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 SHE'S NOT READY FOR THAT | JEREMIAH & PRIMROSAE

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SHE'S NOT READY FOR THAT

Jeremiah & Primrosae

Les douleurs avaient commencé dans l'après-midi. Il devait être dans les environs de seize heures du matin lorsqu'elle avait commencé à sentir des contractions. Autant dire qu'à cette période de la grossesse, ça n'avait rien de très étonnant ni d'alertant. Ca arrivait quelques fois, ça repartait toujours après quelques minutes ou une heure. Seulement cette fois, ça ne s'en allait pas. Les heures défilaient une par une, les contractions se rapprochaient de plus en plus. Bientôt elle n'était plus capable de se lever de son canapé ou en tout cas difficilement. Elle comptait les minutes qui séparaient chacune des contractions. Elle savait qu'à un certain temps d'intervalle, elle aurait dû se rendre à la maternité mais ça c'était bon pour les femmes qui voulaient garder leur enfant, pas celle qui voulait les assassiner à la sortie. Elle était donc restée chez elle, supportant tant bien que mal - surtout mal à vrai dire - les douleurs qui allaient avec un accouchement et ce depuis des heures. Elle avait même eu du mal à rester parfaitement calme lors de l'appel qu'elle avait lancé à Jeremiah. Un mois, il avait un mois d'avance ce foutu bébé dont elle ne savait rien - et elle restait d'ailleurs déterminée à ne rien savoir. A quoi bon quand on sait qu'il finirait avec une balle dans la tête à la sortie. - Elle avait expliqué au responsable de cet accouchement qu'elle était en train de donner naissance plus tôt que prévu et qu'il avait intérêt à ramener son cul rapidement. Parce qu'elle l'avait appelé trop tard et qu'elle sentait déjà la libération proche? Non. Simplement parce qu'elle souffrait, qu'elle était dorénavant incapable de se lever pour marcher et qu'elle allait forcément mettre la faute sur quelqu'un et lui faire comprendre combien elle le détestait présentement de l'avoir forcée à subir ça. C'était douloureux, terriblement douloureux. Elle peinait parfois à respirer, elle peinait surtout à rester silencieuse. La douleur la mettait souvent au bord des larmes lors des longues contractions. A choisir, elle préférerait certainement ressusciter son père pour avoir une nouvelle séance de torture que de vivre encore ça très longtemps.

Malheureusement elle le savait, les accouchements duraient des heures, de longues et éternelles heures même si elle avait fait la plus grosse partie quand Jeremiah passait la porte. A cet instant, il devait être un peu plus de 23h. La rousse n'était plus qu'en débardeur - c'était clairement pas le moment de faire semblant d'être pudique - transpirante, tremblante sous la douleur et étrangement calme. Les doigts douloureusement crispés contre le cuir du canapé, elle respirait fort comme si de longues respirations l'aidait à supporter l'insupportable. Lorsque Jeremiah était assez près, elle desserrait les dents pour siffler quelques mots. « Pourquoi il n'existe pas de péridurale clandestine? » Bon, elle connaissait un peu la réponse. Parce que c'était compliqué à faire, parce qu'il fallait un médecin, parce qu'aucun moyen facile ou médicamenteux ne pouvait la remplacer mais c'était pour elle son seul moyen de communiquer sa douleur. « C'est bientôt fini. » Elle le savait parce qu'elle avait lu beaucoup de choses - elle ne voulait pas mourir en couche pour une erreur de débutant - et notamment comment vérifier la dilatation de l'utérus par soi-même et le rythme des contractions au fur et à mesure de l'accouchement. Les siennes avaient pris une accélération remarquable ce qui signifiait qu'elle était au moins à sept centimètres. Ce n'était plus qu'une question de paire d'heures. Sous le coup d'une longue contraction terriblement douloureuse, elle attrapait le bras de Jeremiah le serrant un peu mais ne remarquant pas immédiatement que c'était surtout ses ongles contre sa peau qui devaient être gênants voire douloureux pour lui également. « Je te déteste pour ça, Reagan. » Cette douleur, cette épreuve de plusieurs heures. Il fallait bien qu'elle crache un peu de son venin, non?

