maintenant plusieurs mois. Les tuant. Faisant brûler cette maison qui n'avait jamais été considéré comme une. Obtenant la confession de Christian alors qu'il avait enfin avoué ce qu'il avait fait, faisant tomber le masque alors qu'il avouait pour les coups portés, avouant la jalousie qu'il portait à l'égard des autres. Ils étaient morts et désormais ils ne pouvaient plus rien faire. Mais alors que j'avais obtenu cette fin, je ne m'étais pas rapproché de Thomas ou Lily. Trop dangereux. Le SHIELD tentait toujours de me tuer et ce jeu dangereux que je jouais avec HYDRA pouvait autant être un risque. Comptant toujours les protéger alors qu'ils étaient tout, qu'ils étaient ma famille et cela même alors que je continuais de veiller sur eux dans l'ombre.

Chassant ses images dans ma tête alors que je me concentrais sur l'enfant. L'enfant qui en venait qu'à se crisper, commençant à ramper dans la direction opposé. Un enfant qui avait peur. Un enfant que j'aurai pu être autant que cela aurait pu être Thomas. Baissant légèrement mon arme mais pas complètement alors que je m'approchais un peu plus. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvé en compagnie d'enfants, et la différence avec d'autres agents était que j'avais plus l'habitude d'agir dans l'action, froidement. « Me faites pas d’mal, s’il vous plaît, me faites pas d’mal ! Non… » Il se recroquevilla un peu plus alors que je calculais les chances, examinais chaque détail. Il paraissait sincère mais je n'étais pas naïf. Je savais que certains enfants qui baignaient dans ce milieu étaient des pros. Alors je ne pouvais m'empêcher d'être méfiant. « C’est lui qui vous a dit d’venir m’chercher ? Il dit des bêtises… juré… c’est lui qui- » Il tentait de se protéger et je m'approchai un peu plus, me penchant vers lui à la recherche d'arme ou d'une potentielle menace autant que j'étais méfiant alors que j'observais les alentours. Toujours sur mes gardes bien que l'enfant était inoffensif, n'ayant aucune arme sur lui. Certain de ce fait. « De qui parles-tu ? Qui t'as fait du mal ? » Posant des questions claires et directes pour espérer obtenir des réponses. Je n'avais pas de raisons pour m'attacher mais je ne comptais pas m'attacher. Je n'avais aucune raison de l'aider et pourtant il me rappelait le passé, autant que Riley m'avait rappelé la personne que j'étais avant. En cavale. La peur là. Une omniprésence. « C’est Peter qui m’a fait mal, j’vous jure, j’voulais pas… j-j’voulais pas… » Mes doigts qui se refermaient un peu plus sur l'arme que je tenais alors que je ne pouvais m'empêcher d'être touché. Et cela même si je ne le voulais pas. Un passé qui me poussait à vouloir protéger ceux qui pouvaient être potentiellement comme moi, même si je ne le voulais pas. Des mots qui me rappelaient ce que j'étais avant, la menace que représentait Christian qui jaloux voulait que je torture Thomas, qui voulait me faire mal un peu plus. Mais on ne m'avait jamais cru. Evidemment. Christian était doué pour mentir. Nous l'étions tous, c'était un trait commun que j'avais avec lui apparemment. Sans doute le seul. Christian que mes parents préféraient croire alors que dans tous les cas il fallait maintenir les apparences, non pas que je tentais de me défendre et de l'accuser alors qu'au contraire je m'accusais. M'accusant pour éviter les représailles, pour tenter de les garder à l'esprit. Les questions qui passaient dans mon esprit alors que je pouvais me demander ce qu'il avait fait. L'avait-il tué ? Légitime défense ? Non pas que j'aurai pu lui en vouloir pour même si je ne le connaissais pas, ayant tendance à me montrer impitoyable sur certains points. « Qu'est-ce qu'il t'a fait et que lui as-tu fait ? » Tentant de prendre un ton un peu plus adouci pour ne pas l'effrayer davantage. « S’il vous plaît… m’sieur le policier… » Un policier que je n'étais pas. Pour autant il paraissait encore plus difficile de me présenter autant comme un agent d'HYDRA qu'un du SHIELD. Dans le fond je ne croyais plus réellement à aucun de leurs idéaux. But a part of me wants to believe he can change, that with time the good in him will come out. Reprenant ma respiration alors que je le regardais. Au point où j'en étais cela n'avait plus d'importance, et s'il était une menace je l'éliminerai. « Je suis l'agent C.. » Une seconde d'hésitation. Une seconde d'hésitation alors que j'hésitai à me présenter sous ma réelle identité, comme Grant Ward qui n'était pas tant un agent du SHIELD que d'HYDRA que sous les traits de Chris Jackson, agent du SHIELD. Une personne que je n'étais pas. A vrai dire par moment je ne savais plus trop qui j'étais. Mon regard qui passait autour mais il n'y avait pas de caméras, ni d'apparente oreilles indiscrètes. Seulement moi et cet enfant. « Je suis l'agent Grant Ward, du SHIELD. Une agence gouvernementale. » Une prétention ou un espoir de rédemption. « Je veux que tu me racontes tout ce qui s'est passé, okay ? »
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Un homme qui pense trop est un homme vulnérable.

Ce même homme qui se rapproche alors que les flux de pensées lui parviennent, informant le démon, le nourrissant d’autant d’indices qui pourraient lui servir à cuisiner l’agent. Il le laisse ressentir, être en pleine possession de ses moyens, d’avoir l’avantage alors qu’il ne l’a pas réellement. Il le laisse vivre et explorer les possibilités, conservant chaque information dans son esprit luciférien. Tout son petit corps est prit de spasmes, il se protège davantage la tête lorsqu’il s’avance, et ce malgré les questions posées. « De qui parles-tu ? Qui t’as fait du mal ? » et c’est à son tour d’être méfiant. Après tout, c’est lui qui est en position de force, c’est lui qui l’a pointé de son arme, c’est lui qui le menaçait. Lui qui craignait qu’un enfant vienne l’enfermer dans un piège. Il le menaçait moins que d’autres, ces autres dont l’enfant semblait avoir peur, dont il craignait les représailles.

Son petit cœur bat la chamade sous sa poitrine, alors qu’il se décide enfin à rouvrir les yeux, se confrontant à tâtons à l’image de ce grand bonhomme armé. Ce policier qui continuait avec ses questions, bien décidé à connaître la vérité. Or, la confiance se gagne aussi de son côté. Une confiance qui n’était qu’une chimère, comme tout le reste. Il y a un petit silence entre ses sanglots, comme si le gamin voulait répondre. Pourtant il se pince les lèvres, referme sa mâchoire de lait sur son inférieure. Et encore la flamme rédemptrice qui semble investir l’étranger, le démon gonflant d’ambition malsaine. Le jeu est de nuire, le jeu est simple, mais le jeu peut très vite être lassant si on ne le satisfait pas.

Tu n’oserais pas devenir une pauvre merde à racler sur l’asphalte irrégulier de cette ruelle, hm ?

Toujours crispé, la tête rentrée dans ses épaules, l’enfant ne cherche même pas à essuyer ses larmes de crocodile qui voilent sa vue. Il se contente de fermer les paupières un peu plus fort pour les laisser rouler sur ses joues rougies. Respiration difficile. Il le laisse d’abord se présenter, peut-être est-ce un moyen de se rassurer, et l’enfant le toise, craignant le mensonge. Le gamin n’a aucune idée de ce qu’est le SHIELD, ni ce que peut être une agence gouvernementale. Et il le fait savoir… « C-C’est… q-q-quoi… ? » chose qu’il ne laisse pas sans ajouter… « V-Vous… allez m’aider ? » demande t-il, alors que l’intonation de sa voix semble être couverte d’espoirs invisibles. Pendant un bref instant, l’éclat de son regard émeraude change lui aussi, prêt à se raccrocher à cet homme qui ne lui tendait pas encore complètement la main. Cet homme qui s’était présenté sous sa véritable identité, pour laquelle il était pourchassé. Un premier pas que Blackheart ne négligea pas.

Petit à petit, il tente de calmer sa respiration pimentée de quelques hoquets compulsifs. Dans une expiration, et après avoir jaugé Grant, il lui dit. « V-Vous allez pas m’emmener chez la police, hein ? C’est promis ? » lorsque sa voix part un peu dans les aigus en fin de phrase, il ravale un peu sa salive en laissant encore quelques larmes couler, mais moins bruyamment qu’à l’accoutumée. Lèvres pincées, reniflant alors qu’il passe une des manches de son petit sweat sur ses paupières noyées de perles lacrymales. « Peter c-c’est… c’est mon grand frère… » enfin, c’était. Le grand-frère que tous les cadets devraient aduler, sauf que c’est lui qui l’a détruit. Et il s’en est vengé, dans une pulsion désordonnée et meurtrière. « …y m’a dit qu’il m’protègerait des méchants… » sauf que c’était lui le méchant dans l’histoire, et qu’aujourd’hui c’était au tour du petit aussi, qui avait fini par avoir du sang sur les mains à son tour. Par sa faute. « Je lui ai fais très mal… i-il se… il se réveille plus… », marmonne t-il, la gorge nouée. Une fois encore, il jauge son interlocuteur, adulte, qui ne semble pas lui inspirer toujours vraiment confiance pour autant. « …me suis enfui… » avoue t-il en reniflant une nouvelle fois. « …ils veulent me chercher maintenant… j’suis sûr… y veulent m’chercher… » sa famille, ses oncles compris, qui vivent sous le même toit. Un climat qui a toujours été particulièrement tendu. De modestes gens. Son petit frère doit être terrorisé, son petit frère qu’il a dû taper parce que son aîné le lui ordonnait. L’aîné, Peter, décédé. « …s’vous plaît… m’ramenez pas là-bas… », le supplie t-il encore une fois. Fais-leur du mal, sont les volontés secrètes du gamin. Parce qu'ils ont vu et ils n'ont jamais rien fait quand lui m'en faisait. Des volontés gardées pour lui. Mais pour combien de temps encore ?

Dans le dos de Grant, à une bonne dizaine de mètres, une voix mariée à une silhouette épaisse. Une voix qui l’interpelle. « Hey, qu’est-ce que tu fous ici, ducon ! » Cette personne n’est pas de ceux dont il parle. Cette personne est un imprévu sur le tas. Cette personne peut-être décisive. Cette personne… peut-être dangereuse. Pour lui, pour eux. Une personne qui se fait rejoindre par un autre, cherchant à être menaçants. Par le regard, la voix, la gestuelle — l’un d’eux soulève son tee-shirt trop large pour laisser entrapercevoir une arme coincée à sa taille. Ils en ont après son fric plus qu’à sa vie. Personne n’irait se balader à une heure pareille dans ce coin. Personne de bien intentionné, à moins d’être irresponsable.

L’enfant a jeté un regard profond et appuyé à l’agent. L’espoir et la peur mêlées, à nouveau.

(Le temps pour le duo de remarquer qu’il est lui aussi armé, de dégainer…)

En réalité, il ne le supplie que pour une seule chose… qui fait écho sans être prononcé expressément, mais qui pourrait être lu sur les lèvres silencieuses du garçon… protège-moi, Grant.
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Tenter de faire le vide dans ma tête. Séparer les sentiments du professionnel. Cet enfant n'était pas Thomas. Il pouvait être une menace. La situation n'était pas la même. Il fallait que je sépare les deux. Il fallait que je sépare les situations. Mon regard posé sur cet enfant alors que je l'observais. Il n'était pas Thomas. Il fallait que j'arrête d'y penser, que j'arrête de me souvenir. Je savais que mélanger les situations pouvait me perdre. C'était pour cela qu'on apprenait à chaque spécialiste de séparer le personnel du professionnel. Etre un spécialiste impliquait des missions sous couverture, impliquait de se retrouver proche d'autres. Une nécessité pour chaque spécialiste de séparer ses émotions du reste alors que la potentielle personne dont on se rapprochait était le plus souvent une cible à éliminer. Un rôle pour lequel j'étais bon alors que John plus que jamais m'avait appris à séparer les deux. M'apprenant à séparer les émotions des missions alors que j'en étais venu à infiltrer l'équipe de Coulson. Une nécessité pour ne pas mourir. Aucun spécialiste ne pouvait se permettre d'être faible, d'être vulnérable. Nous étions les derniers qui restaient debout, les derniers qui se tendaient entre les gentils et les méchants. Nous étions ceux qui réalisaient le dernier appel, qui prenaient la décision finale. Nous étions ceux qui ne pouvaient se permettre d'hésiter. La vérité était que nous étions les derniers debout, à devoir choisir, ceux qui prenaient des décisions qui pouvaient être fatales pour d'autres. Ce que je me devais de faire à cet instant. Je ne pouvais pas me permettre de replonger dans le passé. Je ne pouvais pas me permettre de regarder en arrière, pas avec ce risque potentiel de mourir. Alors comme j'en avais l'habitude, comme on me l'avait appris, je commençais à fermer des portes, me focalisant sur l'enfant et non sur les souvenirs ou sur Thomas ou sur n'importe qui.

