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 ELLEWIS → don't you worry 'bout me.

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ellen & lewis

Il ne sait pas trop combien de temps il erre, comme ça. Suffisamment longtemps pour se rendre compte qu’il est complètement trempé, frigorifié parce qu’il est parti sans même enfiler une veste et qu’il n’a même pas pris son portefeuilles. Son seul autre refuge, c’est le Woods, mais à l’heure actuelle, il est probablement infecté de Watchers alors il n’a aucune envie de s’y rendre. Pourtant, ce qu’il peut avoir besoin d’un verre. Ou deux. C’est encore le matin. Enfin, probablement. Il ne sait pas à quelle heure il s’est levé. Il regarde son poignet et constate qu’il n’a pas sa montre, non plus. Pour la première fois de sa vie, il a envie de rentrer à la maison. A Emmett, chez ses parents. Même lorsqu’il était paumé en plein désert à bouffer du sable et à voir ses potes se faire exploser, il n’a jamais éprouvé ça. Mais là, il donnerait n’importe quoi pour rentrer, écouter sa mère déblatérer des idioties sur le dernier gala de charité auquel les Reagans doivent absolument se rendre, regarder son père confortablement installé sur son fauteuil devant la télévision, à boire un verre de cognac. Ses parents sont bien la dernière chose à lui avoir jamais donné la sensation d’appartenir à une famille. Pourtant, là tout de suite, c’est probablement tout ce qu’il lui reste vraiment. Alors ouais, pour la première fois de sa vie, Lewis s’imagine là-bas, et peut-être que Sarah, Jeremiah et Aaron sont là eux aussi, qu’ils sont tous gamins et qu’ils sont encore loin de s’imaginer le bordel que ce sera, dans quelques années.
Un klaxon retentit et Lewis se fige, hébété. Quand il relève la tête, il voit qu’il est au milieu de la route, qu’une voiture est arrêtée à un pas de lui et qu’il ne l’a même pas entendue. Il ne peut pas seulement blâmer le fait d’être perdu dans ses pensées, pour ça. Non, il peut clairement blâmer Jeremiah, aussi. Lewis lève la main dans un geste désolé et finit de traverser la rue. Il a l’air d’un taré, en tee-shirt sous la pluie battante. Un hématome d’une sale couleur marque sa tempe gauche et une migraine terrible lui vrille le crâne. Son tympan gauche ne perçoit toujours rien et ne percevra probablement plus jamais rien.

Quand il s’immobilise sur le trottoir, il se décide enfin à lever un peu la tête et à regarder où il est. Il n’est plus à Brooklyn, ça explique probablement pourquoi ses jambes, encore douloureuses après les attentats, lui font à ce point mal. Il a marché pendant bien deux heures, sans même suivre un itinéraire précis, il a probablement traversé les mêmes rues, encore et encore, juste pour marcher, faire quelque chose, ne pas rester inactif. Et maintenant, il est trempé, gelé et il a mal partout. Putain, ce qu’il peut être pathétique. Il pense à Adamska, mais depuis les attentats, il n’est pas retourné à son appartement et Lewis n’a aucune idée de l’endroit où il se trouve actuellement. C’est mieux ainsi, c’est lui qui lui a suggéré de ne pas lui dire, au cas où. Son regard s’arrête sur un kiosque à journaux et sur l’un d’eux, il aperçoit la date du jour. Il ne sait pas trop pourquoi, il se rappelle alors qu’Ellen est en repos, habituellement. Ellen qui ne doit surtout pas avoir l’idée saugrenue de venir lui payer une petite visite surprise comme elle sait si bien le faire. Ellen qui est, en fait, la seule personne qu’il peut et veut voir présentement. Il hésite, pourtant. Parce que si lui l’a vue anéantie, l’inverse ne s’est encore jamais produit et Lewis n’est pas du genre à laisser qui que ce soit le voir ainsi.

Il est comme un chien, Lewis, il préfère se cacher dans un trou pour crever.

Mais il a vraiment besoin d’un verre. Il peut inventer une excuse, prétendre qu’il est en pleine marche de la honte après une soirée trop arrosée, Ellen ne se poserait pas plus de questions que ça. Alors il se met en marche, finalement. Il ne va pas se terrer, pour changer. Il a l’impression qu’il pleut de plus en plus fort, ça en devient presque douloureux sur sa peau déjà froide. Pourtant il continue d’avancer, même si ses cheveux trempés gênent sa vue, même si ses genoux sont douloureux. Il se traîne jusqu’à l’immeuble où Ellen habite et il presse son doigt sur la sonnette. Il attend. C’est long, trop long et quand il se dit qu’elle n’est peut-être pas à la maison, qu’il s’est peut-être planté de jour, il a soudainement envie de chialer, parce qu’il réalise qu’il n’a vraiment pas envie d’être tout seul.
Mais finalement, la voix de la jeune femme s’échappe de l’interphone et il lâche un soupir de soulagement. « C’est Lewis, j’peux monter ? » qu’il croasse et au silence qui lui répond, il a d’abord l’impression qu’elle ne l’a pas entendu, mais la porte se déverrouille et il est enfin à l’abri de la pluie. Ses chaussures et son jean trempés laisses des traces sur le sol, alors qu’il grimpe les escaliers en se traînant presque jusqu’à arriver devant la porte de son appartement. Il toque contre le montant en bois et après quelques secondes, un cliquetis résonne et la porte s’ouvre.

Il a la gorge nouée, quand il lève les yeux vers elle. C’est le moment de faire un sourire idiot et de sortir son excuse bidon. Il observe sa tenue, visiblement, elle ne s’attendait pas à avoir de la visite, aujourd’hui. Alors il déglutit avec difficultés. « Je-- » qu’il commence alors qu’un frisson lui parcourt l’échine. Il baisse la tête, remarque qu’il est en train de tremper son paillasson. « Désolé, je-- » Pourquoi sa voix tremble comme ça, putain ? Il inspire, expire. « J’veux pas déranger, j’veux juste-- » Qu’est-ce qu’il veut, au juste ? Il n’en sait rien. Pas être tout seul, probablement. « Excuse-moi, c’est stupide, j’aurais pas dû venir, » qu’il s’empresse de dire et pourtant, il ne bouge pas. Il n'y arrive pas.

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lewis & ellen

Les journées étaient toujours les mêmes, elles se ressemblaient toutes à l'exception d'une dans la semaine: son jour de repos. Il n'était jamais le même, jamais régit par les mêmes sentiments. Elle avait parfois cette rage de vivre, d'avancer, de sortir et d'autres fois cette envie de rester enfermée dans l'obscurité et le silence de son appartement. Il ne fallait pas se leurrer, la deuxième option était la plus fréquente. Le manque de son mari, la sensation d'avoir perdue une partie d'elle-même avec sa fille, ça passait au dessus du positif, ça passait au dessus de tout le reste. Alors elle restait là, parfois immobile à un endroit comme dans son lit ou dans le canapé, à fixer le plafond, à observer son propre reflet dans la télévision éteinte ou parfois - souvent - à errer dans son appartement, feintant l'ennui par de fausses occupations. Regarder un film, prendre un bain, faire le ménage, la préparation d'un thé, du rangement, faire la cuisine, s'occuper des papiers administratifs, peu importe, elle évitait une dépression certaine en continuant de subvenir à ses besoins et ses obligations les plus primaires. Elle pleurait aussi, souvent. A cause d'un détail, d'une pensée maladroite, d'un objet. Un rien la faisait basculer alors pour éviter ça, elle s'enfermait dans une routine dangereuse: l'alcool. Un verre par ci, un verre par là. De quoi s'échapper un peu de la réalité, juste assez pour éteindre ses sentiments ou ses pensées, persuadée de vivre mieux ainsi, craignant tout de même une dépendance qui la faisait s'arrêter à temps. Enfin... avait-elle nécessairement besoin d'être ivre pour être dépendante? Non mais elle se persuadait que oui, probablement pour éviter de rajouter une goutte à son vase déjà trop plein.