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Soudain, je cligne des yeux et je me retrouve avec la main sur la poignée de sa maison. Mes doigts tremblent alors que cette sensation m'a abandonné quand je tiens maintenant une arme. Je lève les yeux sur le dernier rempart entre moi et ma trahison, j'ai juré. J'ai promis à Primrosae que je tuerai son enfant, peut-être le nôtre, avant qu'il ne puisse voir le soleil se lever de ses propres yeux. Je lui ai juré quand nous étions à l'hôpital, quand elle s'est assez ouverte pour me le demander, et quand elle m'a offert sa confiance et les braises de son humanité.

J'ai sincèrement cru que cela n'aurait aucune importance pour moi, un mutant est un mutant. Que ce soit le mien ne change rien, sinon je n'aurais pas regardé Aaron dans les yeux avant d'essayer de le tuer. Je me persuade que je ne le voulais pas vraiment, je n'ai pas touché d'organe vital, je ne lui ai pas traversé le cœur et pourtant, je lui ai fait mal, assez mal pour qu'il puisse en mourir. J'ai accepté cette possibilité et j'ai été lâche, j'ai été terriblement lâche. Je le serai encore ce soir. À quoi ai-je pensé sur le trajet ? J'ai pensé que j'ai menti, une fois de plus, mais cette fois j'ai menti à Primrosae. Elle a plusieurs fois deviné mes faiblesses, elle savait bien que je ne pourrais pas le faire mais elle a accepté ma promesse, ma parole. Je ne les respecterai pas. Je ne tuerai pas son enfant sous ses yeux. Peut-être suis-je en train de piétiner ce qu'elle essaie de laisser échapper comme bribes d'humanité, ou je l'empêche de s'en vouloir toute sa vie d'avoir mis à mort la chair de sa chair.

Aaron avait tort, les prières des enfants n'ont pas plus d'importance que les autres dans les Églises. Je l'ai cru moi aussi, j'ai eu tort aussi. Nos promesses ne valent rien, ma parole ne vaut rien. J'ai promis à Sarah que l'arme que j'avais ce jour-là en main ne servirait pas à tirer sur Lewis. Je sais maintenant que j'en suis capable, encore et encore. Je pourrais le faire. Je le ferai sans doute à un moment donné. J'ai envisagé d'abattre ma mère pour retourner mon père et son réseau, les détourner du code pour les amener de mon côté. Tout cela, je n'y ai pas que songé, je l'ai planifié. J'entre dans l'entrée, tout cela, je l'ai planifié. Bientôt, je prévoirai de tuer Lewis. Cela me semblera être la seule solution possible, une évidence même. Qu'a dit William déjà ? Il est déjà mort. C'est un soldat, il s'est engagé pour offrir sa vie. Il est mort.

Je progresse doucement, j'essaie de me détacher de ses cris parce que je sais que les prochains me seront destinés. La douleur va se muer en colère et si tout se passe comme je l'ai prévu, je ne serai pas là pour accueillir son désir de sang. Je vais partir, et je vais emmener l'enfant avec moi. Je vais sortir et au lieu de lui loger une balle dans la tête ou l'étouffer sous un oreiller, je le prendrai dans mes bras, je le bercerai des battements lents de mon cœur éteint pour le mettre à l'abri. Je devrais ignorer où il est, ce qu'il devient... Je devrais mais à qui puis-je le confier ? Les Watchers le condamneront comme Prim l'a déjà condamné à mort, et les mutants l'exploiteront. Il doit être un clandestin, il doit disparaître. Il devra ne jamais avoir existé.

