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 KINDER SURPRISE (J. Reagan)

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MessageSujet: KINDER SURPRISE (J. Reagan)   Lun 19 Sep - 22:36
Kinder Surprise
Jeremiah & Primrosae

Elle avait l'impression que la déchirure de l'enveloppe résonnait dans toute la maison. Le calme olympien - relativement flippant - qui caractérisait tant la rousse avait disparu. Rare était les événements qui avaient le don de la stresser - c'était d'ailleurs cette tendance à tout prendre à la légère qui finirait par la tuer mais ça, c'était une autre question - et pourtant, c'était bien un morceau de papier, une seule feuille qui la rendait presque malade. Assise sur un tabouret du bar de sa cuisine, elle sortait le courrier du laboratoire médical, son regard passant rapidement les lignes à la recherche d'un indice, à la recherche de ce qu'elle attendait. Félicitations... Ce seul mot qui se voulait pourtant sympathique faisait monter la colère entre ses reins et faisait bouillir son sang. « Putain! » Son poing frappant sur le bar et son cri résonnant dans la maison auraient pu réveiller un mort mais le calme revenait immédiatement. Plus un bruit. Plus de son, plus d'image. Les lèvres pincées par la colère qu'elle ressentait contre elle-même et contre le personnel médical étaient les seuls témoins de ses états d'âmes à l'heure actuelle. De la colère, seulement de la colère. Ne pas avoir fait plus attention, d'avoir eu une relative confiance en certains hommes, en la médecine, ne pas avoir été au courant bien plus tôt pour couper court à tout ça. Ça aurait été si simple, tellement plus simple. Dans son esprit, c'était le vide, seul un prénom clignotait dans la pénombre de ses pensées, comme une alerte à la bombe - ou alerte à un virus, allez savoir - : Jeremiah.

Elle avait envie de gerber. De colère, de haine, elle ne savait pas trop mais ça lui retournait l'estomac. S'il était le premier à lui venir en tête, c'était bien parce qu'il était le plus susceptible d'être le responsable de cette énorme blague qui ne la faisait pas rire du tout. Un peu plus loin dans le couloir de son esprit ombragé se cachait Gabriel... bordel mais quelle pute elle faisait parfois! Serrant le poing, la feuille se froissait sous ses doigts. Elle n'était pas experte dans ce domaine mais elle savait qu'il était trop tard. Trop tard pour les USA en tout cas. Dans son esprit déjà, elle pensait aux possibles préparatifs d'un voyage en toutes urgences vers un pays pour qui ça ne poserait pas de souci qu'elle soit déjà dans un quatrième mois de grossesse. Quatre mois... et elle n'avait rien vu, rien sentie, même ses règles étaient toujours à l'heure. Seule la fatigue l'avait poussé à voir un médecin mais elle s'attendait à une carence bien plus qu'un locataire d'utérus indésiré. Elle se souvenait d'une réflexion de Jeremiah concernant sa poitrine mais son ventre n'avait pas bougé d'un centimètre. Comment s'était possible? Elle n'en savait rien, elle s'en foutait, elle ne faisait que constater qu'elle était bien enceinte et qu'elle détestait ne serait-ce que l'idée. Elle ne voulait rien savoir, elle voulait juste oublier, faire disparaître cet embryon.

C'était la seule raison qui l'avait poussée plusieurs heures plus tard à la porte de chez Jeremiah, l'alcool abusif teintant sa voix d'une nuance plus grave que d'habitude. « REAGAN! Ouvre cette putain de porte! » Elle avait envie de le frapper, elle avait envie de lui cracher à la gueule que tout était de sa faute et uniquement la sienne... elle avait envie de vomir aussi mais d'excès cette fois. Se tenant à l'encadrement de la porte, elle ne se montrait jamais quand elle était dans cet état mais cette fois, elle avait carrément pris le risque de venir ici au volant de sa voiture tant l'évidence de lui dire lui creusait les entrailles. Sa chaleur corporelle commençait à être insupportable, l'obligeant à retirer sa veste et à la laisser choir sur le sol. Un moment opportun où Jeremiah ouvrait enfin sa porte... et tout avait disparu. Sa colère s'était envolée, sa haine s'était éteinte, l'envie de le frapper s'en était allée. Il ne restait que lui, elle et l'invité surprise dont Jeremiah ignorait encore l'existence. Le voir là, face à elle, ça lui coupait le sifflet. A vrai dire, elle ne savait pas par où commencer, par quel bout attraper la mauvaise nouvelle, parce que c'est ainsi qu'elle continuait de la voir. « Salut. » se contentait-elle de dire en passant près de lui pour pénétrer l'appartement sans même prendre le temps de ramasser - et puis de toute façon, elle n'était pas en état, se pencher serait clairement un risque de se casser la gueule en avant. Trouvant le canapé sans mal, elle y posait brutalement ses fesses dans un soupire lourd de sens. « Tu sais lire les trucs de prise de sang? » Cette fameuse lettre du laboratoire qu'elle avait dans les mains. Lui faire lire était peut-être la meilleure des solutions finalement.


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Petite cachotterie supplémentaire, sommes-nous vraiment à un stade de notre relation qui exige la sincérité ? Je suis à genoux, les mains jointes et les paupières baissées. Le silence me calme, calme mes angoisses potentielles et mes accès de violence. Et pourtant, j'ai envie d'aller retrouver Jimmy et de lui mettre un coup de hache dans la nuque. C'est à lui que je devrais arracher les yeux, plonger les doigts dans ses orbites et arracher tout ce que je pourrai. Je suis mis à l'épreuve. Je suis sans cesse mis à l'épreuve par le Seigneur et désormais je sais que j'ai commis une erreur en laissant Aaron continuer le cours de sa vie.

Le chasser de la mienne n'a pas été suffisant et n'a pas apaisé ce feu qui me consume un peu plus chaque jour. Je regarde mes mains, dont les contours m’apparaissent à peine dans la pénombre.  L'une tremble, je suis fatigué. J'appuie mon front contre mes doigts entrelacés et pousse un long soupire. J'ai échoué, j'aurais mieux fait de le tuer, de les tuer tous les deux. Pourquoi faut-il que je sois faible, si faible ? Je ferais mieux de faire exploser ces nids d'animaux. Les enfermer, les recenser, c'est trop tard. Ils sont trop nombreux, ils sont dangereux. Un courant d'air m'arrache un frisson, la porte vers l'Église est restée ouverte alors je me lève et me rends dans mon bureau. Je le traverse silencieusement et ferme la porte vers l'Église endormie. Les lumières artificielles traversent les vitraux par endroits, et ces lumières sales se changent en dessins sans forme sur la pierre froide.

Je demeure quelques instants dans l'embrasure de la porte, à regarder le spectacle de la paix muette. Comment puis-je aspirer à tant de paix, quand je dois semer la destruction pour y parvenir ? Ne devons-nous pas tout détruire pour reconstruire un monde sain ? J'attends le moment où je prendrai mes frères et sœur dans mes bras, les maintiendrai fermement face aux mutants qui brûlent, courent en hurlant, espérant sauver leur vie. Ce sera le début d'un monde nouveau, ce sera la première pierre de demain. Je reste là un moment puis entre finalement dans la maison, fermant soigneusement derrière moi. Je garde une arme dans ma table de nuit et m'endors tôt.

Ce sont des coups dans la porte qui me réveillent en sursaut. Je tends le bras sur ma droite avant de reconnaître les beuglements de la délicate Primrosae. Putain... Je passe la main sur mon visage puis parviens à m'extraire de mon lit. M'étant endormi en caleçon, je fais un petit crochet par la salle de bains et passe un peignoir avant de me rendre à la porte. J'ouvre lentement et la trouve appuyée – pendue – à mon montant de porte. Je la regarde une seconde et mon premier réflexe est de jeter un coup d'oeil au-dessus de son épaule. Je m'écarte pour qu'elle puisse entrer, sans que nous ne nous lancions dans de belles embrassades. Salut. Voilà qui a le mérite d'être concis.

Après avoir manqué de tomber dans un coma éthylique après avoir senti son haleine, je m’écarte légèrement. Elle entre et je me penche pour ramasser sa veste qu'elle a abandonnée sur le paillasson. Je ferma la porte derrière moi et donne un tour de clef. Elle est confuse, pas dans son état normal et je ne comprends pourquoi c'est moi qu'elle est venue voir alors. Je fais quelques pas vers elle et m'assieds sur le bord de mon lit, laissant une distance raisonnable entre nous. Entre Prim et moi, c'est toujours explosif. Parfois envers le monde, parfois l'un envers l'autre. Je passe la main à nouveau contre mon visage quand elle me parle d'une prise de sang. Je soupire et me lève pour la lui prendre des mains sans plus de discours. Je suis pasteur, pas pharmacien.