Ça ne l'empêchait pourtant pas de se retrouver face à cette bouteille de Whisky neuve, fièrement perchée sur l'îlot central de sa cuisine ouverte sur le salon. La jointure blanchie de ses doigts serrant son verre était la première témoin d'une envie de résistance. Elle ne devait pas tomber là-dedans, elle ne devait pas se rajouter du poids sur ses épaules bien plus frêles qu'elle ne veut le montrer au monde. C'est la sonnerie de l'interphone qui la sortait de sa torpeur, poussant la bouteille sans ménagement qui se stoppait au bord de l'îlot manquant de vaciller et de tomber au sol. Par réflexe, Duracell, son Jack Russell, aboyait après l'interphone, bien conscient que quelqu'un arrivait. Elle n'était même pas habillée, traînant toujours avec son short et son débardeur qui lui servaient de pyjama. Tant pis. « Tais-toi. » Sans attendre, le chien s'asseyait et se taisait, moment opportun pour décrocher. Quand la voix de Lewis parvenait sans mal à ses oreilles - dans une question qu'elle trouvait ridicule d'ailleurs - elle ne cherchait pas à comprendre de midi à quatorze heure et lui ouvrait la porte d'entrée de l'immeuble. Il était probablement le seul homme encore en vie à qui elle était incapable de dire non, dans la limite du raisonnable évidemment. Les mots n'avaient pas à être posés sur le pourquoi du comment, les rôles qu'il tenait dans sa vie - témoin de son mariage, parrain de sa fille - étaient bien suffisants pour comprendre qu'elle tenait à lui plus que de raison alors forcément, c'était sans aucune appréhension qu'elle le laissait monter, profitant de la paire de minutes qu'elle avait pour enfiler un peignoir fluide et pour ouvrir les volets - allez savoir pourquoi vu les cordes qui tombaient.

Ouvrant la porte, ses yeux se relevaient sur lui, le sourire disparaissant de son visage. Il était dans un état lamentable, il n'y avait pas d'autre mot. Au-delà même d'être trempé, elle pouvait voir qu'il avait peu dormi, qu'il était blessé, autant physiquement que psychologiquement, qu'il était dans un état second. Elle ne l'avait jamais vu comme ça et son cœur s'en trouvait soudainement brisé, privé d'un battement que l’inquiétude avait happé. Il n'était pas le Lewis fort qu'elle connaissait, on l'avait brisé, détruit. Inconsciemment, elle avait cette sensation que, probablement, si on l'avait battu et laissé pour mort, il irait mieux que maintenant. Poussant sa porte au maximum de son ouverture, elle l'invitait expressément à entrer, rajoutant quelques mots pour appuyer l'idée. « Tu as fait exactement ce qu'il fallait faire. » Qu'il arrête de s'excuser, qu'il arrête seulement d'avoir la sensation de dérange, il ne la dérange jamais. Il était le premier à l'accueillir chez lui, ça serait égoïste qu'elle lui ferme la porte au nez et surtout, ça ne serait pas Ellen. Le faisant entrer, elle refermait la porte derrière lui, Duracell trouvant là l'occasion parfaite pour accueillir l'invité comme il se doit, lui sautant sur les jambes avec toute la joie dont il était capable. « Bouges pas, je vais aller te chercher une serviette, t'es gelé. » Elle pouvait le deviner ne serait-ce qu'à ses doigts fripés d'être resté sous la pluie, à ses lèvres légèrement violacées.

Sans attendre, elle s'éclipsait d'abord dans la salle de bain pour aller chercher la fameuse serviette puis dans sa chambre où elle sortait des vêtements de son mari n'ayant jamais trouvé assez courage pour les jeter pour le moment. Ça devrait aller. Elle les laissait là, n'emportant avec elle que la serviette chaude précédemment posée sur le porte serviette chauffant. « Tout va s'arranger. » Peu importe pourquoi il était là, dans cet état, elle ferait tout pour arranger les choses, tout pour revoir ce sourire idiot sur son visage, l'éclat dans son regard espiègle et gentiment moqueur. Ne lui laissant pas le choix, elle lui retirait son t-shirt trempé, le laissant tomber au sol pour le moment et s'empressait de l'entourer de la serviette chaude, frottant sa peau avec autant de douceur que pourrait le faire une mère. Elle se fichait bien que son appartement soit trempé, elle se fichait éperdument d'être mouillée elle-même, elle ne pouvait juste pas le laisser ainsi. Son appartement pouvait se nettoyer, ce n'était pas un problème, contrairement à Lewis qui semblait tomber en mille morceaux sous ses yeux. L'entraînant avec elle, elle le faisait s'asseoir sur le canapé, l'entourant de ses bras pour frictionner son dos dans un geste de réconfort, lui glissant quelques mots à l'oreille. « Ça va aller, je te le promet. Tu peux rester là autant que tu veux. » Parce qu'elle sera là, à chaque instant. Chaque seconde où il aura besoin d'elle, elle sera là. « Je suis là, je bougerais pas, tu peux tout me dire. » Elle s'en faisait le serment, aussi insupportable serait d'entendre la souffrance de son ami.
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Lewis a été présent pour les plus beaux et les pires moments de la vie d’Ellen. Il était là quand Ethan et elle se sont dit oui, quand son ventre s’est arrondis jusqu’à la rendre incapable d’être aussi active qu’elle avait l’habitude de l’être, la rendant par la même occasion particulièrement exécrable pour son entourage – bien qu’Ethan et Lewis maintenaient qu’elle était adorable, ce qui l’agaçait plus encore – quand la petite Ellane est finalement venue au monde. Il se souvient encore de la tête d’ahuri qu’il a faite quand le couple lui a annoncé qu’ils voulaient qu’il soit le parrain de leur fille – difficile à oublier, puisqu’Ethan n’a pas hésité à prendre une photo pour immortaliser l’instant et la montrer à tout le monde. Il n’oubliera jamais la sensation étrange qui lui a serré la poitrine quand Ellane a refermé ses doigts minuscules autour de son auriculaire en babillant joyeusement. Principalement parce qu’à ce moment-là, il s’est dit que si sa vie n’était pas un tel bordel, ça ne le dérangerait pas de se poser et de faire quelques gosses, comme Ellen. Il était là aussi, quand la petite s’est mise à courir partout et à tout porter à sa bouche, lui permettant ainsi de voir Ethan et Ellen complètement paniqués et débordés pour la première fois.
Il était là, quand une fois l’enterrement d’Ethan et Ellane passé, sa formation achevée, Ellen s’est retrouvée réellement seule et sans rien à faire pour la première fois, quand elle s’est rendue compte qu’elle était une mutante et qu’elle a craqué, vraiment craqué pour la première fois. Il était là quand elle s’est effondrée, quand la rage et le désespoir ont fait bouillir son sang dans ses veines. Il était là quand elle a eu besoin de cogner sur quelque chose, qu’on la serre fort, qu’on boive avec elle. Il lui a prêté sa chambre d’amis, quand rentrer chez elle toute seule devenait trop douloureux. Parfois même son lit, quand la vision des corps de ses proches la réveillait en pleine nuit et qu’elle avait besoin qu’on l’attrape et qu’on la berce pour ne pas devenir complètement folle.

Ils ne portent peut-être pas le même nom, ils ne partagent pas le même sang, mais Ellen est autant sa famille que Sarah, Jeremiah et Aaron. Et Lewis n’est vraiment pas habitué à être celui qui doit être réconforté, dans leur étrange dynamique, c’est déjà arrivé bien sûr, mais il n’a jamais été comme ça, il n’a jamais éprouvé un tel désespoir. Pourtant, elle est la première personne à laquelle il a pensée. Avec Sarah et Aaron, il ne peut pas se permettre d’être le frère aîné qui tient le coup quoi qu’il arrive, parce que s’il s’effondre, alors plus rien ne tiendra la route. Mais Ellen peut encaisser son désespoir, Ellen peut lui remettre les idées en place, le retaper, comme il en a cruellement besoin présentement. « Tu as fait exactement ce qu'il fallait faire, » qu’elle l’interrompt alors qu’il s’apprête à s’excuser une nouvelle fois et il esquisse un misérable sourire parce que c’est ce qu’il a besoin d’entendre, c’est exactement ce qu’il a besoin d’entendre, même si elle parle de sa décision de venir ici et pas du reste.
Elle le fait entrer et son Jack choisit ce moment pour se précipiter vers lui, se jeter sur ses jambes en remuant la queue d’un air joyeux. Duracell sait que ce comportement lui vaut toujours un Lewis à genoux lui caressant furieusement le ventre en déclamant des « oh oui, ça c’est un bon chien, oh oui t’es beau, ouuuuuuh oui brave bête » alors il ne comprend pas vraiment quand malgré ses efforts, Lewis ne semble toujours pas décidé à faire comme d’habitude. « Bouges pas, je vais aller te chercher une serviette, t'es gelé. » Oh il ne bouge pas, non. Il reste planté dans l’entrée de son appartement, le corps parcouru de frissons et les yeux rivés sur Duracell qui arrête de lui sauter dessus et s’assied à ses pieds, la tête penchée sur le côté.