Il n'aura jamais existé, si ce n'est aux yeux d'une mère folle. Je m'approche assez d'elle. « C'est bientôt fini. » Je sens le temps presser, le temps finalement ralentir, le temps se figer, à moins que ce ne soit moi. Je me tourne sur elle quand elle m'embroche le bras mais je ne peux pas lui en vouloir, je fronce les sourcils puis viens glisser une main derrière sa tête, pour l'aider à se redresser sensiblement. J'avance mon visage près du sien avant de laisser mon front se poser doucement contre celui de la future mère. « Ne t'en fais pas, je reste près de toi... » Est-ce qu'elle sent le mensonge, même à cet instant ? Est-ce qu'elle me sent juste fébrile ou peut-elle entendre le vibration de la traîtrise dans le creux de ma voix ? Je reste près d'elle, regrettant maintenant de ne pas l'avoir laissé fuir en Hollande quand elle pouvait le faire, pour m'épargner cette peine. Je reste près d'elle, et pourtant mon esprit est ailleurs... Quand le médecin entre soudain chez Prim sans prendre la peine de frapper, il affiche un sourire qui ne me plaît pas, annonce qu'il va aider le « petit monstre » à quitter notre amie. Notre « amie », franchement ? Est-ce que j'ai vraiment l'air d'un Pasteur compatissant à cet instant ? Je prends mon mal en patience. Il vient administrer quelque chose à Primrosae, lui assurant que le soulagement sera moindre. Je ferme les yeux. Défilent les secondes, reprend sa course le temps. Je devrais partir, maintenant. Avant qu'il ne soit là.
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La douleur lui faisait bêtement oublier le reste. Elle aurait dû le sentir, elle aurait dû le voir dans les traits plus creusés de son visage, elle aurait dû l'entendre dans l'intonation de sa voix, elle aurait dû le sentir dans ses spasmes musculaires presque imperceptibles. Il mentait. Il mentait et elle était incapable de le détecter, incapable de se rendre compte que tout n'était qu'un jeu d'acteur, que tout ce qu'il lui disait depuis le début n'était que connerie. Elle lui avait donné sa confiance, clairement, explicitement en allant jusqu'à la fin de cette grossesse. Il avait promis. Elle s'était bêtement dit qu'un homme de son statut ne dérogeait pas à ses promesses. Il ne l'avait jamais fait avec elle, il les avait toujours tenu, peu importe ce dont elles étaient faites. Elle était incapable de voir qu'il mentait parce qu'elle était trop prise par les douleurs, parce qu'elle-même tremblait, parce qu'elle-même criait. Tout était que vérité dans sa souffrance physique, tout n'était que sincérité dans ses mots. Elle était loin de se douter qu'il allait lui planter un couteau dans le dos. Un couteau ou une intraveineuse, discrète, qui lui semblait tant naturelle quand le médecin, un watcher également, venait lui poser. Elle ne se doutait pas que ce qu'elle pensait être la fin d'un cauchemar était en fait le début d'une abominable mascarade.

Les minutes défilaient et si, effectivement, la douleur s'était légèrement réduite, elle ne pouvait pas dire qu'elle ne sentait rien non plus, bien au contraire. Le rêve de la péridurale était loin, bien loin et c'était de toute façon trop tard. Les heures étaient passées, le moment était venu, elle le sentait parce qu'elle avait drôlement envie de pousser pour le faire sortir de là ce qu'elle ne tardait absolument pas à avouer au médecin. Un dernier check-up, un dernier regard directement envoyé à Jeremiah. Tu as promis, ne l'oublies pas. Elle puisait dans les forces qui lui restaient - autrement dit pas grand chose - pour faire descendre l'enfant et quand la tête se présentait à la sortie après quelques minutes, Primrosae avait un mouvement de recul à la grande douleur que ça engendrait, incapable de retenir des cris plaintifs, incapable de pousser de peur que ce soit pire encore. Pourtant, il le fallait bien. Tout allait vite, très vite, trop vite. Ca avait mis des heures à arriver, des heures pour que son col s'efface et maintenant, en quelques minutes, en quelques poussées douloureuses, elle donnait la dernière pour faire passer l'épaule. « Stop, on arrête de pousser! » Un ordre du médecin qu'elle ne mettait pas de temps à comprendre, se reposant lourdement sur le canapé. Des gouttes de sueur glissaient de son front et quand bien même elle sentait tout ce qui se passait plus bas - et que ce n'était pas agréable du tout - elle semblait paisible, de nouveau en harmonie avec elle-même et ses convictions.