Je soupire et regarde les résultats. Faites que ce ne soit pas une hépatite. Je fronce les sourcils, regarde Primrosae au-dessus de la lettre. Reviens vers la lettre. Lance un nouveau coup d'oeil vers Primrosae. Je prends une longue inspiration, ses résultats sont les siens. J'ouvre les lèvres pour parler, garde le silence et porte les deux mains à mon visage : « Mais ça veut dire que … ? » Je ne peux m'empêcher de laisser un sourire planer sur mon visage, sourire qui se fâne soudain en un masque colérique. Je laisse tomber la feuille et fonds sur ma belle pour l'attraper par les cheveux d'une main, l'obligeant ainsi à se redresser. J'entoure sa taille de mon bras libre et la traîne hors du canapé, ne relâchant ma prise à aucun moment. Et pourtant je les aime, ses cheveux. Alors qu'elle va commencer à protester, se plaindre, je n'en sais rien, je me contente de lui hurler : « Ta gueule ! » et j'ouvre furieusement la porte de la salle de bains d'un coup de pied. Je la traîne jusqu'à la cuvette des toilettes et après levé la lunette, je manque de lui enfoncer la tête dedans. Je pourrais lui laisser le choix, le faire elle-même mais je ne peux pas lui en laisser le temps. Alors je garde une bonne prise dans ses cheveux et de ma main maintenant libre, je viens enfoncer mes doigts bien profondément dans sa gorge, et qu'elle essaie de me mordre, elle se prendra une baffe.
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Calée dans le canapé du Pasteur, ainsi posée, Primrosae se sentait déjà mieux. Limiter les mouvements et la position verticale semblaient être de bonnes idées pour éviter la chaleur et les étourdissements. Boire à outrance, ça ne lui ressemblait pas vraiment, pas à ce point en tout cas. Prim était une femme de contrôle, une femme qui ne laisse jamais rien au hasard et forcément, l'alcool, ça créer du hasard. Elle n'avait pas pour habitude de laisser de possibles failles se dessiner dans son programme en se laissant ainsi guidée par l'ivresse. Elle buvait toujours modérément ou pas du tout. Ce soir, modération, elle avait totalement oublié qui c'était ce salaud et ce n'était pas Jeremiah qui l'accueillait de force chez lui qui allait dire le contraire. Elle le laissait se saisir de l'enveloppe qu'elle avait dans les mains - elle était là pour ça de toute manière. L'observant d'un œil relativement vide - comme si elle avait oublié pourquoi elle guettait une réaction de sa part - elle ne pouvait pourtant pas s'empêcher de lui balancer un coussin du canapé dès lors que l'un de ses sourires pointait. « Ça n'a rien de drôle! » Ça? Ça quoi? Elle en avait aucune idée. L'espace d'un instant, elle ne savait plus très bien ce qu'elle foutait là, pourquoi elle était là. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle détestait quand il souriait comme ça. C'était comme ça depuis qu'ils se connaissaient. Chaque fois qu'il souriait c'était pour quelque chose qui la contrariait, alors peu importe quoi, elle lui avait finalement balancé un coussin par pur réflexe - sans le toucher néanmoins, le manque de force ne permettant pas à l'objet de voler bien haut ni très loin. Elle commençait à vaciller, à s'assoupir. Elle aurait pu tomber dans les bras de Morphée si Jeremiah n'en avait pas décidé autrement. Forcée de basculer en avant pour se redresser, elle freinait des quatre fers autant qu'elle le pouvait alors qu'il la menait vers la salle de bain. Il lui faisait mal, il la brutalisait mais l'alcool faisant, elle ne s'en rendait pas vraiment compte pour le moment et protestait surtout de ne pas pouvoir rester sur le canapé. Bien que l'injure de Jeremiah faisait vibrer ses tympans, c'était rentré dans une oreille pour mieux ressortir par l'autre et elle ne cessait donc pas de protester son mécontentement tout en tentant de s'accrocher là elle le pouvait.

Bientôt il ne restait plus que la bile. Forcée à vomir, elle ignorait pendant combien de temps elle était restée ainsi, la tête dans les toilettes et le cul sur le sol, à vider son estomac. Quelques secondes, quelques minutes, elle n'en savait rien mais elle avait arrêté de se débattre, elle s'était contentée de subir le résultat des doigts du Pasteur au fond de sa gorge. Bientôt, il ne restait plus que la bile. Brûlante, elle lui arrachait des larmes au coin des yeux, irritait sa gorge plus que de raison. Dans un automatisme - presque - parfait, elle avait saisi du papier toilette, essuyant sa bouche, se foutant totalement que son rouge à lèvre en vienne à faire une trace sur sa joue. Elle était dans un piteux état, elle se sentait mal, elle avait mal. Pourtant elle ne bougeait pas, sa tête posée contre son bras, lui-même en appuie sur la cuvette des toilettes. Le silence s'était installé, seulement brisé par le bruit de la chasse d'eau éliminant les traces de son alcoolisme poussé. Elle observait le tourbillon dans un silence de mort avant de le réitérer en appuyant une secondes fois sur le bouton, comme si la propreté de la cuvette avait soudainement de l'importance. Il était probable qu'elle ne cherchait qu'à s'occuper pour mieux oublier. Oublier cette grossesse, oublier la réaction brutale de Jeremiah dont se souvenait encore son cuir chevelu. « T'es trop con. » Presque inaudible mais affreusement ressenti, là, quelque part, tout au fond d'elle et bien caché. Pourtant ça faisait un mal de chien. Il n'était que pur égoïsme, c'est ainsi qu'elle le prenait. Il ne se mettait même pas à sa place, il ne cherchait même pas à comprendre pourquoi elle en était venu à boire. Il ne voyait que les faits, point final. Elle le détestait pour ça. Une haine sincère qui se comprenait par son silence et cette façon qu'elle avait de fuir son regard et de ne pas lui répondre si toute fois il lui parlait ou lui posait des questions. Elle se contentait seulement de se redresser, avec difficulté certes, pour mieux aller se rincer la bouche au lavabo et attraper la première brosse à dent qui venait pour éradiquer le goût de vomi à coup de dentifrice mentholé.


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Rien de drôle, effectivement, ça n'a rien de drôle. Parce que je ne veux pas que nous écrasions tout ce qui se trouve à notre portée. Parce que je ne peux pas supporter qu'elle vienne me montrer ces résultats, à moi, alors qu'elle est complètement bourrée. Nous sommes des adultes responsables de nos vies, et si une autre vie dépend de Primrosae, je ne peux pas la laisser la mettre en danger. C'est une sorte de pulsion qui m'a sauvagement jeté sur elle, et quand les doigts sont passés entre ses cheveux, j'aurais voulu que c’eut été dans un geste plus doux. Mais une sorte de colère, de raz-le-bol de sa désinvolture, a pris le dessus. Quand je la traînais, profitant de son évidente faiblesse, je savais qu'elle regretterait d'être venue jusqu'ici. Et pourtant c'était la meilleure chose à faire, la meilleure décision qu'elle pouvait prendre.

Ce sourire, qu'elle a aperçu sur mon visage, il ne m'a pas quitté. Elle ne le voit plus mais mon cœur bat fort dans ma poitrine, parce que tout ce qu'impliquent ces résultats, ça me donne envie de la prendre dans mes bras, ça me donne envie de l'embrasser, ça me donne envie de lui dire que désormais, tout ira bien. Et pourtant, je me retrouve avec la main enfoncée au fond de sa gorge, attendant qu'elle rende tout ce qu'elle pourra rendre. Qu'elle regrette cette décision-ci, qu'elle se responsabilise. Qu'elle ne mette pas une vie innocente en danger.

Et cette vie... ce n'est pas n'importe quoi, pas n'importe qui. Elle frotte sa bouche et je l'abandonne le temps de me laver les mains, gardant les yeux rivés sur elle. Je prends un gant de toilettes que je passe sous l'eau fraîche pour m'approche d'elle alors qu'elle s'évertue à tirer la chasse d'eau pour la quatrième fois. Je m'écarte au moment où elle vient se rincer la bouche, se brosser les dents et j'attends près d'elle qu'elle ait terminé avant de passer une main contre son visage, écartant quelques cheveux qui sillonnent son beau visage. Je la regarde, ne sachant plus vraiment comment réagir et je passe le gant de toilette mouillé sur sa joue, le temps de retirer la trace de rouge à lèvres qu'elle a laissée. Je le retourne, quand j'ai terminé, et passe doucement sur son front, lui intimant d'une voix plus douce : « Viens, retournons dans l'autre pièce... »

Je l'accompagne, la guide une fois encore mais le seul mouvement de ma main dans ses cheveux reste doux, à pleine l’effleure-je, après ce que je viens de faire... Je l'abandonne sur le canapé et me mets à genoux devant elle, encadrant ses genoux de mes mains. La lettre gît toujours au sol et mon regard parcourt quelques instants les courbes de son corps que j'ai possédé maintes fois sans qu'il fût réellement mien un jour... j'entrouvre les lèvres, il faut qu'on en parle. Mais je me contente de lui souffler : « Je suis désolé, je vais te chercher quelque chose à boire. » Je la laisse, laissant mes doigts glisser contre ses genoux avant que je ne l'abandonne. Je regarde ce que je peux avoir comme boisson qui serait de circonstances... Déjà, il n'y aucune goutte d'alcool ici donc aucun risque qu'elle n'en trouve pendant que je galère dans l'espace cuisine. Je prends une bouteille de lait et remplis une petite casserole que je mets à chauffer. Je reviens m'asseoir près d'elle et pose ma main contre sa cuisse, cherchant son regard : « Prim, tu... enfin si tu es là et si... alors quoi ? On va... ? » Je laisse flotter la fin de ma phrase, ne sachant pas vraiment si je peux le dire. Quoi, un enfant est à naître alors est-ce que ça voudrait dire qu'on va être... parents ?
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Primrosae ne se sentait pas bien. Elle ne se sentait pas bien parce que pour le coup, elle le détestait du plus profond de son être, lui, la personne en qui elle avait finalement mis le plus de confiance et d'estime après ses parents. Parce qu'ils se ressemblent malgré leurs engueulades parfois violentes, parce qu'ils ressemblent et s'assemblent contre l'adversité, contre la nature qui engendre des monstruosités. Parce qu'ils se ressemblent, elle était venue ici. Elle pensait qu'il aurait compris, qu'il était à même de savoir tout ce qu'elle traversait à cet instant clé de son existence sans qu'elle n'ait de mot à y poser. C'était la merde. Elle pensait mais elle avait tort. Il ne comprenait rien ou ne cherchait pas à comprendre. Il n'était qu'égoïsme et colère, amertume et haine. Haine contre l'alcool qui circulait dans les veines de Primrosae, haine contre ce réflexe qu'elle avait eu de se tourner vers la bouteille,  haine contre elle finalement. La colère retombait heureusement bien vite, aussi vite que ses rejets se faisaient aspirer par la chasse d'eau qu'elle s'évertuait à déclencher encore et encore, comme si ça avait le don de la calmer, de calmer cette déception qu'elle ressentait à l'encontre de Jeremiah.