Une larme qui coulait le long de sa joue alors que je me présentais sous les traits d'un agent du SHIELD. Un jeu dangereux. « C-C’est… q-q-quoi… ? » « Comme la police sauf que la différence est que nous avons plus de ressources et moyens qu'eux. » Tentant de l'éclairer sans en dire trop alors que le SHIELD restait une agence secrète qui avait une position difficile en ce moment. Néanmoins à cet âge-ci personne ne s'intéressait à la politique. « Comment tu t'appelles ? » Une autre question, une tentative pour l'encourager à me parler. « V-Vous… allez m’aider ? » J'hochai la tête. « Oui. » Une résolution prise peut-être trop facilement. Non cette résolution avait bel et bien été prise trop facilement. C'était juste un enfant cependant, un civil. Je pouvais au moins le ramener à sa mère ou à sa famille d'accueil. Doutant toutefois que cet enfant ait des parents qui se préoccupaient de lui, sinon cela ne faisait aucun doute qu'il ne serait pas là à errer dans les ruelles, ne serait pas là assis par terre à pleurer toutes les larmes de son corps. Il était effrayé et pourtant je pouvais lire une lueur d'espoir dans son regard. L'intonation de sa voix le trahissant alors que c'était comme si je lui offrais des bonbons, comme s'il découvrait des cadeaux sous le sapin à noël. Un détour à faire. « V-Vous allez pas m’emmener chez la police, hein ? C’est promis ? » « Non mais je vais te raccompagner chez toi. Et tu vas me raconter ce qui s'est passé, me dire qui est Peter et me racontait ce que tu as fait. Et il faudrait que je sache où tu t'habites, parce que tu sais si tu me donnes pas ces informations, je ne pourrai pas t'aider. » Non sans le regarder longuement alors que cela faisait pourtant longtemps que j'avais côtoyé des enfants surtout en bas âge. Calme alors que ma voix ne grimpait pas d'un décibel pour ne pas l'effrayer et pour autant j'étais toujours aussi professionnel. « Peter c-c’est… c’est mon grand frère… » Et il commença enfin à s'expliquer, à formuler des réponses. Ce qui aidait un peu, ne le quittant pas du regard alors que j'observais les changements d'expression de son visage. Ne le quittant pas des yeux alors que je le regardais non sans avoir une impression de déjà vu. De nombreux scénarios étaient possibles. Ne pouvant imaginer les possibilités alors que je préférais m'appuyer sur des faits, n'imaginant pas des scénarios alors que je comptais bel et bien m'appuyer sur des éléments tangibles. Alors j'attendais. Les voix dans ma tête s'étant tues, les souvenirs rangées derrière une porte fermée à clef. « …y m’a dit qu’il m’protègerait des méchants… » « Que lui as-tu fait ? » Y allant doucement pour ne pas le brusquer bien que j'avais besoin d'en savoir plus. Un visage impassible qui n'exprimait aucun sentiment alors que je me contentais de l'observer tandis qu'il reprenait sa respiration. « Je lui ai fais très mal… i-il se… il se réveille plus… » « Okay. Tu vas me dire comment c'est arrivé et on va aller chercher Peter. Tu vas m'emmener au lieu où tu l'as laissé et on va voir s'il se réveille. » Il n'y avait pas de certitude que Peter soit en vie, en vue du regard de l'enfant, j'en doutais. Néanmoins la nécessité de me rendre sur les lieux était là, présente. N'éprouvant aucun ressenti alors que j'attendais juste la suite. « …me suis enfui… » Une évidence. « Tu habites loin d'ici ? » Une question alors que je n'avais aucune assurance qu'il n'était pas un des enfants d'un des gangs, une chose était sûre en veu de sa tenue, de ses vêtements déchirés, il n'avait pas vécu dans la richesse. Non pas que ce quartier était réputé pour couler sous l'or. La misère était monnaie commune. « …ils veulent me chercher maintenant… j’suis sûr… y veulent m’chercher… » « Qui ? Tes parents ? » Des questions claires, ne pouvant que voir qu'il était effrayé. « …s’vous plaît… m’ramenez pas là-bas… » Et je connaissais le sentiment alors que j'aurai préféré brûler la maison familiale qu'y retourner. M'accroupissant à sa hauteur pour que je puisse le regarder dans les yeux. « Parfois on a pas le choix et il faut y retourner. Mais je vais t'accompagner là-bas et on avisera. » Un enfant que je ne pouvais toutefois pas emmener avec moi.

Des bruits de pas. Plusieurs individus. Debout la seconde d'après, mon arme toujours au poing alors que je me retournais pour faire face à deux hommes qui s'approchaient. Positionné entre eux et l'enfant qui se trouvait caché derrière moi. Jugeant la situation du regard. Un homme à la silhouette imposante, au vêtement déchiré, un bandeau noué autour de son front. Signe de son appartenance à un gang. Des tatouages le long de son bras, sur sa peau nu. « Hey, qu’est-ce que tu fous ici, ducon ! » Ne pouvant m'empêcher d'esquisser un sourire face à sa tentative d'intimidation qui n'en n'étais pas une, qui ne pouvait m'empêcher de sourire. Un homme rejoint par un autre la seconde après. Pas tant du muscle que du gras. Le plus souvent des hommes qui se voulaient imposant mais qui étaient les premiers à s'enfuir en courant. Comptant les variables alors qu'il n'y avait pas moins cet enfant qui entrait en jeu. Il aurait été si amusant de les mettre à terre mais il n'en restait pas moins que mon instinct primaire me poussait à m'assurer que l'enfant serait sauf. L'un qui soulevait son tee-shirt d'apparence crasseuse, dévoilant une arme. Hors armé je l'étais déjà à leur différence. Protège-moi, Grant. Comme si sa voix résonnait dans ma tête, en écho. Mon regard qui se posait rapidement sur le petit être qui se trouvait devant moi. Fronçant légèrement les sourcils, méfiant. La paranoïa de nouveau là alors que c'était comme si les voix résonnaient de nouveau dans ma tête. illusion ou pas. Je n'étais plus touché par le virus mais ces mots suggérés dans mon esprit ne me poussait qu'à être un peu plus sur mes gardes. Pour autant ce fut comme si de rien n'était que je me tournais rapidement vers lui. « Je vais régler ce problème. On va même jouer un jeu toi et moi. Je veux que tu ailles te mettre là-bas, un peu plus loin et mets tes mains devant tes yeux avant de chanter une chanson dans ta tête. Tu peux faire cela ? » Le poussant légèrement dans la direction opposée alors que je me dirigeai la seconde d'après vers les deux hommes qui se trouvaient devant moi. Des hommes qui effrayés par la lueur qui dansait dans mon regard s'étaient saisis chacun de leurs armes. Une pointe sarcastique dans le ton de ma voix. Un jeu à l'issue simple. « Faisons simple, vous allez partir d'ici ou sinon vous passerez un mauvais quart d'heure. Et vous ferez mieux de ranger vos armes, après tout ce serait dommage que vous vous blessez avec, non ? »
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Parce qu’il a peur. Ni plus, ni moins.

Pourtant il lui explique, mais son esprit candide n’est pas capable d’enregistrer toutes les informations qu’il lui soumet. Pas correctement. Avec des lacunes évidentes. Ça ne le rassure toujours pas, cet homme a l’air quand même dangereux. Les hommes dangereux portent des armes sur eux et les exhibent facilement. Nous sommes dans la rue, son arme a été sortie, le constat est fait et évident.
Ce n’est qu’un petit homme misérable, tiraillé entre le bien et le mal qu’il n’arrive plus à distinguer.
C’est sans compter son esprit qui se ferme, se recentre. Pourtant il est déjà trop tard, la voie a été ouverte sur ce qu’il s’évertue à cacher. À préserver. Était-ce son humanité — ou le reste ? À quoi tenait-il le plus ? Il lui semblait avoir entraperçu un visage féminin plus d’une fois… d’une bassesse !
Un homme qui s’arme de plomb et de froideur, parce que c’est ça qu’on lui a apprit.
L’homme, pourtant, lui assure qu’il va l’aider. L’espoir renaît. L’espoir s’affirme petit à petit, jusqu’à ce que le grand brun lui annonce qu’il souhaite le ramener chez lui. Case police effacée, case foyer encore validée. Ça ne lui plaît pas. La peur ressurgit, il se crispe, la panique mordant sa carcasse jusqu’à la secouer à nouveau de spasmes.
Il est et restera toujours faible à ses yeux.
Qu’est-ce que tu lui as fait, petit ? Qu’est-ce que tu as fait à ce garçon qui était sensé être ton frère bien-aimé ? Que tu croyais aimer… « J’habite… pas loin… », souffle t-il dans quelques sanglots qui reprennent. Il demande s’il s’agit des parents, le gamin hoche la tête à la positive. « Papa maman, oncle Ted, et… » …et tous ces gens trop dérangés pour savoir ce que le mot famille signifie réellement. Il n’a pas pu continuer car la peur le fauche à nouveau, lorsque Grant lui annonce qu’il va quand même le ramener là-bas…
Les yeux d’une créature qui a déjà dévoré meilleure âme que la sienne.
« …m-mais…tu…tu m’as dit que… » que tu allais m’aider, m’aider, m’aider ! Le gamin s’est levé et arrive à peine à dépasser une de ses hanches. Ses jambes tremblent. Le choix ? C’est lui qui devrait avoir le choix… c’est lui qui souffre. Lui.
Les deux hommes menaçants sont apparu et l’agent fait barrage. Il veut qu’il joue, mais l’enfant n’a aucune envie de jouer. Cet enfant a déjà perdu trop d’innocence et sait lorsque le danger est là. Protège-moi, protège-moi, protège-moi. Les étrangers le tiennent en joue et malgré les mots de Grant, l’enfant n’a fait que reculer d’un pas, littéralement paralysé. Le garçon ravale sa salive alors que l’ultimatum est posé.
D’un seigneur déchu qui prend encore le temps de jouer avec de futurs minions infernaux.
Son regard apeuré fait un va et vient vers les deux malotrus. Tu crois qu’tu nous fait peur ? pense l’un, alors que l’autre ose ajouter… « Ton fric ou on t’fait un autre trou pour ventiler. » L’un croise le regard du gamin. Gamin qui était toujours là derrière, sans avoir pu bouger plus loin. « On peut toujours commencer par c’ui là ? » avant de pouffer, les deux chiens nerveux prêts à tirer.
Eux aussi auront une place là-bas.
Grant lui faisait toujours dos. Tout aurait pu se terminer autrement si le démon n’avait pas voulu accélérer le processus.
Usant de son pouvoir télékinétique, le bras d’un des voyous s’orienta dans la direction du gamin, puis son doigt pressa malgré lui sur la détente. Le tout en quelques fractions de secondes. Calculé, il avait laissé la balle s’éclater à moins d’un mètre de son petit pied, alors que le petit être avait basculé en arrière, dans un élan d’effroi et de surprise qui s'était marié à un cri.
Tout se passe très vite. Le petit se cache comme une furie là où il aurait dû aller plus tôt, ses paumes pressées contre ses oreilles. Ce qu’il ignore, c’est que c’est déjà fini.
Là où ça ne faisait que commencer…  
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« J’habite… pas loin… » Il me répondit difficilement, sanglotant toujours en partie. Un enfant effrayé qui ne savait apparemment où aller. Un enfant qui ne voulait pas retourner chez lui alors qu'il avait blessé son frère, Peter, l'avait peut-être même tuer. Je ne connaissais pas son histoire et tant que je ne le saurai pas, je savais que cela ne servirait à rien de le juger. A la différence de nombreux, je ne jugeais pas. Bien au contraire. Il me paraissait impossible de devoir juger une personne sans en connaître réellement l'histoire. Ce qu'ils avaient fait pourtant. Ils m'avaient jugé, critiqué, hurlé dessus avant même de savoir la vérité, avant même de tenter de comprendre. Je ne pouvais que manquer de les haïr pour cela. Quel homme jugeait sans comprendre si ce n'était des hommes pires. Qui étaient-ils pour juger alors qu'au final ceux qu'ils traitaient de monstre, ils l'étaient. Je ne pouvais le juger sans le comprendre. Après tout, j'avais tué frère, père et mère. Le fratricide. Le parricide. Le matricide. Des crimes qui étaient tous punis. Et pourtant je n'avais aucun regret. Je n'éprouvais aucun remord à les avoir tué. N'éprouvant aucun regret à avoir tuer ma propre chair et sang. Ils méritaient ce châtiment. Je n'avais été que l'instrument de leur mort. Ils l'avaient décidé d'eux même le jour où ils avaient porté la main sur nous. Chacun d'entre eux méritaient de souffrir mais je n'avais été que miséricordieux en leur accordant une mort rapide sans aucune douleur. Je ne leur avais pas fait connaître la souffrance, ni la douleur. Je n'étais pas un bourreau, ne donnant pas dans la torture autant que certains le faisaient. Je ne m'étais pas vengé en les entendant hurler de souffrance alors que leurs corps n'en viendraient qu'à brûler mais je ne les avais pas pour autant épargné. Je n'avais qu'accorder justice. Et pour autant je ne pouvais pas dire que le mal n'était pas là à l'oeuvre. Si je n'avais pas pris plaisir à les voir mort, il n'en restait pas moins que pour une fois j'avais compris le réel sentiment de supériorité qu'ils éprouvaient à regarder la peur se peindre sur leur visage. Un sentiment que j'avais déjà connu sans pour autant que j'y sois familier alors que je préférais garder le contrôle. Je ne leur ressemblais pas mais il était certain qu'ils méritaient cette mort. Et jusqu'à là je ne pouvais juger ce garçon pour des faits que je ne savais pas, doutant toutefois qu'il veille réellement blesser son frère. Il n'était pas comme moi. N'en venant toutefois qu'à lui poser de nouvelles questions pour me renseigner et en savoir plus. « Papa maman, oncle Ted, et… » Je n'insistais pas bien que je n'en venais qu'à le prévenir que je n'en viendrais qu'à le conduire chez lui de nouveau. La nécessité de savoir ce qui se passait et je ne pouvais rien faire de tel en baignant dans l'inconnu. Il tenta de se redresser mais pourtant la seconde d'après je ne pus que voir son corps trembler, la peur se dessinait sur son visage. Un sentiment que je connaissais. Ou plutôt un sentiment que j'avais connu enfant. Des souvenirs qui remontèrent à la surface avant que je ne les efface. Une froideur calculée alors que je m'adressais à lui en tant que spécialiste. « …m-mais…tu…tu m’as dit que… » Secouant la tête, il était parfois difficile de se faire comprendre et je ne pouvais pas certifier que j'étais le plus approprié des personnes pour parler à des enfants. « Et je vais le faire mais j'ai besoin de connaître la vérité. » Lui jetant un regard, doutant toutefois qu'il soit prêt à dire la vérité ou à conter toute son histoire.