C'était un coup de ciseaux qui la sortait de ses rêveries. L'enfant dans les bras, le médecin venait de couper le cordon. Elle savait qu'il fallait encore qu'elle expulse le placenta pourtant, dans son esprit, c'était fini. Elle avait accompli sa mission jusqu'au bout, elle avait mené sa grossesse a bien, elle avait donné naissance maintenant c'était à Jeremiah de remplir sa part du contrat. Une part qu'elle ne verrait pas de ses propres yeux. Ses paupières étaient lourdes, terriblement lourdes, elle peinait à garder les yeux ouverts et même si elle ne souhaitait pas voir l'enfant, elle exigeait de voir Jeremiah s'occuper de son cas. Tu as promis, ne l'oublies pas. Non, il n'avait pas oublié mais il la lui faisait à l'envers. Cette envie de dormir soudaine, puissante, elle n'était pas naturelle, ce n'était même pas un accident. Dans un dernier excès d'adrénaline, elle arrachait la perfusion, dans l'espoir sûrement d'arrêter le processus. Elle comprenait, elle paniquait. « Jeremiah... » Quand elle cherchait à se lever, à se redresser, sa tête lui tournait et bientôt c'était dans un profond sommeil qu'elle s'en allait, déjà en colère du coup qu'il venait de lui mettre, piétinant le peu d'humanité qu'elle avait laissé s'échapper.

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Elle hurle, je reste près d'elle parce que je n'ai pas de choix à faire, contrairement à ce qu'elle a pu penser ces dernières semaines. Je n'ai pas choisi entre cette femme que j'aime en dépit du poison qu'elle représente, et cet enfant qu'elle porte et qui représente tout ce que nous devons détruire. Je n'ai jamais eu à choisir et je ne tuerai pas Primrosae pour le protéger, même si moi par contre... il m'est arrivé de me poser la question plusieurs fois. Quand je la voyais, avec ses formes qui engageaient ceux ne la connaissant pas à la féliciter, je me disais qu'ils ne pourraient pas survivre tous les deux dans un si petit espace. Le monde est trop petit pour eux deux.

Ça aurait pu être il y a quelques mois, j'aurais fermé les yeux sur sa décision – après tout je ne suis peut-être même pas le père – et tout cela n'aurait pas eu lieu. Si nous n'agissons pas maintenant, si je n'agis pas maintenant, elle le fera. Je lui ai promis de tuer le bébé dès sa venue au monde. J'ai dû penser à un moment donné que je pourrais tenir cette promesse. Il me serait facile d'attendre que Primrosae dorme pour lui tirer une balle dans la tête, sans qu'elle ne souffre, sans qu'elle ne se sente trahie, sans qu'elle ne puisse plus tout détruire anarchiquement sur son passage. Sans la moindre cohérence ni la moindre humanité, elle met tout le monde en danger : les autres Watchers, les humains et elle-même. Elle voulait tuer l'enfant avant même de savoir qu'il était un mutant.

Je reste néanmoins près d'elle. Elle ne saura pas, elle ne saura jamais où il pourra se trouver et pour leur bien à tous les deux, moi non-plus. Je le conduirai ailleurs, loin d'ici où Primrosae ne pourra pas le retrouver. Parce qu'elle le cherchera, quand bien même doit-elle y passer des heures ou des jours... elle y mettra les moyens et toute sa rage. Et elle nous détruira, du moins elle terminera ce que j'ai déjà entrepris. Tu as promis, ne l'oublies pas.