Il ne l’entend pas revenir, il n’entend pas non plus ce qu’elle dit, elle est un peu trop loin pour ça, mais il réagit enfin quand elle attrape le bas de son t-shirt et le fait remonter. Il lève les bras pour l’aider à le retirer et un nouveau frisson parcourt son échine avant qu’elle ne l’enroule dans la serviette chaude. Un grognement rauque lui échappe et il rentre la tête dans ses épaules alors qu’elle frotte pour le réchauffer. Elle l’entraîne alors jusqu’au salon et il veut râler, parce qu’il dégueulasse son salon avec ses chaussures mouillées, il ouvre définitivement la bouche pour protester quand elle l’assoit sur le canapé, parce qu’il va le tremper, mais elle referme ses bras autour de lui et continue de frotter son dos pour chasser le froid de ses os.  « Ça va aller, je te le promets. Tu peux rester là autant que tu veux. Je suis là, je bougerai pas, tu peux tout me dire. » Et il y croit, à sa promesse. Parce que c’est Ellen, parce que malgré toutes les épreuves, tout ce qu’elle a enduré, elle est toujours là. Parce que cette femme est une putain de force de la nature et s’il peut s’autoriser à craquer, c’est en sa présence, seulement en sa présence à elle. Une part de lui se sent affreusement égoïste, parce que sa famille vole en éclat oui, mais il en a toujours une et il n’est pas certain d’être capable, de vouloir imposer tout ça à Ellen.
Mais parce qu’il s’est toujours promis de ne jamais la traiter différemment, de ne jamais penser qu’elle était fragile ou incapable de s’occuper des autres à cause de ce qu’elle a perdu, Lewis referme ses bras autour d’elle et enfouit son visage dans le creux de son épaule. Il continue de se cacher, ainsi, parce qu’il n’est pas complètement prêt à assumer qu’il a envie de fondre en larmes comme un gosse alors qu’il est un putain d’adulte de trente-cinq ans. Elle disparaît presque dans son étreinte, parce qu’il est plus grand, bien plus large qu’elle aussi. Pour des yeux extérieurs, ça la rend probablement minuscule, délicate, fragile. Mais cette fois-ci, c’est lui qui tremble et qui s’accroche à elle.

« C’est ma faute, » qu’il croasse, la voix étouffée par l’épaule d’Ellen. « C’est ma faute, tout est ma faute, » répète-t-il alors qu’il réalise que s’il n’avait pas désespérément cru en Jeremiah, que s’il l’avait arrêté avant, les attentats n’auraient jamais eu lieu. La loi de recensement n’aurait pas été votée. Ethan et Ellane seraient encore en vie. Alors il craque, pour de bon. Un sanglot douloureux lui échappe, il a l’impression qu’on l’arrache de sa poitrine. Il ne se souvient pas de la dernière fois qu’il a pleuré comme ça. « J’suis désolé, » hoquète-t-il. « J’suis désolé El— désolé, » répète-t-il inlassablement. Il aurait dû le voir, il aurait dû comprendre. Mais non, il a continué de croire que Jeremiah pouvait être arrêté, il a continué de penser que son frère n’était pas complètement fou alors qu’il avait la preuve sous les yeux, il suffisait simplement d’arrêter de se voiler la face. Mais non, il l’a laissé faire, pendant quatre ans, il s’est laissé croire qu’il faisait quelque chose de bien, qu’il contrôlait la situation alors qu’en réalité, il n’a jamais rien contrôlé, encore moins Jer. Ethan et Ellane sont morts parce que Lewis n’a pas été fichu d’avoir les couilles de confronter son frère.
Et putain il aimait cette gosse. C’était pas la sienne, bien sûr, mais est-ce que c’est vraiment important ? Est-ce que ça compte, quand la gamine avait le plus beau des sourires, quand elle poussait des cris de joie à chaque fois qu’elle le voyait, quand il la regardait jouer avec son père, quand il voyait le bonheur d’Ellen quand elle entendait sa fille rire ? Il aimait cette gosse autant qu’il aime sa mère et il est responsable de la mort de la première et de la souffrance de la seconde. « Je peux pas— je peux pas te dire, je peux pas-- » Parce qu’il ne peut pas lui imposer l’horreur d’apprendre qui est réellement à l’origine de ce qui a détruit sa vie, ou parce qu’il a peur de la perdre s’il le fait ? Lewis n’a jamais été aussi lâche de toute sa vie.

Il se dégoûte.

Alors il s’écarte d’elle, même s’il n’en a aucune envie, il ne mérite pas ça, il ne mérite pas le réconfort qu’elle essaye de lui donner. Il n’ose pas croiser son regard, au lieu de cela, il appuie ses coudes sur ses cuisses et enfouit son visage dans ses mains. Il se cache, encore. « Tu vas me détester, tu—je le mérite, putain j’le mérite tellement. » Qu’est-ce qu’il fiche ici, putain ? Pourquoi il lui impose ça ? Il n’en a pas le droit, pas après ce qu’elle a déjà traversé. Il relève brusquement la tête et il se tourne vers elle. « J’aurais pas dû venir ici, » répète-t-il d’une voix blanche. « Putain, j’aurais pas dû, je-- » Il se relève, laisse tomber la serviette, évite Duracell qui s’était logé contre ses pieds et s’apprête à s’enfuir de son appartement. Puis il se fige et se tourne à nouveau vers elle, il a l’air effrayé, tout à coup. « Faut plus que tu reviennes à la maison, ni au bar, ni-- » Il s’interrompt, prend une profonde inspiration, ses mains tremblent. « Efface mon numéro, ne vois plus Aaron, ni Sarah, ni—oublie nous, juste-- » C’est stupide, Jeremiah la connait, il sait forcément où elle habite, il peut la trouver, il peut lui faire du mal, à elle aussi. Il est presque tenté de lui dire de déménager, de quitter le pays, maintenant, tout de suite. Mais est-ce que ça suffira ? Ses poings se serrent, s’il pleure encore, c’est de frustration, de colère, d’impuissance. Il ne sait pas quoi faire, il ne sait plus quoi faire pour qu’elle, pour qu’au moins Ellen soit en sécurité, pour qu’elle ne paye pas le même prix qu’Ethan et Ellane.

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lewis & ellen

Démoli. C'était la vision douloureuse qu'elle avait de Lewis à cet instant alors qu'elle glissait la serviette autour de ses larges épaules à présent dénudées. Elle ne se souvenait pas l'avoir déjà vu ainsi. Bien sûr, comme tout à chacun, il avait eu ses coups de mou, ses coups de pompe. Il avait eu ses joies et ses peines mais jamais elle n'avait fait face à cet homme-là. Il avait pris un coup, clairement. Physiquement certes mais surtout mentalement. Elle avait vu dans son regard cette fissure, béante, rampante jusqu'à son cœur probablement. Tous deux avaient assisté à des horreurs - ils en avaient faites au nom de la liberté de leur pays également - mais tout était différent, plus personnel et plus douloureux certainement. Rien que d'y penser, ça la peinait de le voir ainsi et ce, bien qu'elle ignorait le pourquoi du comment. Il était son ami, très certainement le meilleur d'entre tous. Elle connaissait le soldat, elle connaissait l'homme, elle connaissait l'ami, elle connaissait le frère. Elle concluait très vite que quoi qu'il se passait, il ne méritait pas de vivre tout ça. Peu importait ce qu'on pourra dire de lui, Ellen était persuadée de la bonté de Lewis, persuadée de son âme bienveillante bien avant d'être le bonhomme baraqué à craindre, aux poings sévères. Il était un nounours qui ne voulait pas s'admettre, tout simplement. Elle se souvenait des moments passés ensemble, peu de temps après les combats. Ils avaient beaucoup parlé, ils s'étaient beaucoup confiés et elle s'était montrée présente quand les cauchemars de Lewis l'empêchaient de dormir, quand l'odeur de chair calcinée lui remontait au narines et qu'il avait besoin de changer d'air. Combien de fois elle avait enfilé ses running pour aller courir avec lui en pleine nuit, abandonnant pour quelques heures mari et enfant? Combien de fois elle avait abandonné la chaleur de son logis pour les températures négatives pour le rejoindre et suffoquer dans des picotements douloureux de leurs poumons? Elle ne les comptait plus mais quand elle voyait l'homme en face d'elle, à cet instant, elle savait qu'aller courir pour extérioriser ne serait pas suffisant, elle savait que de frapper dans des sacs et discuter ne seraient pas les bonnes solutions pour soulager sa peine. Le pouvait-elle vraiment de toute façon? Était-ce vraiment de son ressort?