Mon regard détourné par deux silhouettes imposantes qui s'approchaient. Déterminés à avoir de l'argent mais sans doute pas autant que je l'étais. Ils sortirent leurs armes, mettant en joue l'enfant. Un enfant qui ne m'avait toujours pas dit son prénom, qui cachait toujours des détails de son histoire. Un enfant qui cachait des secrets mais pour autant mon instinct de protecteur était là, me poussant à le protéger. Une autre arme se trouvant dans ma main alors que j'étais positionné entre eux et l'enfant. Faisant barrage de mon corps alors que je ne les quittais pas du regard, les observant minutieusement. Mourir faisait partie du jeu mais je ne risquais pas de mourir, pas face à eux. Une certitude. « Ton fric ou on t’fait un autre trou pour ventiler. » « Non. » Un simple mot. Une affirmation alors que pourtant ils pouffaient de rire, ne me prenant visiblement pas au sérieux. Je ne pouvais leur en vouloir, autant que possible même alors que je les dépassais d'une tête, leur égo était boosté. Ils se croyaient plus forts. Deux contre un. Sauf qu'ils ne faisaient pas le poids, pas même alors que cet enfant était impliqué. Un enfant qui pouvait être sacrifié si nécessité, s'il le fallait. Un choix que je ferai s'il le faudrait, s'il était une menace. Bien que pour l'instant je ne comptais pas le tuer au contraire, comptant le protéger. « On peut toujours commencer par c’ui là ? » Les regardant appuyer sur la gâchette sans exécuter le moindre mouvement. Cela commençait toujours ainsi. Ils ne voulaient pas tuer, pas pour le moment. Ils voulaient juste s'amuser, jouer avec la nourriture. Dommage pour eux que je n'étais pas d'humeur. M'adressant à celui qui avait pressé la détente alors que ce fut d'un ton froid que je lui répondis. Un ton détaché. « Tu n'aurais pas du faire cela. » Une vérité. La seconde d'après, mon doigt pressa la détente. La balle fusa alors qu'elle se plantait dans la cuisse du premier. Douloureux. Il poussa un cri, gémissement plaintif alors qu'il s'effondrait sur le sol. Et l'instant d'après j'étais sur eux. Un combat vite terminé. Il suffisait de savoir frapper. Ils prétendaient savoir se battre mais ils ne savaient rien des combats, ils ne savaient rien de la mort. Leurs corps retombant sur le sol. Inconscients. Je ne les avais pas tué. Les épargnant. Pour l'enfant. Un enfant vers lequel je me retournais alors qu'il était tapi dans un coin de la ruelle, ses paumes pressés contre son oreille. « C'est fini. » M'accroupissant à sa hauteur alors que j'écartais doucement ses paumes non sans cesser de le scruter du regard. Une ombre dans son regard alors que je ne cessais de penser qu'il y avait quelque chose de plus. « Ils dorment. » Ce qui était un peu le cas en quelque sorte, l'entraînant derrière moi alors que je sortais de la ruelle non sans jeter des regards méfiants autour. Ne comptant pas rester dans le coin. « Maintenant j'ai besoin que tu m'emmènes là où tu as laissé Peter et aussi que tu me dises ton prénom. Tu peux faire cela ? » Une simple question alors que je restais pas moins méfiant par nature.
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« Time, time, time…

See what’s become of me… »


Des murmures alors qu’il tremble encore, là, pourtant caché après la détonation. Son petit corps est secoué par l’angoisse, la peur et bientôt, la fatigue. De telles émotions grignotent l’énergie et celle d’un enfant aussi jeune est aussi vite dérobée. Il n’est pas très en chair, ça non. Mais il n’est pas squelettique pour autant non plus.

« Time, time, time… see what’s become of me… », répète t-il alors que la voix de Grant crève sa bulle. Puis le contact de ses mains sur ses poignets, qui finissent par s’écarter progressivement de son visage de porcelaine. Ça le surprend et après avoir cligné plusieurs fois des yeux - qui lâchèrent quelques larmes récalcitrantes - il le scruta, buvant ses paroles comme s’il s’agissait de celles du messie. L’adulte est à sa hauteur et les petits yeux ronds l’observent… « Ils dorment. » …des yeux qui vrillent dans la direction des deux hommes aux corps inanimés. Leur ventre bouge un peu, ils respirent. C’est différent pour Peter. Le garçon ravale sa salive sans grande discrétion, ses lèvres rosées entrouvertes. « …ils dorment pas comme mon grand frère. », semble t-il conclure alors que l’émeraude de ses iris rencontrait à nouveau celles de l’agent. Doucement, il se relève, les jambes toujours flagellantes. Il y a eu plus d’une détonation et ça a forcément dû alerter quelqu’un aux alentours. L’enfant comprends le risque - c’est bien pour ça qu’il s’est enfui après avoir laissé quelqu’un qui dormait. Alors il le suivit.

Les deux silhouettes sortent de la ruelle, alors que l’enfant a regardé pendant de longues secondes les corps blessés. Le mouflet a l’air d’être ailleurs, il est fatigué et ses petites jambes ont du mal à suivre. Son esprit s’embrouille lui aussi alors que de nouvelles questions fusent. Il secoue la tête à la positive, ravale à nouveau sa salive et lève les yeux vers Grant, « J’m’appelle Kim, » alors qu’il manque de tomber en ne regardant pas où le menait ses jambes fébriles. C’est comme si la tête lui tournait un peu - peut-être le son de la balle qui était passé trop proche de lui ? Le garçon s’est rattrapé à l’agent comme il a pu. « P-Pardon m’sieur Grant, » avant de baisser la tête et essayer de reprendre le chemin en coupant le contact physique, de peur de l’avoir importuné. (Il n’est pas tout à fait rassuré.) Ses vieilles baskets sont crevassées, un peu trop sales. Le duo déambule dans les rues du quartier que semble connaître le petit brun. « Tout l’monde s’moque de moi à l’école parce que c’est un prénom de fille… » murmure t-il. Puis un peu plus bas encore. « Peter aussi il dit que j’suis une fille. J’suis pas une fille… » Le bon moyen pour forcer le plus jeune à faire des saloperies : le rabaisser. Dans le son de sa voix, il y a toutefois une certaine forme de rancoeur. Une rancoeur qui l’a sans doute poussé à commettre l’irréparable vis à vis de ce dernier.
Le dénommé Kim regarde le chemin qu’il semble reconnaître. Fatigue encore. Des personnes non identifiables vont et viennent malgré l’heure avancée, et à chaque fois, le petit Kim se rapproche un peu plus de l’agent, l’air d’être plus méfiant vers eux qu’envers lui. Du progrès. Et il reprend. « J-J’ai peur tu sais mais… » oh, il veut dire une vérité, sa vérité, celle qu’il cache malgré les émotions qui le tiraillent. « …c’est p’t’être bien qu’il dorme Peter… » un regard qu’il lui offre, alors qu’il redoute son jugement. « Il m’tapait… pas comme oncle Ted sur maman… » Son petit coeur bat vite et il débite, anxieux. « Peter il a mit un sac plastique sur ma tête et je pouvais plus respirer, » Un léger silence. « Il a voulu faire comme ça encore une fois alors je- » (Alors tu l’as tué, ni plus ni moins.) Quelqu’un passe, encore une fois, avec un regard suspicieux. Sans crier gare et dans un geste ô combien naturel, la petite main froide de l’enfant vient chercher celle de l’agent. Cette fois-ci il ne s’en détache pas aussi facilement. Il émet un petit « Là, » intimidé et il bifurque sur la droite. Ils se rapprochent d’une zone résidentielle, un peu trop calme malgré ses petits immeubles qui rendent compte de la pauvreté du quartier. Pas un chat dans les rues, seulement quelques voitures qui tournent encore. Petit à petit, ses pas ralentissent, et l’enfant finit par s’arrêter, se figeant tel une statue de cire. Seuls ses yeux roulèrent dans la direction de l’agent. Kim a peur. Kim n’est pas sûr que ce soit une bonne idée… il lui fait ses aveux… « Peter il dort à la maison… à la maison il y a tout le monde… » …et tout ça lui fait affreusement peur. Que vont-ils dire en voyant arriver l’enfant, ainsi accompagné ? « Ils vont être méchant avec moi… et avec toi… », le prévient-il, serrant un peu plus fort ses doigts sur sa main de géant.
Il ne veut pas que d’autres personnes dorment… et encore moins celui qui voulait l’aider.
Sans lui, il n’y arriverait pas… ou n’y arriverait peut-être plus.  
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Je l'observais alors qu'il tournait son visage pour regarder les corps. Les deux hommes respiraient encore, juste dans les vapes. Bien que l'un ferait mieux d'aller à l'hôpital alors qu'une balle était logée dans sa cuisse. Toutefois il n'en mourrait pas. Certes il y avait un potentiel risque hémorragie mais je savais qu'il ne tarderait pas à se réveiller.Ils étaient juste inconscients. En venant à prendre la parole pour lui préciser qu'ils dormaient. Ce qui était une demi-vérité alors que je les avais à vrai dire assommés. Une tentative un peu vaine de préserver son innocence. Ce que l'on n'avait pas fait pour moi. Comme une tentative de ne pas répéter des erreurs déjà commises, d'améliorer certains points. Pour autant j'étais autant conscient que s'il habitait par ici alors il avait vécu pire. La loi de la violence régnait et c'était un fait que la police soit submergée par la pile de cadavre et les affaires irrésolues. Bien que la plupart de ses affaires concernent la guerre des gangs, en étaient le résultat.  « …ils dorment pas comme mon grand frère. » Ce que j'avais en partie soupçonné. Il l'avait donc tué ou alors il croyait l'avoir fait. Il était autant possible que son frère soit toujours en vie. Un enfant n'était jamais certain de pouvoir sentir le pouls dans l'autre et le plus souvent dans la précipitation il sautait directement aux résultats. « On verra cela d'accord. » Pas de promesse réelle. Pas de promesse comme quoi son frère serait encore en vie ou mort. Il me fallait le voir pour le croire. Ayant besoin donc qu'il me conduise jusqu'à chez lui.

L'entraînant en dehors de la ruelle. Je ne m'étais pas encore pris d'affection pour lui. J'étais prudent et décidé à ramener cet enfant chez lui, à tirer au passage cette histoire au clair. Non pas que j'avais une raison réelle pour le faire. Je ne croyais ni au SHIELD, ni à HYDRA. Je ne croyais plus en grand chose désormais alors que mes convictions s'étaient fissurés. Ayant perdu la foi dans un sens. Pourtant je pouvais faire ce qu'il fallait pour cet enfant. Les mots de Skye qui résonnaient dans ma tête alors que je me mis à marcher ses côtés, un pas devant lui. Ayant légèrement oublié qu'il avançait moins vite, étant plus petit. Arme en poing alors que vêtu de cette veste en cuir je n'en venais qu'à sonder les environs. Il n'y avait personne devant mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'il n'y avait personne. Toujours méfiant, sur mes gardes. Et cela encore plus alors que je n'étais pas dans le quartier réputé le plus fiable. Non pas que j'étais effrayé par l'idée de croiser d'autres personnes. « J’m’appelle Kim, » Mon regard se reposait sur lui alors qu'il se présentait enfin. « Okay Kim. Tu peux m'appeler Grant. » Personne ne m'appelait jamais par mon prénom. Tous me connaissaient sous le nom de Ward, d'agent de Ward. Personne ne franchissait cette limite alors qu'il y avait bel et bien une limite tracée entre ma personne et les autres. Une frontière claire. Pas même au sein de l'équipe de Coulson, ils n'avaient osé franchir ce pas. Les seuls qui avaient usé ce prénom étaient Gramzy, Thomas et Lily et Kebo. Les seuls qui le pouvaient. Les seuls que je connaissais réellement. Pour les autres j'étais Ward, ou un numéro ou un traître. Toutefois je savais qu'autant que possible pour mettre en confiance Kim, il était préférable qu'il m'appelle par mon prénom. Mettre un prénom sur une personne pour faire taire l'inconnu. « P-Pardon m’sieur Grant, » « Grant suffit. » Je n'avais jamais fait cela à vrai dire. J'avais toujours gardé mes distances, apparaissant toujours comme ce guerrier froid. Peu avaient vu au-delà de cette carapace. Les seuls qui avaient vu au-delà étaient ceux que j'y avais autorisé. Il n'y en avait pas beaucoup. A vrai dire peu me connaissait réellement, seulement des bribes de mon histoire. Même ma famille, ou ceux qui en restaient ne me connaissaient plus. Le seul à encore me connaître était Kebo que je connaissais depuis que j'avais 14 ans. Le seul à connaître les ombres au tableau autant que je connaissais les siennes. Kebo qui restait à l'écart comme je lui avais demandé, ne voulant pas l'impliquer plus, ne voulant pas le faire retomber, pas alors qu'il avait perdu Hannah. Néanmoins avec Kim c'était différent alors qu'autant je pouvais voir qu'il était mal à l'aise, fixant ses baskets crasseuses. Un signe de plus qu'il vivait ici alors que plus que jamais nous formions un duo étrange.