Je l'ai promis, je ne l'oublie pas. La déchirure dans mon regard à cet instant, outre la souffrance de celle à qui je tiens, c'est de me souvenir de cette promesse. Je reste près d'elle, croit-elle que cette résignation, c'est celle de l'acceptation ? Ne plus pouvoir reculer. Je garde sa main dans la mienne, ils ne souffriront plus après ça, ni l'un ni l'autre. Le médecin prend l'enfant dans ses bras, il a toujours participé aux opérations les moins violentes mais a été d'un soutien précieux pour les Watchers. Maintenant, va-t-il me trahir auprès de Prim ou faire ce qui est le mieux pour tous ? Quand il a l'enfant dans les bras, je le fixe de peur qu'il ne fasse ce que je ne veux pas faire. Je le laisse, voyant tout danger écarté de ce côté-là. Je pourrais prétendre qu'il est mort-né mais un cri se fait entendre. J'entrouvre la bouche en l'entendant hurler, hurler qu'il est là et bien vivant. Je me mords la lèvre et reviens tout contre la mère.

Je passe un bras autour d'elle et me love tout contre elle. Tu as promis, ne l'oublies pas. Je n'ai pas oublié. Je la garde contre moi et maintiens ses bras après qu'elle ait utilisé ses dernières forces pour retirer la perfusion. Je la garde contre moi pour éviter qu'elle ne chute, qu'elle ne se fasse mal. Je me penche contre elle et lui susurre quelque chose à l'oreille tout en caressant son visage. Elle s'endort entre mes bras et je reste ainsi quelques instants...

Je lève ensuite les yeux sur le médecin qui me dit qu'elle aurait pu aller à l'hôpital, tout en examinant l'enfant : « Je ne suis pas sûr qu'il survive, il a trop de mal à respirer. » Je tends les bras puis les retire brutalement. Qu'est-ce que je fais maintenant ? Je regarde Primrosae qui dort et lui demande doucement, comme si je pouvais briser son sommeil forcé, de veiller sur elle. Je prends un plaid et y glisse l'enfant qui pleure avant de le serrer contre moi.
▬ Penses-tu que je devrais le tuer, cet enfant mutant ? Tu le tuerais, à ma place ?
▬ Quoi ? Euh, je...

Son hésitation me décide et je hoche de la tête. « Répète-lui ce que tu m'as dit, que l'enfant est mourant. Prends soin d'elle... Je ne reviendrai pas. » Je prends mes affaires et garde l'enfant dans mes bras. Dernière précaution en sortant : « Gordon, c'est une fille. D'accord ? » Il ne pleure déjà plus...
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Elle aussi l'entendait. Il hurlait comme elle avait hurlé. Il pleurait comme elle avait pu pleurer quand elle avait appris son existence. Il était couvert de sang comme elle avait pu l'être quand elle avait tenté de le tuer. La similitude était flagrante et pourtant ses yeux se fermaient, physiquement comme sentimentalement. Elle refusait de voir de cet enfant qui était le sien, elle refusait l'idée d'avoir un lien de sang avec qui que ce soit depuis la mort de ses parents, elle refusait de croire qu'il puisse être vivant, qu'il puisse faire partie de sa vie d'une quelconque façon. Persuadée qu'il ne devait plus respirer, persuadée qu'il ne devait pas ouvrir les yeux, persuadée que Jeremiah allait faire le nécessaire parce qu'il avait promis et qu'elle savait qu'il n'avait pas oublié. Elle, en revanche, elle avait oublié. Oublié avec quelle férocité il s'était battu pour qu'elle ne prenne pas cet avion, avec quelle agressivité il l'avait persuadée de le laisser naître et d'aviser plus tard, avec quelle détermination il les avait sauvé tous les deux d'une morte certaine. Elle avait oublié et tout lui revenait en un instant, cet instant où une bribe de conscience lui restait, cet instant qui précédait la fermeture de ses paupières définitives pendant plusieurs heures, cet instant où elle se rendait aussi compte avec quel calme il lui avait menti.