Elle l'ignorait mais tout ce qu'elle savait c'est qu'elle ferait tout en son pouvoir pour le remonter. Elle lui devait au moins ça après tout ce qu'il avait fait pour elle et qu'il continuait à faire d'ailleurs. Ça commençait par le fait de ne pas montrer sa peine de le voir comme ça. Bien entendu, elle ne pouvait pas rester de marbre, ses iris avaient toujours été très expressifs et Lewis était une personne plus qu'importante à ses yeux mais elle se refusait de craquer avec lui, elle se devait d'être forte avec lui, pour lui. Si physiquement parlant, le brun en imposait bien plus qu'Ellen, cette dernière avait les épaules et le dos bien larges mentalement pour accueillir ses problèmes et ses peines en plus des siens. A vrai dire, ses soucis, elle les avait évincé, ne laissant que de la place pour ceux de Lewis, prête à l'écouter, prête à le rassurer et le conseiller si elle le pouvait. Plus rien n'avait d'importance à part lui parce qu'humainement, il était tout ce qu'elle avait, d'autant plus depuis qu'elle s'était confronté au véritable visage de Jeremiah. Elle ne pouvait plus le considérer comme un ami désormais, elle entendait encore ses mots cinglants sifflés à ses oreilles. Elle avait voulu en parler avec Lewis mais par manque de temps, à cause des les circonstances, par le fait du hasard, elle n'en avait pas eu le temps et elle ne comptait pas le faire d'ici un petit moment maintenant, à moins que la situation ne s'y prête mais cela serait étonnant. Elle savait que Reagan était un homme très famille et elle ne voulait pas rajouter à sa peine, elle ne voulait pas rajouter à ses inquiétudes pour Aaron. Si Jeremiah avait voulu le tuer comme il avait tenté de le faire avec elle indirectement, il aurait sûrement réussi depuis longtemps. Aaron ne craignait rien pour le moment. Quant à elle, elle était assez grande pour se défendre - naïve et ignorante qu'elle était du rôle que tenait vraiment Jeremiah parmi les grands détesteurs de mutants. La discussion pouvait être remise à plus tard.

Ses bras refermés autour de Lewis, sa main délicate glissée à la base de ses cheveux trempés pour caresser sa nuque, elle tentait de le calmer en accueillant chacun de ses sanglots, en lui accordant sa présence et de la considération pour chacune de ses larmes. Elle secouait doucement la tête, marquant son désaccord avec ce qu'il lui disait entre deux respirations saccadées. « Sois pas désolé, tu n'as aucune raison de l'être, j'en suis persuadée. » glissait-elle à son oreille - la bonne avec un peu de chance - avant de se redresser pour déposer un baiser en haut de son crâne. Ses mains retournaient à la conquête de son immense dos à présent voûté, le frictionnant tendrement, sans jamais oublié son objectif de le consoler, de lui procurer un peu de chaleur autant physique qu'humaine. Elle lui laissait du temps. Du temps pour pleurer, du temps pour réfléchir sûrement, du temps pour vider son sac en trouvant les bons mots. Elle avait toute la journée, elle était même prête à prendre des jours de congés s'il en avait besoin ou si elle considérait qu'il en avait besoin. Elle connaissait assez Lew' pour savoir qu'il prenait trop sur lui pour libérer les autres et il serait capable de recommencer pour libérer du temps et de l'énergie à Ellen. Il en était hors de question, elle l'avait décidé intérieurement pour lui. En revanche, ce qu'elle n'avait pas pu prévoir, c'était sa réaction qui venait immédiatement. Il était incapable de lui dire incapable de poser des mots. En soi, ce n'était pas grave, elle était prête à lui dire qu'ils avaient le temps pour ça, qu'elle était dotée d'assez de patience pour attendre à ses côtés que ça veuille bien sortir.

Lewis n'était pas de cet avis, il n'était plus de cet avis. Il s'éloignait d'elle, il la blessait indirectement en omettant l'idée qu'elle puisse lui en vouloir et qu'il puisse surtout mériter sa haine. Pourquoi? Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus rien. Il exigeait d'elle qu'elle coupe les ponts avec lui et le reste des Reagan sans aucune raison valable - à ses yeux en tout cas - et putain, rien que l'idée était douloureuse à concevoir. Elle ne pouvait pas faire ça, elle en était tout simplement incapable. Ça revenait à ne plus avoir d'intérêt pour rien ni personne, pas même pour ses parents qui avaient déjà vécu leurs vies, pas même pour elle-même qui ne voyait pas en la sienne une quelconque valeur ou un quelconque intérêt dorénavant. Elle était dans l'incompréhension la plus totale et il était en train de lui retirer ce qui lui restait finalement, ce qui la poussait humainement à lever son cul le matin. Lewis était idiot. Très idiot. C'était oublier combien elle pouvait se montrer têtue et déterminée quand elle le voulait, c'était oublier qu'elle était Ellen Morgan, certes veuve, certes a jamais marquée et fragilisée par la disparition de la chair de sa chair mais elle restait une vraie tigresse qui ne lâcherait jamais le morceau sans comprendre et s'il existait bien une personne sur cette planète pour qui ça valait la peine de se décortiquer, c'était bien lui. « Stop... » Se levant à sa suite, elle profitait d'être quasiment aussi grande que lui pour prendre son visage fermement dans ses mains, l'obligeant à la regarder, la confronter. « Lewis, stop. Arrête. » Qu'il arrête de parler, qu'il arrête de déblatérer des conneries aussi grandes que lui. Elle ne pouvait pas les entendre, ce n'était pas supportable.

Chassant les perles salées du visage du géant avec ses pouces, elle captait son attention par son regard, logeant son visage près du sien, à quelques centimètres seulement. « Je ne sais pas de quoi tu parles, je ne sais pas à quoi tu penses pour dire tout ça mais je m'en fiche. Je le sais que tu es la dernière personne à vouloir me faire du mal, je le sais. Alors peu importe ce qui te pousse à te sentir coupable, je t'en voudrais jamais, pour quoi que ce soit. Tu m'entends?! Jamais! » De son visage, ses mains glissaient sur ses épaules pour finalement retourner dans son dos, première étape d'une étreinte dans laquelle elle le serrait aussi tendrement que fortement, autant qu'elle le pouvait. Pour le retenir? Pour prouver l'authenticité de ses paroles? Elle n'en savait trop bien, elle en avait seulement besoin. « Je t'aime Lewis. » Un silence. Quelques secondes pour ravaler sa peine, la faire taire. Quelques secondes pour ne plus avoir peur de cette demande incongrue et stupide qu'il lui venait de lui faire. « Je peux pas oublier, tu me demandes beaucoup trop mais passe cette porte et cette fois j'aurais une réelle raison de t'en vouloir et tu auras une réelle raison de t'excuser. » Parce qu'elle restait persuadée qu'il n'avait rien fait, pas directement. Sa présence ici en était la preuve. Jamais il ne serait venu s'il avait fait quoi que ce soit qui puisse la contrarier ou lui nuire.