« Tout l’monde s’moque de moi à l’école parce que c’est un prénom de fille… » Je manquais de ne pas entendre ses mots prononcés dans un murmure mais toutefois je les entendis. M'arrêtant soudainement pour le regarder alors qu'il reprenait la parole délicatement. « Peter aussi il dit que j’suis une fille. J’suis pas une fille… » Des moqueries que j'avais connu aussi. Connaissant l'amer goût de la torture mentale et physique. Une torture qui pouvait détruire des enfants. « Tu ne l'es pas. » M'accroupissant à sa hauteur soudainement pour le fixer du regard. « Tu ne dois pas les laisser t'atteindre. Ils sont jaloux de toi, c'est tout ce qui se passent. Et quand les personnes sont jalouses d'autres, elles font des choses stupides, se moquent stupidement en espérant gagner. Mais ils n'ont pas le pouvoir sauf si tu leurs donnes. C'est toi qui a le pouvoir dès lors que tu les ignores, dès lors que tu te montres plus intelligent qu'eux. Tu comprends ? » Touché plus que je ne l'admettais. Jamais plus sincère. Je pouvais autant que possible masquer mes sentiments mais il n'en restait pas moins que je ne pouvais me rappeler le placard, les comparaisons, les moqueries. Je m'en rappelais chaque jour mais j'en étais ressorti plus fort, grâce à John. Et autant que jamais je savais que ce genre de situation continuerait de se reproduire. Peiné pour lui. « Tu dois savoir que ce qui ne tue pas te rend plus fort. » Et plus fort je l'étais alors que j'avais le contrôle pas eux. Leurs noms avaient été rayés de la liste. Pour autant faire ce que j'avais fait n'était pas non plus une issue. Ce que je ne lui dis pas. Il ne savait rien de moi et je ne comptais pas me dévoiler plus.

Me remettant debout alors que je lui faisais signe d'avancer, ce moment de sincérité dépassé. Juste l'espace de quelques instants de franchise où je montrais avoir un coeur au-delà de toutes les apparences. « J-J’ai peur tu sais mais… » Le regardant de nouveau. Une impression de déjà-vu. « …c’est p’t’être bien qu’il dorme Peter… » Son regard sur moi. Le mien impassible. Aucun jugement. Ce n'était pas à moi de le juger après tout j'avais tué mon frère. Et lui avait fait de même. Ne disant rien pour ne pas rompre ce moment alors que je me doutais qu'il n'en viendrait qu'à se dévoiler un peu plus. « Il m’tapait… pas comme oncle Ted sur maman… » Une famille merdique. Un enfer personnel. Rien de nouveau. C'était juste les personnes qui changeaient mais dans le fond l'histoire continuait de se répéter encore et encore. « Peter il a mit un sac plastique sur ma tête et je pouvais plus respirer, » L'écoutant ne pouvant qu'imaginer la scène. « Il a voulu faire comme ça encore une fois alors je- » Mon regard se posait sur lui. Il l'avait tué. Légitime défense. Plus ou moins. Ne disant rien. Ce n'était pas la solution. Mais la vérité il n'y en avait pas. Soit on se défendait. Soit on attaquait. Soit on fuyait. La vérité était qu'il n'y  avait jamais quelqu'un qui arrivait à tuer alors on perdait toute trace d'innocence et on devenait quelqu'un d'autre. Et soudain sa main se glissa dans la mienne. Tout mon corps qui se tendait aussitôt. Crispé. Nullement habitué aux contacts. Au bien sûr j'avais eu des relations d'un soir, j'entrais en contact avec d'autres mais que quand il le fallait. Une ombre qui passait mon regard alors qu'il s'aggripait un peu plus. Les battements de mon coeur qui s'accéléraient. Reprenant mon souffle. Me forçant à me détendre légèrement. Pouvant sentir la peur qu'il avait et sans doute cette étrange sensation de sécurité. Un sentiment que je n'avais pas connu, pas même avec John alors que ce dernier m'avait forcé à me forger ce propre sentiment. Peu m'avaient tendus la main et pourtant il suffisait de la bonne personne pour qu'une goutte d'espoir jaillisse. Alors peut-être que je pouvais prétendre quelqu'un de bon pour une fois, lui éviter de faire les mêmes erreurs que moi. Ne lâchant pas sa main. Bien cela même alors que ce contact était inhabituel. Non nous formions bel et bien un duo étrange.

« Là. » Je suivis le mouvement, tournant le pas non sans cesser de jeter des regards autours. L'endroit semblait calme et pourtant mon arme n'avait pas quitté mon autre main, celle qui ne tenait pas la sienne. Pouvant voir et sentir qu'à mesure que nous avancions il se figeait sur lui-même. L'air qui sentait sa peur. Pouvant la sentir moi aussi alors que petit à petit ses pas ralentissaient jusqu'à ce qu'il fige complètement. La peur omniprésente. Une peur que je ne possédais plus mais que lui possédait à cet instant, trop effrayé de bouger. « Tout va bien Kim, je suis là. » Ne pouvant m'empêcher de penser que mes mots sonnaient faux et pourtant j'étais bel et bien là, en chair et en os. « Peter il dort à la maison… à la maison il y a tout le monde… » Conscient qu'il avait peur. Manquant de lui rétorquer que c'est eux qui avaient peur alors que j'étais armé. Mais je ne le fis pas. « Ils vont être méchant avec moi… et avec toi… » « Non ils ne le seront pas. Quoiqu'il se passe, je suis là. » M'avançant vers la porte de l'immeuble, l'entraînant derrière moi. Hésitant à lâcher sa main. Moins facile de tirer si j'avais un enfant dans les pattes toutefois j'étais conscient qu'il y avait autant de possibilités qu'il s'enfuit en courant. N'ayant pas eu l’occasion de vérifier les issues. Dans un sens je détestais ces instants où je ne pouvais pas tout contrôler et pourtant je ne pouvais que sentir l'adrénaline affluait dans mes veines.

Mon regard qui se posait sur Kim alors que je lâchai sa main alors que j'arrivai dans le hall d'entrée. Ne pouvant qu'apercevoir une ombre passait dans son regard. Ne pouvant m'empêcher de penser que quelque chose clochait. La volonté de tirer cela au clair et pourtant sans que je puisse réellement l'empêcher ma méfiance consistait légèrement à s'effriter. Erreur fondamentale. « Recule toi. » Un ordre direct et clair. Une voix dans ma tête qui me souffla que l'enfant rigolait. Mon cerveau qui ne pouvait cesser de me dire qu'il y avait un problème. Mon instinct qui me poussait à me dire que quelque chose ne tournait pas rond. C'était trop facile. Une histoire pour laquelle on pouvait tous tomber. La méfiance qui reprenait un pas devant. Lui jetant de nouveau un regard mais la lueur avait disparu pourtant je savais que je n'avais pas rêvé. Rejouant la scène dans ma tête, tentant de chercher un sens à cet instinct qui me criait de faire demi-tour ou de lui tirer dessus. Attiré par les pleurs. La méfiance là. Comme s'il l'avait fait exprès. Les deux personnes qui arrivaient. Imprévu. La peur de l'enfant. Ses aveux. Des aveux qu'il m'avait donné trop facilement. Surtout pour un meurtre. Il ne me connaissait pas. Rien n'indiquait clairement que j'avais subi la même situation que lui sauf les mots que j'avais prononcé que j'aurai pu prononcer pour n'importe qui. C'était trop facile comme s'il savait quoi dire, quoi faire. Sa volonté de faire tomber ma garde quand il s'était saisi de ma main, me prenant au dépourvu. Trop de détails. Subtils détails qui me poussaient à me méfier plus. Soudain la pointe du canon n'était plus dirigée en direction du hall mais en direction de sa tête. La pointe froide du canon que je collais contre sa tête. Un regard froid et calculateur alors que mon doigt se trouvait sur la détente. Abandonné les sentiments et cette volonté de l'aider alors que cette même méfiance et paranoïa qui m'avait permis à rester en vie me poussait à le tuer. Et tuer je le pouvais facilement alors que je n'avais pas besoin de parler, juste d'appuyer sur la gâchette. Pourtant je ne le fis pas tout de suite parce que c'était un enfant, parce qu'il y avait toujours ce doute. Une partie perdue. Une autre erreur. John aurait été dégoûté. « Qui es-tu réellement Kim ? Tu as 5 secondes avant que je te tue. Tic. Tac. » Froid alors que le masque du meurtrier reprenait le dessus. Le désir inconscient de survivre. Je n'avais juste pas idée d'à qui j'avais affaire.
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L’homme le rassure, lui parle, fait tomber un peu ses défenses pour laisser apercevoir le bon en lui. L’agent qui cède de son humanité à un enfant. À un inconnu. C’est un trésor inestimable auquel il goûte. (Mais dont il se fout éperdument.) Blackheart n’a pas besoin de le sentir, seulement le voir. C’est quelque chose qui le répugne. Il veut être sûr. Il veut lui montrer qu’il a encore ça.
Le garçon l’écoute, acquiesce nerveusement, l’air d’être surpris qu’il lui parle ainsi. Il aurait voulu répondre, discuter, mais il est trop choqué pour ça. Trop troublé par ce qui est en train de lui arriver. Ses petits yeux le scrutent en silence, hochant un peu la tête frénétiquement. « Tu dois savoir ce qui ne tue pas te rend plus fort. » sa bouche forme une petite moue, on devine qu’il se mordille l’intérieur de la lèvre. L’instant d’après, il baisse les yeux. Ça, il ne semble pas y croire. Ça ne passe pas.

Le duo est proche de l’immeuble. Il n’est pas aussi haut qu’il l’aurait imaginé. Grant est sûr de lui, sûr qu’il va pouvoir régler tout ça en un rien de temps, car c’est lui le danger. Terrible erreur que de se bercer dans de tels draps. Ce petit homme pouvait être talentueux dans bien des domaines, il restait humain. Et l’humain était faible de son seul statut de mortel.
Encore une fois, il le rassure. Le démon perçoit néanmoins ces réflexions qui lui traversent l’esprit. Il refait le point sur la situation. Classe les événements, puis expose une théorie. Une théorie qui lui pète au visage comme un beau feu d’artifice. Était-ce vraiment le feu d’artifice auquel il s’attendait ? Blackheart en avait prévu un autre pour lui, et il comptait bien y assister.
Ils sont dans le hall de l’immeuble. Le gamin a toujours peur, mais il a donné de sa confiance à cet homme qui sait trouver les mots, malgré sa maladresse. Maladresse que le petit être accepte. L’agent en revanche, ne semble pas accepter l’inédit de la situation, ni sa sincérité puérile. Habitué à un monde tiraillé par les magouilles et autres diableries. Oh, il est vrai que ce monde, comme beaucoup d’autres réalités, en jouissent majoritairement. Un espion, prit entre deux feux, ne pouvait pas réagir autrement. Il ne pouvait pas vivre autrement, tout simplement. Sur le qui-vive, destiné à s’épuiser par son ultravigilance. Il en mourra bien assez tôt.

Leurs mains se séparent et les yeux de Kim vont trouver ceux de Grant, l’air encore inquiet. La paranoïa de monsieur Ward eut raison de lui, alors qu’il lui ordonna de reculer. Ordre reçu aussitôt, ordre qu’il exécuta sans broncher, non moins terrorisé par cette lueur étrange qui dansait désormais dans les yeux de l’agent. Celle qu’il n’avait pas vu un peu plus tôt, lorsqu’il s’en était prit aux deux malotrus. Ces deux-là qui n’avaient pas été prévu au programme… pas du tout, même.
L’effroi dans son regard, alors qu’il recule encore un peu, fébrile. Il est encore debout malgré la pression, malgré ce canon pointé sur lui. Kim a l’air de voir que ce canon, d’ailleurs. Cette fois-ci, il a vraiment peur qu’il le fasse. Qu’il lui tire dessus. Parce qu’il l’avait vu faire, contrairement à la première fois où leurs regards s’étaient croisés.

Pourquoi n’as-tu plus foi en l’humanité, Grant ?

Quel aurait été le but de cet enfant ? Pourquoi aurait-il amené cet homme ici ? Trop jeune… il n’y a personne ici, à part les rares personnes qui y crèchent. Les gangs usent des gamins pour frapper bien vite après, pas pour les enfermer dans des lieux résidentiels, ce qui pourrait compromettre nombre de leur plans (s’il y en avait eu). S’il y avait eu traquenard, il se serait déjà refermé sur lui. Quel intérêt… y en avait-il seulement un, si ce n’est nuire purement et simplement ? Ce n’est pourtant pas ce qu’est en train de faire Kim. Ce qu’imagine l’esprit de l’agent est autrement plus controversé que la réalité elle-même.

« P-Pourquoi tu… pourquoi… », balbutie t-il à la première seconde, les larmes noyant à nouveau son regard. Le garçon recule encore. La deuxième« G-Grant… s’teuplaît… » tu n’as pas besoin de tuer cette fois-ci, simplement de vivre, d’accepter cet autre qui se livre à toi en dernier recours. La vie n’est pas un film et l’innocence, même bafouée, sait parfois appeler au secours. La sincérité. Est-ce que Skye aurait apprécié que tu tiennes en joue un enfant de huit ans ? Rappelle-toi les mots qu’elle t’a soufflé. Rappelle-toi de cette humanité, de cette flammèche de bonté qui subsiste encore en toi.

Trois. Rappelle-toi tant qu’il est encore temps. Avant que le monstre ne vienne souffler sur cette douce lumière.

« J-Je… je rentre… je monte… je m’en vais… je… j’veux pas mourir… » autant dire qu’il préférait être battu à mort ou être soupçonné de meurtre plutôt que d’avoir à se prendre une balle en pleine tête. La voix de la raison, ni plus ni moins.

Une balle dont il se relèverait, si elle avait été tirée.