Tout s'enchaînait, comme des gestes qu'elle ne contrôlait pas, de simples réflexes. S'armant de la brosse à dents du pasteur, elle se brossait les dents à s'en faire mal aux gencives, désireuse de se débarrasser du goût horrible qu'elle gardait en bouche et qui lui rappelait sans mal que tout ça était la faute de Jeremiah, qu'il l'avait maltraitée pour la forcer. Quand le goût mentholé du dentifrice se faisait davantage sentir, elle s'arrêtait enfin, crachant même un peu de sang avant de tout rincer, laissant la brosse à dents choir dans le lavabo. Jeremiah saisissait alors cette occasion pour s'emparer de son visage et éliminer les dernières traces de son piteux état d’alcoolisée. Les moments de douceur en dehors du sexe ont toujours été rares entre eux mais pour le peu qu'ils existaient, ils témoignaient d'un attachement certain entre eux, souvent dans un seul sens certes, mais sa présence ici était à même de remplacer les gestes doux qu'elle n'avait pas.

Sans vraiment y mettre de volonté, elle se laissait guider pour mieux se laisser tomber sur le canapé, le plus accueillant d'entre tous ici finalement. Elle se faisait silencieuse en dépit des excuses de Jeremiah et se contentait seulement de hocher la tête. Elle n'avait pas spécialement soif, ni faim d'ailleurs, mais elle ne pouvait plus rien lui refuser ce soir, pas vrai? Elle n'osait pas en tout cas, alors elle le laissait filer, se contentant d'attraper un oreiller pour occuper ses bras qu'elle avait laissé ballant jusque-là. Les yeux rivés sur la lettre qui gisait sur le sol, elle avait envie de la faire disparaître, que les informations qu'elle comportait disparaissent avec elle. Elle ne voulait pas être enceinte, elle ne l'avait jamais voulu, ce n'était pas dans ses plans et tout ce qui n'était pas dans ses plans, ça devait être éliminé. C'était finalement les mots de Jeremiah qui lui faisaient lâcher la lettre du regard pour mieux se poser sur lui. Le léger froncement de sourcils témoignait de sa contrariété, de son absence de consentement. Comment pouvait-il penser ça quand c'était lui qui la connaissait sûrement le mieux? « T'as rien compris en fait. » C'était douloureux de s'en rendre compte parce qu'elle réalisait qu'elle avait commis une terrible erreur en venant jusque-là, qu'il ne la connaissait pas autant qu'elle le croyait.

Elle devenait sans mal dans son regard qu'il se voyait déjà avec cet enfant dans les bras, qu'il se voyait déjà endosser le rôle de père quand bien même, personne n'était sûr qu'il le soit biologiquement parlant. « Je veux pas de ce bébé, Jeremiah. » Si elle en avait voulu, elle n'aurait pas bu. Si elle en avait voulu, elle n'aurait pas pris un billet d'avion pour la Hollande dès demain soir. « Ca me semblait juste normal que tu sois au courant. » Haussant les épaules, elle ne savait pas quoi lui dire d'autre. Lui avouer que ça faisait quatre mois qu'elle faisait un déni? Lui avouer qu'il était peut-être pas le père? A quoi bon puisque cet enfant allait disparaître? Ça n'avait aucun intérêt autre que faire du mal à Jeremiah. A vrai dire, si elle était venue ici, c'était certes parce qu'elle estimait normal qu'il sache puisqu'il était le plus susceptible d'être le père mais c'était surtout parce qu'elle avait souhaité avoir un soutien pour se rendre en Hollande. Vraisemblablement, elle pouvait faire une croix dessus et ravaler ses peurs les plus profondes qui avaient cette tendance à venir lui tordre les entrailles et lui retourner l'estomac.


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Je reste en face d'elle, je cherche dans son regard ce que je n'ai jamais pu y trouver. Je suis là, près d'elle, attendant d'elle qu'elle ne dise pas les mots que je redoute. Elle me connaît, elle sait qui je suis, elle sait quelles sont mes valeurs et même si elle est au courant pour les attentats, elle doit comprendre que je ne suis pas un terroriste qui fait péter tout ce qu'il voit. Il y a un plan, il y a une stratégie. En dehors de ce plan, rien ne pourra se dérouler véritablement. Je ne suis pas avide de sang, je ne suis pas avide de mort et Primrosae devrait s'en douter aussi, je suis bien évidemment contre l'avortement. La naissance de cet enfant est pour moi une évidence qui ne devra jamais se remettre en question.

Après qu'il soit le mien ou pas... Qu'est-ce que Primrosae a prévu de faire, de trouver le père, le lui confier ? Si c'est le cas, je ne m'y opposerai pas. Je ne peux pas empêcher qu'un nourrisson rejoigne sa famille mais si elle ne tient pas à connaître le père de cet enfant alors je serai là, je serai responsable et je le traiterai comme le mien. Elle lâche la lettre qui vient se déposer entre nous, comme un nouvel obstacle au couple dont il m'arrive parfois de rêver silencieusement, en son absence...

Contrariée, elle semble contrariée et je ne comprends pas pourquoi. Après tout, elle est venue ici. Après tout, elle s'est adressée à moi. Après tout, elle m'a montré cette lettre. Me connait-elle vraiment ? Elle pensait que... quoi ? Que j'allais la battre jusqu'à tuer l'enfant ? Que j'allais me mettre en colère ? Qu'elle n'aurait qu'à boire et se laisser faire ? Qu'attend-elle de moi ? « T'as rien compris en fait. » Je respire doucement, sentant une bouffée d'énervement me revenir mais je dois être patient, je dois respirer par le nez parce que ma mâchoire est trop contractée. Et parce que j'ai l'impression d'avoir trop bien compris. Et parce qu'elle ne me connaît pas assez bien, elle m'idéalise sous les traits d'un monsieur Dahl qui pense stratégie avant de penser à la vie, entraînement avant sentiments, endurance avant bienveillance. Je ne suis pas Monsieur Dahl. Pour sûr que face à lui, nous n'aurions eu que mépris l'un pour l'autre. Ce qui donne du sens à mon combat c'est notre humanité. S'il nous faut devenir des machines pour vaincre, alors nous ne vaudrons rien. Alors autant que l'homo-superior soit l'avenir malheureux que le monde mérite...

Je passe une main sur son genou et m'éloigne de quelques pas. « Je veux pas de ce bébé, Jeremiah. » Je hoche de la tête, en voilà une jolie chanson. Je hoche de la tête, excédé. Je hoche de la tête, faisant passer la nouvelle sans lui foutre mon poing en plein visage. C'est la mère, et c'est Primrosae. Je pose l'index contre ma tempe, baissant le visage vers le sol... je n'ai rien compris ? « Je » n'ai rien compris ? Si Primrosae tue mon enfant, je la tue, alors c'est elle qui n'a pas compris.

C'est une guerrière, une guerrière redoutable. Ses coups font mal, ses coups me font mal et me mettent à terre, à chaque fois et elle n'a besoin que d'une poignée de mots pour me mettre la tête sous l'eau. À chaque fois que je crois qu'elle est allée trop loin, elle me prouve qu'elle n'a fait qu'effleurer la surface de sa détermination, celle qui la guide depuis tant d'années, celles qui la fait considérer sincérité, sentiments ou doutes comme des faiblesses, condamnables. « Ça me semblait juste normal que tu sois au courant. » Au cas où ce serait le mien ? Pourquoi me dire ça ? Elle ne peut pas venir, me dire qu'il y a la vie en elle et m'annoncer « pour que je le sache » qu'elle va s'en débarrasser... Je soupire puis prends le visage de Primrosae entre mes mains. « Tu as peur et c'est normal. Ce n'était pas prévu, et tu as l'impression d'être vulnérable mais je te le demande... Ne lui fais pas de mal. Peu importe qu'il soit de moi ou d'un autre, c'est ton enfant... Je resterai là, avec toi. » Je caresse ses joues de mes pouces et la laisse réfléchir à mes quelques mots, le temps d'aller au point cuisine...