Quittant finalement ses bras, elle lui laissait le champ libre si sa décision de fuir était la même. Au moins, il était prévenu des possibles conséquences. Profitant de ce moment d'accalmie pour ramasser la serviette, elle lui tendait. « Je peux pas t'empêcher de fuir si c'est vraiment ce que tu veux. » Parce que physiquement parlant, elle ne faisait clairement pas le poids face à lui. Quoi que... vu son état... mais elle ne voulait pas tenter de toute façon. « En revanche, si tu as changé d'avis, je peux te prêter la baignoire pour un bain chaud, des vêtements secs t'attendent dans la chambre et je serais une oreille attentive, quand tu auras retrouvé tes esprits. » Partir ou rester, c'était sa décision maintenant. Elle ne pouvait pas le forcer, seulement lui dire la vérité, lui exprimer combien elle l'aimait et combien ça la blesserait s'il passait le seuil de cette porte, sûrement plus que de lui dire ce pourquoi il s'en voulait. Elle n'en démordrait pas. Jamais. Elle lui avait dit. L'avait promis à demi-mot.
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Il ne peut pas la perdre elle aussi. Et il est persuadé que c’est ce qui arrivera, si elle reste à ses côtés. Il n’a aucune envie de ne plus la voir, mais il se dit que c’est mieux comme ça, que si ça lui permet d’être en sécurité alors il veut bien sacrifier leur amitié, la détruire, la saccager. Que resterait-il si elle venait à apprendre la vérité ? Non, il vaut mieux qu’elle s’en aille, Lewis en est certain. Qu’elle quitte cette maudite ville et qu’elle se refasse une vie loin de tout ça, loin d’eux, loin de lui. Car Jeremiah la tuera. Il le sait. Il peut le sentir, il n’hésitera pas une seule seconde, parce qu’elle est mutante, parce que ça peut blesser Lewis, désormais il le sait, son frère n’hésitera pas. Et il ne la perdra pas elle, c’est hors de question. « Stop... » Elle ne comprend pas, il secoue la tête, il faut vraiment qu’ils arrêtent de se voir, parce que ça finira mal pour elle, ça finira terriblement mal pour Ellen et il ne supportera pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Deux paumes chaudes enserrent ses joues et il voudrait vraiment avoir la force de dire non, la force de se dégager, de lui dire d’arrêter. Mais tout ce qu’il sait faire, c’est lever un regard pathétique vers Ellen, la gorge nouée. « Lewis, stop. Arrête. » Les pouces effacent les sillons salés sur ses joues dans un geste trop tendre, trop doux, il ne mérite pas tout ça. Elle approche son visage du sien et son souffle se coupe dans sa gorge. « Je ne sais pas de quoi tu parles, je ne sais pas à quoi tu penses pour dire tout ça mais je m'en fiche. Je le sais que tu es la dernière personne à vouloir me faire du mal, je le sais. Alors peu importe ce qui te pousse à te sentir coupable, je t'en voudrais jamais, pour quoi que ce soit. Tu m'entends?! Jamais! » Elle ne peut pas dire ça, elle n’a pas le droit de faire une telle promesse alors qu’elle ignore tout de la vérité. Elle le détestera, il le sait. Parce qu’il ne peut pas lui dire la vérité, il n’en a pas la force et il ne peut pas révéler à Ellen la vérité sur Jeremiah. Il a confiance en elle, mais ce que son frère a fait dépasse la simple confession entre amis. Ses actions ont tué les deux personnes qu’Ellen aimait le plus au monde et il ne peut pas attendre d’elle qu’elle garde une telle chose secrète.
Mais s’il ne lui dit pas, ce sera pire encore. Parce qu’elle finira par l’apprendre. Elle passe ses mains sur ses épaules, puis dans son dos, avant de venir se blottir contre lui et Lewis ne bouge pas, il n’ose pas. « Je t'aime Lewis. » Elle l’achève sans ménagement, balance un grand coup de massue dans les murs qu’il tentait vainement de construire et il sent ses résolutions s’effriter, s’effondrer en un amas de décombres. Lui aussi. Lui aussi il l’aime, comme il aime Aaron et Sarah, comme il a aimé – aime ? – Jeremiah, parce qu’ils sont une seule et même famille et qu’il est incapable de l’abandonner, incapable de lui dire réellement au revoir, même s’il sait que c’est la meilleure chose à faire. Il tremble contre elle, le grand échalas et s’il semble à nouveau l’engloutir dans cette étreinte qu’il finit enfin par lui rendre, c’est elle qui le supporte vraiment et lui qui se sent disparaître contre elle. « Je peux pas oublier, tu me demandes beaucoup trop mais passe cette porte et cette fois j'aurais une réelle raison de t'en vouloir et tu auras une réelle raison de t'excuser. » Il renifle dans un rire, c’est pathétique, mais elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit et la situation est grotesque, c’est plus fort que lui.

Elle s’écarte et Lewis a froid tout à coup. « Je peux pas t'empêcher de fuir si c'est vraiment ce que tu veux. » Ce n’est pas qu’il veut, c’est plutôt qu’il devrait. Avant de dire des choses qu’il devrait garder pour lui, avant d’attirer des ennuis à Ellen. « En revanche, si tu as changé d'avis, je peux te prêter la baignoire pour un bain chaud, des vêtements secs t'attendent dans la chambre et je serais une oreille attentive, quand tu auras retrouvé tes esprits. » Il baisse la tête, observe ses paumes vides, qui enserraient Ellen un peu plus tôt et il a l’impression qu’elles sont couvertes du sang des victimes des attentats. Il a la nausée tout à coup et il n’ose pas lever les yeux vers elle. Sa proposition est alléchante, mais il n’acceptera pas. D’abord il y a ce bain qui, il le sait, l’achèverait juste et il ne veut pas fermer les yeux, il ne veut vraiment pas les fermer aujourd’hui. Ensuite, il y a ces fameux vêtements secs, qui ne peuvent être qu’à Ethan et la simple idée de les porter le rend malade.
Alors il inspire, déglutit, se racle la gorge et recommence. Ses lèvres s’entrouvrent alors que ses doigts se tordent et il ferme les yeux, à deux doigts de laisser tomber. Abattu, il retourne près du canapé et s’assied dessus, juste au bord, comme prêt à partir, à s’enfuir au moindre signe que la situation lui échappe. Ses coudes viennent se poser sur ses genoux et son visage vient se loger entre ses paumes. « Il y a-- » commence-t-il mais sa voix se brise, alors il répète son manège, ses doigts attrapent ses cheveux, se crispent. « Il y a ce—cette chose dont je devrais vraiment parler, » dit-il enfin et il s’arrête, s’humecte les lèvres, cherche un peu de courage, n’en trouve pas. « Parce que c’est-- merde, c’est horrible, c’est vraiment horrible, je-- » Il ferme les yeux et ses phalanges deviennent blanches, son cuir chevelu douloureux parce qu’il tire sa tignasse trop fort. « Je devrais en parler, parce que si je ne le fais pas alors— alors je suis coupable moi aussi, tu vois ? Et je—putain je veux pas, je veux vraiment pas parce que c’est-- » Il secoue la tête, parce qu’il n’a pas les mots pour décrire ce que Jeremiah a fait. Ce qu’il continuera de faire. « J’ai jamais voulu être mêlé à tout ça, je pensais pas que—putain, j’pensais pas que ça irait aussi loin, j’pensais pas qu’il-- » Il se tait brusquement, pâlit un peu. Il ne peut pas parler de lui.

« Alors faudrait—il faut vraiment que j’en parle, mais si je le fais… » Lewis se mord la lèvre inférieure, il lâche ses cheveux, relève un peu la tête et lance un regard désespéré à Ellen. « Si je le fais je perds tout, » hoquète-t-il et c’est pathétique, il est misérable, il ne devrait pas penser comme ça. La question ne devrait même pas se poser. Il sait qu’Aaron et Sarah comprendraient, qu’ils accepteraient leur sort. Mais il refuse de les imaginer derrière des barreaux. Il ne peut même pas imaginer Jeremiah en prison, comment pourrait-il accepter que l’on enferme son petit frère et sa petite sœur ? Et ce n’est même pas ce qu’il craint le plus. Il n’est pas assez stupide pour prendre la menace de Jeremiah à la légère. Il sait que les Watchers continueront d’exister, même si son frère n’est plus là. Que d’autres n’hésiteront pas à s’en prendre à Aaron et Sarah, si Jer venait à être éliminé. Alors il est incapable d’en parler, de le dire à qui que ce soit, même si ça pourrait sauver des milliers de vie, il n’y arrive pas, parce qu’il a trop peur pour ses proches.
Est-il égoïste ? C’était différent, quand il n’était qu’un soldat. Il n’avait pas à réfléchir, il avait été entraîné pour ça, protéger son pays au péril de la sienne. Ce n’était que sa propre vie, ça ne valait pas grand-chose finalement. Mais celle de Sarah et Aaron ? Celle d’Ellen ? Celle de Jer ? Toutes ces vies ont une valeur à ses yeux, elles représentent un prix qu’il n’est pas prêt à payer, même pour en sauver bien d’autres. Alors est-il égoïste ? Probablement. Parce qu’il se dit que parler pourrait sauver d’autres Ethan, d’autres Ellane. Et là, à ce moment précis, Lewis se dégoûte. « Je sais pas quoi faire, » ajoute-t-il d’une voix rauque. « El, je sais vraiment pas quoi faire, je veux pas—je veux blesser personne, j’ai jamais—j’ai jamais voulu blesser qui que ce soit, mais maintenant c’est trop tard et je sais, je sais ce que je dois faire pour que ça s’arrête mais je-- » Il secoue la tête, les larmes sont là, encore. « Je peux pas, » admet-il dans un hoquet.

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Elle aimerait le soulager, réellement, mais elle ne savait pas comment faire. Face à lui, face à cette détresse qui se lisait dans ses iris, dans ses tremblements, dans ses larmes, dans cette envie de fuir, elle ne savait pas comment faire. Elle ne savait pas parce qu'elle était ignorante de tout, incapable de comprendre pourquoi il réagissait de cette manière. Il était venu ici pour trouver un refuge, une personne à qui parler probablement, un endroit où il savait qu'il trouverait la paix nécessaire et une oreille attentive pour se retrouver avec lui-même, pour dormir, reprendre des forces qu'il avait visiblement perdu en très peu de temps et d'un coup, elle semblait être la personne à fuir, à ne plus fréquenter. Elle n'avait pas dit de mots de travers, impossible. Lewis pensait trop, beaucoup trop, et il n'arrangeait absolument pas sa santé. Ça ne pouvait pas être autrement, ça venait de là forcément. Ses pensées devaient se percuter les unes aux autres, il avait dû subir un traumatisme dont elle ignorait encore la nature mais qui devait être assez grand pour perturber tous les piliers même de son existence. Ça faisait des années qu'ils étaient amis, des années qu'ils se fréquentaient régulièrement et maintenant il ne voulait plus la voir? Quelque chose clochait et elle voulait savoir. Alors elle l'obligeait à se calmer, à se taire et à l'écouter. Qu'il passe cette porte si l'envie était vraiment là, elle ne pourrait pas le retenir mais il savait à quoi s'attendre. Elle n'irait pas jusqu'à l'ignorer ou le haïr comme son instinct lui dictait de le faire à présent avec Jeremiah, elle en serait incapable de toute façon mais si la menace était le seul moyen pour qu'il reste et vide son sac, elle était prête à la proférer. Elle était pourtant persuadée qu'il n'allait pas le faire, son étreinte parlait pour lui, couvrait à elle seule son silence. Il ne voulait pas s'en aller, elle ne le laisserait pas s'en aller. Pas maintenant, pas dans cet état, pas sans avoir parler pour soulager sa peine et balayer ses larmes. N'était-ce pas le rôle premier d'une amie après tout?