Quatre. Malgré la menace, il recule encore, ses gestes étant nerveux, impulsifs, symptomatiques d'un instinct de survie manifeste. « C-C’est pas grave… tu pars… tu peux… enfin… tu peux partir… je… je vais… je vais rentrer tout seul maintenant s-si tu v-v-v-eux… » alors qu’il remontait à reculons au niveau des escaliers de service, manquant de trébucher. Cet homme qui lui tendait la main allait peut-être devenir son bourreau. Pourquoi les choses devaient-elles forcément finir ainsi, avec lui ? « Tu m’avais promis… » lui cède t-il à mi-voix. Promis de l’aider. L’enfant est brisé, plus que jamais. L’espoir qu’on lui avait tendu venait d’éclater en morceaux. Maintenant, il allait devoir affronter seul son destin. Là-haut, au deuxième étage.
Cinq. Le garçon finit par faire dos à Grant, alors qu’il se met à grimper les escaliers à vive allure. Il le fuit. Il le fuit et il pleure, bien qu’il tente d’étouffer ses sanglots. C’est terminé. Tu m’avais promis… fait écho dans l’esprit de l’agent, alors que Kim arrive bientôt au palier du deuxième étage. En réalité, il sonde les esprits encore éveillés, et il y a une belle brochette au deuxième. Une brochette qui traîne encore devant la télévision. Là, il trébuche à la dernière marche, finissant à genoux sur le sol du palier. Il devine la présence de Grant dans son dos. Alors il rampe. Il rampe encore, jusqu’à la porte qui semble être celle de son foyer. Celle où on entend pas de voix, seulement les ondes d’une télévision. Les seules voix qu’il entend sont celles qu’entend le démon et il est sûr, maintenant… sûr d’avoir choisi cette porte et pas une autre. Kim se frotte le genou supposé douloureux alors qu’il tourne son visage vers Grant, qui lui apparaît. Le garçon ne parle plus, il ne fait que pleurer en créant une barrière de chair inutile entre lui et son agresseur. Pourquoi ?

Ô diable, ne tire pas ! Ou tu le regretteras.
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« P-Pourquoi tu… pourquoi… » Je le laissai reculer sans un mot. Des larmes qui coulaient le long de ses joues alors qu'il hoquetait. Il n'y avait rien de miséricordieux dans mon regard, rien qui annonçait que j'allais revenir sur ma décision. Ou du moins je ne l'avais pas tué encore. Il y avait un infirme doute perceptible pourtant. Je ne pouvais que douter, gardant toutefois ce doute dans ma tête. Cette même autre voix qui m'avait poussé à me méfier de lui. Dans un sens son histoire s'emboîtait de toutes pièces et cela ne me poussait qu'à être plus sur mes gardes. C'était comme si chaque élément s'emboîtait parfaitement avec l'autre pile au bon moment. Suspicieux. Rien ne me disais qu'il était une banale personne. Rien ne me le disait après tout j'avais croisé il y a peu un homme qui n'était autre que Robert Baldwin capable entre autre de manipuler des bulles cinétiques. Il y avait tellement de choses qui se passaient dans notre monde que je ne pouvais pas juste me méfier. Tellement de choses sortaient de l'ordinaire que je ne pouvais pas juste affirmer avec certitude qu'il était innocent.

Il pouvait autant être un inhumain. Connaissant autant que possible l'histoire de la Cavalerie. La véritable histoire, pas les rumeurs qui circulaient à l'académie du SHIELD. Connaissant l'histoire de cette personne qui avait évité le massacre de Boston, sauvant la vie de nombreux agents en prenant la décision qu'il fallait. Tuant la fillette pour éviter que d'autres meurent. Une décision fatidique qui avait brisé la femme qu'elle était. Depuis ce jour je doutais qu'il soit nombreux à l'avoir vu sourire. Une guerrière au coeur de glace dont j'avais fait baissé la garde alors qu'après avoir touché le bâton du berseker j'avais eu une relation avec elle. Uniquement du sexe. Pas de sentiments. Pas de prise de tête. Ce que nous voulions. Ou du moins ce qu'elle voulait alors qu'autant j'avais percé sa carapace, elle n'avait pas percé la mienne. Il avait fallut qu'elle apprenne ma trahison pour que je connaissais l'amer goût de sa fureur alors que la guerrière en était venue à me briser le larynx. Incapable de parler. Ayant plus que jamais du mal à respirer alors que mes côtes étaient autant cassés. Je me souvenais de ce qui s'était passé. Je m'en rappelais précisément. Mais au-delà des dommages, des conséquences, il n'en restait pas moins que dans cette histoire elle avait pris la bonne décision, tuant cet enfant. Un enfant que je m'apprêtais autant à tuer qu'elle. S'il n'y avait aucun fait qui me prouvait qu'il était un inhumain ou qu'il possédait des pouvoirs, il n'en restait pas moins que l'histoire s'emboîtait que trop facilement. Poussé à douter.

Prêt à tuer cet enfant alors même qu'il m'offrait une scène déchirante, pleurant comme jamais. J'aurai pu être ému. J'aurai pu regrette mon geste si j'avais continué à supposer ma situation avec la sienne. Ce que je ne pouvais me permettre de faire alors que je restais dans l'âme un spécialiste, prêt à prendre des décisions fatales. Et cette décision elle pouvait autant être fatale pour Kim alors que mon arme était toujours pointée dans sa direction, mon doigt toujours posé sur la gâchette. Il suffisait que j'appuie dessus pour qu'il meure. Non pas que je pouvais rater ma cible. « G-Grant… s’teuplaît… » Kim qui me suppliait de nouveau tout comme j'avais supplié Christian de m'épargne, tout comme j'avais supplié ma mère et mon père de m'épargner. Ils ne l'avaient jamais fait. Sachant que j'étais en partie foutue alors que mes pensées n'étaient pas claires, alors que j'avais commencé à m'impliquer trop personnellement en superposant les situations. Ce que je n'aurai jamais du faire. Ce que j'avais pourtant fait. Erreur que John ne m'aurait pas pardonné. La voix de John qui résonnait dans mon esprit. It isn't a weakness ? Reprenant mon souffle. Il n'y avait pas trente-six moyens de savoir la vérité. Je pouvais appuyer sur la gâchette et ôter la vie de cet enfant ou le laisser remonter l'escalier. Un simple choix. Une simple décision. Tentant de me concentrer, mettant les différents souvenirs dans des boîtes alors que Kim reprenait la parole. « J-Je… je rentre… je monte… je m’en vais… je… j’veux pas mourir… » Je le regardai se reculer nerveusement. Je n'avais toujours pas appuyé sur la gâchette. La voix de John qui résonnait dans ma tête , m'ordonnant d'éliminer la menace. Je n'avais pas assez d'informations seulement mes yeux pour déterminer s'il en était une. Et je savais que je ne pouvais pas me permettre d'hésiter, pas alors que cela risquait de me faire tuer. « C-C’est pas grave… tu pars… tu peux… enfin… tu peux partir… je… je vais… je vais rentrer tout seul maintenant s-si tu v-v-v-eux… » Il recula un peu plus et commença à monter les marches de l'escalier sans pour autant que je puisse me débarrasser de ce frisson. Ce frisson et cette voix qui me criait d'appuyer sur la gâchette alors que je continuais de penser que quelque chose clochait. Kim s'arrêta soudain. « Tu m’avais promis… » Et l'instant d'après je le suivais, m'engouffrant dans les escaliers. Arme toujours en poing. Le suivant jusqu'au second étage alors qu'il en venait qu'à trébucher, commençant à ramper sur le sol du palier, jusqu'à la porte qui avait été sienne. Vidant mon esprit. Il n'y avait pas de vérité, ni de réelle certitude. Je n'étais qu'un homme prêt à commettre l'irréparable. Une simple décision. Un choix que j'avais fait sans m'en rendre compte. Skye espérait qu'il y avait quelque chose de bon en moi mais j'en doutais. Autant que je pouvais tenter de réparer mes erreurs, je doutais qu'ils puissent me pardonner, que je puisse trouver la rédemption. Et à cet instant au-delà de la présence de Kim je n'en venais qu'à suivre mon instinct. Me faisant plus confiance qu'aux faits. Nulle possibilité de revenir en arrière. Non pas que j'étais déjà revenu en arrière. On pouvait se demander comment j'étais devenu cet homme, cet homme qui s'apprêtait à assassiner un enfant. A vrai dire dans un sens je n'en n'avais aucune idée mais la triste réalité était que je n'avais qu'était été créé de toutes pièces. « Je devrai dire que je suis désolé, mais je ne le suis pas. Et je ne peux pas me le permettre. » Appuyant sur la gâchette.
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Il lui avait promit. Et il n’a rien fait.

RIEN. FAIT.

Dévoré par ses propres passions.

La parole d’un homme envolée, balayée d’un tir entre les deux yeux d’un enfant. Enfant qu’il ne protégeait pas. Qu’il n’aurait jamais pu protéger, de toute façon. Paranoïa. L’esprit tiraillé par des voix qui ne sont même pas les siennes. Grant n’est pas ce qu’il veut être, il ne le sera jamais car il subit. Comme beaucoup d’autres avant lui… d’une faiblesse… caractéristique… humaine… ancestrale, inscrite dans leur gènes. Quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils puissent être : sorcier, muté, modifié par la science ou la technologie — l’Homme est faible et il n’y pouvait rien. Personne ne pouvait lutter face à sa propre nature et l’agent en était la preuve vivante ce soir.

Alors non : protéger n’était pas fait pour les êtres comme lui. Kim l’a bien comprit, du haut de ses huit ans sacrifiés. Détruire, en revanche…

JE N’AVAIS RIEN FAIT !, hurle la voix de l’enfant dans l’esprit du tireur peu scrupuleux. Une seconde plus tard, l’enfant reprend une respiration et cligne des yeux, la douille de la munition encastrée entre ses deux yeux émeraude. Le bruit de la détonation a alerté les quelques habitants encore réveillé du palier, tirant les autres de leur sommeil. Le gamin relève les yeux dans la direction de Grant, ces derniers toujours embués de larmes. « Tu devrais être désolé d’avoir essayé de tuer un innocent… » L’homme s’apprête à tirer à nouveau, il le plombe une nouvelle fois et Kim soupire, ôtant les douilles qu’il suçota à tour de rôle, finissant par les enfourner dans sa petite bouche. Mâchant d’une pression de dizaines de tonnes, broyant le métal comme s’il s’agissait d’un malabar. Ça commence à bouger dans l’immeuble. Peu importe ce qu’il allait faire, le démon l’arrête dans son élan, imposant sa volonté d’un « Chtop. » sec et suave à la fois. Tout en mâchouillant les douilles, il poursuit, se redressant doucement. « Ché pas trop tôt… cha devenait d’un ennoui… », soupira t-il, secouant doucement la tête alors que l’éclat de son regard était toujours étrangement… peiné. Je n’avais rien fait. Tu devais me protéger. Skye aurait voulu que tu le fasses. Elle t’aime encore et tu t’en fiches. Tu as sacrifié toutes tes chances. Tu as sacrifié le peu d’humanité qu’il te restait. Tu n'es rien qu'un monstre. Grant. Des mots glissés dans son esprit tourmenté. Le garçon continue, alors que les voix commencent à s’exciter derrière la porte. « Se faire plomber au premier rendez-vous… j’imagine que c’est aussi douloureux que ça, de se prendre un râteau ? » et aussitôt, ses traits s’étirent dans un sourire aussi lugubre que douteux.

Qu’est-ce qui se passe encore, putain ? s’égosille télépathiquement un des résidents, l’air aussi effrayé que remonté. Mon dieu, il faut que Mary reste au lit, qu’elle n’entende pas ça… en fait un autre, alors que Kim avale sa dernière friandise sans saveur. « Tu m’as promis de me protéger, Grant… », commence t-il, faisant une petite moue triste. « …je pensais qu’il te restait encore un peu de savoir vivre. » Un léger silence, une voix commence à hurler derrière la porte. « Qu’est-ce qui se passe ? Y a quelqu’un ?! RÉPONDEZ ! » et l’enfant tourne un peu la tête dans la direction de la porte, avant de reporter son attention sur l’agent. « Allez, du nerf ! Va me nettoyer tout ça, qu’on en finisse. J'en peux plus de l'entendre beugler. » insista le gamin de sa petite voix, tapant un peu dans ses mains pour le motiver. « En plus ça pue ici, on se croirait enfermé dans le ventre boursouflé de ta vieille mère. Tu t’en rappelles hein ? Ta petite maman au cadavre lourd et odorant. Avoue-le, c’était carrément jouissif. Puis quand c’était au tour de Christian… tu l’appelais comment, d'ailleurs ? Chris, peut-être ? Chrichri ? Chrissou ? » En réalité, il n’y avait pas vraiment besoin de le faire : ses mots étaient enrobés d’un pouvoir contre lequel il ne saurait résister. Le tout était simplement théâtralisé, comme à son habitude.

« Ah, une dernière chose ! » en l’arrêtant dans son geste. Il lui fait signe de se pencher un peu vers lui. « Descend un peu d’un étage mon grand, j’ai pas envie de crier. » Une fois qu’il s’exécute, le petit lui souffle ses commandements à l’oreille, comme un secret délivré au milieu de la cour de récréation, un léger sourire aux lèvres. « Les femmes et les enfants d’abord. » « J’vous jure que j’appelle la police si ça continue ! », hurle l’homme derrière la porte, bien décidé à mettre à exécution ses menaces. « Dépêche-toi, et ne m’oublie pas en partant, tu me dois encore un paquet de bonbons. En plus des langues de chat, j’adore les langues de putes, un vrai régal… » et il tira sa petite langue en ricanant. Oups… ! Trop tard. Il n’y avait plus qu’à l’accompagner moralement dans cette petite purge de courtoisie…

Arrivés près de la chambre de la petite Mary, le démon lui glisse… « Fais-moi plaisir et va chercher un couteau, un beau et pas très affûté, (après tout c’est plus drôle d’y repasser plusieurs fois ?), tu en as peut-être un sur toi d’ailleurs, non ? Fais-lui un joli sourire, et je veux qu’elle te regarde bien faire, d’accord ? Mary au moins, elle sera contente que tu prennes soin d’elle et tu seras très, très désolé. » Le massacre continue. Les derniers qui restent sont les plus gâtés, Kim accompagnant de quelques originalités certaines exécutions. C’est d’ailleurs lorsqu’il lui avait demandé de scalper une mère de famille qu’il lui susurra… « T’as faim je sais, alors vas-y, fais-toi plaisir… mais juste un bout, hm ? Ne fais pas trop ton goulu. » Et il récupère les âmes aux corps mutilés, se léchant les lèvres. Un repas bien mérité.