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Il était énervé. Elle le savait, elle le voyait aux traits de son visage fermé, à cette pseudo-tendresse disparue soudainement. Elle ignorait si c'était l'alcool qui lui faisait cela ou s'il ne servait qu'à révéler ce qu'elle ressentait vraiment mais présentement, de sa colère elle en était touchée, peinée, d'autant plus colérique elle-même. Habituellement, elle se serait contentée d'un constat, peut-être d'un soupir agacé mais pour le coup, elle n'aimait pas le voir comme ça. Avant même que leur relation étrange ne s'installe, ils étaient des amis, des partenaires de guerre et quel humain ne ressent pas de la peine et l'envie de calmer les choses face à un ami? Aucun et quoi qu'elle pouvait dire ou faire, Primrosae, sous cette couche de cruauté et encore plus avec l'alcool, restait humaine. Elle avait envie de se taire, de ne pas en dire plus pour ne pas le blesser davantage mais ça serait se mentir à elle-même et se haïr personnellement que d'accepter cet enfant, ce possible mutant.

Elle ne pouvait pas ne pas lui dire qu'elle n'en voulait pas, elle ne pouvait pas faire semblant de se réjouir ni même simplement faire semblant qu'elle acceptait cette grossesse qui la mettait dans un état physique de faiblesse certain. Elle voulait seulement s'en débarrasser, ne plus en entendre parler et oublier. Mais ça, c'était trop pour Jeremiah. Elle aurait voulu que l'espace d'un instant, il oublie ses convictions pour penser à celles de Primrosae. Elle aurait voulu qu'il s'arrête une minute pour la comprendre et pour lui donner son soutien. C'était facile pour lui de dire qu'il ne voulait pas qu'elle avorte, d'accepter qu'elle puisse mener cette grossesse à terme. Ce n'était pas lui qui allait gonfler comme un ballon à vue d’œil, ce n'était pas lui qui allait avoir du mal à courir ou même simplement rester longtemps debout, ce n'était pas lui qui allait se retrouver malade à coup de nausée et surtout, ce n'était pas lui qui allait se détester d'avoir engendré un possible mutant auquel, en plus, elle était susceptible de s'attacher.

Elle ne disait plus un mot tandis qu'il s'en allait dans son coin cuisine. Son esprit tournait à plein régime mais elle avait cette sensation étrange que c'était à vide. Elle avait beau tout retourner dans tous les sens, elle ne pouvait pas donner de réponse positive à sa requête. C'était contraire à tout ce en quoi elle croyait. Elle ne voyait pas un seul point positif à voir cet enfant naître. La grossesse était une faiblesse, l'enfant lui-même constituait une faiblesse. Elle avait l'impression de se retrouver coincée entre deux eaux, coincée dans un étaux et se prendre des coups à n'en plus finir. Ça commençait lentement à la prendre physiquement, à se ressentir dans sa respiration devenue soudainement plus lourde et saccadée. Elle avait la sensation de manquer d'air, qu'on lui coupait ses raisons d'avancer, qu'on lui imposait d'être plus humaine, plus ouverte à l'idée qu'elle puisse avoir des faiblesses alors qu'on ne lui avait toujours appris que l'inverse. Elle ne connaissait pas ça, elle ne voulait pas connaître et c'était un état de panique, couplé à l'alcool, qui s'installait dans sa gestuelle, dans cet empressement qu'elle avait de vouloir attraper sa veste. Fuir, elle voulait fuir!

Mais quand ses genoux touchaient le sol, naturellement déséquilibrée par l'alcool, elle restait là, de véritables larmes quittant ses yeux pour couler le long de ses joues. Nombreuses, incalculables et surtout incontrôlables. Ça n'arrangeait absolument pas son état respiratoire mais elle n'arrivait pas à s'arrêter. Elle était flippée, complètement. D'un côté il y avait Jeremiah, sa demande de rien faire contre le bien-être du bébé, probablement son seul ami si on retirait tout l'aspect complémentaire de leur relation et de l'autre côté, il y avait elle, elle et ses convictions, elle et son éducation, elle et sûrement sa peur de perdre Jeremiah même si tout cela restait inconscient.

Dès qu'elle sentait une présence près d'elle, sans même prendre la peine de redresser son regard pour le confirmer, elle secouait lentement la tête quand ses lèvres laissaient échapper un constat que son esprit se refusait d'admettre. « Je suis déjà vulnérable... » Et sa vulnérabilité se constituer en sa peur d'être humaine avec les sentiments et les peines qui allaient avec, ce qui la faisait paniquer. Il suffisait de la forcer à accepter ses faiblesses, comme Jeremiah voulait le faire en la forçant à garder l'enfant et subir toutes les conséquences qui en découlaient, pour la rendre vulnérable. Elle était vulnérable dès lors qu'il l'obligeait à accepter son humanité et elle savait d'avance que c'était ce qui allait arriver si elle menait cette grossesse. Elle avait peur. Apeurée comme l'enfant battue qu'elle était. Apeurée comme l'enfant responsable de la mort de son propre chiot qu'elle était. Apeurée comme l'humaine qu'elle pouvait encore être.

« Laisse-moi aller en Hollande, je t'en pries. » Suppliante, elle n'avait plus conscience de l'aspect religieux que ses mots avaient. De toute façon, elle s'en foutait. Ils étaient simplement spontanés, révélateurs de son besoin d'avorter et de son projet de le faire à l'étranger quand la réglementation américaine ne lui permettait déjà plus cette pratique. Ça non plus, elle n'avait pas conscience de l'avoir révélé, ses mots ne transmettant que son envie de s'en aller. « Je veux pas le garder Jer'. Je veux pas et je peux pas. ON peut pas et tu le veux pas non plus. Pas dans ce monde-là, pas dans ces conditions-là et au fond de toi tu le sais, pas avec moi. » Parce qu'il avait beau être amoureux, il accordait trop d'importance à la famille pour vouloir en faire une avec une rousse borderline pour qui cet aspect n'avait jamais réellement existé, pas comme Jeremiah voyait la famille en tout cas. N'est-ce pas?


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Je ne pensais pas que ça arriverait, je ne pensais pas que ça arriverait ainsi. Si Primrosae m'avait simplement dit qu'elle attend l'enfant d'un autre et qu'elle veut le tuer, j'aurais eu à cœur de le défendre, mais pas autant que s'il peut être le mien. Cette pensée est venue se ficher en moi comme une flèche et maintenant, je ne peux plus l'extraire, c'est terminé. C'est omniprésent dans ma tête et l'ombre du doute, aussi infime soit-il, ne me permet pas de détourner le regard, ne me permet pas de laisser cet enfant en danger.

Qu'est-ce que la famille ? Ce mot a-t-il déjà vraiment eu du sens pour Primrosae ? À cet instant, en plus de maudire ses parents, je la déteste elle aussi. Je pourrais lui faire mal, je pourrais sincèrement lui faire beaucoup de mal, j'en suis conscient et ça me tue. Ça me blesse de constater que j'imagine déjà les possibilités qui s'offrent à moi pour la contraindre à poursuivre la grossesse... sans qu'elle puisse s'échapper. Et pourtant, elle compte pour moi, et elle le sait très bien cette idiote !

Mais elle ne voit cet attachement que comme une corde qui lui lie les poignets. Elle ne voit pas ce que peuvent lui apporter les autres, ils ne sont que des boulets à ses yeux, et c'est ce qui me met en colère. Madame Dahl n'accepte pas d'être faible, Madame Dahl n'est-elle pas comme ces mutants qui se croient mieux que la populace ? Mais c'est nous, la populace chère Primrosae, c'est nous qui sommes menacés, c'est nous qui nous retrouvons démunis face à ceux qui ont le « pouvoir » de nous tuer comme Dieu écraserait son poing ici ou là. Je n'ai pas peur d'être vulnérable. Que se passera-t-il quand nous oublierons que nous le sommes ? N'est-ce pas une force que de se souvenir que l'on peut mourir à tout moment ? N'est-ce pas la fragilité de la vie qui la rend précieuse ? Non ? Non ?

Nous sommes les soldats d'une armée humaine. Il est normal que nous prenions des coups, des risques, il est normal que nous périssions, que nous pleurions les nôtres. Nous ressortons plus forts de toutes ces épreuves, elles nous forgent, elles nous encouragent à aller toujours plus loin. Elles nous poussent à nous surpasser, ne plus commettre les mêmes erreurs. Ces épreuves nous donnent des raisons pour lesquelles nous battre.

Alors l'enfant est une épreuve. Je suis prêt à relever ce défi, je suis prêt à me battre durant ces mois pour défendre ma vie, pour défendre celle de Primrosae, pour défendre celle de l'enfant à venir. N'est-ce pas pour eux que nous voulons sauver la civilisation telle que nous la connaissons ? N'est-ce pas l'avenir que nous voulons sauver ? À quoi bon s'il nous faut corrompre nos âmes et tuer nos enfants, non ? Non ? Je lui tourne le dos, le temps de me poser, le temps de chasser de ma tête l'image de mes mains autour de son cou clair. J'ai aimé chaque moment passé auprès d'elle, et son mépris, son ignorance et son indifférence apparents n'y ont jamais rien changé. On peut faire semblant tant qu'on voudra, elle est ici. Ici. Maintenant. Alors je ne la laisserai pas partir, alors je serai à la hauteur de cette épreuve. Et toi aussi.

Je me retourne vers elle, mon visage se perdant de temps à autres entre un mélange de joie, de colère, d'espoir et de mépris. Elle fait pour se lever et tombe à genoux. Je la regarde un instant, je contemple son échec à vouloir fuir. Ce n'est pas l'enfant qui la rend faible, ce n'est pas la grossesse, ce n'est pas ma réaction, c'est la sienne. C'est ce déni dans lequel elle continue de s'enfoncer. Je la contemple à genoux, humble dans son échec, misérable face à sa condition humaine. Je lève doucement le menton en l'observant ainsi. À genoux. Je me souviens être tombé à genoux quand moi aussi j'ai cru pouvoir lutter. J'ai cru que je pourrais me refuser à ce que je suis. Quand le sang couvrait mes vêtements, quand je voulais les laver avec acharnement pour que personne ne découvre que j'étais l'auteur du massacre, je me souviens être tombé à genoux après mon premier meurtre. Celui que veut commettre Primrosae, il l'abat.