Elle avait dit ce qu'elle avait à dire, la décision lui revenait à présent et c'est avec un certain soulagement qu'elle constatait que l'homme retournait vers le canapé et ne fuyait pas à toutes jambes. Pivotant d'abord pour le suivre du regard, elle ne pipait pas un mot, patiente, à l'écoute. Elle faisait quelques pas dans sa direction, ramassant la serviette au passage. Il avait les gestes d'une personne en panique, d'une personne en détresse mentale, prise en étau entre deux extrêmes qui, s'il choisissait l'un ou l'autre, finirait mal. Elle n'aimait pas le voir comme ça, personne n'aimait voir un être aimé dans cet état. C'était inquiétant parce que si Lewis avait déjà eu ses moments de faiblesse, bien entendu, il n'avait jamais été à ce point hésitant à en parler, il n'était jamais venu la voir si abattu. Glissant maladroitement la serviette sur ses épaules, Ellen profitait qu'une partie de cette dernière pendouille un peu et qu'elle soit humide pour essuyer les traces de sang séchées sur le visage du colosse qui lui paraissait bien petit face à ses problèmes. Elle avait de la difficulté à le voir ainsi parce que c'était inquiétant, certes, mais sa peine la touchait, s'enfonçait dans son cœur comme une aiguille avec une lenteur lancinante. Elle le sentait défaillir à chacun de ses mots, elle le sentait en difficulté et elle voudrait l'aider mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait que glisser sa main dans son dos, le frictionner avec douceur, elle ne pouvait que s'emparer de sa main dans la sienne et entremêler leurs doigts pour l'empêcher de se torturer de nouveau physiquement, elle ne pouvait que déposer ses lèvres dans un baiser tendre contre sa tempe intacte et murmurer quelques mots. « Ce n'est que moi, Lew. Tu sais que tu peux tout me dire sans crainte. » Parce qu'elle ne répéterait rien à personne, parce qu'elle n'allait pas le juger, parce qu'elle savait assez bien contenir ses émotions pour ne pas réagir à chaud et faire de bêtises, parce qu'elle était persuadée que leur amitié pouvait encaisser bien des chocs et en ressortir d'autant plus grande.

Elle avait cette sensation que le problème de son ami concernait sa famille. Pour quoi d'autre pouvait-il se mettre dans cet état de toute façon? Pour les fois où elle l'avait vu en colère, c'était pour sa famille. Pour les fois où son sourire étirait ses lèvres sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit, c'était grâce à sa famille. Elle devait aussi être la source de son désespoir le plus profond mais s'il ne parlait pas, elle était bien incapable de deviner avec précision ses tracas et de l'aider comme elle le voudrait. « Tu ne perdra rien du tout. On se battra pour que ce ne soit pas le cas. » Comme ils l'ont toujours fait, comme ils continueraient à le faire. Elle ne le promettait pas mais c'était tout comme. Elle imaginait qu'il avait de gros problèmes pour dire des choses pareilles. Peut-être d'ordre familial, peut-être d'ordre financier. Peu importe, elle allait l'aider, même dans l'illégalité. Elle avait cet instinct intérieur qui lui hurlait que pour être dans un état pareil, même si Lewis avait fait une connerie, c'était seulement parce qu'il n'avait pas eu le choix, qu'il s'était protégé ou avait protégé quelqu'un et qu'aujourd'hui il était pris entre le regret et l'impossibilité de se défaire de cet attachement qui faisait que s'il devait recommencer, il referait la même chose. Il était un homme raisonnable, trop parfois, à s'en oublier souvent. Il était un homme bon et c'est pour cette raison qu'elle ne doutait pas de lui, qu'elle restait sur ses positions et qu'elle se tenait prête à l'aider sur tous les plans.

Lâchant finalement sa main, elle se redressait sur ses deux jambes pour mieux aller prendre la boite de mouchoirs sur le meuble de l'entrée et l'apporter sur la table basse. Posant de nouveau ses fesses à ses côtés, elle glissait ses jambes au dessus des siennes, s'approchant au maximum de lui, elle lui tendait la boite, un sourire tendrement rassurant au bout des lippes. « Ça va aller, tout va bien aller. Tu ne crains rien ici, personne ne craint rien. » Ellen voulait seulement qu'il se calme, qu'il retrouve une certaine paix en restant ici, qu'il essuie ses larmes et puisse enfin respirer. « Alors ne le fait pas si tu n'y arrives pas. On trouvera une autre solution, d'accord? » Et si la seule solution était ce que Lewis n'arrivait pas à faire, si c'était vraiment nécessaire, quelqu'un finirait par l'exécuter à sa place. Sa main se glissait contre sa nuque, ses gestes se voulaient tendres, encore. Son pouce balayait sa peau réchauffée. Cette main propageait physiquement la chaleur dont Lewis avait besoin moralement tandis que l'autre caressait son avant-bras, tentant de le pousser à parler, tentant de lui donner le courage de le faire. « Il faut que tu me parles Lewis, il faut que tu me fasses confiance. Dis-moi au moins ce qu'il s'est passé pour que tu sois dans cet état physique. » Il n'avait pas besoin de lui dire le pourquoi du comment si vraiment il n'arrivait pas à aligner les mots mais dire ce qui s'était passé aiderait la brune à le soigner parce que physiquement parlant, il n'était clairement pas au top non plus.
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Il la sent essuyer son visage avec un coin de serviette et baisse les yeux pour trouver le tissu tâché de sang, son sang. Il a été beaucoup plus charcuté que ça Lewis, il a des tas de cicatrices pour en témoigner, jamais rien de trop grave, mais il a vu son sang couler plus d’une fois. Il a vu des gars perdre une jambe, un bras, se faire ouvrir le bide du plexus à l’aine, perdre une tête, il a vu des trucs suffisamment sales pour le tenir éveillé la nuit, mais il n’avait jamais vu son sang couler à cause de son propre frère. C’est ça qui lui donne envie de gerber. C’est peut-être aussi sa tête encore douloureuse, son tympan fichu, mais c’est surtout Jeremiah, la lueur dans son regard, son rictus mauvais. Ellen glisse une main dans la sienne et il ne peut que s’y accrocher aussi fort que possible sans lui faire mal, elle souffre déjà bien assez chaque jour par sa faute. « Ce n'est que moi, Lew. Tu sais que tu peux tout me dire sans crainte. » Mais ce n’est pas vraiment qu’elle. C’est Ethan, c’est Ellane, c’est tous ceux qui sont morts dans ces attentats, tous ceux qui y ont perdu quelqu’un, c’est Ellen mais c’est aussi l’Agent Morgan. C’est Aaron et Sarah qu’il met en danger s’il parle. « Tu ne perdras rien du tout. On se battra pour que ce ne soit pas le cas. » Oh il veut y croire, il veut tellement y croire. Est-ce que ça peut vraiment se passer aussi bien ? Est-ce qu’il peut espérer arrêter tout ça, sans perdre ceux qu’il aime dans le processus ? Lewis n’est pas si naïf. Non, il doit choisir. Il doit décider qui il envoie à l’abattoir.
Jeremiah, ou Aaron et Sarah. Comme s’il pouvait réellement hésiter, comme si la solution ne lui apparaissait pas déjà clairement. Mais ce n’est pas moins douloureux, ce n’est pas moins horrible. Ellen le lâche et s’écarte, il se sent vide et perdu tout à coup, alors il la regarde aller chercher une boîte de mouchoirs avec ses yeux pleins de larmes et quand elle s’installe à nouveau à côté de lui et passe ses jambes sur les siennes, pour le tenir le plus proche possible d’elle, il passe un bras autour de la jeune femme. La dernière fois qu’ils se sont tenus comme ça, c’était lui qui la serrait de toutes ses forces pendant qu’elle tremblait de rage et de désespoir d’avoir perdu sa famille. « Ça va aller, tout va bien aller. Tu ne crains rien ici, personne ne craint rien. Alors ne le fait pas si tu n'y arrives pas. On trouvera une autre solution, d'accord? » Il ferme les yeux sous la caresse dans sa nuque, tente pathétiquement de reprendre son souffle, d’arrêter de pleurer, sans trop de succès. Il se sent minuscule. Il a envie d’être minuscule, insignifiant, de ne pas être celui qui doit prendre une décision trop grande pour lui.