Le regard de Gordon sur Jeremiah ne mentait pas. Lui aussi savait, lui aussi avait parfaitement conscience de ce que le Pasteur était en train de faire. Il sauvait la vie d'un mutant, leur ennemi juré, mais son regard - fort heureusement - était différent de celui de Primrosae. Il ne voyait qu'un homme qui tenté de sauver la vie d'un enfant innocent. Un simple hochement de tête, seulement ça. Il allait prendre soin d'elle, expulser lui-même le placenta, lui donner les soins nécessaires et s'assurer de son réveil dans une heure ou deux. Il connaissait Primrosae, assez pour savoir qu'il n'avait pas intérêt d'être dans les parages quand elle allait se réveiller mais sa conscience l'obligeait pourtant à rester.   « Bonne chance. » étaient les derniers mots qu'il accordait à Jeremiah avant de se remettre au travail. Oui, il savait qu'en passant cette porte, l'enfant dans les bras, le Pasteur déclarait la guerre à cette mère qui n'en était pas une. Il avait parfaitement conscience qu'il serait incapable de persuader la jeune femme de laisser tomber. A vrai dire, il ne tenterait même pas parce que tous les Watchers savaient que lorsqu'elle avait une idée derrière la tête, elle ne l'avait pas ailleurs. Il se contenterait de mentir comme Jeremiah lui avait demandé, plus ou moins sceptique quant aux résultats.

Les heures s'étaient échappées, intérieurement il souhaitait pour l'enfant qu'ils étaient déjà loin d'ici quand Primrosae ouvrait les yeux. D'abord dans le brouillard, sa réaction était moindre. Elle peinait à remonter à la surface, elle peinait à reprendre ses marques dans la réalité. De longues minutes étaient nécessaires pour que tout lui revienne, pour que cette déchirure dans son cœur ne se forme et compresse sa poitrine comme jamais elle n'avait été compressée. Elle avait mal, terriblement mal. Physiquement, sentimentalement. La brèche ouverte n'était pas prête de se refermer et si son visage restait de glace, elle pleurait intérieurement. Son cœur pleurait et ça faisait mal, ça lui retournait les tripes, ça lui nouait l'estomac. Seulement, Primrosae ne serait pas Primrosae si sa peine ne se muait pas en colère et c'est quand elle attrapait Gordon à la gorge, les larmes au bord des yeux, qu'il comprenait que plus rien ne l'arrêterait, jamais plus. « Où sont-ils? Réponds-moi! » Desserrant sa prise pour lui permettre de respirer, elle laissait vite tomber quand elle se rendait compte qu'il ne savait rien. Une fille, c'était soit disant une fille. C'est tout ce qu'elle savait et sa date de naissance mais à quoi bon la retenir quand l'enfant était né caché aux yeux de l'état. Pour les registres, il n'existait même pas.

Et pour Primrosae, il devait cesser d'exister. « Sors de chez moi avant que la balle qui lui ait destiné te revienne. » Elle ne savait plus si elle parlait de l'enfant ou de Jeremiah. Quant à Gordon, il ne demandait pas son reste et s'en allait. Le silence. C'est ce qui l'entourait désormais. Plus de cris, plus d'hurlements, plus rien. Plus rien sauf elle et les traces de son accouchement. Plus rien sauf elle et ses pensées. Des pensées qu'elle aurait cru tournée vers l'enfant, vers la façon dont elle allait s'y prendre pour le retrouver et pour lui ôter la vie sans se faire prendre. Des pensée qui auraient dû aller dans ce sens. Pourtant, seul le prénom de Jeremiah clignotait dans sa tête et plus les minutes passaient, plus les larmes montaient. Sa trahison était finalement pire que de savoir l'enfant vivant, sa trahison était finalement plus douloureuse encore que tout le reste. Pourquoi Dieu souffrait-elle autant? Parce qu'elle l'aimait. Parce qu'elle l'aimait et qu'elle était en colère de s'en rendre compte dans la souffrance. Parce qu'elle l'aimait et qu'elle en pleurait tant ça faisait mal. Parce qu'elle l'aimait mais que son père avait raison: aimer c'est se détruire soi-même.

FIN DU SUJET

Spoiler:
 

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