Je m'approche d'elle. J'ai voulu refouler cette part de monstruosité qui avait toujours été en moi, et tu veux maintenant refuser cette part d'humanité qui te met au sol. Ne vois-tu pas à quel point nous sommes similaires ? J'inspire profondément, me délectant un moment de son échec. Elle pleure, elle respire plus fort et je me délecte du spectacle qui s'offre à moi. Elle pleure à chaudes larmes, elle pleure et elle ne peut rien y faire. Je me rapproche, la regarde silencieusement et la laisse briser le silence la première. Quand elle laisse s'envoler cet aveu, je me mets à mon tour à genoux près d'elle. Je prends son visage entre mes mains et un sourire vient planer sur mes lèvres, je lui réponds : « Primrosae, pourquoi ne vois-tu pas ce qui t'arrive ? Tu penses que ta faiblesse te rend vulnérable mais tu es plus forte que jamais. Tu n'es pas un extraterrestre, tu n'es pas un droïde, tu n'es pas une mutante. Tu es une humaine, et tu es forte. » Laissant échapper ces mots, je serre le poing et soudain, je prends un air plus sérieux, enfonçant mon regard dans le sien : « Arracher les ailes de ce monstre qui croyait posséder le ciel, ça a été jouissif ? Attends de tous les voir brûler, attends un peu de les voir écrasés sous les plafonds de leur précieuse petite école. Ce n'est pas pour toi que tu le fais, c'est pour moi, et c'est pour cet enfant. »

Je lui dis alors, pas pour la convaincre, mais comme une affirmation sèche qu'elle n'est pas vulnérable, sauf si elle se refuse à ce monde. Par là j'entends bien sur que si elle pense échapper à sa condition d'humaine, alors oui elle sera faible. Alors elle ne vaudra pas la peine d'être sauvée. Alors je pourrais la tuer, la plonger dans un coma artificiel, peu importe. Je refuse l'aveu de son échec.

Elle m'en prie, je me relève. Je la regarde, les yeux baissés sur elle avec neutralité. Je place les mains dans mon dos et attends qu'elle ait terminé de parler. « Non. » lui dis-je simplement. Si elle me demande, si elle veut ma réponse alors la voilà. Alors voilà ce que j'ai décidé. Et bien qu'il s'agisse de son corps, je peux l'en empêcher. Elle veut rester un monstre ? Toute sa vie ? Elle veut vivre en monstre et mourir en monstre ? Alors je peux le faire aussi. Je sais être ce monstre, Prim, et je sais même trouver cet état jouissif. Je sais tirer du plaisir de ta détresse, est-ce ce que tu veux que nous fassions ? « Non. » lui répète-je pour que ce soit bien clair pour elle. Elle ne saura pas m'apitoyer avec ses larmes. Je me remets à sa hauteur et secoue doucement la tête : « C'est non, Prim. Parce que si tu veux être forte alors tu garderas cet enfant. Il est ce pourquoi nous nous battons et si tu n'acceptes pas d'être aussi humaine que ceux que nous voulons sauver, alors tu as déjà perdu. Ne dis pas que tu ne peux pas car nous savons que tu en es capable. C'est une épreuve de plus, sauras-tu être assez forte pour te battre, te battre vraiment ? Pas pour la mort, mais pour la vie. Tu peux continuer de croire que je ne t'aime pas si ça soulage ta conscience, au fond on sait tous les deux que c'est un mensonge éhonté. »
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Qu'adviendra-t-il si elle était amenée à accepter cet enfant? Qu'adviendra-t-il si elle laissait ses sentiments et ses émotions humaines l'envahir? Qu'adviendra-t-il quand ils se serviront de ce bébé pour se venger et/ou pour les atteindre, elle et Jeremiah? Elle s'en mordra les doigts. Elle en était persuadée, elle en était convaincue. Mener cette grossesse à terme, c'était donner aux mutants et aux autres organisations possiblement contre eux un autre moyen de les atteindre, de les blesser au plus profond d'eux, parce qu'elle le savait, donner naissance à cet enfant allait engendrer un attachement. Ce genre d'attachement auquel elle s'était toujours refusée, auquel on l'avait entraîné à résister et à repousser le plus loin possible. Ce n'était pas pour son plaisir qu'elle repoussait sans cesse Jeremiah et les sentiments qu'il pouvait avoir à son égard. Selon elle, c'était une nécessité, une question de survie dans ce monde trop bancal, trop au bord du précipice et elle avait le même avis concernant ce bébé... Non, c'était même pire. Combien de fois elle avait entendu dire que l'amour d'une mère surpasse tout alors que l'amour pour un homme peut s'éteindre et s'étouffer avec le temps? Combien de fois avait-elle entendu dire que l'amour d'une mère est inexplicable et impossible à estimer tant il était grand et d'une force herculéenne? Elle ne les comptait plus. Elle ne voulait pas se frotter à ce genre de sentiment, elle ne voulait pas qu'on puisse la détruire parce qu'elle s'était attachée au sang de son sang, à sa chair de sa chair. Elle avait les paroles de ses parents qui tournaient en boucle dans son esprit: fuis l'amour, il est ton pire ennemi. Sous toutes ses formes, encore plus les fortes. Elle était éduquée, formatée pour repousser l'ennemi et ne pas se laisser bouffer par son humanité. Elle résistait à de lourdes tortures, en témoignait les nombreuses cicatrices sur son corps, elle en faisait aussi subir de belles sans jamais flancher.

Pourtant ce soir, c'est elle qui flanchait. Alcool ou non, elle ne résistait plus sous le poids de l'appréhension, sous le poids de la peur de s'engouffrer dans une brèche d'humanité qui allait entraîner tout le reste. Si elle commençait à accepter cet enfant, viendrait certainement avec l'acceptation de Jeremiah à ses côtés, en tant que véritable compagnon. Ça finirait par eux contre le reste du monde et pour une personne comme Primrosae qui avait pour habitude d'être seule contre l'univers, elle avait beaucoup de mal à se faire à cette idée, à l'accepter et à la rendre possible. Elle se mettait des œillères et peu importait les paroles de Jeremiah, elle n'arrivait pas à les retirer, elle peinait à laisser entrer dans sa vie un bonheur dont elle se privait mais surtout dont elle n'avait pas conscience, forgée avec l'idée qu'une famille n'était qu'un boulet à se traîner. Elle avait tout simplement peur de redevenir la petite fille qu'elle était, celle qui aimait et n'avait eu en retour que de la souffrance et l'odeur putride de la mort dans les narines. La seule chose qu'elle avait tiré de l'amour de ses parents était leur enseignement pour faire d'elle ce qu'elle est devenue. Était-ce vraiment positif? Du point de vue de la chasseuse oui, d'un point humain certainement pas. L'amour pour son chiot avait fini dans le sang, l'amour pour ses amis n'était alimenté que par de l'argent sale et sentait la trahison à des dizaines de kilomètres. L'amour positif, elle ne connaissait pas et s'était persuadée qu'il était pire encore que le reste, qu'il rendait encore plus faible et vulnérable.

Alors forcément, le refus catégorique et répété de Jeremiah lui faisait grincer des dents. Il l'obligeait à accepter l'enfant et donc son humanité et l'amour qui en découlerait obligatoirement. Sur le moment, elle avait une furieuse envie de s'acharner sur lui, de déverser ses poings jusqu'à ce que l'inconscience le frappe et qu'elle puisse s'en aller. Mais en était-elle seulement capable? Elle était dans un état lamentable à tel point qu'elle ne se rendait pas vraiment compte que le brun en tirait une certaine satisfaction - sans quoi, pour sûr qu'ils se seraient physiquement battu. Si jusque-là elle avait tenté de lui faire comprendre son point de vue sans faire entrer des conditions sine qua non dont elle avait connaissance mais qu'elle n'avait pas osé lui dire, elle n'arrivait dorénavant plus à se retenir et c'est avec un regard empli de haine qu'elle alignait ses mots. « Et si je te dis que c'est peut-être un mutant, t'es toujours autant du côté de la vie, hein? C'est pas écrit humain ou mutant sur la gueule des types que je fréquente, je te ferais remarquer. » Hein Jeremiah, l'es-tu vraiment quand ça va à l'encontre de tes principes autant que le fait d'avoir un enfant va à l'encontre de ceux de Primrosae? Oserait-il dire devant elle qu'il ne le tuerait pas alors qu'elle est la première témoin des massacres de mutants qu'il a pu orchestrer? « Si ce que tu dis est vrai... » Notamment l'amour qu'il lui portait et qu'elle s'évertuait à fuir ou contourner. « ... tu me laisserais pas porter un monstre. »