« Il faut que tu me parles Lewis, il faut que tu me fasses confiance. Dis-moi au moins ce qu'il s'est passé pour que tu sois dans cet état physique. » Mon frère a tenté de me tuer, peut-il vraiment lui dire ça ? Lewis va appuyer sa tête contre celle d’Ellen, tente de calmer la nausée qui lui noue toujours la gorge. Là, il inspire profondément, va chercher la main de la jeune femme qu’il agrippe comme si sa vie en dépendait. « Pr-promets-moi que j’parle à Ellen, rien qu’à Ellen, » murmure-t-il d’une voix rauque. Pas l’ancienne militaire, pas l’ancienne flic, pas l’actuelle agent de l’HPU, juste Ellen, sa meilleure amie, celle qui a toujours été là, celle qui, il l’espère, le sera toujours après ça. « J’peux dire ça qu’à elle, y a personne d’autre qui doit savoir, personne, c’est-- » Sa voix se brise, il prend le temps d’inspirer à nouveau. « Des vies sont en jeu, trop de vies sont en jeu. » Il relève la tête, ouvre les yeux, cherche son regard.
Il va lui dire. Peut-être pas tout, parce qu’il en est incapable, mais suffisamment pour qu’elle comprenne. Elle est intelligente, elle comprendra et elle ne saura probablement pas quoi faire non plus, mais il ne peut pas lui mentir éternellement, il ne peut pas lui cacher tout ça, pas à elle. Ellen a le droit de savoir. Il lui fait confiance, il lui fait vraiment confiance et s’il ne peut pas lui dire à elle, alors il n’y aura personne d’autre. « C’est Jer, » lâche-t-il enfin dans un souffle. « C’est Jer qui-- » Il désigne sa tempe, sa sale tronche, c’est Jeremiah qui a fait tout ça, c’est Jeremiah qui est responsable de ses larmes, de ses tremblements, de son désespoir. « Je t’ai dit—je t’ai dit qu’il était tombé dans tout ce délire anti-mutant mais c’est—c’est pire que ça, c’est—c’est plus gros encore. » Il grimace, ses doigts dansent sur la peau d’Ellen, tapotent, cherchent quelque chose à faire, quelque chose à se raccrocher. « J’pensais—j’pensais que j’avais le temps, qu’on trouverait une solution pour—pour qu’il arrête, pour qu’il comprenne que—qu’on faisait pas comme ça, que c’était pas… Mais—mais c’est trop tard, c’est trop tard maintenant et—et je sais plus si—je sais plus si je dois le foutre en taule ou—ou le tuer ? » Il lève un regard paniqué vers Ellen. « J’peux pas tuer mon frère El. » Il a de plus en plus de mal de respirer, sa poitrine devient douloureuse et ça ne fait qu’augmenter son angoisse, alors qu’il tente désespérément d’inspirer, sans succès. « Je sais pas quoi faire, je sais p—pas, je-- » Ce n’est pas la première fois qu’il fait une crise d’angoisse, parfois les cauchemars sont tellement violents et réels qu’ils le clouent au sol et le mettent dans cet état, mais c’est la première fois qu’il a l’impression qu’il va crever pour de bon.

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La proximité physique, c'est tout ce qu'elle était capable de lui donner pour le moment. Ellen avait bien tenter de lui offrir quelques mots rassurants, lui dire qu'ils allaient trouver une solution et peu importait le problème mais elle voyait bien à la réaction du géant qu'il n'était pas vraiment là. Il semblait tellement effrayé et enfermé dans sa bulle qu'elle peinait à percer cette carapace pour lui faire entendre raison. Sa peine lui faisait mal, réellement. Elle voulait panser ses blessures externes comme internes mais elle ne savait pas comment s'y prendre s'il ne l'aidait pas à comprendre. Il était mal en point sur tous les plans et elle avait beau tenter de le faire parler, dès qu'il commençait à aligner quelques mots, il se refermait presque instantanément comme une huître. Une dernière fois, elle lui demandait une dernière fois de s'ouvrir, de lui parler. Elle ne l'obligeait pas à lui raconter toute l'histoire, seulement à lui dire au moins pourquoi il était dans un tel physique. La fatigue, les blessures sèches qui laissaient penser qu'elles étaient là depuis plusieurs heures au moins. Ça ne lui ressemblait pas. Bien entendu, elle ne l'avait jamais connu comme l'homme avec une peau de bébé, sans aucune blessure, sans égratignure mais il n'était pas homme à se laisser aller de cette façon non plus, à laisser les blessures quitte à ce qu'elles s'infectent ou à se laisser mourir de fatigue comme il était en train de le faire. Ça ne l'aidait sûrement pas à aller mieux, elle en était persuadée. C'était pour cette raison, cette unique raison qu'elle lui demandait d'où venait cet état. Pouvoir le soigner en connaissant la raison des blessures serait un plus, pour sûr. Elle pensait que cette question serait la plus simple pour lui. Lui répondre que son bleu venait d'un coup, que son oreille qui saignait d'un son que son tympan n'avait pas supporter. Elle pensait réellement qu'il en aurait profité pour minimiser les choses, pour les dire vaguement et elle ne lui en aurait pas voulu et pourtant, ses premiers mots étaient une demande de promesse.

Une promesse parce que des vies étaient en jeu. Elle ne mettait pas de temps à faire un rapport avec l'état actuel des choses. Si elle lui prêtait l'oreille des forces de l'ordre qu'elle représentait en uniforme, une chasse aux sorcières serait sûrement lancée, d'où la nécessité de ne parler qu'à Ellen, la femme, la meilleure amie. « Je te le promets. » Elle n'avait pas le choix de toute façon et même si cette promesse la limiterait dans ses possibles actions pour l'aider, elle le faisait davantage pour lui que pour elle. L'aider lui, avant tout, ça restait sa priorité. Quatre petits mots qui semblaient débloquer les choses, comme s'il suffisait de ça pour qu'il parle enfin. L'oreille attentive d'Ellen ne suffisait pourtant pas à cacher la surprise dans son regard. Jeremiah! Si elle savait qu'il s'attaquait à des mutants - pour avoir subit l'une de ses fourberies - elle ne pensait certainement pas qu'il s'attaquerait à des humains et encore moins à son frère! Quelle pourriture! Pourtant elle ne disait rien, elle ne tenait pas à le couper dans son élan, elle ne tenait à dire un mot de travers pour qu'il se referme de nouveau. Elle se contentait d'être présente, de l'écouter, de profiter d'avoir sa main dans la sienne pour balayer tendrement sa peau et tenter de le rassurer. Elle voyait et entendait bien qu'il peinait à parler, comme si chacun des mots lui tranchaient la gorge à leurs passages. Elle ne lâchait sa main que lorsqu'il relevait un regard paniqué vers elle pour mieux attraper son visage entre ses mains. Même si intérieurement elle bouillonnait de colère contre Jeremiah et d'inquiétude pour Lewis, elle restait paisible parce qu'elle restait persuadée que ça ne pourrait pas aider Lewis s'il en était autrement. « Non, tu ne tueras pas ton frère. » commençait-elle pour le rassurer. Personne n'allait tuer son frère, même pas elle bien qu'elle en crevait d'envie à l'instant. Quant à la solution de le foutre en taule, à vrai dire, elle ne pouvait pas trop le contredire là-dessus, ça serait mentir mais ça ne changerait pas les choses non plus.