Le petit trotte de pièces en pièces gaiement, chantonnant la plupart du temps sur le même morceau qu’il avait énoncé un peu plus tôt dans la soirée. « Time, time, time… see what’s become of me… », il attrapa la main valide de Grant alors qu’ils se déplaçaient tous les deux vers l’étage inférieur. Le duo de l’étrange. « Allez, chante avec moi ! Plus qu’un petit étage et on est libres ! Time, time, time, see what’s become of me… while I looked around for my possibilities, I was so hard to please… » il lâche la main qu’il a gratifiée d’un petit baiser sur son dos. Pourtant, ce sont des sirènes qu’on croit entendre… « …un peu plus vite mon brave, sinon les méchants poulets vont t’attraper ! » avant de se figer un bref instant, l’air de réfléchir. « …sauf…si c’est toi qui les attrape ! T’as le droit de donner ton avis, cette fois. Qu’est-ce que t’en penses ? Sinon, s’il y en a un avec la moustache, tu te les fais gentiment. S’il y en a pas… on trace ! Ça te va ? » et juste avant qu’il ne dise quoi que ce soit, Kim lui implante une nouvelle information dans la tête. « Tu m’aimes trop pour me laisser tout seul, tu ne m’oublieras pas — tu m’oublieras jamais, hein ? » Un sourire monstrueux. « Ja-mais. »
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Mon doigt qui appuyait sur la gâchette. Le vide total dans ma tête. Aucun sentiment, aucune émotion si ce n'est un calme froid et total. La balle qui fusait pour se planter pile entre ses deux yeux. Un tir parfait. Un tir dont il n'était pas censé se remettre. Mon regard posait sur lui alors que j'attendais que son corps retombe en arrière. Non l'enfant resta parfaitement debout. « Putain. » Je ne jurai jamais mais ce juron n'avait pu que me traversé la bouche alors que je me retrouvais à faire face à l'enfant. Un enfant qui était encore en vie, debout sur ses pieds. JE N’AVAIS RIEN FAIT ! Sa voix qui se répercuta dans ma tête, résonnant en écho dans mon esprit. Sa voix que je pouvais entendre clairement, manquant de prendre ma tête entre mes mains. Cri strident alors qu'il hurlait sans même avoir à prononcé le moindre mot. « Tu devrais être désolé d’avoir essayé de tuer un innocent… » Essayer car j'avais bien essayer. Si seulement j'avais écouté mon instinct plutôt. Si seulement j'avais tourné les talons et n'avait pas tenté d'être un homme meilleur en m'intéressant aux pleurs d'un enfant, voulant l'aider. Mais il n'y avait pas le temps pour les regrets. Aucune possibilité de revenir en arrière, de remonter le passé. Rien ne pouvait être changé. Et tout ce qui comptait à cet instant était de survivre. Survivre. Un mot qui s'imprimait dans mon esprit alors que mes réflexes réapparaissaient, alors que je me mettais en mouvement. Mon cerveau qui réagissait alors que j'appuyais sur la gâchette encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de balle. Des tirs qui atteignirent tous leurs cibles mais qui ne pouvaient rien changer au destin. Les détonations qui résonnaient. Des bruits de pas. Des échos de voix. Bientôt ils seraient attirés là, intéressés de savoir ce qui se passait, intéressés comme des badauds. S'ils étaient un tant soi peut intelligents, ils fuiraient ou resteraient cachés chez eux. Dans un sens je ne pouvais que leur préconisait de fuir. Mourir au combat j'y avais toujours pensé et plus que jamais une danse avec la mort m'attendait. Autant que les balles pleuvaient, elles ne paraissaient rien lui faire. Un chargeur bientôt vide. Comptant les secondes dans ma tête. Entraîné pour cela. Entraîné au combat. Entraîné à danser avec le diable et la mort. La mort qui était là tout autour. Elle vivait en lui alors qu'autant que moi il en était son instrument. L'enfant qui en était encore un qui ôtait chacune des douilles qui avaient laissées une marque dans sa chair. Des douilles qu'il se mit à suçoter. Certain de lui. Les balles ne l'arrêtaient pas. Un enfant qui ne semblait pouvoir mourir et pourtant c'était tout ce que j'avais. Sachant ce qu'il me restait à faire. A cet instant seul comptait de l'arrêter. Quitte à en mourir. Autant que je pouvais avoir commis des erreurs, je ne restais pas moins un bouclier. Entraîné pour en protéger d'autres et s'il fallait que tout cet immeuble brûle et moi avec pour que la menace disparaisse alors je le ferai. Un choix déjà acquis. Au moins je mourrai comme je l'avais toujours voulu. Préférant mourir debout que servir à genoux. Je mourrai au combat. Un dernier geste qui comptait. Des innocents mourraient comme il en avait toujours été le cas. Lors de chaque bataille des innocents mourraient et aujourd'hui de nouveau il allait y avoir des morts. Mais ils ne seraient pas seuls alors que je les accompagnerai. Un choix arrêté. Peut-être qu'au final là était ma dernière possibilité de rédemption, le dernier geste que j'exécuterai. Pour une bonne cause. Un dernier sacrifice. L'image de Skye qui s'imposait dans mon esprit mais je l'effaçais car si je pensais à elle, je ne voudrai qu'un peu plus vivre. Ce que je ne pouvais me permettre de faire pas alors qu'il était nécessaire qu'il meure. Eliminer la menace, ce qui comptait à n'importe quel prix. Mes doigts qui trouvaient les grenades que je portais derrière moi. J'avais toujours aimé joué avec les flammes enfant et bientôt les flammes rougeoieraient encore... à moins que comme le phénix je ne renaisse de mes cendres.

« Chtop. » Incapable de bouger. Mes doigts qui reposaient les grenades à leur place. Incapable d'exécuter le moindre mouvement et cette impression de devoir me plier à une force extérieure. Une force extérieure qui voulait que je me soumette à son esprit. Incapable de faire autrement, obligé de m'y soumettre, de m'y plier alors que le démon était à l'oeuvre. Le masque tombant enfin alors qu'autant qu'il était un enfant, il dévoilait enfin sa véritable nature. Son corps qui se redressait légèrement alors qu'il reprenait la parole sans me quitter des yeux. « Ché pas trop tôt… cha devenait d’un ennoui… » J'aurai pu répliqué d'une démarque sarcastique mais je ne pus rien faire alors que chacun des mots qu'il suggérait au creux de mon esprit m'atteignait. Comme s'il m'avait planté des poignards encore et encore dans le dos. Je n’avais rien fait. Tu devais me protéger. Skye aurait voulu que tu le fasses. Elle t’aime encore et tu t’en fiches. Tu as sacrifié toutes tes chances. Tu as sacrifié le peu d’humanité qu’il te restait. Tu n'es rien qu'un monstre. Grant. Il savait, n'en venant qu'à annoncer une vérité. Les masques qui continuaient de tomber alors qu'il continuait de se jouer de moi, n'en venant qu'un peu plus à jouer avec mon esprit. Ne pouvant me forger ma propre opinion alors que chacun des mots qu'il chuchotait à mon oreille m'apparaissait comme véridique, comme s'il avait raison, comme si j'avais soudainement besoin de l'écouter et d'entendre ses mots. Ma volonté qui cédait face à la sienne, faiblissant petit à petit. Peut-être qu'il aurait été plus simple si j'avais abandonné le combat directement mais ce même instinct qui m'avait poussé à me méfier, ce même instinct de survie me poussait désormais à me battre. Son prénom murmurait alors qu'il n'en venait qu'à insinuer que je l'avais trahi, que j'avais sacrifié toutes les chances qu'il me restait. Ce dont je ne pouvais qu'estimer qu'il ne savait rien alors qu'il ne la connaissait pas. Le visage de la jolie brune qui se dessinait dans mon esprit alors que je savais pas moins être prêt à tout pour elle, n'en venant qu'à penser que si j'avais fait ce qu'il fallait, que j'avais eu le temps je me serai excusé plutôt, j'aurai encore et encore été à ses genoux, à lui demander pardon. J'aurai pu le regretter mais les regrets n'avaient rien à faire dans mon esprit. Je n'avais pas le temps pour cela. Et pourtant le fait qu'il n'invoqua que son prénom ne fit que resurgir la colère qui était en moi. L'adrénaline qui se mélangeait à une rage sourde alors que j'en venais à attraper mon second pistolet. Me battre pour elle. Ce que je n'avais jamais réellement fait, ce que je ne m'apprêtais qu'à faire. Tentant de combattre la suggestion, tentant de combatte le démon alors que je fis un pas vers lui. Le canon qui se levait de nouveau dans sa direction même si je savais que tirer était vain, que seul le feu pouvait résoudre mes problèmes éventuellement. Le démon qui reprenait la parole. « Se faire plomber au premier rendez-vous… j’imagine que c’est aussi douloureux que ça, de se prendre un râteau ? » Comme s'il savait. Mais cela ne faisait aucun doute qu'il savait alors qu'il en venait prononcer chacun des mots qui faisaient mal. Mon doigt qui se posait sur la gâchette.

Une gâchette sur lequel je n'appuyais pas. « Tu m’as promis de me protéger, Grant… » Son visage triste posé sur moi. Oui, j'étais censé le protéger. Les voix qui se contredisaient. Les voix dans mon esprit qui se contredisaient alors que je n'en venais qu'à tour à tour changer d'opinion. Lui continuant de m'influencer alors que oui je lui avais promis de l'aider, de le protéger. « …je pensais qu’il te restait encore un peu de savoir vivre. » Une trace d'humanité qui était censée rester, qui semblait avoir disparu elle aussi alors que j'avais commis l'irréparable en assassinant un enfant. Un enfant que je tentais de me souvenir qui n'était pas un alors que l'enfant n'était qu'un démon ou une autre créature. La volonté de me battre qui commençait de nouveau à s'affaiblir. Avancer pour reculer. Des bruits de voix distincts derrière la porte. Des voisins effrayés. Des voix que je n'arrivais plus à attendre alors que ma déterminait vacillait à mesure que j'en venais à me sentir coupable de ne pas le protéger. Une mission que je m'étais fixé, celle de l'aider. Ce que je n'avais pas fait. Devant me rattraper.

Sa voix qui me sortit soudainement de ma liturgie. « Allez, du nerf ! Va me nettoyer tout ça, qu’on en finisse. J'en peux plus de l'entendre beugler. » Pivotant alors que je me mettais en mouvement, écartant la pointe du canon de sa direction. Des ordres qu'ils donnaient auquel j'en venais à obéir instinctivement. Ce que je m'étais juré de ne plus jamais faire, m'étant juré de ne plus jamais suivre aveuglement les ordres. Mais à cet instant ce que je voulais ne comptait pas. Ma volonté tenue en étau par l'enfant. Non plus Kim mais seulement l'enfant. « En plus ça pue ici, on se croirait enfermé dans le ventre boursouflé de ta vieille mère. Tu t’en rappelles hein ? Ta petite maman au cadavre lourd et odorant. Avoue-le, c’était carrément jouissif. Puis quand c’était au tour de Christian… tu l’appelais comment, d'ailleurs ? Chris, peut-être ? Chrichri ? Chrissou ? » Je ne lui répondis pas. Cela avait toujours été Christian. L'homme redevenu robot. Redevenu l'arme qu'ils voulaient que je sois, le guerrier impitoyable qu'ils avaient voulu que je devienne. Je ne dansais plus avec la mort, j'étais redevenu son instrument. M'apprêtant à passer devant lui pour entrer dans la première demeure où se trouvait la famille de Kim, le corps de Peter. « Ah, une dernière chose ! » Me penchant jusqu'à m'agenouiller à ses côtés. « Descend un peu d’un étage mon grand, j’ai pas envie de crier. » Sa voix qui me parvenait en un chuchotement. Un frisson qui parcourait mon dos alors que je me retrouvais à hocher la tête. « Les femmes et les enfants d’abord. » Si j'avais pu me rendre compte de l'horreur, si j'avais pu me rendre compte de ce que je m'apprêtais à faire alors peut-être que cela aurait pu tout changer. Mais la triste vérité était que je m'en rendais compte. La différence c'était que je le voulais, voulant le complaire et effacer les larmes de son visage. « Dépêche-toi, et ne m’oublie pas en partant, tu me dois encore un paquet de bonbons. En plus des langues de chat, j’adore les langues de putes, un vrai régal… »