Lequel des deux était faible et vulnérable à présent? Elle, de ne pas vouloir d'un enfant à qui elle pourrait s'attacher? Lui, d'admettre qu'il serait incapable de tuer cet enfant parce qu'il la pris pour le sien? Pour avoir assisté à sa descente, elle savait que la famille était trop importante pour Jeremiah pour tuer l'un de ses membres - et encore, elle ne pouvait se baser que sur l'expérience Lewis, bien ignorante qu'Aaron se trouve être un mutant que Jeremiah se refuse de tuer pour son statut de frère. Quant serait-il si ça concernait son enfant ou un enfant pour qui il était prêt à se donner le rôle de père? Leur mission restait d'effacer toute trace de mutation sur la planète mais si tous les deux faiblissaient à cause d'un foutu attachement naturel et humain de parents, autant s'avouer vaincu. « On sait tous les deux que si on lui laisse le bénéfice du doute, qu'il grandit et qu'il se révèle mutant, on sera incapable de lui tirer une balle dans la tête. C'est aujourd'hui ou jamais qu'il faut s'en débarrasser. On engendre pas des mutants Jeremiah, on les élimine! » Jeune enfant, nourrisson, fœtus, elle ne faisait aucune différente. Des mots lourds sur lesquels elle semblait s'appuyer pour se redresser, retrouvant un semblant d'équilibre sur ses deux pieds. Ses tympans distinguaient le bruit typique du lait qui débordait de la casserole mais elle ne se retournait pas pour autant, retrouvant plus facilement le canapé en  lâchant le regard du Pasteur. Elle était fatiguée de se battre, autant physiquement que moralement - et sûrement que l'alcool y faisait aussi. Un cousin coincé entre les bras, elle se calait là sans grande conviction, seulement consciente que si elle tentait de se tirer, c'était probablement la casserole sur le coin de la tronche qu'elle se prendrait pour l'empêcher de faire un pas de plus vers la sortie.


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Quelle petite garce quand même. Je ne veux pas envisager le fait qu'il puisse s'agir d'un mutant. Qu'est-ce qu'on fera d'un enfant mutant ? Primrosae est vraiment une garce manipulatrice. Mais ce n'est pas grave, j'ai les armes pour contrer la harpie. Elle a beau me croire faible parce que quoi ? Trop humain, trop famille, trop dans le doute, je sais tout de même arriver à mes objectifs. Elle a beau croire que son armure la protège de tout, je sais que ce n'est pas le cas. Elle se fissure, elle se fissure et si Prim n'a jamais rien laissé passer jusqu'à maintenant – ou elle en a donné l'apparence du moins – sa si parfaite carapace ne va pas tarder à imploser et à cet instant, elle sera totalement démunie.

Elle s'enterre petit à petit, et elle ne s'en rend pas compte. Elle se débat inutilement dans sa fosse, et elle s'enterre. Quand elle prendra conscience qu'elle ne peut pas empêcher ces pelletés de terre de lui arriver en plein visage, peut-être sera-t-il trop tard. Ses bras s'agitent dans un sens, dans l'autre. Tant qu'elle n'acceptera pas qu'elle est mortelle, elle risquera davantage sa vie. Tout simplement.

Elle sait qu'il n'y a pas que les coups qui font mal, et pour se débattre avec toute cette humanité, la petite Primrosae sort ses armes. Elle joue les petites garces trop sures d'elles que j'ai envie d'ignorer et d'un autre côté... je comprends bien qu'elle veuille me provoquer. Et bien entendu, que l'enfant pourrait être un mutant. Alors qu'est-ce qu'on va faire ? Je vais détruire le crâne d'Aaron, dans le doute qu'il pourrait ou ne pourrait pas être un mutant ? C'est ce que je devrais faire ? N'y a-t-il pas dans tout ça un peu de raison, un peu de certitudes ? Quand allons-nous ôter des vies « dans le doute », au cas où ? Alors attendons qu'on nous donne des cibles, devenons des exécutants aveugles. Devenons de bons petits soldats, comme toi, Primrosae.

Je ne te laisserai pas désigner mes cibles, Prim, aussi forte soit l'affection que je ressens pour toi. Mais nombreux sont les Watchers qui se sentent en danger quand ils sortent avec toi. Je ne te laisserai jamais me désigner cette cible-ci. Et tu sais pertinemment pourquoi. Alors oui, son peut-être ne vaut rien, il n'a aucune valeur à mes yeux. Je croise les bras sur mon torse.

Quelle petite garce quand même. Et la voilà qui me renvoie ses multiples conquêtes, inconnues qui plus est, à la gueule. Primrosae est vraiment une garce manipulatrice. À cette charmante pique de ma chère et tendre : « C'est pas écrit humain ou mutant sur la gueule des types que je fréquente, je te ferais remarquer. », je lui réponds donc : « Ni sur leur queue manifestement, puisque c'est ça que tu vois davantage que leur visage. »

Ça aussi, c'était gratuit, bien évidemment. Je joins les mains devant moi, fais quelques pas devant le canapé. Qu'est-ce qu'elle attend de moi, maintenant ? Je passe les mains contre mon visage. Avec Jimmy de notre côté, j'ai l'espoir de trouver un remède mais je ne pourrai jamais dire ça à Primrosae, elle ne comprendrait pas. Je suis du côté de la vie, parce que je veux sauver celle de mon petit frère et celle de l'enfant à naître. Je serre les poings. Pourquoi faut-il qu'elle rende tout compliqué ? Nous le saurons en temps voulu. Nous ne pouvons pas le tuer en prévention, je le refuse. Je ne m'y résous pas, ce n'est pas possible pour moi.

Je me rapproche d'elle et laisse le bout de mes doigts courir doucement le long de sa joue pour venir se glisser dans sa nuque. « On n'engendre pas des mutants on les élimine. » J'approche mes lèvres de son front et j'y dépose un bref baiser : « On ne tue pas les humains, on les défend. » Je la laisse, me poste près de la fenêtre et lance un regard vers l'extérieur : « Attendons de savoir s'il te plaît. Quel que soit le problème, je trouverai une solution. Tu le sais. »
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Jeremiah & Primrosae

Elle avait envie de le frapper, de le mordre aussi et de lui faire ravaler ses mots comme elle pourrait lui faire ravaler ses dents. Elle l'avait cherché, certes, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Ressentir cette colère, c'était plus fort qu'elle. Elle n'arrivait pas à la contourner parce que c'était ce qui l'avait toujours alimentée, c'était ce qui lui permettait d'avancer. Et ce soir, de la colère, elle en avait autant après lui qu'après elle-même. Après lui parce qu'il ne la comprenait pas, après lui parce qu'il la forçait à vomir, à garder cet enfant dont même son corps et son esprit avaient refusé l'existence. Après elle-même parce que l'évidence était sous ses yeux, résonnait à ses oreilles dans les mots de Jeremiah: elle avait fait une connerie qu'elle n'avait presque plus le choix d'assumer. Ces queues dont il parlait vulgairement - probablement pour la piquer et la mettre davantage en colère, et ça fonctionnait - n'étaient que des erreurs. Combien de fois elle s'était dit que ça n'arrivait qu'aux autres, combien de fois elle s'était dit qu'elle prendrait la pilule du lendemain ou qu'elle aurait le temps de se faire avorter le cas échéant. Finalement, ce n'était peut-être pas son corps et son esprit qui refusaient l'existence de cet enfant, c'était peut-être la nature qui avait bien fait les choses pour la forcer à subir une grossesse, pour la forcer à ouvrir les yeux sur ses actes totalement irresponsables quand bien même elle était persuadée du contraire.

Coincée sur le canapé, un coussin entre les bras, comme pour se protéger d'éventuelles attaques verbales, elle fermait un instant les yeux sous ses doigts, sous ce baiser sur son front. Elle voulait juste que ça s'arrête, elle voulait que pour une fois ils se retrouvent sur la même longueur d'ondes, qu'ils soient d'accord sur la manière d'agir, sur la façon de procéder. Mais ils ne l'étaient pas et elle peinait à croire qu'ils puissent l'être un jour. C'est ce qui faisait tout le piquant de leur relation, c'est qui engendrait tant de colère et de refus entre eux mais à croire que c'était ainsi qu'ils fonctionnaient. Ça finirait très certainement par les détruire et engendrer de la haine. Un lourd soupir significatif glissait entre ses lèvres, venait se heurter sur le tissu du coussin. Une fois de plus, elle n'était pas d'accord avec lui pour les mêmes raisons qu'elle venait d'énoncer: si l'enfant grandissait et qu'il se révélait mutant plus tard, ils allaient s'en mordre les doigts et être incapable de s'en débarrasser. Elle le savait pour elle-même mais d'autant plus pour lui qu'elle avait vu fléchir face à son frère. Qu'en serait-il pour un enfant qu'il considère comme le sien? Il serait probablement plus enclin à la tuer que de tuer l'enfant, elle était intimement persuadée.

Relevant son regard vers lui, elle l'observait quelques secondes tandis que lui-même était en train de regarder à l'extérieur. Une seconde d'hésitation et finalement, elle alignait les mots. « Je t'en prie, on sait tous les deux qu'on sera incapable de le tuer si un gêne mutant se manifeste quand il aura une dizaine d'années. » Haussant les épaules, elle se demandait bien quelles autres solutions il comptait lui proposer. « Alors quoi? On l'abandonnera devant une porte inconnue? On se posera toute notre vie des questions sur ce qu'il devient, si on ne l'a pas tué dans une chasse sans l'avoir reconnu, si on va pas recroiser son chemin tout à fait par hasard au coin d'une rue? Encore faut-il que pour ça, on en soit capable. Je refuse ça Jeremiah et tu le sais. » Parce que se poser tant de questions, c'était se freiner dans leur projet et leur projet c'était toute sa vie, elle se refusait donc à le remettre en cause pour un possible mutant qui porterait son ADN. Lassée de cette discussion qui ne trouvait pas de fin - et qui n'en trouverait sûrement jamais - elle abandonnait le coussin sur le canapé et se rendait dans le coin cuisine pour stopper ce lait qui débordait de la casserole depuis un moment. Elle était probablement bousillée. « Je t'écoute. Tu proposes quoi d'autres comme solutions. » Une question oui et en même temps elle était simplement persuadée que de solutions, il n'en avait pas vraiment.
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Cette solution, elle n'en voudra pas et j'en suis conscient, mais je saurai la lui imposer. Elle croit que je suis faible, que je suis naïf, que je suis prévisible. Et c'est ça, alors, ce peu de confiance en moi qui me donnera l'avantage quelle que soit la décision que je prendrai. Parce que c'est moi qui déciderai. Quand bien même elle doit m'en vouloir pour le reste de sa vie, je prendrai la décision qui s'imposera quand l'enfant sera là. Et il viendra au monde, je lui en fais la promesse silencieuse.