Descendant ses mains sur ses épaules, elle lui servait un sourire rassurant avant de continuer. « Je sais ce qu'on va faire. » Se redressant du canapé, elle se rendait dans l'entrée pour fouiller dans le buffet. Elle en sortait une trousse de premiers secours avant de retourner vers son ami, de l'ouvrir et de continuer à parler calmement. « On va commencer par te soigner. Mieux vaut être en forme pour réfléchir correctement et ça n'arrangera absolument rien que tu restes dans cet état. » Lui sortant un cachet pour son mal de crâne certain et la douleur du bleu, elle lui servait un verre d'eau et prenait aussi de la pommade anti-coup qu'elle appliquait délicatement sur sa tempe meurtrie. « Ensuite tu vas te laisser du temps pour te détendre, arrêter d'angoisser et manger un peu. De mon côté, je profiterais de ce temps pour réfléchir et aviser les solutions auxquelles tu n'as pas forcément pensé. » Parce qu'il était naturellement trop proche de Jeremiah pour avoir un esprit ouvert et ne pas penser à l'extrême que ce soit le meurtre ou la prison. « Après quoi, si tu y parviens, tu dormiras, parce que tu en as foutrement besoin. La situation sera toujours la même à ton réveil, ça sert à rien de te priver de sommeil, hormis me faire de la peine. » Et ce n'était absolument pas une façon de l'amadouer, seulement un constat, une fois de plus. « Et si tu le souhaites, seulement après tout ça, on en reparlera, on trouvera des solutions, tu m'expliqueras tout ce que tu as sur le cœur si tu en ressens le besoin. » [...]  « C'est un programme qui te convient? » demandait-elle après un court silence et un sourire toujours paisible sur le visage.
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« Non, tu ne tueras pas ton frère. » Il ignorait à quel point il avait besoin d’entendre ça avant qu’Ellen prononce ces mots. Il s’en rend compte, parce qu’il laisse échapper un souffle tremblant qu’il semblait contenir tout ce temps. Il ne veut pas tuer Jeremiah. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il devienne, il reste son frère et Lewis ne pense pas être capable un jour de tuer un membre de sa propre famille. Mais ça ne l’empêche pas de se demander si après tout ce que Jer a fait, ce n’est pas son devoir. Et Ellen comprend ce que c’est, elle connaît cette notion, ce principe qui veut qu’il faut avant tout faire ce qu’il y a de mieux pour le plus grand nombre. C’est ce qu’on leur a enseigné à tous les deux. Alors si Ellen lui dit de ne pas le faire, qu’il ne doit pas le faire, Lewis peut la croire. Il peut la croire parce qu’elle comprend. Les paumes chaudes quittent son visage et l’ancien militaire les regrette presque, le contact l’ancre à la réalité, l’empêche de partir trop loin. Mais les mains de la jeune femme restent sur ses épaules et il se concentre sur ça. « Je sais ce qu’on va faire. » Et il la suit du regard, désespéré.
C’est lui qui donne les ordres, c’est lui qui dirige, trouve les solutions, d’habitude. Ça fait un moment que Lewis n’est plus celui qui a besoin d’être guidé. Mais en cet instant, il est prêt à laisser sa vie entre les mains d’Ellen, tellement il ne sait pas quoi en faire. « On va commencer par te soigner. Mieux vaut être en forme pour réfléchir correctement et ça n'arrangera absolument rien que tu restes dans cet état. » Il arrive presque à sourire, parce qu’elle réfléchit toujours comme lui et c’est rassurant. D’abord ce qui peut être traité rapidement et efficacement, le reste viendra ensuite. Sur le terrain, c’est aussi comme ça qu’ils devaient réfléchir. Il attrape machinalement le cachet et le verre d’eau qu’elle lui tend, place la pilule sur sa langue et avec l’aide d’une gorgée, l’avale sans hésiter.

Lewis est capable d’encaisser la douleur, mais il a vite appris à prendre ce qu’on lui donnait pour l’aider à la faire passer. Ça ne sert à rien de faire le dur, parfois, ça risque de mettre plus de personnes en danger. Il ferme les yeux, lorsqu’elle applique la pommade sur sa tempe douloureuse et retient difficilement une grimace. Jeremiah ne l’a pas loupé sur ce coup-là. Enfin, c’est moins inquiétant que son oreille, mais Ellen n’a probablement rien pour ça dans sa trousse de secours. « Ensuite tu vas te laisser du temps pour te détendre, arrêter d'angoisser et manger un peu. De mon côté, je profiterais de ce temps pour réfléchir et aviser les solutions auxquelles tu n'as pas forcément pensé. » Lewis fait la moue, il ne veut pas donner l’impression qu’il joue à l’enfant, mais il ne pense pas être capable de manger quoi que ce soit. « Après quoi, si tu y parviens, tu dormiras, parce que tu en as foutrement besoin. La situation sera toujours la même à ton réveil, ça sert à rien de te priver de sommeil, hormis me faire de la peine. » Elle a raison, bien sûr qu’elle a raison, mais il ne peut s’empêcher de se dire que c’est une perte de temps, qu’il a tellement de choses à faire.
Mais par où commencer ? Et que compte-t-il faire, exactement ? Il n’a aucun plan. Ellen a raison. Alors il serre les dents, se renfrogne, mais il ne dit rien. « Et si tu le souhaites, seulement après tout ça, on en reparlera, on trouvera des solutions, tu m'expliqueras tout ce que tu as sur le cœur si tu en ressens le besoin. » Il aime cette femme. Ça n’a rien de romantique, ça n’a jamais été ainsi entre eux. A ses yeux, Ellen rime avec famille. Et il aime cette femme, pour son intelligence, sa douceur, son efficacité. Elle a raison et lui qui adore contredire, ne peut pas le faire lorsqu’elle dit des choses pareilles.

« C'est un programme qui te convient? » L’homme déglutit avec difficultés, mais il hoche finalement la tête. « Ouais, je—j’suis pas sûr pour c’qui est de manger, j’crois pas en être capable, mais le reste— ok, » murmure-t-il d’une voix rauque. Il soupire, se frotte le visage et se redresse, assez pour atteindre Ellen. Il glisse une de ses grosses pattes à l’arrière du crâne de la jeune femme et va presser ses lèvres contre son front. « Merci, El. Je déteste t’embarquer là-dedans, mais je—j’sais pas c’que j’ferais sans toi, » admet-il avec un rire rauque, un peu gêné. Il s’écarte, retire sa main et lui adresse un mince sourire. « J’crois que dormir est ce que j’ai de mieux à faire, mais j’suis pas certain d’y arriver non plus, » admet-il avec une grimace. « Sauf si t’as une de tes séries nulles de bonne femme à mettre à la télé. » Quoi ? Il essaye. La tentative est lamentable, mais au moins, il essaye.

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lewis & ellen

Le besoin de le protéger, c'était viscéral, c'était là, bien ancré. En dehors de ses parents, Lewis était la seule famille qui lui restait et même si la jeune femme avait tendance à s'isoler par elle-même, à se tourner davantage vers la bouteille pour panser ses propres blessures, elle répondait présente et prête à encaisser à la place du colosse s'il le fallait. C'était ça la famille. Prendre sur soi les peines et les craintes de l'autre pour le soulager. Tout n'était qu'amour fraternel entre eux, comme une évidence depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Elle était incapable de se relever sans Lewis à ses côtés, ça avait été prouvé quand elle a perdu son mari et sa fille. Il était donc inenvisageable pour elle de l'abandonner, pas maintenant, jamais. Elle ne se voyait pas le laisser se débrouiller seul et encore moins le foutre à la porte. Prendre soin de lui, essayer de l'aider le plus qu'elle le pouvait à hauteur humaine.

Là était son objectif et ça passait par un programme simple et efficace pour le moment : le soigner, le faire manger, le faire dormir et parler, beaucoup parler, si tel était son désir le moment venu. Il avouait sans mal que manger lui était impossible pour le moment et que le dormir était hypothétique. Il arrivait à lui arracher un sourire quand il parlait de série télé de bonne femme nulle. Elle savait très bien à quoi il faisait référence... cette saloperie des feux de l'amour qu'elle avait malencontreusement laisser tourner en fond sonore une fois... la seule fois où Lewis est passé chez elle et l'a suspecté directement de regarder ce genre de choses. Quelle saloperie je vous jure et a y penser, ça lui manquait ce genre de délire à la con. « J'ai plus efficace qu'une série si tu arrives vraiment pas à dormir. » Un fin sourire pour sur les lèvres, son regard lui promettait, sans un mot, qu'elle comptait bien prendre soin de lui.

Et c'était ce qu'elle faisait. Bientôt ses blessures physiques étaient pansées. Rapidement son lit autrefois conjugal lui était offert, la télé sur une série nulle allumée. Les bras d'Ellen pour le papouiller et le calmer et quand bien même il ne parvenait pas à dormir, un somnifère lui était administré s'il le voulait. Un bain chaud à son réveil l'attendait, des vêtements propres pendus au sèche serviette également. Dans la cuisine, une Ellen pensive, attentionnée et déterminée. Derrière les fourneaux, un petit déjeuner typiquement américain venait chatouiller les narines de ceux qui s'en approchaient. Que Lewis ait faim ou non, qu'il soit ou non capable de manger à présent, peu importait. L'attention était là, la nourriture était prête si son estomac lui criait famine. Quant à parler, l'oreille d'Ellen lui était attentive. Il pouvait ou non le faire, elle ne le forcerait pas et probablement qu'il le savait. Les solutions, avec ou sans explications, elle les trouverait, à ses côtés, peu importait le prix a payer. Ensemble, ils ont toujours été plus forts, il n'y avait pas de raison pour que cela change aujourd'hui.

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