N'entendant pas sa phrase alors que déjà je pénétrais dans le logis, défonçant la porte. Arme au poing. Des cris. Un homme qui tentait de se mettre sur mon chemin, tentant de faire obstacle de son corps. Un homme qui n'en venait qu'à se retrouver à terre sans pour autant que je le tue alors que je me dirigeais vers la chambre de la fillette. « Fais-moi plaisir et va chercher un couteau, un beau et pas très affûté, tu en as peut-être un sur toi d’ailleurs, non ? Fais-lui un joli sourire, et je veux qu’elle te regarde bien faire, d’accord ? Mary au moins, elle sera contente que tu prennes soin d’elle et tu seras très, très désolé. » Rangeant mon arme alors que je m'emparai de mon poignard. Des poignards que je portais toujours sur moi. Des lames affutés, tranchantes. Un regard dépourvu d'émotions. Elle tenta de se cacher, elle tenta de se tapir dans la pièce de se protéger derrière ses couvertures. Suppliante, suppliant de l'épargner. Mais la mort n'épargne personne et n'a que faire des supplications. Ses supplications qui ne m'intéressaient pas. L'image de Skye qui s'interposait dans mon esprit, y miroitant l'espace d'une seconde. Une espace de seconde où l'on aurait pu croire que j'allais reprendre le contrôle, où on aurait pu croire que j'allais me soustraire à sa volonté. Mais j'étais trop faible. « Je suis désolé. » Sincère pas moins alors que l'instant d'après la lame s'enfonçait dans son coeur. Un coup net et précis, la regardant hoqueter avant qu'elle ne rende son dernier soupir. Une mort rapide. Ne dessinant aucun sourire sur son visage comme s'il le voulait comme si une part de moi continuait de résister, une part censée dans mon esprit qui me poussait à confirmer l'ultime trace d'humanité que je possédais en leur accordant une fin rapide. Mais l'enfant ne comptait pas accorder des morts rapides, au contraire. Une boucherie. Le sang qui giclait. Leurs cris qui résonnaient dans ma tête et sa voix qui continuait de me guider, m'entraînant un peu plus profondément au coeur des ténèbres. Certains tentèrent de se défendre, tentant de défendre leur famille, tentant de me tirer dessus mais eux aussi ils tombèrent. Ils tombaient un par un alors que le sang continuait de rougeoyer sur mes mains. J'avais tué des hommes. Des méchants. Des criminels. Mais aussi des agents fidèles alors que je n'en venais qu'à suivre les ordres de John. Des morts que je n'avais pas oublié alors que leurs visages continuaient de m'apparaître, m'interdisant de trouver le repos. Mais si jusqu'à là ma volonté avait toujours été mienne, cela n'était plus le cas. Mon regard posé sur la mère de famille. Des larmes qui coulèrent le long de ses joues alors que le couteau que je tenais me servait pour commençait à couper ses cheveux. « T’as faim je sais, alors vas-y, fais-toi plaisir… mais juste un bout, hm ? Ne fais pas trop ton goulu. » Les voix dans mon esprit qui ne me criait pas de le faire. Me retournant vers lui pour le regarder alors que le couteau se levait dans sa direction. Son regard me forçant à se soumettre de nouveau. Les mains liées. Fermant les yeux. Déglutissant. Approchant sa main de ma bouche. Reprenant ma respiration. Les battements de mon coeur qui s'accéléraient. Mes dents qui s'approchaient de son doigt. Le cannibalisme avait cessé mais pas pour l'enfant. Mes dents qui s'enfonçaient dans sa chair avant que je ne les retire aussitôt. Me penchant vers le sol que pour vomir aussitôt sans en avoir mangé un morceau. Juste la trace d'une morsure. Le sang qui dégoulinait le long du plancher, couvrant ma peau, mes vêtements alors que je rendais mes tripes. Une boucherie auquel je faisais face, dont j'étais l'unique responsable. Et pourtant alors que l'horreur de la situation me frappait j'en venais qu'à m'essuyer la bouche avec une serviette de bain qui trainait là avant de me relever pour passer dans la pièce suivante.

J'étais devenu un pantin. Sa marionnette. Une marionnette qu'il manipulait à sa guise. Une marionnette qu'il avait fait sienne alors qu'il venait à me suivre dans chaque pièce, un sourire aux lèvres sans que je ne trouve rien à y redire. Sa voix chantonnant derrière moi alors que j'en venais à me retrouver dans le milieu du couloir, essuyant ma lame contre le tissus tâche de sang alors qu'il reprenait la parole. « Allez, chante avec moi ! Plus qu’un petit étage et on est libres ! Time, time, time, see what’s become of me… while I looked around for my possibilities, I was so hard to please… » Et c'est ce que je fis, n'en venant qu'à chantonner avec lui alors que je passais de pièce en pièce. Semblant avoir tous mes moyens en l'apparence mais la vérité était que j'étais vide de l'intérieur. Vidé alors qu'il avait pris les rênes. Moins d'habitants à cet étage alors que certains avaient fui. Les sirènes des police dans le lointain alors que je continuais de passer de demeure en demeure, laissant derrière moi une traînée de sang. Des meurtres proprement exécutés à moins qu'il ne suggère que je fasse autrement. « …un peu plus vite mon brave, sinon les méchants poulets vont t’attraper ! » Traqué. Toute chance de survivre réduite à zéro alors que les prochains qui me verraient me tueraient. « …sauf…si c’est toi qui les attrape ! T’as le droit de donner ton avis, cette fois. Qu’est-ce que t’en penses ? Sinon, s’il y en a un avec la moustache, tu te les fais gentiment. S’il y en a pas… on trace ! Ça te va ? » « Non. » Ma voix qui résonnait fermement. Mon esprit qui se refusait à commettre un autre massacre. Il y avait eu assez de morts et mon esprit au-delà de mon corps commençait à rendre l'âme. Ses mots qui me parvenaient de nouveau. « Tu m’aimes trop pour me laisser tout seul, tu ne m’oublieras pas — tu m’oublieras jamais, hein ? » Je secouai la tête, non je ne pouvais l'oublier. J'avais fait cela pour lui, pour qu'il soit sauf, protéger des monstres qui restaient tapis au coin du lit. Le sentiment que j'avais fait ce qu'il fallait et cette autre voix de ma tête qui continuait de me crier que je ferai mieux de me tirer une balle dans la tête tout de suite. Ce que je ne fis pourtant pas. « Ja-mais. » Au lieu de lui répondre, j'attrapai sa petite main avant de l'entraîner derrière moi, arme au poing alors que je passais par l'issue de secours, descendant les marches de l'escalier alors que je le hissai dans mes bras pour aller plus vite. Dévalant à moitié les marches alors qu'autant que possible je me glissais dans l'ombre pour qu'il ne me repère pas. Ne repérant toutefois pas la caméra de surveillance qui enregistra mon visage, mon regard éteint et le sourire démoniaque de l'enfant que je tenais dans mes bras. La fin. Ou juste le début.
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La petite Mary… qu’est-ce qu’elle en fait du bruit ! Kim la regarde les bras croisés, son visage enfantin penché au-dessus d’elle, à l’envers. « Il est très très désolé. Allez, souris… hiiiiii…  voilà… attention… cheese ! » La petite main du démon sur la sienne, il le guida dans ces gestes qu’il avait voulu réprimer jusqu’au plus profond de son être. Kim l’accompagne dans sa besogne, non moins las d’avoir à y mettre du sien. Et le sourire s’étira à coup de canifs répétés, la pauvre poupée encore suffocante finissant par s’étouffer du sang qui ruisselait dans ses voies respiratoires. À se convulser encore quelques longues secondes alors que l’agent la tenait pour finir le travail. Enfin, travail est un bien grand mot, il n’avait pas beaucoup peiné à lui ouvrir les joues à la turque… un adulte avait tout de même une certaine emprise sur ce genre de rats citadins. Un coup dans son cœur pour l’achever. Il ne l’avait pas laissée mourir lentement… et lui qui croyait que son humanité s’était envolée ! Monsieur Grant avait encore quelques réserves. Des réserves dont on se serait bien passé, d’ailleurs. Il n’a pas le temps de le menacer très longtemps de son arme avant d’être affecté à une tache tout aussi ragoûtante.

L’homme qu’il a laissé en vie avant d’atteindre l’enfant est prêt à revenir à l’assaut. Grant s’affaire alors que Kim envoie valser contre un mur le sac à viande, sa nuque se brisant sous l’impact. Deux petites âmes pour lui, encore une fois. Et il en reste encore quelques unes à moissonner…

Lorsqu’ils sont près du paquet de chair à scalper, Blackheart est on ne peut plus déçu de la réaction de son nouvel ami, qui tente sans y parvenir. Tu parles d’un apéro… lui qui voulait l’aider à se restaurer un peu - et de bon cœur - avait fini avec un morceau de chair baignant dans la bile de l’agent déchu. « Dé-ce-vant. » alors que le gamin le sommait d’attendre un instant pour lui montrer. Ce qu’il fit, arrachant toutefois le doigt avant de l’enfourner dans sa bouche. Les os qui craquent sous ses mâchoires puissantes, comme des petits curly. Quand on parle d’apéritif…

Le gamin lui offre un beau sourire, toutes dents dehors. Une salive mélangée à de l’hémoglobine et à quelques morceaux de cartilage encore présents. Ah… tiens, au niveau de la molaire. Pendant qu’il suit Grant dans une autre pièce, il semble plus intéressé par ce morceau d’os coincé entre ses dents, fouillant de son index et pouce afin de s’en débarrasser. Ce n’est évidemment qu’une façade : il est parfaitement en phase avec son environnement et ce qu’il s’y trame.
Quel bonheur d’avoir pu chanter avec lui ! À la seule nuance qu’il chante absolument faux, mais il ne lui en veut pas : après tout, il avait la tête ailleurs, non ? Les expressions humaines sont parfois risibles. Car pour certains il s’agissait d’une ordinaire réalité.

À l’instar de minions démoniaques qui passaient leur temps à en arracher à tour de bras, là-bas, dans ce qui fut son domaine.
En fera t-il partie un jour ? Le fils de Mephisto aimerait bien y croire. Mais il ne sera qu’un rébus parmi tant d’autres. Non, bien sûr que non, le gratin infernal, la crème de la crème, il n’en ferait jamais partie. Une âme qui pouvait encore être pervertie, qui en offrirait alors une toute autre saveur. Nous n’y sommes pas encore…

Kim se lèche les doigts, remâchant le morceau d’os qui s’était coincé un peu plus tôt pour l’avaler. Ce bon vieux Grant ne s’arrête pas. Sa réponse en revanche a de quoi le décevoir. Une fois encore, Blackheart est bien incommodé d’avoir affaire avec un tel rabat-joie. Sans doute aurait-il dû être plus gourmand dans l’usage de sa suggestion, qu’il laissait filer tel un zéphyr à chacune de ses expirations verbalisées. Non, non et non ? Un vrai non ? On dirait que c’en est. « T’amuser te détendrait un peu ! Dis-donc, elle te plairait pas celle-ci ? » lui demanda t-il alors qu’il venait de finir l’une des dernières pièces du premier. L’enfant, tête inclinée dans le même sens que celui du cadavre féminin encore chaud, la dissèque de ses clairs. Relevant un peu le nez dans la direction de Grant, demeurant interdit une fraction de seconde avant de réagir. « Ne… oh ! Ne me dis pas que tu n’y as jamais pensé ?! » à peine théâtralisé. La chose pouffe, ses petits doigts entremêlés dans son dos alors qu’il se redresse, s’approchant de la malheureuse. « Psssst, regarde ! » et les sirènes retentissent déjà, un peu plus fortes. Ça ne l’arrête pas, et dans ce qui aurait pu être une urgence, il le force à assister à ce petit spectacle qui ne dure que quelques misérables secondes. Sautant à pied joint sur le visage de la défunte, qui s’enfonça violemment au dernier coup de semelle, volontairement raffermi. Il en déboite sa mâchoire supérieure et crève son crâne qui laissa échapper ses viscères cérébrales suintantes de liquide céphalo-rachidien. Un œil s’est malencontreusement égaré en dehors de l’orbite, le nerf auquel il était rattaché le laissant pendre. Il marche dessus en laissant son pied retomber au sol, dans un bruit on ne peut plus écoeurant. D’un geste rapide et mesuré, il arrache cet œil qu’il enfourne dans la poche de son sweat sale.

Le temps presse, à présent. Grant l’a bien comprit et il ne perd pas une miette de temps, hissant l’enfant qu’il garda dans ses bras. Enfant qui entoura son cou de ses bras, rendant naturellement son étreinte. Ils descendent, leur image est capturée alors qu’ils filent à l’extérieur. « Ils vont me faire du mal si tu les laisses m’attraper… », lui murmure t-il à l’oreille pendant qu’il est encore en chemin, faisant ce qu’il avait de mieux à faire : fuir. Et pour l’instant, il y arrive comme un chef. Mais il faut qu’il ralentisse, qu’il aille se cacher. Il n’aura aucune chance de s’en sortir à découvert. Mais est-ce que le démon s’inquiétait réellement pour lui ? Pas vraiment, non. Il l’avait diverti pour la soirée et c’était tout ce à quoi il avait servi. Et tout ce à quoi il servirait dans la non-vie, car c’est en Enfer qu’il demeurera. « Je t’aime, Grant. Tu-crois-que-quelqu’un-d’autre-t’ai-me-rait-plus-que-moi-je-t’aime ? » et il le laisse répondre, bien sûr, s’il le souhaite. « Skye ne t’aime pas… ne t’aime plus. Tu le sais, pourtant. Tu le sais. » lui dit-il doucement, caressant ses cheveux alors qu’il enfouit son visage contre lui, toujours actif. « C’est pas grave. Je suis là, moi. » conclut-il de sa petite voix, enrobée d’une dérangeante douceur. Son protecteur attitré était occupé à trouver un nid, si bien que Blackheart attrapa l’œil qu’il avait gardé pour le porter à sa bouche, le suçotant discrètement.

Alors qu’ils semblent être dans un lieu plus ou moins sûr, (pour combien de temps ?), l’enfant  retire sa friandise, suivie d’un filet salivaire. Il éloigna un peu son visage du sien et le regarda curieusement, un léger sourire illuminant ses traits. Entre simili-fascination et ingénuité. « Assis, » et il s’exécute naturellement, Kim sur ses cuisses. Kim qui le regarde toujours, le dévorant des yeux. Ses perles émeraudes s’attardent quelques instants sur les lèvres encore rougies de l’homme. « Ferme les yeux. » ordonne t-il alors, ne cessant pas de le fixer. « Fais aaaah… » et il sent l’esprit de l’agent qui tente encore une fois de lutter, vainement. « Tu as confiance en moi, Grant, arrête un peu de faire ta mijaurée et ouvre la bouche, c’est pas la première fois qu’on te fait des propositions tendancieuses non ? » grogne t-il en descendant de ses jambes, insistant sur ses mots prononcés à mi-voix. Aussi capricieux que versatile, il ajoute. « Bon, finalement, laisse-moi cette bouche fermée. Et tiens-moi ça. » en glissant dans sa main valide l’œil maculé de salive. « C’est bien. C’est très très bien. », le complimente t-il, alors que Kim prend un peu de distance, empruntant la forme d’une jeune cheerleader sans ses pompons. Elle en trouverait bien là où il faut, non ?