Mais Primrosae me connaît mal et surtout, elle sur-estime son entraînement. Parce qu'elle ne prend en compte que les entraînements, la force et la stratégie, les Hommes sont imprévisibles et surtout, je ne transige pas sur la famille. Et avant d'être à l'origine des Watchers, j'ai commencé par être un Pasteur. Un enfant nouvellement né n'est-il pas l'être le plus innocent qui soit ? Prim s'est toujours sentie invulnérable, quitte à mettre sa vie et celle des autres en danger et maintenant elle n'accepte pas cette vulnérabilité qui s'impose à elle.

Quand je la regarde sur le canapé, je sais que je saurai lui imposer ma réponse à son problème. Forcément, j'userai de sa faiblesse quand on le lui a dit. On l'a prévenue, de ne pas faire confiance parce qu'elle souffrirait mais ce sont les règles du jeu. Et Primrosae ne pouvait pas y échapper éternellement... J'aurais aussi aimé que l'on soit d'accord, parce que lorsqu'on frappe elle et moi dans un même mouvement, dans la même idée, rien ne peut nous arrêter. Nous formons malgré tout un bon duo et à ses côtés, il peut m'arriver d'avoir la prétention de nous croire intouchables.

Je laisse mon regard divaguer vers l'extérieur quand sa voix me rappelle à notre discussion. « Je t'en prie, on sait tous les deux qu'on sera incapable de le tuer si un gêne mutant se manifeste quand il aura une dizaine d'années. » C'est exact mais j'imagine qu'à cet instant, nous ne saurons plus où il se trouve, et depuis longtemps. Il est inconcevable de le regarder grandir en attendant la manifestation d'un pouvoir diabolique pour lui mettre une balle dans la tête. C'est trop difficile... Et il est donc hors de question de l'élever, et ce pour les mêmes raisons. Peut-être raterons-nous l'occasion d'une vie à peu près normale, avec cet enfant qui ne sera peut-être même pas un mutant... Mais après l'avoir élevé comme chair de notre chair, pourrons-nous le tuer ? Certainement pas. Je continue d'observer vers l'extérieur, sans avoir de proposition crédible à lui faire.

« Alors quoi? On l'abandonnera devant une porte inconnue? On se posera toute notre vie des questions sur ce qu'il devient, si on ne l'a pas tué dans une chasse sans l'avoir reconnu, si on va pas recroiser son chemin tout à fait par hasard au coin d'une rue? Encore faut-il que pour ça, on en soit capable. Je refuse ça Jeremiah et tu le sais. » Mais si, tu en es capable. Elle se lève pour aller soulager la plaque du lait foutu et je m'éloigne de la fenêtre, le temps de récupérer l'une de mes armes. Je m'installe sur la table près de la fenêtre et la démonte minutieusement. Est-ce que Prim est vraiment capable de se poser ces questions ? D'hésiter en se disant que c'est peut-être son enfant alors qu'elle veut déjà l'exécuter maintenant ? Pourquoi y aurait-il ce doute plus tard ? Je fronce les sourcils en posant le chargeur sur le côté. « Que tu le tues maintenant, quand il naîtra ou dans dix ans, quelle réelle différence ? » Aucune, absolument aucune... surtout si elle ne le voit pas grandir. Elle n'aura qu'à se dire qu'il est peut-être mort, peut-être pas. Que ce soit de sa main ou pas, quelle sorte d'importance ?

« Allume-moi une cigarette » lui dis-je, sur le ton d'une demande plus que d'un ordre. Je garde les yeux rivés sur l'arme. Je la manipule doucement. Et si moi un jour, j'étais un mutant ? Si ma famille était gangrenée par ce mal et que je le découvrais un beau jour, comme Ellen, on sait que Prim m'aiderait à me faire sauter la cervelle. Ça ne prend qu'une seconde, ce n'est qu'un petit geste. Allez, un petit effort. Je tourne un regard contrarié sur elle : « Tu vas dire non à ce que je vais te proposer, jusqu'à ce que ce soit conforme à ce tu souhaites faire. Ne me prends pas pour un con Prim, c'est vexant. Je t'ai déjà vu tirer sur des gosses qui ne savaient pas encore lire ni écrire, quelle différence que tu tues celui-là maintenant, dans quelques mois ou quand il sera plus grand ? Quelle différence que tu le saches ou pas ? Est-ce que ça t'importe ? Cesse de jouer les guerrières et parle-moi un peu franchement parce que tout ce à quoi ton comportement ressemble à cet instant, c'est de la lâcheté. Je suis faible ? Je suis trop famille ? Tu te mens tellement à toi-même que c'en est navrant. De quoi as-tu peur ? De t'attacher à l'idée que ton enfant sera sur ta route ? Seigneur... l'enfant fait déjà partie de ta vie. Il existe, nous ne parlons pas d'un avenir fictif. Il est là, et les battements de son cœur se mêlent aux tiens. »
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Il était idiot, n'est-ce pas? Combien de fois lui avait-elle dit qu'elle ne souhaitait pas d'enfant parce que c'était un frein à leur projet et qu'elle se refusait de donner la vie dans un monde comme le leur? Combien de fois lui avait-elle dit, même ce soir, que de tuer dès maintenant l'enfant les préserverait d'un possible attachement qui viendrait avec les années si jamais il vivait, même loin d'eux? Elle n'avait même pas envie de lui dire, de lui répéter pour la énième fois ses pensées et sa logique. Il savait très bien quelle différence il y avait entre le tuer maintenant - d'autant plus dans un temps légal pour la Hollande, qui, dans ce cas, ne considérait pas cela comme un meurtre - et le tuer plus tard. Il le savait mais il s'évertuait à se répéter et elle savait très bien pourquoi il faisait ça. Il voulait lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que maintenant ou plus tard, un lien entre elle et le bébé était existant, qu'elle le veuille ou non. Elle refusait de voir, elle refusait d'admettre parce que ça compliquerait tout et que Prim n'était pas une femme compliquée quand on la laissait gérer sa vie comme elle le voulait - si on pouvait encore dire qu'il s'agissait là d'une vie. C'était une femme carré, rangée dans une case dont elle ne voulait pas sortir, la preuve en était dans ses gestes, ceux dans lesquels elle mettait de l'huile de coude pour nettoyer les dégâts qu'avaient laissé le lait. Pas de traces, pas d'ennuie, tout devait rouler sans encombre, jamais rien ne devait dépasser, jamais rien n'était laissé au hasard et ce bébé, c'était un hasard. C'était sa vie et elle ne voulait pas se foutre dans une autre case en donnant naissance à un enfant, en laissant son ADN sur cette planète sans savoir ce qu'il en adviendra. Elle refusait de se jeter dans l'inconnu parce qu'on lui avait toujours mis en tête de suivre un plan et ce gamin n'en faisait pas partie.

Une personne normale aurait sûrement secoué la tête suite aux propos de Jeremiah. Une personne normale aurait sûrement soupiré pour mieux capituler parce qu'il avait raison. Il avait raison sur toute la ligne mais Primrosae n'avait rien de normal. Son enfance était construite sur le plus gros mensonge de sa vie, son éducation avait fait d'elle un esprit totalement fermé aux changements. Non. Primrosae ne secouait pas la tête, ne soupirait et ne capitulait pas, jamais. A défaut de frapper le Pasteur, c'était la casserole qui subissait sa colère, se retrouvait violemment heurtée contre le fin de l'évier. Ses doigts s'étaient crispés contre la poignée, la jointure de ses phalanges blanchissaient, son sang bouillonnait dans ses veines et l'alcool n'aidait pas à la calmer. Il ne comprenait pas, il ne comprendrait sûrement jamais. Elle n'avait qu'une envie, c'était de lui balancer la casserole au travers de la tronche, lui faire comprendre qu'elle était en colère contre ce que la vie lui imposait, qu'elle était en colère contre lui de ne pas la soutenir dans un moment où elle en aurait sûrement le plus besoin. Oui, elle était en colère bien plus qu'elle n'était lâche. Laissant son arme d'appoint dans l'évier, elle se tournait brusquement vers lui, en oubliant la cigarette qu'il lui avait demandé. « Tu veux jouer carte sur table? Tu veux que je sois franche? Bien. Tout ce dont j'ai envie, là, maintenant c'est de te faire du mal. De prendre cette casserole et de te frapper avec pour te faire comprendre combien je suis en colère. Tu imagines pas combien je me retiens de m'écouter pour cette fois. J'ai envie de faire machine arrière, de n'être jamais venue ici et à la place, d'avoir pris l'avion pour la Hollande en étant complètement torchée sans que tu ne saches jamais rien de ce voyage. Mieux encore, d'aller assez loin dans le temps pour ne jamais être tombée enceinte. »

Le paquet de clopes qu'elle tenait finalement dans les mains, elle lui balançait sans douceur et avec le plus de précision qu'elle le pouvait - compte tenu de son état. « Je n'ai jamais voulu d'enfant, qu'il soit ou non un monstre et tu le sais. On vit trop dans un monde de merde pour ça, je refuse qu'un gosse subisse ce qu'on subit. Oui, je crains de m'attacher parce que la vie à fait en sorte de me faire comprendre que l'amour, même maternelle, ça n'apporte que des emmerdes, que ce n'était qu'un frein à tout ce qu'on envisage, qu'une souffrance parce que ça fini toujours mal, qu'une faiblesse qui peut être exploitée par nos ennemis et ton Dieu, ton cher Dieu que tu pries tant, sait combien ils sont nombreux et combien ils seront encore plus nombreux dans les années à venir. Il est hors de question qu'on puisse m'atteindre si facilement et tu peux me dire tout ce que tu voudras, que l'amour peut être un moteur et toutes les foutaises niaises que tu veux, j'en croirais pas un mot. Jamais. » Abandonnant finalement tout, elle saisissait sa veste qu'elle enfilait sans ménagement, sortant les clés de sa voiture. Énervée, elle l'était finalement encore plus qu'en arrivant, déterminée à s'en débarrasser également. Pourquoi sa conscience l'avait mené ici déjà?
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Elle frappe l'évier avec la casserole. Elle s'énerve. Est-ce que je veux jouer cartes sur table, est-ce que j'ai besoin de sa franchise ? Bien entendu, j'en ai toujours eu besoin. J'ai toujours eu besoin qu'elle me dise ce qu'elle refoule. Je ne parle pas d'une déclaration, est-ce que Primrosae peut m'aimer un jour, le fera-t-elle ? Je n'en sais rien, je ne le lui demande pas. J'ai accepté le temps et l'espace qu'elle a choisi de me laisser au sein de sa vie. Je reste là, présent sur le fil de son existence jusqu'au jour où elle choisira de me porter, ou de me briser. Mais je reste là, face à elle. Attendant ce jour où elle ne pourra plus faire marche arrière. Et je ne reculerai pas, je l'attendrai. Aussi forte soit sa haine envers moi à cet instant, aussi forte soit la mienne, nous nous faisons comme toujours face et je n'ai pas peur à ses côtés.

Ah... tout ce qu'elle veut, me faire du mal. Au moins, ça c'est clair. Je m'approche sensiblement d'elle. Ma main passe contre ma cage thoracique, je caresse du bout des doigts la croix carbonisée, qui ne se devine qu'à la forme qu'elle fait sous mes vêtements. Je l'observe. « Et pourtant tu es venue. » Je lui tourne le dos, me penche sur mon ouvrage et remonte l'arme finalement. Mes doigts glissent contre le métal. Je sens alors mon paquet de cigarettes venir taper contre ma nuque. No comment. Je me retourne, ramasse le paquet doucement et les pose toutes sur la table sauf une que je loge entre mes lèvres. Je prends l'arme et avance vers la plaque encore chaude sur laquelle j'allume le bout de la cigarette, passant tout près de Primrosae qui doit s'en doute se retenir de me coller le visage sur la plaque brûlante. Je me retourne vers elle.

« Tiens, prends-le. » dis-je, en lui tendant l'arme. Je serre ses doigts autour de la crosse, espérant qu'elle ne me tire pas une balle dans les burnes à cause de l'alcool, malgré tout. Je tire sur la cigarette, gardant une seconde la fumée en bouche avant de la laisser s'échapper en un filet qui fond sur son visage à elle. Je lui fais le commentaire froid que c'est un automatique, pas de roulette russe aujourd'hui. Pas de petit jeu. « Pour que ce soit clair entre nous, Prim, je te donne les deux niveaux de lecture de mon propos, puisqu'ils semblent t'échapper. »

Je dirige sa main pour que l'arme vienne tout près de mon visage. Je tire une nouvelle fois sur la cigarette de ma main libre. « Tout d'abord. Tu ne peux pas retourner dans le temps. C'est dommage, c'est souhaitable, comme tu veux ma belle mais c'est la vie. Alors maintenant, tu arrêtes ce putain de déni, tu baisses les yeux sur ton ventre et tu prends conscience que l'enfant est là. Tu sais, mon Dieu, mon cher Dieu, comme tu le dis si bien sait que les ennemis sont nombreux. Qui est l'ennemi de l'enfant, toi ? Tu ne peux pas le liquider pour le protéger. C'est. Trop. Tard. » Je prends une profonde inspiration.

Vois ma misère et ma peine, Et pardonne tous mes péchés. Vois combien mes ennemis sont nombreux, et de quelle haine violente ils me poursuivent. Garde mon âme et sauve-moi ! Que je ne sois pas confus, quand je cherche auprès de toi mon refuge...

J'écrase mon regard dans le sien. « Et maintenant, la seconde version. Regarde. Mais regarde-moi bien dans les yeux Primrosae. On parle d'un enfant qui n'est pas encore né. Que tu veuilles le protéger des monstres qui rôdent à l'extérieur, cela s'entend. Moi, je m'occupe de ceux qui ceux dans cette maison. Donc maintenant je te propose un choix tout simple. Ou tu me fais sauter la cervelle maintenant et tu prends ton billet pour aller en Hollande juste après. Ou tu considères que tu veux tuer l'enfant, mais que tu as une possibilité infime de me rater. Si tu décides de tuer l'enfant Prim, si tu décides de me tuer, et que tu me rates, les prochains mois que tu vivras te feront regretter d'avoir croisé ma route. Tu crois que je ne le ferai pas ? Si c'est un mutant, je m'en occupe. Si tu tues un humain à naître, je te conseille de ne pas me rater parce que je ferai de toi un légume jusqu'à l'accouchement et après je te brise le crâne. Et oui, l'amour est un moteur, bitch. »
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Qu'il la ferme, qu'il se taise. C'est tout ce qu'elle souhaitait parce qu'il enfonçait le clou dans sa colère et la colère de Primrosae était comme un ballon. Plus on appuyait dessus avec une pointe, plus on prenait le risque qu'il nous explose à la face. Jeremiah le savait pourtant il semblait avoir confiance en lui-même - probablement un peu en elle aussi - et pour cause, la forcer à saisir une arme dans un tel état de nerf, ce n'était pas la meilleure des idées. L'un comme l'autre savait parfaitement qu'elle était capable du pire, qu'elle le faisait souvent sans sourciller et qu'elle ne cherchait pas midi à quatorze heure. Primrosae était une femme qui marchait aux sentiments, à tous ses sentiments négatifs qui l'envahissaient la plupart du temps, à cet instinct animal qui l'obligeait à protéger son territoire et ses intérêts. Ses intérêts ce soir étaient plus que clairs: elle ne voulait pas d'enfant, peu importait sa nature humaine ou non. Jeremiah ne comprenait pas ce point de vue ou en tout cas, il était loin d'être d'accord et il le faisait comprendre à sa manière: elle le tuait et s'en allait en Hollande ou elle le laissait en vie et c'est à elle qu'était promise une déclaration de décès si jamais elle tuait cet enfant. Un rire nasal se faisait entendre alors que Primrosae ne semblait nullement impressionnée par cette menace. Mourir n'était pas dans ses plans, certes, mais elle n'en avait pas peur pour autant. Elle pensait pourtant que le Pasteur l'avait compris depuis le temps qu'il sauvait son cul des nombreuses conneries qu'elle pouvait faire. « Ça n'a rien à voir avec de l'amour ça. C'est l'hypothétique haine que tu pourras ressentir qui te fait dire ça. »

Décalant l'arme, elle tirait les sept balles que le chargeur contenait sans louper une seule fois sa cible. Verre qui traînait par là, lampe, pot de plante, cierge, boîte de mouchoirs, radio et cendrier. Pas un seul de ses objets n'avaient échappé à la rage de Prim. Le regard de nouveau braquer sur Jeremiah, elle lui plaquait l'arme contre le torse et le faisait reculer par la même occasion. Elle avait beau être imbibée d'un liquide ambré, elle était des plus sérieuses et parfaitement consciente de ce qu'elle était sur le point de lui dire. « Je ne vise jamais la tête. Le cœur, c'est plus sûr. » Histoire de lui faire comprendre que si elle était amené à tirer sur lui un jour, elle ne comptait pas prendre le risque d'en faire un légume. Quand Prim tirait, c'était pour tuer, point final, et si ça pouvait être fatal immédiatement, c'était le mieux. Le cœur était l'organe idéal pour ça. Ce même cœur qu'elle refusait d'écouter parce que le sien était mort depuis longtemps. « Si c'est un humain et que je m'y attache, je te détesterais le restant de mes jours. Si c'est un mutant et que tu t'en occupes pas comme moi je l'entend, je vous louperais pas. » S'il ne le tuait pas, elle les tuerait tous les deux et elle était persuadée qu'il savait qu'elle en était capable. Décrochant finalement son regard du sien, elle le contournait pour mieux prendre la sortie et rejoindre sa voiture. Est-ce qu'elle venait de lui promettre de lui donner naissance si c'est un humain? Sûrement. Est-ce qu'elle avait peur que ça se retourne contre elle? Certainement.

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