La jeune femme vient s’assoir sur lui, lui faisant face. Elle s’y frotte doucement, le mignotant de caresses. « Je crois qu’il est parti… rouvre les yeux, champion. » et elle le gratifie d’un sourire, allant chercher du regard le petit trophée encore coincé entre les doigts de l’agent. D’une voix suave, elle lui souffle. « Ahlala… tu dérailles, Grant. » lui signale t-elle alors que son sourire s’affirme, ses yeux en amande remontant jusqu’aux siens, féline. « Tu veux bien me le glisser là ? » qui n’est qu’une question rhétorique, car elle attend qu’il s’exécute. Dans le geste qui se rapprochait de sa bouche, la jeune femme réduit l'écart entre leur visage et l’arrête d’un « attends, » chuchoté qui précéda le baiser qu’elle lui offrit. Gourmand, à l’en mordre son inférieure. La cheerleader s’écarte au minimum, lui laissant la marge de manœuvre pour lui glisser l’œil dans sa bouche. À peine réceptionné qu’elle mastiqua, terminant sa bouchée bien assez tôt.
La jeune femme prit son visage entre ses mains. « Je suis fière de toi. » qu’elle complimenta à nouveau par un baiser volé. « J’aurais bien aimé m’amuser encore un peu, mais je crains que tu sois capable de me vomir dessus. » La lycéenne se détacha de lui en prolongeant le contact à son maximum. Se redressa, mettant une main devant sa bouche, « Oups. Encore un râteau ! » avant de se mettre à ricaner.

« Compte jusqu’à trente. » lui somme t-elle alors que le démon avance à reculons.
« À dix, tu penseras à la petite Mary qui sourit toujours. »
Un autre pas.
« À vingt, je te manquerai. »
Deux autres, disparaissant de son champ de vision.
« À trente, tu feras tout pour survivre. »

Et Blackheart s’évanouira dans ce décor.

Qui donc ferait mal à une mouche en cette funeste soirée ?
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Monsters are real and ghosts are too. They live inside us.
And sometimes, they win.


Il me guidait dans mes gestes. Des gestes pour lesquels j'étais responsable. Des gestes que j'étais conscient d'exercer. Des gestes que je faisais, qui me dégoûtés alors que je me retrouvais à tuer encore et encore. Je m'étais juré de ne plus jamais suivre aveuglément les ordres, je m'étais juré de ne plus jamais commettre les mêmes erreurs ou tomber dans le même piège. Mais là, c'était pire. Incapable d'y résister alors que la suggestion imposée par l'esprit de Kim ou plutôt de l'enfant démon, car je doutais que Kim soit son vrai prénom, ébranlait toutes les fondations de mon esprit. Autant que je tentais d'y résister, autant je n'en venais qu'à tomber, craquelant sous sa volonté. Faible. Lâche. On nous apprenait à résister à la torture. On nous apprenait à contrôler nos émotions, notre corps pour résister. On nous apprenais à résister pas seulement à la torture physique mais aussi à celle mentale. Pour que notre esprit ne cède pas. Pour que nous ne craquons pas sous la pression et sous la torture. Il était facile de se convaincre que la douleur physique était éphémère mais à un moment ou l'autre, nous en venions forcément à être tenté de craquer, tenté de sauver sa peau, de donner des informations. Il était difficile de résister. Difficile de faire le bon choix. Et si facile de céder, cela d'autant plus quand cela faisait des heures, des jours que cela durait. Mais justement on nous apprenait à résister, et c'était encore plus le cas au sein de la base d'HYDRA. La faiblesse n'était pas admissible. Et pourtant j'avais été faible. Manquant de respect à John,  trahissant  sa mémoire et l'entraînement qu'il m'avait donné en forçant à survivre à la froideur du Wyoming. Il m'avait entraîné mieux que cela, et je ne l'avais jamais déçu sur ce point. Mais là était le cas alors que je ne venais qu'à céder. Sa volonté qui s'imposait, surpassant la mienne, me suggérant de l'aider.  Une simple suggestion. Plus qu'une alors que j'en venais à assimiler sa demande à une mission, celle de le protéger.Mon cerveau qui tentait de relier des points, faire des connexions entre le vécu, la réalité, ce qu'il voulait et ce que moi je voulais.

La confusion là alors que je n'en venais qu'à faire la seule chose que je connaissais alors que je me détachais de toutes mes émotions. Comme si toute trace d'humanité s'était envolé alors que je construisais des barrières. Des barrières qui me protégeraient peut-être alors qu'il n'était pas tant question de s'exécuter que de survivre. Un jeu auquel je jouais. Un jeu où je n'avais pas les cartes en main. Il les avait et était bien plus assuré de gagner que je l'étais. Pourtant une part de mon esprit continuait de le combattre. Incapable de manger le moindre morceau du cadavre humain. La nausée là alors que je n'en venais qu'à vomir contre le sol tandis que tout mon être s'y refusait. Mon esprit qui combattait la suggestion du mieux qu'il pouvait alors qu'autant que mon esprit, mon corps en venait à rejeter l'idée de commettre ce massacre. Un massacre que j'étais bel et bien en train de commettre. Pourtant je n'avais jamais eu aucun de mal à tuer des êtres vivants mais là c'était différent alors que justement je n'avais pas le contrôle. Je n'étais plus responsable de mes mouvements si ce n'était le pantin qu'il m'avait fait devenir. La menace de subir un lavage de cerveau au sein de la base d'HYDRA paraissant moindre comparé à ce que j'endurais à cet instant. Et autant que je vomissais, je manquais de le faire de nouveau. « Dé-ce-vant. » Ses mots qui résonnaient dans l'air alors qu'il en venait à arracher un doigt de sa victime pour le mettre dans sa bouche, décidé qu'à n'en faire qu'un. Mon regard qui devenait un peu plus froid alors que le masque qui s'était peint sur mon visage se renforçait. Etonnante capacité de l'être humain à faire face à l'horreur. Etonnante capacité qui le poussait à construire des murs pour se barricader derrière jusqu'à paraître totalement indifférent. Ce que je faisais à cet instant, faisant un peu plus le vide dans ma tête. Ce serait bientôt fini.

Les numéros résonnant dans ma tête. Le nombre de mort qui augmentaient. 29. 30. 31. Un nombre de victimes, un nombre d'innocents qui mourraient. Un nombre qui faisait plus mal qu'il ne l'avait jamais fait alors que je ne pouvais que manquer d'être submergé par les émotions. J'en avais tué d'autres mais là cela semblait différent alors qu'à cet instant j'en voulais juste en finir. Refusant toutefois d'en tuer d'autres, d'appuyer sur la gâchette pour tuer les policiers comme il me le proposait de faire. Un non ferme. « T’amuser te détendrait un peu ! Dis-donc, elle te plairait pas celle-ci ? » Je secouai la tête, sachant toutefois que ce signe n'aurait aucun effet sur lui. Il prenait son pied et j'étais incapable de le tuer. Incapable d'appuyer sur la gâchette alors même que je réussissais à pointer le canon dans sa direction. Comme si je savais déjà ce qui l'attendait. Un geste pour l'épargner qu'il ne vit pas alors que ma main tremblait un peu plus tandis qu'il s'approchait du cadavre de la jeune femme. Une jeune femme aux cheveux bruns, âgés d'une vingtaine d'année. Une trace de mascara pour illuminer son regard. Un trace de rouge lèvre pour attirer l'attention. Une poupée en porcelaine qui allait être brisée. « Ne… oh ! Ne me dis pas que tu n’y as jamais pensé ?! » Les battements de mon coeur qui s'accéléraient alors que je prenais une inspiration. M'intimidant d'oublier le visage de la jeune femme. Un visage que je n'oublierai toutefois pas, comme aucun des personnes que j'avais tué. M'intimidant de jeter la clef alors que je n'en venais qu'à me forcer d'arrêter de ressentir. Peut-être juste à temps alors qu'il n'en venait qu'à prendre la parole pour m'ordonner de nouveau la marche à suivre. « Psssst, regarde ! » Me forçant à garder le regard baissé en direction du sol, en direction des gouttelettes du sang. Ses premiers pieds qui résonnèrent. Le craquement des os. Les projections de la chair et bien plus. Tenté de regarder. Ce que je finis à faire alors qu'il n'en venait qu'un peu plus à la rendre méconnaissable. Un psychopathe à l'oeuvre. Un oeil qui roulait au sol que le démon attrapa avant de glisser dans son sweat.

Les hurlements des sirènes qui se faisaient plus fortes et toujours cette même volonté de le protéger. Une volonté vaine alors que je n'avais pas besoin de le protéger, mais que j'avais besoin de protéger moi. Lui qui n'en venait qu'à reprendre la parole. « Je t’aime, Grant. Tu-crois-que-quelqu’un-d’autre-t’ai-me-rait-plus-que-moi-je-t’aime ? » Ecoeurant. « Skye ne t’aime pas… ne t’aime plus. Tu le sais, pourtant. Tu le sais. » Un prénom qu'il prononçait. Mes poings qui se serraient sans qu'il s'en rendre compte alors que j'avais envie de lui hurler que c'était faux. Ne le faisant toutefois pas. Les mots de la jolie brune qui scintillait dans mon esprit, résonnant en écho alors que je m'y accrochais un peu plus désespérément. Il mentait. Une vérité alors que la jeune femme m'avait avoué avoir encore des sentiments pour moi sans qu'elle sache que j'étais cette même personne. Une conviction absolue alors que le démon ne pouvait tout simplement pas l'atteindre, trop pure pour être atteinte. Protégeant son image, ses mots alors que je rejetais ce qu'il disait, n'y croyant tout simplement pas. Déterminé à la protéger, elle, jusqu'au bout. Ce que je continuais de faire alors que je gagnais cette bataille silencieuse sans qu'il n'en sache rien. Comme si tout n'était pas perdu. « C’est pas grave. Je suis là, moi. » Ne disant rien alors que je me contentais de serrer les dents et de m'éloigner un peu plus loin de la scène de crime.

Un ordre. « Assis, » Et je m'exécutais comme le ferait un esclave. « Ferme les yeux. » Obéissant à ses ordres alors même que mon esprit criait de ne pas le faire. « Fais aaaah… » Luttant alors que mon instinct me poussait à garder ma bouche fermée. Ce que je fis. Serrant les dents un peu plus. Une goutte de sang qui perlait le long de ma lèvre inférieure alors que je gardais ma bouche fermée. Manquant de secouer la tête alors que je me forçai à résister. « Tu as confiance en moi, Grant, arrête un peu de faire ta mijaurée et ouvre la bouche, c’est pas la première fois qu’on te fait des propositions tendancieuses non ? » Mais non je n'avais pas confiance en lui. J'avais confiance en peu de personnes et il n'en faisait pas partie, étant le démon qui me faisait céder, qui me faisait plier à sa volonté. Ce que j'avais autant conscience alors que gardant les yeux fermés, j'en venais à rester immobile comme une statue de bronze. Les battements de mon coeur qui continuaient de palpiter rapidement alors que je prenais une inspiration tandis qu'il reprenait la parole. « Bon, finalement, laisse-moi cette bouche fermée. Et tiens-moi ça. » Obligé de l'ouvrir alors qu'il me forçait ma main. Pouvant sentir la visqueur de l'oeil, la matière. Déglutissant malgré moi. J'avais vu pire mais cela était d'un autre niveau. Me forçant à inspirer. Me concentrant sur ma respiration alors que je renforçais les murs pour faire face à son attaque. Détaché. Obligé de l'être presque désespérément cette fois-ci, avec lui.  « C’est bien. C’est très très bien. »

Ne le voyant pas se métamorphoser, pouvant toutefois sentir ses mains qui se déplaçaient alors que tout mon corps était révulsé. N'en venant qu'à le repousser alors que j'ouvrais les yeux avant même qu'il prononça ses mots. « Je crois qu’il est parti… rouvre les yeux, champion. » Une jeune femme blonde assise sur mes genoux. Lui. « Ahlala… tu dérailles, Grant. Tu veux bien me le glisser là ? » Sa voix qui résonnait dans ma tête alors qu'au bout d'un instant j'en venais à céder. « Attends, » Ses lèvres qui se posaient sur les miennes. Le dégoût qui m'envahissait. « Je suis fière de toi. » Un dégoût repoussé. Juste un robot. Un zombie. Si détaché et pourtant je n'en venais qu'à recracher l'oeil aussitôt. « J’aurais bien aimé m’amuser encore un peu, mais je crains que tu sois capable de me vomir dessus. » Mon regard qui se faisait noir soudainement remplacé par le désir de tuer alors que la rage ne venait qu'à s'emparer soudainement de mon corps. « Oups. Encore un râteau ! » Mon poing qui se serrait sur l'arme. Mon doigt qui approchait de la gâchette alors que mon esprit tentait de reprendre le dessus. « Compte jusqu’à trente. » Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. « À dix, tu penseras à la petite Mary qui sourit toujours. » Six. Mon arme qui se leva dans sa direction. Sept. Huit. Mon doigt qui se positionnait sur la gâchette. Neuf. Dix. L'image de Mary qui s'imposait dans mon esprit alors qu'il reculait d'un pas. Onze. Douze. Treize. Son sourire qui se dessinait sur son visage. Quatorze. Quinze. « À vingt, je te manquerai. » Seize. Dix sept. J'appuyait sur la détente. Dix huit. Un coup manqué. Dix neuf. Rappuyant sur la gâchette. Vingt. Le sentiment de manque. Un échec. Les nombres qui continuaient de défiler que mon esprit tentait de combattre. Son influence qui faiblissait à mesure qu'il reculait. « À trente, tu feras tout pour survivre. » Trente. Ce que je fis pourtant alors qu'il n'était déjà plus qu'une mouche. Des coups de feu qui retentissaient derrière moi. Et la seconde d'après je me mettais debout pour courir. Courir pour survivre. Courir pour oublier. Run.

Rp terminé

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